Alors que le gouvernement s’était engagé à respecter le texte avant la CMP et que c’est uniquement du fait d’un problème d’écriture qu’il avait été décidé de ne pas inscrire dans le texte de loi les trois trimestres pour les dix ans. Notre assemblée a aussi voté la création de 238 nouvelles brigades de gendarmerie à l’horizon 2027, dont d’ailleurs celle de Saint-Maurice-sur-Moselle, dans ma circonscription. Où en est-on ? Notre assemblée a également voté une loi d’orientation et de programmation du ministère de l’intérieur pour doter de nouveaux équipements nos gendarmes et nos policiers, et pour améliorer le bâtimentaire. Mais la grève des policiers de samedi montre bien que ce n’est pas le cas. De plus, les attaques envers les forces de l’ordre, notamment dans les cas de refus d’obtempérer en augmentation, rendent nécessaires des crédits supplémentaires pour remplacer les véhicules – je pense à ceux des policiers du commissariat ou des gendarmes de la BMO de Remiremont. Nous espérons qu’un nouveau décret va être pris pour nos sapeurs-pompiers. Pouvez-vous le confirmer ? En plus du PLF qui augmente les budgets de la police et de la gendarmerie, prévoyez-vous des textes spécifiques afin d’augmenter leurs moyens et leurs possibilités d’agir ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LIOT. – M. Yannick Monnet applaudit également.)
Et chaque jour, des hommes, des femmes, se dévouent au service de la sécurité des habitants de nos territoires, parfois au péril de leur vie : je pense notamment à nos sapeurs-pompiers aux gendarmes et aux policiers. Nous tentons ici, à l’Assemblée, dans la limite des compétences prévues par nos mandats, de les accompagner au mieux dans leur mission. Malheureusement, cela ne se traduit pas forcément dans les actes réglementaires. Vous avez, depuis votre arrivée à Matignon, exprimé la volonté d’écouter le Parlement. Alors pourquoi lorsque nous votons, avant la CMP, une bonification de trois trimestres de retraite pour dix ans d’engagement pour nos sapeurs-pompiers, cela se traduit-il par une seule année ?
La situation de la France amène à ce qu’on oublie complètement les plus fragiles. Je pense notamment à nos aînés, qui ont construit notre pays et qui doivent être désolés de l’état dans lequel il se trouve. Les Ehpad sont des lieux de vie et il est de notre devoir d’offrir à leurs résidents des conditions dignes et aux professionnels qui y exercent avec dévouement un cadre de travail convenable. Monsieur le premier ministre, tous mes collègues font remonter des demandes d’investissements pour améliorer ces établissements. Avec le vieillissement de la population, la demande de places se fait de plus en plus pressante dans les territoires ruraux, notamment dans les Vosges. Y répondent des financements en baisse et des contraintes réglementaires de plus en plus lourdes… Par exemple, dans la vallée de la Moselle dont je suis élu, le C2HVM, composé des Ehpad du Thillot et de Bussang, est depuis des années dans un marasme administratif et financier qui nuit au personnel, aux résidents, à leurs familles et, en fin de compte, à tout le territoire. L’un des sites a besoin de travaux de désenfumage et l’autre d’une rénovation totale, mais rien n’avance. Ce n’est qu’un exemple parmi des centaines d’autres sur tout le territoire national. On a coutume de dire qu’on juge une société à la manière dont elle traite ses anciens. Quels vont donc être les moyens concrètement déployés par le gouvernement pour que chaque Ehpad public puisse accueillir dignement nos aînés ? Et j’attends une réponse particulière sur l’exemple que j’ai donné. (Applaudissements sur les bancs du groupe LIOT.)
La taxe sur les petits colis instaurée en réponse à l’affaire Shein n’est que l’arbre qui cache la forêt du mal-être fiscal et normatif dont souffre l’entrepreneuriat français. Les normes imposées aux entreprises sclérosent notre économie et, malgré le travail effectué, l’adoption du projet de loi sur la simplification de la vie économique, dont je suis un des corapporteurs, ne constituerait pas le Grand Soir. En effet, trois quarts des normes sont issues de l’administration, donc des ministères, et non du travail des parlementaires. Monsieur le premier ministre, quand comptez-vous demander à vos ministres la suppression des normes et des Cerfa qui bloquent le pays ? D’autre part, puisque, selon une étude de l’Union des industries textiles, 84 % du chiffre d’affaires d’un producteur français bénéficie à l’économie nationale contre seulement 35 % de celui d’un importateur, quand comptez-vous, pour mieux protéger les entreprises françaises, instaurer une priorité en leur faveur, notamment dans les marchés publics et dans les achats d’entreprises dont l’État est actionnaire ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LIOT.)
