Aucune association de terrain ne demande cette peine de réclusion à perpétuité. Aujourd’hui, la Ciivise a publié un communiqué pour expliquer, à l’instar de collectifs féministes et enfantistes, les raisons de son opposition absolue à ces mesures. Vous nous dégoûtez ! La perpétuité ne protégera pas les enfants. Moins de 1 % des agresseurs incestueux sont condamnés. Vous inventez une peine qui toucherait à peine un pédocriminel sur cent. Pire, comme l’explique Camille Kouchner, cette dérive sécuritaire empêchera les enfants de parler car l’inceste repose sur le chantage et le secret. La perpétuité, comme la peine de mort, fait peser une telle responsabilité sur l’enfant qu’elle le silencie encore davantage. Vous n’avez toujours pas compris que les violences sexuelles commises sur des enfants relèvent d’un phénomène de domination. Vous n’avez toujours pas compris que les violeurs sont nos pères, nos oncles, nos grands-pères. Vous n’avez toujours pas compris que les victimes souhaitent avant tout qu’une plainte déclenche une enquête, qu’un enfant qui parle soit cru et mis en sécurité et qu’il bénéficie de soins intégralement pris en charge. Marine Le Pen et ses amis ont refusé avec M. Attal la création d’une commission d’enquête sur l’affaire Epstein. Vous n’avez pas eu un mot sur le scandale de Bétharram, vous défendez mordicus Jean-Marc Morandini, définitivement condamné pour corruption de mineur, et vous combattez l’éducation à la sexualité, alors qu’elle permet aux enfants d’apprendre que leur corps leur appartient…
Vous prenez une mesure d’affichage pour mieux cacher le fait que vous ne mettez pas les moyens pour éradiquer les violences sexuelles contre les enfants et que vous n’en avez pas la volonté politique.
Depuis ce vote, les amis de Marine Le Pen, Gabriel Attal et Édouard Philippe expliquent partout que s’opposer à la perpétuité revient à défendre et à protéger les pédocriminels. Je le dis solennellement ici : vous nous dégoûtez !
Le gouvernement nous demande de voter une seconde fois sur la question de la perpétuité. Si l’Assemblée a supprimé vendredi l’article qui la prévoyait, c’est parce que nos rangs à gauche étaient pleins, quand ceux de la Macronie, de la droite et de l’extrême droite étaient vides.
Il est effectivement minuit deux. D’après l’article 50, alinéa 5, de notre règlement, l’Assemblée peut « décider de prolonger ses séances », notamment après un vote. Nous souhaitons que vous soumettiez au vote la question suivante : qui désire prolonger ces débats en présence d’un gouvernement absolument muet et qui refuse l’essentiel de la démocratie – un vote sur l’usage de pesticides qui empoisonnent les enfants ? Qui préfère au contraire que nous nous en tenions là pour cette nuit et que nous reprenions les débats demain mardi afin que M. Lecornu puisse nous répondre ?
Je demande une suspension de séance, au titre de l’article 58 alinéa 5, non en qualité de présidente de groupe mais au titre des suspensions soumises à la décision de l’Assemblée. Je vous demande de faire voter l’Assemblée nationale sur le principe de la suspension puisque, manifestement, les ministres ne peuvent pas décider si, oui ou non, les amendements peuvent être débattus et votés comme cela se fait dans toute démocratie et comme le premier ministre s’y était engagé, en raison du blocage opéré d’on ne sait où du même premier ministre. Je propose de donner aux ministres un temps suffisant – quinze minutes ? – soumis au vote de l’Assemblée nationale, pour qu’ils puissent joindre leur premier ministre.
Sur le fondement de l’article 44 de la Constitution relatif à notre droit d’amendement. Plusieurs groupes, dont le nôtre, ont déposé des amendements de suppression de la réintroduction des néonicotinoïdes, ces pesticides qui empoisonnent les enfants. Nous apprenons que le gouvernement les a tous rejetés. Or, cet après-midi même, selon l’Agence France-Presse, l’entourage du premier ministre déclarait que le gouvernement laisserait le Parlement trancher. Monsieur et madame la ministre, ce refus de nos amendements est absolument scandaleux. C’est pourquoi je demande une suspension de séance afin de laisser le temps au gouvernement d’accepter l’examen de ces amendements et d’autoriser le Parlement à décider d’un enjeu absolument crucial pour la santé de nos concitoyens, d’autant que plus de 2 millions de nos concitoyens s’opposent aux mesures proposées. L’ordre des médecins…
Je demande une suspension de séance. Il n’est pas sérieux que les prises de parole sur l’article ne soient pas entendues par le garde des sceaux, qui devrait être au banc.