« Dieu serre fort, mais n’étrangle jamais. » Voilà un proverbe cubain qui résume bien la période dramatique que traverse l’île. La résilience du peuple cubain n’est plus à démontrer mais, depuis quelques mois, la situation est extrêmement grave. Le président Trump, lui, n’a pas cette mansuétude divine. Il étrangle, il asphyxie. Depuis janvier 2026 et le renforcement du blocus, les mesures de rétorsion contre Cuba qu’il a décidées ont des effets immédiats catastrophiques sur la vie quotidienne des habitants de l’île. Jamais, depuis les années 1990, Cuba n’a traversé un moment aussi dur et injuste pour sa population : quatre heures d’électricité par jour, des écoles qui ferment, des hôpitaux à l’arrêt, l’outil industriel qui fonctionne au ralenti ; Cuba voit la mortalité infantile exploser, ce qui n’a jamais été le cas depuis soixante ans. Les États-Unis ont réactivé toutes les mesures que leur permettent les lois sur le blocus. Trump ne cache plus son objectif : après le kidnapping du président vénézuélien, Cuba est dans la ligne de mire. C’est le garrot qui a été choisi par l’administration américaine, l’asphyxie du peuple cubain et de son économie, plutôt qu’un coup d’État au résultat hasardeux – pourtant toujours présent dans les discours du président américain. Ce pays qui, en une génération, a annihilé l’analphabétisme ; ce pays qui, en une génération, a atteint un niveau d’éducation unique parmi les pays d’Amérique latine; ce pays dont les médecins, depuis soixante ans, ont été sur tous les fronts pour aider les populations des pays en voie de développement ; ce pays qui a été félicité par l’OMS, l’Organisation mondiale de la santé, pour son rôle dans la lutte contre le covid, y compris en France – en Martinique et dans toute la Caraïbe ; ce pays qui nous a aidés a besoin de nous, de la solidarité de la France et de l’Union européenne. Nous ne pouvons pas rester insensibles à cet appel d’un peuple qui, contrairement à ce que dit le président des États-Unis, n’est ni terroriste ni une menace pour la sécurité de son pays. Trump, le pire président des États-Unis, ne cesse d’allumer des feux partout dans le monde. Cuba, je l’ai dit, est sur la liste des États à punir. Non content d’établir un blocus maritime, Trump a réactivé la loi Helms-Burton, qui permet de condamner les pays et les entreprises qui continuent de commercer avec l’île. Il menace même les États qui ont un accord de coopération médicale et sanitaire avec Cuba : le départ programmé des médecins cubains va plonger des populations dans la misère médicale. Rappelons que 24 000 médecins cubains exercent hors de l’île, à travers le monde, souvent dans des lieux où aucune autre structure médicale n’est présente. Le cynisme politique de Trump atteint un paroxysme inégalé ! Nous devons nous interroger sur le rôle de notre pays, la France, le seul État de l’Union européenne qui soit membre permanent du Conseil de sécurité des Nations unies. Sur Cuba comme sur tant d’autres sujets, nous attendons de notre pays une parole forte et des actes clairs. La France et l’Union européenne ont les moyens de contrecarrer la politique des États-Unis. Elles doivent rappeler sans cesse que la force n’est pas le droit et même qu’elle en est l’ennemi. Elles doivent répéter que le non-respect de la Charte des Nations unies est le fait d’un pays qui compte pourtant parmi les fondateurs de l’ONU, d’un pays qui se targue d’être le défenseur de la liberté partout dans le monde, alors que la vérité est tout autre. Au Venezuela, en Iran et à Cuba, ce n’est pas la défense des droits de l’homme qui motive le locataire de la Maison-Blanche, mais bien la volonté réaffirmée d’être et de rester le gendarme du monde, de conquérir de nouveaux marchés et d’étendre son contrôle sur l’ensemble de la planète. Cuba a toujours été un caillou dans la chaussure de l’administration américaine. Avoir si près de ses côtes un régime qui se réclame du socialisme lui est proprement insupportable. Mais si les mots sont durs, les actes sont criminels ! On ne peut laisser, sans réagir, 10 millions de personnes voir leur pays partir à la dérive. Vous avez lu