Les entreprises ne sont riches que des hommes et des femmes qui les composent. En cette veille de Noël, j’ai une pensée particulière pour les quatre-vingt-seize salariés d’Asteelflash Lorraine et pour leurs familles, qui ont vu l’usine de Cleurie fermer, alors que le groupe auquel elle appartient développe des sites en Tunisie et en Pologne et que l’État français est actionnaire de certains de ses clients. De plus, je regrette qu’un fleuron de l’industrie vosgienne et française, l’entreprise de Buyer, implantée au Val-d’Ajol, fournisseur historique de l’armée, ait perdu une partie de ce marché au profit d’un fabricant chinois.
…est possible lorsque la responsabilité prime sur la posture. Le groupe LIOT ne fait preuve d’aucune complaisance. Ce texte ne nous satisfait pas. Nous avons exprimé nos réserves sur plusieurs orientations et savons que ce texte n’apporte pas de réponse aux défis structurels que doit relever notre système de protection sociale. Il appartiendra à notre assemblée de poursuivre ce travail dans la durée, avec ambition et rigueur. Toutefois, nous le disons avec clarté : mieux vaut un PLFSS que pas de PLFSS du tout. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LIOT.) L’absence de budget serait synonyme d’instabilité accrue, de déficit non piloté et de manque de visibilité pour les acteurs de la santé, du secteur médico-social et de la protection sociale. Surtout, grâce au travail parlementaire, le texte qui nous est soumis aujourd’hui est bien meilleur que la copie initiale du gouvernement. Notre groupe y a pleinement pris sa part. Nous avons ainsi obtenu la suppression du gel des prestations sociales afin de préserver le pouvoir d’achat des retraités et des ménages modestes ; nous avons instauré une obligation de négociation sur le maintien en emploi des seniors dans les entreprises de 300 salariés et plus ; nous avons obtenu le maintien de l’exonération salariale sur les contrats d’apprentissage conclus à partir de 2026 ; nous avons sécurisé le maintien tel quel du dispositif prévu par la Lodeom et son extension à Mayotte a été adoptée à l’unanimité ; nous avons rétabli un dispositif incitant à revaloriser les minima de branche lorsqu’ils sont inférieurs au smic ; nous avons introduit, avec la possibilité de fractionner le congé de naissance, une souplesse bienvenue pour les familles ; enfin, nous avons obtenu la prolongation de l’expérimentation des haltes soins addictions, un dispositif utile aux plus fragiles. Nous discutons une nouvelle fois, pendant plus d’une heure, d’un texte qui est, à la virgule près, celui sur lequel nous avons déjà débattu la semaine dernière. Ce type d’exercice est assez curieux. C’est sans naïveté, mais avec constance, que nous abordons le vote. En écho à l’esprit qui régnait en 1996, lorsqu’ont été instaurées les lois de financement de la sécurité sociale, nous faisons le choix de la responsabilité parlementaire. Pour toutes ces raisons, le groupe LIOT, dans sa grande majorité, votera pour ce texte, en responsabilité. (Applaudissements sur de nombreux bancs du groupe LIOT et sur quelques bancs du groupe EPR.)
