Ils n’ont aucune leçon à recevoir de ceux qui voudraient transformer la montagne en un sanctuaire où plus rien ne serait possible. Les défis restent immenses. Le logement est une urgence, le désenclavement une nécessité et le secteur touristique doit continuer à investir et à se réinventer pour rester compétitif face à nos voisins. Nos stations doivent moderniser leurs équipements, nos entreprises investir plus facilement, nos collectivités retrouver des marges de manœuvre. Surtout, nous devons enfin faire confiance aux élus locaux plutôt que de leur imposer toujours davantage de contraintes. Oui, nous voterons ce texte parce qu’il apporte quelques réponses utiles. Mais ne nous racontons pas d’histoires : il n’est pas encore à la hauteur des grands défis qui attendent la montagne française. Le logement, le désenclavement, l’investissement touristique, la compétitivité de nos stations, la simplification administrative, l’adaptation au changement climatique : voilà les véritables chantiers qui restent devant nous. La montagne française mérite mieux qu’une succession de petits ajustements : nous lui devons une véritable ambition nationale, car une montagne qui investit est une montagne qui innove, une montagne qui innove est une montagne qui crée de l’emploi, et une montagne qui crée de l’emploi est une montagne qui reste vivante. Le RN continuera à promouvoir cette ambition. Nous avons même la volonté de remettre bientôt le sujet sur la table, car si ce texte a des qualités, il ne permettra pas pour autant à la montagne de libérer son plein potentiel. Nous refusons de la réduire à de simples paysages que l’on contemple. Nous voulons qu’elle reste faite de territoires où l’on vit, où l’on travaille et où l’on construit l’avenir.
…chaque logement une artificialisation insupportable et chaque investissement privé devrait faire l’objet d’une suspicion permanente. À force de dire non à tout, on finira surtout par empêcher ceux qui vivent en montagne aujourd’hui d’y vivre encore demain. Nous refusons cette écologie du refus permanent. Nous croyons possible de protéger la montagne sans condamner son développement. Préserver n’a jamais voulu dire figer. Les premiers protecteurs de la montagne sont ceux qui y vivent : les agriculteurs, les éleveurs, les forestiers, les élus locaux, les entrepreneurs et tous ceux qui, chaque jour, entretiennent ces territoires.
C’est justement pour cette raison qu’elle ne peut plus être corsetée par des règles pensées à Paris, comme si une commune de montagne fonctionnait exactement comme une commune de plaine. Depuis des années, les élus locaux voient les difficultés naturelles auxquelles ils font face aggravées par une inflation de normes, de procédures, d’études, de recours. Résultat : des logements qui ne sortent jamais de terre, des infrastructures qui prennent des années de retard, des investissements abandonnés, des entreprises qui renoncent et des saisonniers qui ne peuvent plus se loger. Voilà la réalité de nombreux territoires de montagne. Pourtant, au cours de nos débats, nous avons une nouvelle fois entendu une partie de la gauche défendre une logique toujours semblable. À les écouter, chaque remontée mécanique serait une menace pour l’environnement, chaque retenue d’eau une catastrophe écologique,…
La montagne n’est ni un décor de carte postale, ni un parc d’attractions à ciel ouvert : c’est un territoire où l’on vit, où l’on travaille, où l’on entreprend, où l’on élève des enfants. C’est précisément parce qu’elle est vivante qu’elle mérite une politique à la hauteur des enjeux. Ce débat présente l’intérêt d’avoir enfin remis la montagne au cœur des préoccupations de notre assemblée. Trop souvent, elle est traitée comme un sujet secondaire, alors qu’elle est un formidable moteur économique, touristique, agricole, énergétique et industriel pour notre pays. Le groupe Rassemblement national votera ce texte parce qu’il comporte des avancées utiles et répond à plusieurs attentes exprimées depuis longtemps par les élus de montagne. Toutefois, nous le ferons sans triomphalisme, car il n’est pas à la hauteur des défis auxquels nos massifs sont confrontés. Certes, il améliorera certaines choses, mais il ne dessine pas encore l’ambition que la montagne française mérite. Tout au long de nos débats, nous avons rappelé une évidence : la montagne n’est pas un territoire comme un autre. En raison de l’altitude, du relief, du climat, des difficultés d’accès, des coûts de construction, du manque de foncier, des longues distances, tout y est plus compliqué, plus long et plus coûteux. Pourtant, malgré ces contraintes, la montagne avance. Elle produit une énergie indispensable à notre souveraineté. Elle nourrit notre pays grâce à son agriculture et à son pastoralisme. Elle accueille des millions de touristes venus du monde entier. Elle fait vivre des milliers d’artisans, de commerçants, de PME, d’entreprises qui créent de l’emploi dans toutes les montagnes. Autrement dit, la montagne n’est pas un territoire sous perfusion : c’est un territoire qui crée de la richesse.
