Cet amendement vise à renforcer le rôle des plans climat-air-énergie territoriaux (PCAET), en conditionnant la mise en place des ZFE à l’existence de solutions alternatives. Ce dispositif a été fait avec les pieds par les macronistes, qui tentent aujourd’hui de le défendre pour se donner une image écologique – enfin, les macronistes, ce qu’il en reste, puisque je viens de compter : ils ne sont que dix en séance pour défendre leur seule mesure écologique, dans le cadre d’une niche parlementaire du Rassemblement national. La France insoumise n’est pas seule à défendre cette position. Un rapport sénatorial de 2023 confirmait déjà, à la suite d’une enquête d’opinion, que plus les alternatives sont nombreuses, plus le dispositif des ZFE est accepté par la population. C’est pourquoi nous défendons une série d’amendements visant à conditionner les ZFE au développement des transports en commun. C’est dans cet esprit que nous essayons de dialoguer avec le rapporteur, qui est véritablement en roue libre et avec lequel nous n’arrivons pas à discuter sérieusement des alternatives. Mais ce n’est pas étonnant : depuis quatre ans, en commission, le Rassemblement national refuse de consacrer des moyens aux transports en commun, aux trains du quotidien et aux trains de nuit. Aujourd’hui, nous avons donc affaire à une proposition de loi qui est une tartufferie et qui ne réglera rien. D’ailleurs, je crois que le Rassemblement national le sait bien, puisque ses députés quittent progressivement l’hémicycle pour aller se coucher. Tout le monde a donc compris qu’il s’agissait d’un texte destiné à faire du bruit, mais qui ne répondra en rien aux besoins quotidiens de l’ensemble de la population.
Les ZFE doivent servir de levier au développement des transports en commun. L’instauration des ZFE nécessite un financement adéquat des transports en commun afin d’offrir des alternatives quotidiennes adaptées aux besoins réels et de préserver le droit à la mobilité pour chacun. Nous allons bientôt débattre du budget. Le ministre aujourd’hui présent au banc nous parle de solutions alternatives. Il reprend à son compte les mesures de La France insoumise. Tant mieux ! J’espère que mardi prochain, lors de son audition en commission du développement durable, il ne viendra pas nous expliquer qu’on n’a pas l’argent et qu’on verra plus tard. Heureusement, Jean-Luc Mélenchon arrive…
Cet amendement nous donne le choix. Nous pouvons maintenir les ZFE telles qu’elles existent. Nous les dénonçons, car elles ont été créées sans alternative. On a donc mis la charrue avant les bœufs. Nous pouvons aussi, comme le proposent hypocritement le rapporteur et le Rassemblement national, les supprimer, mais, au cours des débats, le rapporteur n’a pas parlé une seule fois de solutions alternatives ou de transports en commun. Le groupe La France insoumise a déposé deux propositions de loi visant à conditionner les ZFE au développement d’alternatives, l’une en 2023, l’autre en 2025. Sans alternatives, pas de ZFE ! Ceux qui nous rétorquent qu’il faut vingt à trente ans pour développer des transports en commun sont les mêmes qui, chaque année, en commission, des macronistes au Rassemblement national, nous disent que ce n’est pas le moment, car il n’y a plus d’argent.