Les lois de financement de la sécurité sociale ont été créées dans un esprit de responsabilité et au bénéfice de l’intérêt général : elles ont confié au Parlement la responsabilité d’adopter un budget qui est supérieur à celui de l’État. L’examen de ce texte constitue un enjeu national pour l’équilibre de nos comptes sociaux mais aussi pour les patients, les établissements et l’ensemble des acteurs du soin, qui ont besoin de lisibilité et de stabilité. Il s’agit aussi d’un enjeu national du point de vue de notre assemblée elle-même. Lorsqu’un texte budgétaire a été débattu, amendé et adopté ici même, en responsabilité et sans recours au 49.3, notre chambre ne doit ni se dérober ni se déjuger. Aujourd’hui, nous engageons la crédibilité de la représentation nationale, qui doit se montrer capable de produire du compromis et d’obtenir la confiance de nos concitoyens dans le travail parlementaire. C’est à cette aune que le groupe LIOT aborde cette lecture définitive. Le constat est simple : le texte qui nous est soumis est strictement identique à celui adopté la semaine dernière. Il n’y a ni surprise, ni retournement, ni nouvel arbitrage. Dans ces conditions, il serait illogique, et même incompréhensible, que notre assemblée ne confirme pas le choix qu’elle a exprimé il y a une semaine. Encore une fois, ce PLFSS n’est pas le texte idéal de tel ou tel groupe – et il ne prétend pas l’être. Il résulte du travail mené par les différentes formations politiques, à la recherche d’un point d’équilibre. À cet égard, la liberté et la place accordées au débat méritent d’être soulignées. Elles ont permis à l’Assemblée nationale de jouer pleinement son rôle de législateur et de démontrer qu’un compromis…
…et adoptée à l’unanimité – preuve qu’est enfin reconnu le besoin urgent de compétitivité de ce territoire. (Applaudissements sur les bancs du groupe LIOT.) Nous avons également obtenu le rétablissement de l’article 8 sexies, qui prévoit de calculer les allègements généraux en fonction des minima de branche et de les réduire lorsque ces derniers sont inférieurs au smic, ce qui incitera les branches concernées à revaloriser leurs minima, au bénéfice du pouvoir d’achat des plus modestes. Citons également la possibilité de fractionner le congé de naissance, qui apportera une souplesse bienvenue aux familles. La vie quotidienne appelle parfois des réponses simples mais concrètes. Que ce compromis soit adopté ou non ne doit pas nous dispenser d’une réflexion de fond sur l’avenir de notre protection sociale. Les équilibres financiers se tendent, les besoins augmentent, les territoires ne sont pas égaux face à l’accès aux soins. Nous devrons ouvrir le chantier de l’avenir de notre modèle de protection sociale avec lucidité et ambition. Notre groupe n’a pas d’agenda électoral et n’a jamais adopté de posture partisane. Ce texte ne nous satisfait pas, mais nous faisons preuve de pragmatisme et surtout de bon sens. Compte tenu des avancées obtenues et du risque de dégradation économique que ferait peser l’absence de budget, et parce que nous restons fidèles à notre boussole – sens des responsabilités, justice sociale et territoriale –, la grande majorité du groupe LIOT votera en faveur du projet de loi de financement de la sécurité sociale pour 2026. (Applaudissements sur les bancs du groupe LIOT ainsi que sur quelques bancs des groupes EPR, SOC et DR.)
Le groupe Libertés, indépendants, outre-mer et territoires a tâché de protéger les salariés, les classes moyennes, les retraités : suppression du gel des prestations sociales, maintien de l’exonération salariale sur les contrats d’apprentissage conclus à partir du 1er janvier 2026 au bénéfice des jeunes travailleurs, maintien du dispositif Lodeom ainsi que son extension à Mayotte, défendue par notre groupe…
Un PLFSS qui n’est pas adopté, c’est un déficit qui se creuse automatiquement, faute de mesures de redressement. C’est aussi une perte de visibilité majeure pour les hôpitaux, les Ehpad, les professionnels de santé, pour tous ceux qui ont besoin de prévisions, de trajectoires financières, de repères stables pour assurer leurs missions. Si le PLFSS est le texte des plus fragiles, il est aussi celui des acteurs qui les accompagnent, dans des conditions souvent très contraintes. C’est en gardant à l’esprit la situation de ces acteurs essentiels que nous devons nous prononcer et prendre nos responsabilités en leur donnant plus de moyens pour leurs missions. Troisièmement, le texte final est-il meilleur que celui présenté initialement par le gouvernement ? Oui, sans ambiguïté. Et c’est le fruit du travail du Parlement. Ce texte inclut, grâce à mon groupe, des corrections importantes.
