Des caméras-piétons équipent déjà des policiers, des gendarmes, des policiers municipaux et des sapeurs-pompiers. En porter une apaise les tensions et permet au moins de fournir des preuves en cas de passage devant un tribunal.
Voyez-vous, les agents de sécurité sont passés par plus de 160 heures de formation, ils suivent des mises à niveau et il a été prouvé que les caméras-piétons permettaient de garantir leur sécurité comme celle des passants.
Le mépris de la gauche et de l’extrême gauche envers les agents de sécurité est ignoble et pénible à entendre. Vous leur crachez dessus depuis des années et, aujourd’hui, vous dites qu’ils ne sont pas capables de déclencher une caméra ou d’avoir un échange simple avec d’autres personnes pour leur indiquer qu’ils vont filmer la scène et vous les comparez à des pilotes d’ULM quand les policiers dirigeraient des avions de chasse. Arrêtez avec ce mépris de classe !
Il faut rétablir l’article 20 qui permet aux agents de sécurité renforcée, ceux qui sont armés, de travailler avec un chien. Je profite du fait d’avoir la parole pour interpeller M. le ministre sur les contraintes du principe d’exclusivité pour les agents de sécurité. Au départ, son objectif était qu’un agent de sécurité ne puisse pas être appelé, par exemple, à faire le travail d’une caissière. Aujourd’hui, il pénalise les agents et les sociétés les employant car ils ne peuvent pas, par exemple, avoir aussi une casquette d’agent de sécurité incendie, alors que, dans les faits, ces missions sont souvent complémentaires. Dans une même journée, des heures peuvent être dédiées à la sécurité incendie et d’autres, à la sûreté. Là aussi, il faudrait assouplir les règles en vigueur. En attendant, nous nous félicitons que l’article 20 permette en toute logique d’avoir à la fois un chien et une arme, pour autant bien sûr que l’agent possède les deux cartes professionnelles nécessaires.
Il nous semble pertinent que les agents de sécurité puissent contrôler, dans certains lieux et dans certaines circonstances, les coffres des véhicules. Je vois que l’extrême gauche s’oppose à cette mesure, mais je ne comprends pas votre position, chers collègues : vous êtes censés vouloir faire porter la charge de la sécurisation d’un établissement privé ou d’un événement privé sur l’organisateur, mais vous la faites porter sur l’ensemble des contribuables en refusant de faire appel aux forces de l’ordre pour contrôler des véhicules. Il est tout à fait cohérent que l’organisateur paie pour sécuriser son établissement ou son événement. Je répète que je ne comprends pas votre position sur le sujet.
Dans le cadre d’une manifestation légale, l’organisateur est chargé d’assurer la sécurité. Le préfet peut donc l’obliger à payer un service de sécurité ou de premiers secours et à faire appel à une association agréée de sécurité civile. Or ce n’est pas le cas pour les rave-parties. L’an dernier, à Fontjoncouse, dans mon département de l’Aude, une rave-party a eu lieu quelques jours après le terrible incendie qui avait parcouru plus de 17 000 hectares. Pour garantir la sécurité des participants, le préfet a réquisitionné une association agréée, qui s’est rendue sur place sans être rémunérée et dont les membres ont été caillassés par les raveurs. Il est nécessaire que les associations de ce type ou les structures chargées de la sécurité soient rémunérées pour le service qu’elles rendent et que le coût soit porté à la charge des organisateurs des manifestations illégales.
Au nom du groupe Rassemblement national, permettez-moi d’adresser nos hommages et nos pensées à la famille de Béatrice Bellamy ainsi qu’à ses collègues et au groupe Horizons & indépendants. Monsieur le ministre de l’intérieur, ces derniers jours, notre pays a été la proie des flammes. Le bassin méditerranéen paie un lourd tribut. Le Languedoc-Roussillon est en première ligne. Des milliers d’hectares sont partis en fumée, des habitations ont été détruites, un camping et des exploitations ont été ravagés. Plusieurs sapeurs-pompiers ont été blessés mais le pire, pour l’heure, est évité. Au nom du groupe Rassemblement national – mais aussi, je pense, au nom de toute notre assemblée – je tiens à remercier et à soutenir les sapeurs-pompiers, les sapeurs-sauveteurs et les pilotes qui mènent encore, à cette heure, une lutte remarquable contre le feu, au péril de leur vie. J’ai une pensée particulière pour les pompiers de Couiza, dans ma circonscription. Leur engin a été pris par les flammes. Saluons aussi les forces de sécurité, les bénévoles des réserves communales et des associations agréées de sécurité civile, les agents de l’Office national des forêts et les élus locaux – notamment les maires ruraux, comme le maire de Pouzols-Minervois, présents chaque instant sur le terrain. Vous avez pu constater sur place la dévotion de ces hommes et de ces femmes. Ce sens du service, cette vocation, ils l’ont au plus profond d’eux. Par respect pour eux mais aussi pour la sécurité de la population et de nos territoires, il n’est plus possible de considérer les sujets de sécurité civile comme des sujets de second plan. Vingt-deux ans après la dernière, cela fait désormais plusieurs années que tous les acteurs vous réclament une nouvelle loi de modernisation de la sécurité civile. Vos prédécesseurs ont gagné du temps en organisant un Beauvau de la sécurité civile dont les conclusions ont été rendues il y a dix mois. Par respect envers nos sapeurs-pompiers, par respect envers l’ensemble des acteurs de la sécurité civile, quand votre gouvernement prendra-t-il toute la mesure de cette question ? Quand mettra-t-il enfin à l’ordre du jour ce projet de loi tant attendu ?