…d’hébergement, de tourisme, de stations de ski, de retenues collinaires et de canons à neige. Comme vous peinez à aborder ces sujets, je comprends que vous souhaitiez abréger les débats. Pour notre part, nous voterons contre cette motion de rejet !
Je préviens nos collègues : ils s’apprêtent à entendre des mots qu’ils trouvent particulièrement désagréables. Nous allons en effet parler d’économie,…
…nous ne les examinons pas avec un enthousiasme débordant. Les habitants de la montagne n’en peuvent plus des leçons de morale systématiquement données par les réseaux d’extrême gauche, qui considèrent l’activité humaine comme un problème et le développement comme une faute. Les travailleurs, les habitants et les investisseurs en ont plus qu’assez que ces assoces de gauche plombent systématiquement les projets et bloquent les dynamiques économiques et humaines en montagne. Quand un amendement porte aussi ouvertement la marque d’une organisation militante d’extrême gauche, qui fait de la politique et de l’activisme environnemental,…
Cette association est une organisation militante, idéologiquement marquée à gauche. Elle fait de la politique : elle a plusieurs fois pris position, que ce soit contre les Jeux olympiques ou contre des projets de développement économique dans le Vercors, et elle a appelé à voter contre le Rassemblement national aux dernières élections présidentielles. Évidemment, lorsque des amendements sont coconstruits avec une association aussi politisée et idéologiquement engagée, systématiquement hostile à une certaine vision du développement économique de la montagne et à nos propres positions,…
Ces amendements, comme l’indiquent les exposés des motifs, ont été travaillés avec l’association Mountain Wilderness – cela a au moins le mérite de la transparence.
Le texte privilégie les infrastructures de recharge rapide en montagne ; mais pourquoi imposer partout la même réponse, sans regarder les usages réels des territoires ? Dans les stations, dans les hébergements touristiques, sur les parkings de départ d’activité, les véhicules restent stationnés plusieurs heures, parfois toute une journée, parfois davantage. Dans ces conditions, les territoires n’ont pas systématiquement besoin de bornes ultrarapides, dont le coût d’installation et de raccordement est considérable. Ils ont besoin d’un maillage cohérent, accessible et réellement adapté à leurs usages. C’est précisément l’objet de notre amendement : remplacer une logique uniforme par une logique fondée sur les besoins. Imposer la recharge rapide peut conduire à des investissements lourds sur les réseaux électriques, sans rapport avec les réalités de terrain. Nous proposons donc une approche plus ciblée, tenant compte des spécificités géographiques, climatiques et touristiques des territoires de montagne, et favorisant les solutions réellement adaptées aux usages locaux – en montagne, c’est exactement ce dont nous avons besoin.
…comme le Club Med, comme la Compagnie des Alpes, que des écologistes qui passent leur temps à expliquer pourquoi il ne faudrait plus rien faire en France. Alors, nous voterons évidemment contre ces amendements de suppression.
La montagne n’a pas besoin qu’on l’accompagne mais qu’on sécurise ses ressources en eau, qu’on autorise ses retenues, qu’on modernise ses infrastructures. C’est ça, défendre la ruralité et la France qui travaille. Je le dis franchement : la montagne française a davantage besoin de gens qui investissent comme Tony Parker,…
…il y a des familles, des saisonniers, des moniteurs, des restaurateurs, des commerçants, des maires de petites communes qui n’ont pas de plan B. Quand vous fermez une station, Messieurs-dames les bien-pensants de la gauche, vous ne sauvez pas la planète, vous tuez la montagne.
…que le ski, c’est fini ; que la montagne, c’est terminé ; que la neige, il n’y en aura plus ; que les canons à neige sont un crime et que les retenues collinaires sont des mégabassines ! À La Clusaz, une bataille juridique de cinq ans a été livrée pour bloquer une retenue de 148 000 mètres cubes quand une seule chute de neige de 10 centimètres sur la commune représente plus de 400 000 mètres cubes d’eau : cherchez l’erreur ! Parlons chiffres, puisque la gauche n’aime pas ça : en Savoie, la neige de culture représente moins de 0,10 % des prélèvements d’eau du département ; elle consomme 4 000 mètres cubes par hectare, contre 5 000 mètres cubes pour l’arboriculture, étant observé que – cela a été dit – la quasi-intégralité de l’eau projetée par les canons à neige retourne dans le sol au printemps. Enfin, les enneigeurs consomment dix fois moins d’énergie qu’il y a dix ans.