Le texte soumis à notre vote ne nous satisfait pas, mais il est le résultat d’un travail parlementaire mené par des groupes qui n’ont ni les mêmes idées ni les mêmes priorités et qui ont néanmoins accepté de discuter et de chercher un compromis ensemble. Ce n’est donc pas le texte que chacun aurait écrit, mais c’est un texte débattu et travaillé collectivement. Cette démarche, trop rare, mérite d’être soutenue. Trois questions se posent à cet instant. Ce texte nous convient-il dans son intégralité ? La réponse est clairement non. Nous avons d’ailleurs exprimé nos points de désaccord. Deuxièmement, l’absence de texte serait-elle préférable ? Certainement pas.
Notre groupe n’est pas défavorable aux sous-amendements, en tout cas à ceux qui visent à construire des compromis. Néanmoins, deux questions se posent. Il est proposé de catégoriser les types d’épargne sans prendre en compte les montants. En fin de compte, notre collègue Tanguy l’a très bien dit, certains artisans et commerçants, par choix de gestion, décident de percevoir une rémunération assez faible et de se verser un complément de rémunération par le biais de dividendes. Dans ce cas, ils subiront la hausse de fiscalité. À l’inverse, vous exonérez complètement les assurances vie, alors même que les montants peuvent être très élevés. Plutôt qu’une telle catégorisation, nous aurions préféré que, pour certains types de placements, des montants limites soient définis, pour défendre les personnes qui ont fait le choix d’une rémunération par le biais de dividendes, dont les montants sont très peu élevés la plupart du temps.
Un projet de loi de financement de la sécurité sociale n’est jamais anodin : il conditionne des droits, des prestations, des revalorisations indispensables ; surtout, il dit comment la nation protège, répartit l’effort et construit l’avenir. Dans le moment politique que nous traversons, nous abordons cette nouvelle lecture du PLFSS avec une responsabilité particulière. Le premier ministre s’est engagé à ne pas avoir recours au 49.3. Notre débat est loin d’être anecdotique et loin d’être théorique, il engage directement la vie quotidienne des Français. C’est précisément pour cela que le groupe LIOT aborde ce budget avec pragmatisme et fermeté. Pragmatisme, parce qu’il nous faut imaginer les conséquences pour le pays de ne pas avoir de PLFSS. Fermeté, parce qu’un PLFSS qui ferait peser la contrainte budgétaire sur les plus fragiles – les plus âgés, les plus jeunes, les plus modestes, les plus malades – n’est pas acceptable. Le rejet du texte en commission en témoigne : le texte initial comportait des mesures brutales, comme le doublement des franchises et des participations forfaitaires, qui aurait frappé un grand nombre de nos concitoyens et aggravé le renoncement aux soins, pour un coût humain et financier que personne n’est capable de chiffrer. Cette disposition a été supprimée par les deux assemblées et nous nous en félicitons. Le Sénat a quant à lui réintroduit des mesures décriées, comme le gel des prestations sociales, et a effacé nombre des avancées que nous avions obtenues. Il revient donc à notre assemblée de rétablir les équilibres construits en première lecture, dont un certain nombre étaient issus des travaux de notre groupe. Ces avancées par rapport au texte initial concernent d’abord les travailleurs. Nous demanderons la suppression du gel des seuils de calcul de la CSG, qui pèserait sur les revenus modestes, et le rétablissement de l’article 8 sexies, issu d’un amendement de notre groupe et qui propose de calculer les allégements généraux sur les minima de branche plutôt que sur le smic. Il s’agit là d’une mesure de bon sens, qui permettrait de revaloriser les plus bas salaires. Nous avions aussi obtenu des avancées en faveur des jeunes en supprimant, grâce à un amendement de mon collègue Stéphane Lenormand, la fin de l’exonération de cotisations salariales pour les contrats d’apprentissage conclus à partir du 1erjanvier 2026. Pour les seniors, nous souhaitons rétablir le malus en cas d’absence de négociation sur leur maintien dans l’emploi, soit un levier indispensable contre le chômage des plus de 55 ans. Et puisque nous parlons de personnes âgées, notre groupe réaffirme sa position, constante depuis 2023, en faveur de la suspension de la réforme des retraites, ainsi que la convergence des retraites à Mayotte, un impératif de justice républicaine. Enfin, comment accepter le gel uniforme des prestations sociales en 2026, assorti