dans notre proposition de résolution les demandes que nous faisons au gouvernement français : elles sont simples. Puisqu’un cadre de coopération et d’échange existe avec la France et l’Union européenne, nous demandons au gouvernement français de reprendre le dialogue avec les autorités cubaines. Nous demandons également une aide d’urgence, un réapprovisionnement sécurisé en pétrole, un dialogue dans le cadre de l’ONU et le renforcement des accords bilatéraux. Voter cette proposition de résolution, ce n’est en rien soutenir inconditionnellement le gouvernement cubain et ses choix politiques et économiques – je le rappelle, si cela peut rassurer certains d’entre vous. Voter cette proposition de résolution, c’est dire haut et fort qu’aucun pays, pas même les États-Unis, ne peut s’affranchir des règles du droit international. Voter cette proposition de résolution, c’est prendre conscience que 10 millions de Cubains sont les otages des choix politiques américains. Voter cette proposition de résolution, c’est permettre au gouvernement français de reprendre la place qu’il n’aurait jamais dû quitter dans le concert des nations, cette place originale, soutenue depuis le général de Gaulle, celle d’une France indépendante de Moscou comme de Washington, comme il aimait, en substance, à le répéter. Le peuple cubain attend de notre part solidarité et respect. Malgré les énormes difficultés qu’il traverse, on sait qu’il reste acquis à une indépendance qu’il a chèrement conquise. Jamais dans l’histoire un blocus n’aura duré aussi longtemps : plus de soixante ans. Pourtant, depuis 1992, l’Assemblée générale des Nations unies condamne chaque année ce blocus à une écrasante majorité. Et, depuis 1992, la France apporte chaque année son soutien à cette résolution. Chers collègues, madame la ministre déléguée auprès du ministre de l’Europe et des affaires étrangères, ne soyez pas silencieux face aux rodomontades du président Trump. Un silence, un refus d’agir, placerait notre pays au rang des complices, et nous ne pouvons le croire, à l’heure où 10 millions de Cubains attendent de la France et de l’Union européenne des actes forts. Je vous en prie : ne les abandonnons pas ! Pour le président Trump, il n’y a plus d’alliés : il ne veut que des partenaires serviles. Cuba ne doit pas mourir ; si nous le laissons faire, nous ne savons pas jusqu’où pourra aller Donald Trump et qui sera le prochain pays sur la liste. Personne, en tout cas, ne pourra dire : On ne savait pas. Aujourd’hui, on sait, on voit les conséquences de la politique dévastatrice de l’administration Trump. Alors ne cédons pas à ses chantages. « La France n’a jamais été plus grande que lorsqu’elle parlait pour tous les hommes », aimait à dire André Malraux, mais elle est petite quand elle est à la remorque des États-Unis. Je vous demande de renouer avec la grandeur de la France.
…avec un accent qui vise à faire peur. D’abord, nous ne mangeons plus les enfants, c’est terminé… Ensuite, heureusement que le général de Gaulle n’a pas réagi comme vous : autrement, cet hémicycle ne garderait pas la mémoire des communistes qui ont permis la sécurité sociale ou le statut de la fonction publique ! Enfin, pour détendre un peu l’atmosphère et paraphraser le vieux slogan : il n’y a que les bêtes à cornes qui ont peur du rouge !
Le rapporteur au Sénat, le président de la commission d’enquête, l’un communiste, l’autre Républicain, ont reconnu ensemble qu’il ne s’agissait pas d’en proposer la suppression, mais qu’il fallait à tout le moins quelques contreparties et un peu de transparence ! Vous êtes capables de gaspiller 211 milliards sans savoir qui en bénéficie ni dans quel intérêt ; il faut même que ce soit le Sénat qui en fasse le compte. En revanche, lorsqu’une nationalisation, évaluée à 3 milliards, est indispensable à la souveraineté industrielle du pays, vous nous traitez de gens pas sérieux ! Mais les gens pas sérieux, c’est vous ! C’est vous qui avez gaspillé l’argent de la nation pour faire des cadeaux aux entreprises ! Une autre remarque pour finir, après quoi je ne parlerai plus – en tout cas dans le cadre de l’examen de ce texte.