Elles sont injustes, car elles excluent les plus précaires des centres-villes. Elles sont mal calibrées, car elles ne tiennent compte ni du poids du véhicule, ni de leurs émissions de CO2, ni de leur consommation de carburant. Elles sont inefficaces et incompréhensibles, car les règles ne sont nulle part les mêmes – personne n’y comprend rien ! Reste qu’il est indispensable de proposer des solutions alternatives à la voiture individuelle pour réduire la pollution de l’air, assurer la transition écologique et garantir à toutes et à tous un droit à la mobilité. Or, avec vous, c’est : « Circulez, il n’y a rien à voir ! » Votre texte propose la suppression des ZFE et rien d’autre. Chaque année, en commission du développement durable, vous refusez de voter des moyens supplémentaires pour les trains du quotidien, pour les trains de nuit, pour le plan Vélo ! Si vous étiez réellement favorables à des solutions alternatives, vous les auriez incluses dans votre texte, mais vous ne les avez même pas mentionnées lors de votre présentation de la proposition de loi à la tribune. Sans solutions alternatives, nous refusons les ZFE ! Tel est le sens des propositions que nous défendons, car en développant les transports en commun, on garantit d’abord la mobilité de tous, on améliore ensuite la qualité de l’air, on obtient enfin le résultat espéré, sans laisser personne sur le bord du chemin. C’est le sens d’une vraie écologie populaire, bénéfique pour les mobilités, bénéfique pour l’écologie, bénéfique pour le pouvoir d’achat !
Cet article est à l’image des textes du Rassemblement national : une proposition simpliste qui ne répond en rien aux besoins de la population. Il est évident que les ZFE, dans leur version actuelle, posent problème. Elles sont même inacceptables. La France insoumise le répète depuis 2019. Nous étions alors les seuls à en refuser l’institution.
Nous le savons, les enfants constituent une population particulièrement exposée et vulnérable aux substances chimiques ainsi qu’aux perturbateurs endocriniens présents dans les plastiques. Au-delà du temps passé à l’école, il apparaît nécessaire de réduire les expositions quotidiennes dans l’ensemble des lieux éducatifs, récréatifs, sportifs et médico-sociaux. Par cet amendement, le groupe La France insoumise propose d’élargir le périmètre de l’interdiction des contenants alimentaires en plastique en y ajoutant les centres de loisirs, les colonies de vacances, ainsi que les structures sportives et médico-sociales accueillant des enfants. Mme la rapporteure ayant indiqué lors de la discussion générale qu’elle était favorable à une telle mesure, je ne doute pas qu’elle sera favorable à cet amendement.
Bref, ce qui est désolant avec vous, c’est qu’en plus d’être inefficaces, vous restez très fiers de votre bilan. Collègues macronistes, il fallait vous entendre, en commission, vous autocongratuler comme si vous étiez en train de sauver le monde ! À cette occasion, madame la rapporteure, vous avez dit qu’il ne s’agissait pas pour vous de faire une loi prévoyant « de nouvelles restrictions à l’utilisation de plastique ». C’est bien ce que nous vous reprochons ! On estime que 76 % des sols français sont désormais pollués par des microplastiques, et la quantité de déchets plastiques produite chaque année est en augmentation constante. Malgré tout cela, vous restez persuadés qu’il n’y a pas besoin d’aller plus loin ! Je regrette à cet égard que la plupart de nos amendements aient été jugés irrecevables. En commission, nous n’avons pas eu la possibilité de débattre de la sortie progressive de l’usage des bouteilles en plastique à usage unique, alors que le lien avec ce texte est très clair. Plusieurs de nos amendements, qui n’impliquaient aucune nouvelle charge pour l’État, ont également été jugés irrecevables pour l’examen du texte en séance ; nous le regrettons fortement. Collègues macronistes, même quand on fait le travail à votre place et qu’on vous montre la bonne direction, vous préférez partir dans le sens inverse en courant, pour rejoindre vos amis, les lobbys du plastique. Si nous en sommes à perdre du temps sur ce texte aujourd’hui, c’est bien parce que ces lobbys ont fait un recours contre le décret de 2025 qui interdisait déjà la vaisselle plastique dans la restauration collective. Lorsqu’ils ont été auditionnés sur ce texte, ils ont eu l’indécence de nier les risques sanitaires que représentent les microplastiques, notamment pour les enfants. Certes, défendre le plastique, c’est leur travail, mais on aimerait que ce ne soit pas le vôtre. Pourtant, c’est bien le gouvernement qui vient d’annoncer la mise en place d’un dispositif de consigne sur les bouteilles en plastique. Et par qui avez-vous été félicité ? Par les lobbys du plastique, qui crient victoire, alors que les ONG et les collectivités territoriales vous expliquent depuis des années que ce projet est coûteux et inutile. Il n’aboutirait qu’à la privatisation de la gestion des déchets, sans pour autant diminuer la production de plastique à usage unique. Face à ces projets sans queue ni tête, nous proposons d’instaurer un plan ambitieux pour la sortie du plastique à usage unique. Cela passe d’abord par l’extension du champ d’application de ce texte, pour que cette interdiction concerne aussi les emballages contenant des polluants éternels, et qu’elle s’applique dans toute la restauration collective, publique et privée, pour les enfants comme pour les adultes. Arrêtons d’écrire des textes bavards qui ne servent qu’à faire des coups de communication. Votons un texte ambitieux, qui soit à la hauteur de l’urgence de la situation. Enfin, tant que vous serez au pouvoir, nous n’y arriverons certainement pas, mais rassurons-nous, c’est bientôt fini. Vivement 2027 et l’arrivée de Jean-Luc Mélenchon pour enfin enclencher une vraie bifurcation écologique !