d’une sous-indexation jusqu’en 2030 ? Qui peut demander un tel effort aux plus fragiles ? Ce gel doit être supprimé. Nous serons aussi très vigilants sur les mesures concernant les outre-mer. Le dispositif prévu par la Lodeom, la loi pour le développement économique des outre-mer, doit être maintenu. Nous appelons également à étendre son régime d’exonération à Mayotte, où le besoin d’un choc de compétitivité est urgent. Outre ces points de vigilance, ce texte comporte des avancées utiles. La création d’un congé de naissance supplémentaire pour les deux parents va dans le bon sens. Nous nous réjouissons également de la prolongation de l’expérimentation des haltes soins addictions (HSA), une mesure notamment portée par notre collègue Stéphane Viry qui favorise l’accès aux soins des publics les plus vulnérables. Mes chers collègues, pour cet examen en nouvelle lecture du PLFSS, notre approche doit rester guidée par le pragmatisme. La confiance des acteurs économiques et de notre système de santé ne doit pas être érodée par des décisions qui seraient incomprises. C’est pourquoi, au-delà des désaccords et des postures, notre responsabilité est d’aboutir à un texte qui protège réellement les Français et traduise les engagements que nous avons portés. Le vote de notre groupe n’est pas acquis. Au terme des débats, nous jugerons de l’équilibre final du texte en évaluant sa capacité à protéger les plus fragiles, à garantir l’accès aux soins et à soutenir l’emploi et les revenus du travail – plutôt que de solliciter encore ceux qui ont le moins. Le groupe LIOT contribuera à ces débats avec sérieux, exigence et sens des responsabilités afin que ce projet de loi de financement de la sécurité sociale retrouve la vocation qui doit être la sienne : incarner une République qui protège, aujourd’hui et dans la durée.
Les transporteurs français paient une taxe que les transporteurs étrangers ne paient pas. Cela pose un vrai problème. Le dispositif proposé – une suppression de l’exonération de la taxe à l’essieu – n’est sans doute pas le bon mais il apparaît nécessaire de faire contribuer les transporteurs étrangers, au même titre que les transporteurs français, dès lors qu’ils utilisent les mêmes routes et autoroutes et, par conséquent, les dégradent tout autant. Il faut savoir qu’en Belgique, les transporteurs étrangers qui entrent sur le territoire doivent payer une taxe après avoir déclaré le nombre d’heures passées sur les routes.
…mais nous attendons de votre part des gages et des actions concrètes. (Applaudissements sur les bancs du groupe LIOT. – M. Laurent Wauquiez applaudit également.)
C’est à l’aune de vos paroles, et surtout de vos actes, que notre groupe se positionnera, comme il en a toujours eu l’habitude. Néanmoins, la nécessité du compromis ne doit pas éclipser la nécessité de l’action. En effet, nous ne cessons de le répéter : la situation est grave, mais pas encore totalement désespérée. Vous avez entre vos mains l’ultime occasion de montrer aux Françaises et aux Français qu’ils ont été entendus. Notre groupe, dans sa grande majorité, ne votera pas la censure du gouvernement,…
Nous sommes convaincus que le travail doit payer plus. Il conviendra également de revoir en profondeur les aides publiques aux entreprises, afin d’en garantir la transparence et l’efficacité, et de mettre davantage à contribution les géants du numérique, dits Gafam. Nous prenons également acte de votre ouverture sur la nécessité de renforcer la lutte contre l’optimisation fiscale. Vous devrez aussi faire de nouveau confiance aux corps intermédiaires, qui sont maltraités depuis huit ans. Les syndicats, le tissu associatif et les élus locaux doivent redevenir des partenaires de confiance : qui saisit mieux qu’eux les maux de notre pays ? Vous avez d’ailleurs annoncé que l’un de vos premiers chantiers serait une réforme menée au bénéfice de nos collectivités locales. Nous vous appelons à aller vite et fort en matière de décentralisation, pour permettre aux élus locaux d’obtenir davantage de liberté d’action au quotidien. Je pense en particulier à l’adaptation normative, à l’autonomie fiscale et à la réduction des doublons, qui permettra un meilleur usage des deniers publics. (M. Paul Molac applaudit.) La véritable révolution pour notre pays est là : faire confiance aux territoires pour se gérer eux-mêmes, là où l’État, à force de vouloir tout gérer, finit par mal gérer. (M. Charles de Courson applaudit.) Il faut entendre la voix des territoires, de