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Christopher Weissberg
2026 juin 11
C’est comme ça que vous dites, non ?
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Christopher Weissberg
2026 Jun 12 00:07:42
Nous ne pouvons adopter un texte qui ne respecte pas cette tradition.
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Christopher Weissberg
2026 Jun 12 00:07:07
Cela ne signifie ni que nous soutenons l’embargo américain – nous le condamnons comme le fait la France depuis trente-quatre ans – ni que nous sommes indifférents au sort du peuple cubain, à qui nous exprimons au contraire notre pleine solidarité. Nous voterons contre un texte à sens unique qui condamne les États-Unis sans rien exiger de Cuba, qui dénonce les violations du droit international sans mentionner celles commises par le régime cubain contre son propre peuple et qui invoque les droits fondamentaux sans se soucier des libertés fondamentales. La France a pour tradition d’être exigeante avec tout le monde, avec Washington comme avec La Havane.
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Christopher Weissberg
2026 Jun 12 00:06:57
…elle est à la fois contre l’embargo et pour le dialogue démocratique. Or la proposition de résolution rompt avec cet équilibre. Notre groupe ne votera donc pas en sa faveur.
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Christopher Weissberg
2026 Jun 12 00:06:25
Voilà où la proposition de résolution échoue. Elle cite le Pacte international relatif aux droits civils et politiques, tout en passant sous silence le fait que Cuba est l’un des États les plus critiqués au monde pour ses violations de ce texte. Elle nous demande de condamner le blocus mais ne demande rien à Cuba, parce que ses auteurs sont nostalgiques d’un temps révolu. Elle ne contient pas un mot sur le conditionnement démocratique, pas un appel à la libération des prisonniers politiques, pas un encouragement à l’ouverture.

La position de la France a toujours été équilibrée :…
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Christopher Weissberg
2026 Jun 12 00:05:30
L’extraterritorialité du droit américain n’est pas une abstraction. Nous savons que BNP Paribas a été sanctionné, qu’Alstom a été racheté par General Electric après des poursuites américaines et que CMA-CGM a dû suspendre ses livraisons à Cuba en mai dernier. Nous condamnons ces pratiques, car elles menacent des entreprises françaises, des emplois et notre souveraineté économique. La politique de l’administration Trump envers Cuba s’inscrit dans une logique d’unilatéralisme que j’ai dénoncée à cette tribune à chaque fois que j’en ai eu l’occasion.

Qu’il s’agisse de Cuba aujourd’hui, de l’Iran hier, du Venezuela avant-hier – pays au sujet duquel j’ai tenu un discours très dur contre Trump –, des menaces sur le Groenland, territoire d’un allié européen, ou des droits de douane imposés au Canada et à l’Europe, à la différence de nos collègues du RN, je ne considère pas qu’il faille louer le président américain pour son énergie, loin de là.
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Christopher Weissberg
2026 Jun 12 00:05:21
Si, c’est un gros sujet ! Parce que, contrairement à vous, j’y vis, je peux être aussi clair sur les États-Unis que sur Cuba.
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Christopher Weissberg
2026 Jun 12 00:05:01
Et contrairement à vous, je considère que c’est une force. C’est l’énorme différence entre l’extrême gauche nationaliste que vous représentez et des gens comme moi, qui considèrent favorablement la double nationalité.
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Christopher Weissberg
2026 Jun 12 00:04:58
Résolument les deux !
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Christopher Weissberg
2026 Jun 12 00:04:50
C’est exactement ce que je disais : vous n’aimez pas les Américains, donc vous ne m’aimez pas, pas plus que la moitié des Français qui habitent dans ma circonscription de l’Amérique du Nord.
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Christopher Weissberg
2026 Jun 12 00:04:42
Le problème est que votre discours ne change jamais, qu’on soit sous Carter, Obama ou Trump.
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Christopher Weissberg
2026 Jun 12 00:04:16
Le groupe Ensemble pour la République exprime sa pleine solidarité avec le peuple cubain et, depuis 1992, la France vote chaque année à l’ONU en faveur de la levée de l’embargo. Nous partageons cette position constante et transpartisane, car l’embargo américain est une impasse.
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Christopher Weissberg
2026 Jun 12 00:03:56
Absolument.
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Christopher Weissberg
2026 Jun 12 00:03:46
Trump, je le connais mieux que vous car j’habite aux États-Unis et vote contre lui, alors que vous répétez le même récit depuis quatre-vingts ans. Il est clair que la situation à Cuba a empiré, avec 400 000 enfants en rupture scolaire, 110 000 opérations chirurgicales reportées et des coupures d’électricité qui paralysent le pays.
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Christopher Weissberg
2026 Jun 12 00:03:24
Or nous sommes en 2026 et, si je partage nombre des constats faits dans ce texte sur la souffrance du peuple cubain, je me demande comment on peut rédiger aujourd’hui une proposition de résolution sur Cuba sans jamais utiliser les mots « liberté d’expression », « prisonniers politiques » ou « démocratie ».
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Christopher Weissberg
2026 Jun 12 00:03:13
Ce n’est pas ce que je fais ! Je décris votre vision du monde, car vous êtes figés en 1961.
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Christopher Weissberg
2026 Jun 12 00:02:55
Nous sommes en avril 1961 : John Fitzgerald Kennedy préside les États-Unis, Nikita Khrouchtchev dirige l’Union soviétique et, au siège du PCF, Maurice Thorez lit la en écoutant à la radio Fidel Castro commenter l’invasion de la baie des Cochons.
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Christopher Weissberg
2026 Jun 12 00:02:47
J’ai pris beaucoup de plaisir en lisant cette proposition de résolution, car j’ai cru découvrir le scénario du quatrième volet de.
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Christopher Weissberg
2026 Jun 11 18:54:17
Chers collègues, les propos des membres du Rassemblement national me rappellent les débats des députés Maga – – avec Donald Trump, qui ont eu lieu dans ma circonscription. Si vous imaginez une seule seconde que vous allez faire naître un nouvel espoir au sein des communautés concernées en leur promettant une prospérité fondée sur l’extraction de gaz ou de pétrole de schiste, alors que pendant des années, le prix du pétrole n’a pas permis de financer ce genre de projet, vous vous mettez le doigt dans l’œil d’une façon dramatique.