Notre débat est en train de se focaliser sur la question des canons à neige et des retenues collinaires. Alors que la France compte 250 stations de ski et 3 000 remontées mécaniques, alors que 550 millions d’euros ont été investis par les acteurs de la montagne cette année, la gauche nous dit…
Les députés du groupe RN soutiendront cet article parce qu’il traite d’un enjeu central pour l’avenir des territoires de montagne : la gestion de la ressource en eau. L’eau est au cœur de tous les équilibres de la montagne puisqu’elle conditionne l’accès à l’eau potable, l’activité agricole, la production énergétique, la sécurité civile, la préservation des milieux naturels mais aussi une part importante de l’activité économique et touristique de nombreux territoires. Précisément parce que cette ressource devient de plus en plus stratégique, nous devons sortir des oppositions caricaturales qui ont trop souvent dominé le débat public ces dernières années. Pendant longtemps, une partie de la gauche écologiste a abordé ces sujets dans une logique presque exclusivement restrictive où chaque projet de stockage, chaque retenue, chaque aménagement était immédiatement présenté comme une menace. La réalité des territoires est beaucoup plus complexe, la montagne doit pouvoir organiser un usage équilibré et partagé de la ressource en eau, conciliant les besoins humains, agricoles, énergétiques et environnementaux. Refuser systématiquement toute capacité de stockage ou toute adaptation des infrastructures reviendrait à terme à fragiliser l’ensemble des activités de montagne. Certaines de ces dispositions figurent déjà dans d’autres textes qui seront examinés plus tard, notamment dans le projet de loi d’urgence agricole, mais cela ne retire en rien la pertinence de leur réaffirmation dans un texte spécifiquement consacré à la montagne.
Les députés du groupe Rassemblement national sont défavorables à cet article, non pas parce que la question de la représentation des territoires de montagne dans les intercommunalités serait secondaire mais précisément parce qu’elle mérite mieux qu’un dispositif essentiellement cosmétique. Rien n’empêche les EPCI de créer dès à présent ce type de commission s’ils le souhaitent. Le problème est ailleurs. Il ne réside pas dans l’absence d’outil juridique mais dans la faible prise en compte des intérêts des communes de montagne, lorsqu’elles se trouvent dans des intercommunalités très étendues, où les équilibres démographiques et politiques conduisent parfois à marginaliser les territoires les plus ruraux, les plus enclavés. Les élus de montagne n’ont pas besoin d’une nouvelle réunion autour d’une table mais de réelles capacités d’action, d’un vrai poids politique et de simplification.
Nous abordons cette proposition de loi dans un état d’esprit favorable, parce qu’elle part d’un constat juste, que personne ici ne peut contester : la montagne n’est pas un sujet marginal, même si on en parle peu, mais un enjeu stratégique pour notre pays, un enjeu d’aménagement du territoire, un enjeu économique, énergétique et de souveraineté. La montagne française, ce ne sont pas seulement les plus beaux paysages du monde, ce sont aussi des territoires habités par des personnes qui travaillent, entreprennent, produisent, accueillent et, bien sûr, innovent. Des montagnes entières vivent certes du tourisme, mais aussi de l’agriculture, de l’élevage, de l’hydroélectricité, des services, de l’artisanat, du commerce, des petites industries. Bref, leur tissu économique est parfois fragile, mais dynamique. Nous sommes favorables aux objectifs de ce texte, mais son ambition restant en deçà de ce qu’attendent les élus et les habitants de la montagne, nous sommes loin du compte. La montagne française ne souffre pas d’un manque de diagnostics, mais d’un excès d’entraves. Elle ne manque pas de nouvelles déclarations de principes, mais de leviers, de décisions, de marges de manœuvre, de règles adaptées à sa réalité. Les élus de la montagne connaissent parfaitement cette réalité. Ce sont des contraintes géographiques, climatiques, foncières, logistiques qui rendent chaque projet plus complexe, plus coûteux, plus long à faire émerger. À ces contraintes naturelles, nous avons ajouté nos propres obstacles : des normes, des procédures, des délais, des études successives, des autorisations multiples, des contentieux et le manque d’ambition. Résultat, des projets utiles, parfois indispensables prennent des années ou n’aboutissent jamais. Pendant ce temps, les territoires attendent : le logement est bloqué, les