ceux de l’Hexagone, bien sûr, mais aussi de la Corse et des outre-mer. Pour la Corse, il s’agit bien évidemment d’aller au terme du processus de Beauvau mené par les précédents gouvernements en faveur de l’autonomie du territoire. (Applaudissements sur les bancs du groupe LIOT.) Nous avons entendu votre engagement clair à ce sujet ; nous attendons désormais les actes. S’agissant des territoires ultramarins, vous envoyez d’emblée un mauvais signal : passer d’un ministre d’État classé deuxième dans l’ordre protocolaire à un ministre désormais à la treizième place est très mal perçu par les habitants concernés comme par leurs représentants ici, à l’Assemblée. Il faudra donc mettre les bouchées doubles pour relever les immenses défis auxquels ces territoires sont confrontés. Je pense particulièrement à Mayotte, qui attend toujours la concrétisation dans le budget d’une ligne spécifique relative aux 4 milliards d’euros inscrits dans la loi de programmation et au sujet de laquelle vous n’avez rien dit, alors que les 25 millions actuellement prévus sont largement insuffisants. Ne pas avoir évoqué ce territoire de la République, meurtri et ravagé, est une faute politique. (Mêmes mouvements.) Je pense aussi à l’impérieuse nécessité d’adopter des mesures de lutte contre la vie chère, de la Polynésie à la Guadeloupe, et de continuer le dialogue en Nouvelle-Calédonie. Les défis sont immenses. Nous formons un groupe d’indépendants, animés d’un réel amour des territoires, et qui recherchent la stabilité de notre pays ainsi qu’une politique sociale juste et la maîtrise de notre budget. Notre indépendance est notre ADN. Le renfort du gouvernement par les uns ou les autres, nonobstant leurs qualités intrinsèques, voire l’amitié que nous leur portons, ne saurait engager notre groupe. Nous demeurons pleinement un groupe situé dans l’opposition, mais force de proposition. Notre démarche constructive, hors du socle commun, est avant tout guidée par l’intérêt général et la nécessité de trouver des compromis pour notre pays. Il est parfois difficile de comprendre le chaos organisé au plus haut sommet de l’État, ainsi que certaines prises de position qui exaspèrent les Français. Elles consistent trop souvent à se dédouaner de toute responsabilité dans la situation politique actuelle, en pointant du doigt toutes les personnes possibles et imaginables, à l’exception de soi-même. Vous l’aurez compris, monsieur le premier ministre : les propos acerbes et accusatoires tenus hier à Charm el-Cheikh ne facilitent pas le travail que vous menez pour restaurer la confiance dans cet hémicycle. (Mêmes mouvements.)
D’ailleurs, la Constitution est bien faite puisque son article 20 dispose que « le gouvernement détermine et conduit la politique de la nation » – le gouvernement, votre gouvernement, non le président de la République. À juste titre, vous avez parlé de rupture ; c’est la toute première à engager. (Applaudissements sur les bancs du groupe LIOT.) Les autres ruptures portent sur les politiques à conduire, qui ne peuvent ni ne doivent s’inscrire dans la continuité des huit dernières années. Alors que l’urgence est de doter notre pays d’un budget, nous vous demandons l’application rapide de mesures attendues et plébiscitées par les Français. Notre groupe, vous le savez, a été en pointe contre la réforme des retraites : nous avons été les premiers à en demander la suspension et à proposer la tenue d’une conférence de financement. C’est là un impératif non seulement démocratique, mais aussi économique, tant le coût de la censure et de la dissolution serait largement supérieur – de l’ordre de 15 milliards d’euros – à celui de cette suspension. De toute manière, la future élection présidentielle devra trancher cette question. Nous saluons donc votre engagement en ce sens. Les autres ruptures que nous attendons concernent la contribution des plus hauts patrimoines au redressement des comptes publics. En effet, pour le groupe LIOT, il ne peut y avoir de redressement sans justice fiscale et sociale : c’est la condition même de l’acceptation des efforts demandés à nos concitoyens. De plus, il n’est pas possible de présenter un budget uniquement punitif. Notre groupe défend depuis longtemps la nécessité de promouvoir la valeur travail et de permettre à tous les Français de travailler dans des conditions décentes. C’est pourquoi nous proposons des allègements généraux de cotisations salariales, afin de redonner du pouvoir d’achat aux plus bas salaires.
