Remettons les pendules à l’heure. Ce n’est pas nous qui nous sommes alliés à eux ! Demander encore un rapport sur un sujet qu’on connaît déjà parfaitement, c’est juste essayer de gagner du temps pour éviter d’agir. Or les constats sont déjà posés et les solutions existent. Notre jeunesse étudiante souffre tous les jours et continue de souffrir. Les plus précaires survivent à peine. Ce dont les étudiants ont besoin, ce sont de décisions politiques immédiates. Surtout, il faut trouver des économies ailleurs.
Ensuite, vous confirmez, madame la rapporteure, que 60 % de l’aide d’urgence est attribuée aux étudiants étrangers, ce qui prouve la nécessité et l’utilité de notre amendement.
Cet amendement de mon collègue Philippe Ballard vise à inscrire dans notre droit un principe simple, de bon sens et de justice : la priorité nationale dans l’attribution des bourses de l’enseignement supérieur. Il ne s’agit pas d’exclure, mais de hiérarchiser, en affirmant que l’argent du contribuable français doit d’abord servir la jeunesse française. Il faut regarder la réalité en face : aujourd’hui, près d’un étudiant sur cinq vit sous le seuil de pauvreté – nous en avons tous parlé. Le coût de la vie étudiante a explosé de près de 30 % depuis 2010. Dans le même temps, des milliers d’étudiants français, issus des classes modestes et des classes moyennes, se voient refuser une bourse parce que les seuils d’éligibilité des Crous sont trop bas, parce que l’enveloppe est trop étroite ou parce que les moyens sont comptés. Pendant ce temps, ces mêmes bourses financées par le contribuable français sont attribuées à des étudiants étrangers. Chaque bourse versée à un étudiant étranger, c’est mécaniquement une bourse en moins pour un jeune Français qui en aurait besoin, ce qui n’est pas juste. Appliquer la priorité nationale, c’est renforcer la cohésion nationale. Sans priorité nationale, il n’y a pas de nation.
Nous nous opposerons à cet amendement qui vise à supprimer la généralisation de l’annualisation du versement des bourses étudiantes. Avez-vous conscience, monsieur le député, de la réalité du quotidien vécue par les étudiants actuellement ? Les files d’attente devant l’aide alimentaire, le fait de se priver de tout, de manuels scolaires, de produits de première nécessité, de produits d’hygiène : c’est ça la vie des étudiants aujourd’hui en France, après deux mandats d’Emmanuel Macron. La situation étudiante est marquée par une précarité, une pauvreté, une misère persistante et, pour beaucoup, insoutenable. Être étudiant, c’est ne bénéficier d’aucun statut véritablement protecteur et se priver chaque jour des biens essentiels. Le statut d’étudiant est le statut le plus précaire qui soit aujourd’hui en France. Nous devrions renforcer les dispositifs de soutien. C’est pour cela que votre amendement est en décalage complet avec la réalité – comme vous l’êtes souvent, d’ailleurs. Je vous invite à le retirer. Quant aux conseils d’économie et de bonne gestion, vous êtes vraiment très mal placé pour en donner.
…ainsi que sur la suspension de ces aides pour les étudiants définitivement condamnés pour des crimes ou délits passibles de plus de deux ans d’emprisonnement. Dans l’attente de mieux pour les Français et de mesures pérennes sur le pouvoir d’achat et la situation de la France, qui touche le fond dans tous les domaines après dix ans de régime macroniste désastreux, le Rassemblement national soutient donc cette proposition de loi qui donnera une respiration financière vitale et urgente aux étudiants de notre pays,…
…mais également non boursiers aux moyens très limités, sachant que la pauvreté étudiante les touche aussi et surtout qu’elle s’accroît. Au Rassemblement national, nous considérions déjà, avant le dépôt de cette proposition de loi, qu’il fallait réformer les bourses pour les mensualiser sur douze mois et pour prendre en compte l’évolution des prix à la consommation. En effet, les bourses sont parmi les rares prestations à ne pas être correctement indexées sur l’inflation. Mon groupe politique portera une attention particulière aux réponses apportées sur la priorité nationale dans l’attribution des bourses étudiantes,…
Cela constituerait une aide immédiate et concrète pour tous. J’aimerais avoir votre avis, madame la rapporteure, sur nos amendements qui visent à obtenir un rapport sur l’instauration d’un taux de TVA à 0 % pour tous. Cela permettrait d’aider les élèves boursiers…
…qui devraient d’abord avoir à se soucier d’étudier. Les files d’attente de nos étudiants devant les distributions d’aide alimentaire resteront une honte pour notre pays. En octobre 2024, l’adoption du repas à 1 euro pour tous les étudiants a constitué un premier colmatage. Mais renoncer aux soins de santé, avoir du mal à se loger, ne pas manger à sa faim, ne pas avoir accès aux produits de première nécessité ou encore ne pas pouvoir assumer les coûts liés à la vie étudiante tels que l’achat des livres et des manuels sont les marqueurs d’alerte de cette nouvelle précarité étudiante. Aujourd’hui, un étudiant sur trois est en situation de mal-logement. Un étudiant sur cinq dispose de moins de 100 euros par mois, pour vivre après avoir payé son loyer. Un jeune sur dix bénéficiant d’une aide alimentaire a déjà dormi dehors ou dans sa voiture. Compte tenu de leurs heures de cours, les étudiants ne peuvent que très difficilement avoir un travail leur garantissant un salaire suffisant. Il coûte beaucoup trop cher d’étudier en France aujourd’hui. Une part importante du budget étudiant dépend de l’aide de leurs parents. Mais les étudiants les plus modestes ou éloignés du foyer parental ne bénéficient pas de ce filet de sécurité. Au Rassemblement national, nous proposons de supprimer la TVA sur cent produits de première nécessité.
Après dix ans de macronisme, notre jeunesse n’a jamais autant souffert – et elle continue de souffrir. Se loger, se nourrir et se soigner est devenu un combat quotidien pour les étudiants français,…