mobilités sont insuffisantes, les investissements sont ralentis, les élus consacrent une énergie considérable à contourner la complexité administrative au lieu de développer leur territoire. Il faut bien nommer les responsables politiques qui se cachent derrière cette situation de blocage général. Depuis des années, la gauche impose une vision punitive de l’aménagement du territoire, fondée non sur l’accompagnement, mais sur la restriction, non sur l’adaptation, mais sur l’entrave. Tout devient suspect : un équipement, une infrastructure, un projet touristique, une adaptation d’urbanisme, une solution de mobilité. À chaque fois, le même réflexe : ralentir, conditionner, compliquer, limiter, interdire. Derrière les grands discours sur la sobriété se cache trop souvent une volonté de recul organisé de l’activité humaine dans les territoires. Comme si la montagne devait se contenter de survivre, comme si elle devenait un espace figé, sanctuarisé, vidé de sa dynamique économique. Nous rejetons cette vision, parce qu’une montagne qui ne peut pas investir ou se développer, c’est une montagne qui décline, c’est un échec politique, territorial et social. Nous défendons l’inverse : une écologie d’équilibre et de responsabilité, enracinée dans le réel, qui protège sans condamner toute l’activité humaine. Les gens qui vivent en montagne depuis longtemps n’ont aucune leçon à recevoir de ceux qui veulent importer le mode de vie bobo des centres-villes des métropoles. Les habitants de la montagne savent ce qu’ils doivent préserver, parce que leur environnement est leur cadre de vie, leur patrimoine, leur outil de travail, parfois leur héritage familial. La crise du logement est devenue insoutenable dans de nombreux territoires, certaines communes étant incapables de loger leurs saisonniers, leurs jeunes actifs, parfois même leurs agents publics. La montagne attend des propositions sur le diagnostic de performance énergétique (DPE), parce qu’une application rigide et aveugle de ce dispositif peut produire des effets absurdes et retirer des logements du marché là où ils sont indispensables. Elle en attend sur la mobilité, avec la reconnaissance des ascenseurs valléens et des solutions de désenclavement, mais aussi sur le tourisme quatre saisons, parce que la diversification touristique doit être une stratégie économique structurée permettant de sortir de la dépendance du ski. La faiblesse du texte, c’est d’aborder à plusieurs reprises des sujets essentiels sans aller au bout. Il identifie des difficultés sans créer les outils correspondants. Il affiche une intention plus qu’il ne crée des leviers pour produire l’effet attendu. Or la montagne n’a pas besoin de principes supplémentaires, mais de décisions. Nous refusons une montagne sanctuarisée et entravée. Alors, si ce texte permet tout de même un basculement, il aura été utile. Sinon il ne restera qu’une occasion manquée de plus pour des territoires qui n’ont plus le luxe d’attendre.
Aujourd’hui, elle pousse cette logique jusqu’au bout : elle refuse le débat parlementaire. Que nous dit cette motion ? Qu’il ne faudrait pas examiner un texte consacré à l’avenir de la montagne, qu’il ne faudrait pas discuter du logement, des mobilités, de l’accès aux soins, de l’activité économique, du pastoralisme ou des contraintes qui pèsent sur les élus locaux. Votre logiciel reste le même – dire non, même au débat. Vous qui réclamez toujours des concertations pour permettre à vos associations de venir phagocyter les débats et plomber les projets, vous bloquez le débat parlementaire. Vous prétendez défendre les territoires de montagne, mais vous combattez systématiquement tout ce qui leur permet de tenir économiquement. Vous rêvez d’une montagne sanctuarisée, transformée en décor pour citadins en quête de pureté environnementale, pendant que ceux qui y vivent devraient accepter de voir disparaître leurs emplois et leur mode de vie. Mesdames et messieurs de gauche, la montagne n’est pas votre terrain d’expérimentation doctrinale. La montagne, ce sont des habitants, des élus, des agriculteurs, des commerçants, des saisonniers, des familles qui veulent simplement vivre, travailler et transmettre quelque chose. Il va falloir accepter d’entendre qu’il existe encore des députés qui défendent l’économie de montagne, le tourisme, le ski, les infrastructures et une écologie qui ne rime pas avec décroissance forcée. Ce texte n’est pas parfait et il faudra le renforcer, l’enrichir, le durcir sur plusieurs points. Cependant, nous voterons évidemment contre cette motion de rejet.
