C’est un amendement de cohérence technique. Aujourd’hui, dans le cadre de la régulation du loup, les chasseurs formés disposent d’un matériel qui ne leur permet pas réellement d’effectuer les prélèvements. Dans l’état actuel de la réglementation, ils sont contraints, notamment la nuit, de tenir une caméra thermique d’une main, pour repérer l’animal, et leur arme de l’autre. Cela peut s’avérer dangereux, à la fois pour le chasseur et pour son environnement immédiat. L’amendement propose donc de les autoriser à utiliser des lunettes thermiques directement montées sur leurs carabines.
Il fait suite au rapport sur l’arme du génie que Catherine Hervieu et moi-même avons remis et qui fut amplement discuté en commission. La capacité à saturer le terrain et à freiner une avancée blindée adverse repose sur la disponibilité de stocks de mines massifs et immédiatement mobilisables. Or les prélèvements effectués sur nos propres inventaires pour soutenir nos partenaires et leur attrition prévisible en cas de conflit majeur imposent un effort de reconstitution urgent. Il ne s’agit pas de maintenir un stock de gestion, mais de constituer un véritable stock de guerre. Bien matérialiser les besoins capacitaires de nos armées et, singulièrement, de notre arme du génie, participe de notre débat, même si je sais que MM. les rapporteurs réserveront sans doute une réponse défavorable à cet amendement capacitaire, tout comme je sais, madame la ministre, combien les efforts sont importants pour ce stock.
Cet amendement, déposé à l’initiative de notre collègue Mme Valérie Bazin-Malgras, porte sur le secteur des drones, terrain d’expérimentation le plus visible de la simplification des achats militaires, puisque les délais y sont passés de quelques années à quelques mois. En 2024-2025, une procédure d’acquisition de 1 000 microdrones quadricoptères de combat, conclue en moins de douze mois dans le cadre du pacte drones aériens de défense, a démontré qu’il était possible de réduire radicalement les délais sans sacrifier les exigences de souveraineté industrielle. Le présent amendement vise à généraliser ces procédures accélérées.
Comme celui du rapporteur, il s’agit d’un amendement de cohérence, presque rédactionnel. Au vu des débats en commission et du rapport annexé, l’état des lieux est clair. Pour nous, députés de la Droite républicaine, cet objectif de 2,5 % doit être entendu comme un minimum. Nous proposons donc d’insérer ce mot.
Alors que nous abordons l’actualisation de la loi de programmation militaire, je tiens à rendre hommage, au nom des députés du groupe de la Droite Républicaine, à l’engagement total de nos soldats pour défendre notre nation. Il convient de ne jamais oublier que les moyens que nous investissons dans nos armées le sont au service d’hommes et de femmes prêts au sacrifice ultime pour notre pays. Trois ans après le vote initial de la LPM, 36 milliards d’euros, pas tout à fait 40 milliards donc, lui sont ajoutés, notamment par des surmarches déjà prévues. Il s’agit d’une somme considérable, notamment au vu des difficultés budgétaires auxquelles notre pays est confronté. Le sort de notre intégrité nationale repose sur nos choix, notamment en matière budgétaire. Dégager des marges de manœuvre financières et réduire le poids de la dette nous permettra assurément de dégager des moyens pour nos armées et nos soldats. Au total, la loi de programmation engagera 436 milliards, contre 400 milliards d’euros initialement prévus, soit le montant que les députés du groupe de la Droite républicaine avaient réclamé dès 2023. Mais, en réalité, cela reste encore modeste. En cinquante ans, il faut le dire, la France a multiplié par deux ses dépenses sociales alors qu’elle divisait par deux ses dépenses relatives au régalien. L’augmentation de 36 milliards s’inscrit dans un contexte global de hausse des dépenses militaires. Selon le rapport de l’Institut international de recherche sur la paix de Stockholm publié le 27 avril, près de 2 900 milliards de dollars ont été consacrés aux dépenses militaires dans le monde en 2025 – une onzième année consécutive de croissance sur fond de conflits multiples. Les principaux contributeurs – les États-Unis, la Chine et la Russie – concentrent plus de la moitié de ces dépenses. La part du PIB mondial consacrée aux dépenses militaires atteint son niveau le plus élevé depuis 2009. L’Allemagne, quatrième pays au classement des dépenses militaires, a augmenté les siennes de 24 %. L’Espagne a augmenté ses dépenses de 50 %, si bien qu’elles représenteront près de 2 % de son PIB, pour la première fois depuis 1994. Dans la région Asie-Océanie, les dépenses ont totalisé 681 milliards de dollars, soit une augmentation de 8,5 % par rapport à 2024, ce qui constitue leur plus forte hausse annuelle depuis 2009. Dans ce contexte, plusieurs points méritent notre attention. Le rapporteur Jean-Louis Thiériot l’a dit : le projet de loi n’est pas une nouvelle LPM, c’est une actualisation, que réclame l’urgence de la situation. Pour une nouvelle LPM, nous avons rendez-vous, je le crois, après l’élection de 2027. Il ne s’agit pas non plus, comme certains nous l’affirmaient encore tout à l’heure, de l’effort du siècle, qui résoudrait toutes les difficultés. La modernisation de l’armée de terre ne pourra pas être réalisée sans renfort véritable du génie – vous savez mon attachement à cette arme. Sans mobilité, sans protection contre les mines, sans capacité de franchissement à la hauteur, nos forces les plus modernes resteront figées. Donner au génie les moyens de ses missions, pour assurer la victoire de nos armées, c’est le sens d’un amendement que je défendrai. La hausse substantielle des crédits est indispensable. Or nous examinons un projet de loi de cohérence plutôt qu’un projet de loi de format. La rallonge budgétaire devra permettre d’accentuer certains efforts prioritaires que vous avez évoqués, madame la ministre, en faveur du stock de munitions, du réarmement de la défense aérienne élargie, de la défense surface-air et de la lutte antidrones. Concernant la cavalerie, qui, en tant que députée de Saumur, m’est très chère, l’actualisation confirme l’accélération de la livraison des Jaguar de reconnaissance et de combat et de la mise au standard XLR des chars Leclerc. L’enjeu est véritablement d’intégrer le char lourd dans la bulle Scorpion, tout en prolongeant sa durée de vie jusqu’à l’arrivée du futur système de combat terrestre. Le texte comprend aussi des mesures normatives, que je soutiens fermement. Elles visent à accompagner le réarmement : l’instauration d’une autorisation environnementale unique en matière de défense, l’extension d’un cadre juridique facilitant l’économie de guerre, la création d’un régime légal de perception des redevances à l’export, des allégements de certaines contraintes de la commande publique et des assouplissements réglementaires. Les députés de la Droite républicaine se réjouissent par ailleurs de l’abandon définitif du SNU, inutile, coûteux et sans objet identifié. La défense de notre territoire national est une priorité. Dans un contexte géopolitique plus qu’incertain, le sort de l’intégralité nationale repose sur nos décisions. Le groupe de la Droite républicaine votera pour cette actualisation.