J’entends, mais je pense que nous avons perdu beaucoup de temps. Sachez en tout cas que je me tiens à la disposition de l’ensemble des acteurs pour que nous puissions avancer sur ce sujet d’intérêt général.
Comme vous pouvez le constater, sept ans plus tard, notre territoire a brûlé exactement là où cela avait été annoncé. Ce feu n’est pas une fatalité climatique mais un échec politique. Ces mégafeux sont le résultat de décennies de désengagement de responsables politiques qui négligent les territoires ruraux. Il y a quelques jours, votre collègue Mme Barbut était en déplacement à Thézan. J’ai bien noté ses mots, son émotion, son soutien aux agents de l’ONF et la promesse que le plan Corbières serait dévoilé le 5 août, un an jour pour jour après le terrible incendie. Je veux y croire, mais permettez-moi, en tant qu’élu de ce territoire, une forme de prudence, puisque nous avons déjà eu un plan en 2018 dont je vous ai parlé, et avant celui-ci celui de 2008, qui n’ont malheureusement pas été suivis d’effets. Les diagnostics, nous les connaissons déjà. Les territoires à haut risque d’incendie dans l’Aude veulent désormais des garanties et des actions. J’ai donc deux questions à vous poser. Premièrement, pourquoi les plans successifs des services de l’État n’ont-ils pas été respectés ? Secondement, pourriez-vous nous donner un engagement chiffré de l’État pour le plan Corbières 2032, qui soit à la hauteur de ce qu’a coûté l’inaction depuis sept ans et au-delà ?
Le 5 août dernier, les Corbières ont brûlé durant trois semaines. En quelques heures, 17 000 hectares ont été parcourus par un feu d’une intensité hors norme. Une personne est décédée. Des familles ont tout perdu en quelques heures, leurs habitations, leurs vignes et, pour beaucoup, le paysage dans lequel ils avaient grandi. Ce drame aurait pu être évité, ou du moins anticipé afin d’en limiter l’ampleur. Monsieur le ministre, j’ai lu et relu le plan départemental de protection des forêts contre l’incendie rédigé en 2018. Il identifiait déjà les Corbières comme un territoire à très haut risque et pointait des défaillances majeures, à commencer par le désengagement du conseil départemental, maître d’ouvrage sur la prévention incendie jusqu’en 2010, qui a abandonné cette compétence sans qu’il y ait un remplaçant. Les petites communes se retrouvent seules, avec une ingénierie, un budget et des démarches administratives qui ne leur permettent pas de réaliser ces travaux d’ampleur. Par conséquent, depuis près de vingt ans, la situation s’aggrave. Les pistes de défense des forêts contre l’incendie (DFCI) existantes se dégradent, et celles qui doivent être créées ne le sont pas. Les nouveaux points d’eau programmés dans le précédent plan n’ont pas été réalisés et les coupe-feux prévus depuis 2008 ont été abandonnés. Les patrouilles de l’Office national des forêts (ONF) ont diminué de moitié en raison des coupes budgétaires de l’État que vous représentez. La viticulture et le pastoralisme, qui jouaient un rôle primordial dans la prévention et le cloisonnement des incendies, sont en recul. Nous ne parvenons pas non plus à faire respecter les obligations de débroussaillement et la sensibilisation du grand public est très insuffisante. Je me permets de vous montrer une carte qui présente les aléas incendie : en rouge sont indiquées les zones à très haut risque ; les zones inaccessibles ressortent ainsi ; en noir, c’est le parcours du feu.
Monsieur le rapporteur, je n’ai pas sorti le chiffre de 2 000 réservistes de nulle part ! L’objectif est d’atteindre 3 000 réservistes pour 2030, sachant que la réserve a été lancée en 2024. Il n’est pas nécessaire d’être mathématicien pour comprendre que, lorsque les deux tiers du délai sont écoulés, on devrait avoir atteint deux tiers de l’objectif, soit 2 000 réservistes. Voilà le calcul ! Madame la ministre, je n’ai pas inventé le chiffre de vingt réservistes : il figure au dans une réponse de votre ministère, signée par l’actuel premier ministre.
Toutefois, la suite sera moins agréable à entendre : en mai 2025, j’ai demandé à connaître le nombre des réservistes, étant observé que l’objectif annoncé était celui d’un effectif de 3 000 en 2030. La réponse de votre ministère, datée du 11 novembre 2025, faisait état d’une vingtaine de réservistes, plus de deux ans après le lancement de la réserve. Pour éviter d’être ridicules auprès de nos adversaires dans les prochaines années et pour atteindre l’objectif, fixé dans la loi, de 3 000 réservistes en 2030, est-il possible de viser un effectif de 2 000 réservistes en 2028 – ce qui est un minimum ? On ne peut pas se contenter d’attendre en restant sur le chiffre, assez grotesque, de vingt réservistes au niveau national : pourquoi pas trois boîtes de munitions, tant qu’on y est !