Depuis des années, la gauche mène une offensive méthodique contre tout ce qui permet aux territoires de montagne de vivre, d’investir et de se développer.
Notre groupe votera cette proposition de résolution, mais je veux surtout dire pourquoi et sur quoi nous devons ouvrir les yeux. La Turquie n’est pas un simple partenaire difficile au sein de l’Otan, que l’on recadre par des protestations rituelles et des lamentations sur l’État de droit dont elle se fiche éperdument. C’est précisément quand nous jouons cette partition-là qu’elle nous méprise le plus et se sent encouragée à accentuer ses dérives. Les arrestations, les purges, les procès politiques, la mise au pas de l’espace public : ce n’est pas un feuilleton intérieur qui nous obligerait à commenter chaque épisode, mais un outil. Contrairement à la classe politique qui gouverne notre pays depuis des décennies, la Turquie est un État qui a une stratégie, une volonté de puissance et une vision du monde. La Turquie qui nous fait face s’est progressivement éloignée du cadre occidental kémaliste pour adopter une posture d’autonomie stratégique agressive, avec un récit civilisationnel assumé. Elle porte un projet politique global néo-ottoman, qui vise à inscrire le pays dans une continuité impériale et à lui redonner son ancienne zone d’influence, des Balkans au Caucase, du Levant à la Méditerranée, en passant par l’Afrique du Nord et les espaces turcophones. C’est une vision de long terme qui combine l’histoire, l’identité, la religion, la puissance militaire et une diplomatie d’influence globale très structurée. Son récit anti-occidental sert à consolider l’unité interne, à mobiliser l’opinion publique et à légitimer une politique extérieure de plus en plus offensive. Pour porter ce récit, Ankara utilise une panoplie d’outils d’influence : les médias, la production culturelle, les réseaux sociaux, les organismes de coopération et, surtout, un travail patient au sein des diasporas, qui peuvent devenir, lorsqu’elles sont instrumentalisées, des relais politiques et des leviers de pression pour les États dans lesquelles elles vivent. Ensuite, la dimension religieuse est centrale. La Turquie mobilise un islam politique qui lui sert à la fois de ciment interne et de force de projection et de légitimation externe. Elle se pose en puissance mère pour un espace musulman sunnite qu’elle veut influencer. Ce n’est pas une question théologique, mais géopolitique. Quand cette stratégie religieuse croise des intérêts sécuritaires, des rivalités régionales et des fractures communautaires, elle devient un facteur de déstabilisation. La dimension militaire est également présente. Ankara ne se contente pas de parler : elle agit, elle teste, elle avance, elle occupe des espaces, elle soutient des acteurs locaux et elle impose le fait accompli. En Méditerranée orientale, la Turquie a développé une doctrine maritime expansive qui revendique des droits et des zones et qui transforme la mer en théâtre de pression stratégique. Au Levant, elle a montré qu’elle était prête à engager la force pour sécuriser ses intérêts. Dans le Caucase, elle a trouvé des moyens d’influencer les équilibres régionaux. En Syrie, elle exerce une influence importante sur le nouveau gouvernement qu’elle a contribué à faire émerger. En Iran également, elle plaide pour des négociations qui impliqueront nombre d’alliés américains régionaux, dont l’Égypte et les pays du Golfe. Enfin, la tactique que la Turquie maîtrise tout particulièrement consiste à jouer sur tous les tableaux et à tirer avantage de tous les camps. Elle est membre de l’Otan, mais ne se prive pas d’agir avec hostilité contre des membres de l’Alliance, tout en conservant de bonnes relations avec son voisin russe. Elle se présente comme indispensable sur certains dossiers, tout en les utilisant pour obtenir des contreparties. Elle sait exploiter les divisions européennes, nos dépendances et nos hésitations. Elle n’hésite pas à utiliser le levier migratoire comme instrument de pression sur les pays européens. Elle sait utiliser la bureaucratie internationale, les procédures et les veto comme des monnaies d’échange. De cette manière, pendant que certains commentent et déplorent, elle obtient des résultats concrets. À partir de là, notre seul objectif ne doit pas être de faire la morale à Ankara. Si cela s’avère nécessaire dans le cas d’agissements contraires aux droits humains, nous devons conserver nos principaux objectifs : défendre nos intérêts, protéger notre souveraineté et empêcher qu’un projet politico-civilisationnel hostile à nos équilibres nous menace. La France doit avoir sa propre stratégie de puissance au Moyen-Orient et en Méditerranée. Par la force reconnue de sa diplomatie, elle peut et doit la fonder sur une présence réelle, des alliances solides, des partenariats énergétiques, une action maritime crédible et une diplomatie d’influence à la hauteur, qui ne doit pas se résumer à s’indigner ou à batailler sur les réseaux. Le Rassemblement national défend ce projet : que la France ne soit plus une puissance commentatrice des grands bouleversements, mais qu’elle redéploie ses atouts diplomatiques, militaires, géographiques et culturels pour exercer une véritable politique d’influence, d’équilibre et de défense de nos intérêts, en affirmant sa souveraine nationale.