J’ai lu avec beaucoup d’attention l’exposé des motifs du texte. Madame la rapporteure, vous expliquez que la masse totale de plastique sur la planète représente le double de la masse animale, qu’il y aura bientôt plus de plastique que de poissons dans l’océan, et que les microplastiques peuvent être très dangereux pour la santé, notamment celle des enfants. En lisant tout ça, je me suis demandé si les macronistes avaient enfin compris que la situation était grave et qu’il était urgent d’agir. Peut-être qu’après tout ce temps, vous avez fini par arriver à la même conclusion que nous : il nous faut une planification ambitieuse et efficace pour mettre fin au plastique à usage unique et réduire massivement notre dépendance aux énergies fossiles. Puis, j’ai lu l’article qui constitue cette proposition de loi et je suis vite revenu à la réalité. Vous êtes égaux à vous-mêmes : inefficaces et inutiles. La première loi visant à interdire la vaisselle plastique dans la restauration collective a été adoptée il y a huit ans. Après tout ce temps, nous en sommes toujours à nous demander si le terme « contenant » est assez précis et à nous dire qu’il nous faudrait un nouveau texte de loi qui inclut aussi les couverts, et peut-être aussi les gobelets. Pour ajouter une cerise d’inutilité sur votre gâteau de l’inefficacité, vous nous proposez cette nouvelle loi sans prévoir ni les moyens ni les sanctions qui permettraient de la faire respecter. Si on maintient le rythme de croisière que vous avez adopté, il faudra sûrement attendre 2070 pour pouvoir en débattre. Mais heureusement, on n’aura pas à vous supporter jusque-là. Vivement l’année prochaine !
Mais non, avec vous, comme toujours, l’écologie populaire attendra. Vous voulez continuer, en déposant cet amendement, à exclure les plus précaires des centres-villes. Avec nous, l’amélioration de la qualité de l’air passe par le développement des transports en commun et des mobilités actives. C’est ça, une vraie écologie populaire, une écologie qui n’oublie personne – bref, tout l’inverse de ce que vous faites depuis dix ans au pouvoir. Vous l’aurez compris, nous voterons avec force contre votre amendement de réintroduction des ZFE, par lequel vous n’apportez aucune solution aux millions de Françaises et de Français qui galèrent pour se déplacer au quotidien.
Après un vote en commission et des tentatives de réintroduction en séance, vous voilà revenus aujourd’hui pour tenter de réintroduire les zones à faibles émissions. Nous nous sommes dit qu’enfin, le gouvernement s’intéressait à la pollution de l’air et à la santé de millions de Françaises et de Français. Cependant, comme depuis 2019, vous vous déchargez une nouvelle fois sur les élus locaux : plus de compétences, plus de responsabilités, mais, avec vous, pas plus de moyens, comme d’habitude ! Avec vous, une nouvelle fois, c’est : débrouillez-vous, car nous ne savons pas faire. Vous auriez pu annoncer aujourd’hui une augmentation des moyens pour les transports en commun et les mobilités actives – les députés du groupe La France insoumise ont déposé des amendements en ce sens à plusieurs reprises. ).