Voilà maintenant plus d’un mois que notre assemblée – ou plutôt notre pays tout entier – tourne au ralenti. Depuis un mois, nous offrons aux Français un spectacle pathétique, mêlant comique de répétition et tragédie, qui lasse nos concitoyens. Loin de nous applaudir et d’en rire – même jaune –, ceux-ci pleurent devant la déliquescence de notre pays aux yeux du monde, l’état de nos finances publiques et notre incapacité à trouver des compromis dans l’intérêt général. Nous payons encore les conséquences de la dissolution désastreuse de 2024. Celle-ci montre, s’il en était besoin, que les prises de décision solitaires et déconnectées du terrain nous mènent à des situations inextricables. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe LIOT.) Monsieur le premier ministre, votre première mission sera de vous libérer de cette tutelle présidentielle. (Applaudissements sur les bancs du groupe LIOT. – M. François Ruffin applaudit aussi.) En réalité, vous devez couper le cordon et trouver l’oxygène par vous-même, en lien avec le Parlement.
Il est temps de regarder la vérité en face : notre bureaucratie est devenue trop complexe et souvent incompréhensible pour celles et ceux qui y sont confrontés au quotidien. Les petites entreprises sont asphyxiées par la paperasse ; les citoyens, perdus face à une administration qui ne répond pas – ou trop tardivement ; les initiatives privées, freinées par un cadre juridique ou tout simplement parce qu’elles ne sont pas comprises. Ce n’est plus tenable. La simplification n’est pas un luxe mais une urgence. Nous ne voulons pas tout déréguler mais rendre les règles lisibles, les démarches fluides et les circuits plus courts. Simplifier, c’est libérer l’énergie des acteurs économiques, restaurer la confiance et donner à chacun les moyens d’agir. Telles sont les promesses qui étaient contenues dans le projet de loi, notamment dans son titre. À l’heure de voter sur la version issue des débats à l’Assemblée nationale, nous sommes nécessairement déçus. Certaines mesures seront utiles aux acteurs économiques mais nous sommes loin du grand choc de simplification espéré. Les débats ont été erratiques et décousus. Il faut reconnaître que, sous cette législature, il existe un vrai problème de méthode s’agissant de l’examen des textes. Ce projet de loi en est l’exemple le plus marquant. Le temps consacré aux débats était, dès le départ, bien trop court au vu de la longueur des articles et de la densité des sujets abordés. Il était évident que nous ne pourrions aller au bout de la discussion en une poignée de jours. Nous avons donc dû séquencer l’examen du texte, laissant passer plusieurs semaines entre les débats, lesquels se sont tenus dans des créneaux contraignants pour tous les parlementaires. Ajoutez à cela des articles appelés en priorité dans un ordre anarchique et vous aboutirez à des majorités fluctuantes et à un texte sans grande cohérence. Cela étant dit, certaines mesures apporteront une simplification bienvenue. Le projet de loi facilitera par exemple l’accès des PME aux marchés publics grâce au relèvement des seuils de mise en concurrence et de publicité, et au mécanisme de part réservée. Autres avancées notables : la mensualisation des loyers commerciaux et le plafonnement des dépôts de garantie, deux mesures importantes à destination des commerces. Retenons également les facilités apportées par le texte en matière d’accès des TPE et des PME aux marchés bancaire et assurantiel. Deux exemples parlants : la gratuité de toute clôture de compte bancaire détenu par un professionnel et la faculté, pour les petites entreprises, de résilier certains contrats sans frais ni pénalités. Les collectivités ne sont pas en reste puisque, grâce aux débats au Sénat et à l’Assemblée, leur recours au Médiateur de l’assurance a été sécurisé. Certaines mesures phares et symboliques, comme bien sûr la suppression des zones à faibles émissions, ont eu le retentissement le plus grand (Applaudissements sur quelques bancs du groupe RN) alors même qu’elles ne figuraient pas à l’origine dans le texte. Le dispositif des ZFE fait l’objet d’une forte contestation sociale : les habitants de la ruralité et des zones périphériques expriment leur crainte, légitime, de ne pas pouvoir accéder aux centres-villes, d’autant plus que, lors du dernier projet de loi de finances, le soutien à l’électrification des véhicules a été divisé par deux. Il en va de même de la mesure relative à l’objectif zéro artificialisation nette. Le titre du projet de loi était très ambitieux mais il est loin de refléter, aujourd’hui, la réalité de son contenu. Si certaines mesures vont dans le bon sens – il faut le dire –, elles sont occultées par des débats chaotiques. S’agissant de ce texte, il faudra donc distinguer le fond et la forme. Pour toutes ces raisons, une majorité du groupe LIOT votera pour ce projet de loi. Cependant nous regrettons, pour nos acteurs économiques, qu’il reste en deçà des enjeux. Simplifier, ce n’est pas effleurer mais transformer. Or, sur ce point, c’est un rendez-vous manqué. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe LIOT et sur quelques bancs du groupe DR. – Mme Anne-Cécile Violland applaudit également.)
Merci, monsieur le ministre. Deux points : d’abord, pourrez-vous – ou un membre du gouvernement pourra-t-il – venir se rendre, vendredi sur le site menacé, étant donné que vous serez alors dans les Vosges ? Ensuite, nous avons impérativement besoin de maintenir ces emplois à Cleurie, dans les Vosges ! (Applaudissements sur les bancs du groupe LIOT.)
Monsieur le premier ministre, la semaine dernière, je vous alertais sur la situation du groupe Asteelflash, qui menace de fermer son site de Cleurie dans les Vosges. Une semaine plus tard, deux constats s’imposent : premièrement, quatre-vingt-seize salariés, que j’ai rencontrés, sont abattus par une décision injuste. Ils ont manifesté leur incompréhension et leur légitime colère jeudi dernier mais, par fidélité à leurs clients, ont repris le travail dès le lendemain. Deuxièmement, le PDG du groupe, Nicolas Denis, ne prend même pas la peine de se déplacer ! En revanche, deux fossoyeurs sont bel et bien sur place, le directeur France et le DRH, qui ont fait preuve d’un comportement hautain et d’un irrespect frappant envers les élus et les salariés, devant lesquels ils se sont contentés de projeter quatre petites slides, résumant ainsi leur volonté de ruiner leur vie. Monsieur le premier ministre, vous parlez quotidiennement de réindustrialisation. De plus, vous vous déplacez dans les Vosges ce vendredi, pour présider le comité interministériel aux ruralités. Dans le même temps, le groupe Asteelflash, propriété du chinois USI, fournisseur de notre industrie de défense et de sécurité, supprime sans réelle raison quatre-vingt-seize emplois, dans une commune de 650 habitants. Je poserai deux questions. Vous engagez-vous à venir ou à envoyer un ministre sur place vendredi pour rencontrer les salariés ? Vous engagez-vous aussi à mobiliser l’ensemble de votre gouvernement afin de faire pression sur la maison mère USI, fournisseur de l’État, et sur le groupe Asteelflash afin de maintenir l’activité et les emplois à Cleurie ? (Applaudissements sur les bancs du groupe LIOT ainsi que sur plusieurs bancs des groupes SOC et DR.)
En commission, nous avons adopté le principe selon lequel le bureau central de tarification (BCT) devait rendre sa décision dans un délai d’un mois. Nous avons toutefois continué le travail en vue de la discussion en séance et il semble que ce délai sera parfois un peu trop bref. C’est pourquoi, sans remettre en cause l’obligation de réponse prévue dans le texte – disposition qui n’existait pas auparavant –, mon amendement tend à porter ce délai à trois mois, afin de laisser le temps de fournir des réponses circonstanciées, chaque fois que de telles réponses sont plus à même de répondre aux interrogations des demandeurs.