Après une commission mixte paritaire conclusive, nous arrivons au terme de l’examen de ce texte. Depuis le début de ces débats, un discours revient sans cesse : le ski serait dépassé, la montagne devrait renoncer à ce qui fait son cœur économique et les Jeux olympiques d’hiver relèveraient d’un anachronisme. Ces affirmations ne résistent pas aux faits. Les chiffres sont éloquents : selon le volet hiver du baromètre montagne d’Atout France, 82 % des vacanciers en station déclarent vouloir continuer ou accentuer la pratique du ski dans les années à venir. Le ski reste la première motivation des séjours en montagne, pour les Français comme pour une large part des clientèles européennes. Le ski, autrement dit, n’est ni marginal ni résiduel. Il est central – central pour l’attractivité de nos stations, central pour l’emploi, central pour l’économie des vallées, central pour l’image de la montagne française dans le monde. Refuser de voir cette réalité, ce n’est pas faire de l’écologie, c’est nier la vie sociale et économique de territoires entiers. La montagne française n’est pas un décor mais un espace productif, organisé, structuré, avec des savoir-faire reconnus, transmis et adaptés au fil des années. Ce sont précisément ces savoir-faire que les Jeux olympiques d’hiver 2030 doivent valoriser. Rappelons un point essentiel : ces Jeux ne reposent pas sur une artificialisation massive. La très grande majorité des infrastructures existe déjà – domaines skiables, équipements sportifs, hébergements, accès. Il s’agit avant tout de moderniser, d’adapter et de remettre aux normes. On pourra maîtriser ainsi à la fois les coûts financiers et l’impact environnemental ; on pourra, surtout, laisser un héritage utile et durable aux habitants, bien après la fin des compétitions. Ce texte n’oppose pas sport et environnement. Il vise à les concilier intelligemment en s’appuyant sur l’existant et sur l’expérience du terrain. Au cœur du débat se trouve justement la confiance : confiance dans les élus locaux, qui savent ce que représente une saison ratée ou une station fragilisée ; confiance dans les professionnels de la montagne, qui vivent de leur territoire et n’ont aucun intérêt à le dégrader ; confiance, enfin, dans un modèle français de la montagne, qui a prouvé sa capacité à s’adapter, à innover et à rester attractif. Il faut cependant avoir le courage de dire, dans cet hémicycle, que pour de nombreux territoires de montagne, la difficulté ne vient pas seulement des contraintes naturelles ou économiques. Elle vient aussi d’une minorité très organisée et de réseaux associatifs politisés qui refusent par principe tout projet, toute évolution et toute adaptation. Leurs méthodes sont toujours les mêmes : recours systématiques, pressions médiatiques et judiciarisation permanente de la vie locale. Ces associations prétendent parler au nom de l’intérêt général sans jamais révéler, pourtant, les conséquences de leur opposition. Ce ne sont pas elles qui perdent des emplois, qui ferment des commerces, qui voient des villages se vider. À force de dire non à tout, elles finissent par pourrir le quotidien des habitants, décourager les élus locaux et faire fuir les porteurs de projets. Une montagne qui ne travaille plus est une montagne qui se vide – et une montagne qui se vide n’est pas plus écologique ni mieux protégée. L’enjeu des Jeux olympiques d’hiver 2030 n’est donc pas de réduire la montagne mais de l’accompagner, de la sécuriser et de lui donner une perspective. Cette perspective, nous la revendiquons : faire de la montagne française un atout stratégique pour notre pays et viser, sans complexe, à ce que la France devienne la première destination mondiale pour la montagne. C’est dans cet esprit de réalisme et de confiance dans les territoires que le groupe Rassemblement national votera le texte issu des travaux de la commission mixte paritaire.