Le groupe La France insoumise votera en faveur de ce texte, car nous tenons à préserver le foncier agricole et à faciliter l’adaptation des activités. Mais malheureusement, une fois encore, il ne traite que des symptômes et ne s’attaque pas aux véritables causes du problème. Nous continuerons à nous battre pour mettre fin aux grands projets inutiles et écocides. Nous continuerons à lutter contre le dérèglement climatique, dont les conséquences sont subies par l’ensemble de la population. Nous continuerons à agir en faveur d’un modèle agricole durable et rémunérateur pour celles et ceux qui le font vivre.
Ce texte vise en outre à favoriser l’adaptation des activités agricoles au dérèglement climatique, ce qui constitue un enjeu crucial. Selon le baromètre Cliseve Agri France, près de 40 % des travailleurs agricoles affirment avoir été victimes d’un coup de chaleur au cours de l’année 2025, et 3 % ont perdu connaissance au moins une fois. Le dérèglement climatique impose de nouvelles contraintes ; nous devons faire en sorte que les travailleurs puissent y faire face. C’est pourquoi, lors de ces débats, nous avons voulu rappeler que l’adaptation des pratiques était aussi une question de santé au travail, qu’elle devait se faire pour les travailleurs et non contre eux et qu’elle devrait donc rester subordonnée au respect du droit du travail. Avant de conclure, j’aimerais tout de même rappeler aux groupes de droite – enfin, à ce qu’il en reste dans l’hémicycle – et d’extrême droite, qui s’apprêtent à voter en faveur de ce texte, que 85 % des saisonniers et 43 % des vignerons envisagent de quitter la profession si les conditions climatiques s’aggravent. Si les agriculteurs doivent subir les conséquences de plus en plus graves du dérèglement climatique, c’est parce que vous refusez toute politique qui permettrait de l’enrayer ; c’est parce que vous refusez toute planification ambitieuse ; c’est parce que vous continuez à soutenir les grands projets inutiles et écocides qui détruisent les terres agricoles et l’environnement. Après tout cela, ne nous faites pas croire que vous êtes du côté des agricultrices et des agriculteurs !
Depuis les années 1980, l’artificialisation des sols a presque doublé sur le territoire hexagonal, alors même que la part des terres agricoles est en baisse constante. Nous continuerons à nous mobiliser en faveur de la préservation du foncier agricole, enjeu majeur pour assurer notre souveraineté alimentaire et pour développer un modèle d’agriculture durable, donc moins intensif. À de nombreuses reprises, nous avons remarqué que nous partagions ces luttes, notamment avec les viticulteurs qui défendent leurs terres face aux grands projets. Or, il faut le dire, à cause des gouvernements macronistes et de leurs alliés, ces grands projets inutiles se multiplient. La ligne à grande vitesse Montpellier-Perpignan va couper en deux le vignoble de Picpoul de Pinet, qui bénéficie d’une AOP, et détruire 10 % de la surface agricole de l’appellation ; ce sera désastreux pour les producteurs et pour l’environnement. Il en va de même pour le projet d’autoroute A154-A120, qui prévoit d’artificialiser 660 hectares de terres agricoles. Ce chantier coûtera au total 1 milliard d’euros, ce qui fera augmenter en flèche le coût des péages. Faire entendre la voix des ODG, qui ont à cœur de défendre le foncier, est donc une bonne chose. Nous aurions tout de même aimé aller plus loin en étendant ces dispositions à d’autres acteurs : les Onvar et les associations interprofessionnelles régionales engagées dans le développement du bio devraient elles aussi avoir voix au chapitre.