J’ajoute, à l’intention des collègues qui viennent de Guyane, que lorsque le président Trump a envahi le Venezuela pour y extraire du pétrole, les représentants des majors du pétrole que j’ai pu rencontrer quand je me suis rendu au Texas m’ont précisé qu’il était hors de question pour eux d’aller au Venezuela pour exploiter un pétrole beaucoup trop cher à extraire par rapport au prix du baril. Cercle parfaitement vicieux : ce n’est qu’à la faveur de la guerre et du blocage du détroit d’Ormuz que l’on parvient à maintenir un prix qui permettrait d’extraire ce pétrole.

Vous commettez aujourd’hui une erreur historique, économique et écologique : ces activités ne rapportent pas. Arrêtez de croire le contraire et de faire rêver les gens dans vos circonscriptions : cette stratégie ne fonctionne pas, les coûts sont beaucoup trop élevés, et, à la fin, c’est un désastre écologique.
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Christopher Weissberg
2026 Feb 04 17:43:36
Il y a quelques jours, à la même tribune, j’avais déjà eu l’occasion de souligner la rupture profonde entre l’administration Trump et les Européens. Nous ne sommes plus des alliés, nous sommes des concurrents, voire des adversaires. À vrai dire, à l’exception des amis de M. Trump à l’extrême droite de cet hémicycle, personne n’est dupe : il est désormais nécessaire de nous protéger et d’être dans un rapport de force permanent avec les États-Unis pour défendre nos intérêts. La menace d’augmentation des droits de douane, brandie contre la France, pour avoir soutenu nos alliés danois au Groenland, nous a rappelé que même un mauvais deal signé sur un terrain de golf en Écosse pour faire plaisir à Donald Trump ne nous permettrait pas d’éviter le pire.

Toutefois, si l’accord commercial entre l’Union européenne et les États-Unis était clairement déséquilibré, n’oublions pas la raison pour laquelle nous avions fini par accepter une fixation unilatérale des droits de douane à 15 %.

Ayons l’honnêteté de regarder la réalité en face. Lorsqu’il a été signé, cet accord avait au moins le mérite d’éviter une guerre commerciale. Il mettait fin à une période d’instabilité pour nos entreprises. Et ne tombons pas dans la caricature : ce ne sont pas simplement des sociétés cotées du CAC40 que nous parlons ; il s’agit de l’ensemble de nos filières exportatrices : artisans, petites et moyennes entreprises, dont les produits se vendent si bien outre-Atlantique.

Je pense notamment à nos producteurs de vins et de spiritueux. Je reviens de ma circonscription, aux États-Unis, où j’ai pu m’entretenir longuement avec des importateurs. À 15 %, me disent-ils, on peut encore vendre du vin aux États-Unis. À 25 %, comme sous le premier mandat Trump, c’est toute une partie des vins bon marché qui ne sont plus compétitifs. À 150 %, comme le président américain en a brandi la menace, c’est terminé, plus personne ne pourra exporter de vins.

L’augmentation des tarifs, ce n’est pas une abstraction éloignée de nos concitoyens, ce sont des pertes dévastatrices pour beaucoup de nos territoires. C’est précisément ce que cette proposition de résolution se garde bien de rappeler, tant elle est dogmatique et hostile au commerce international – une position finalement pas si éloignée de celle de M. Trump. Pour vous, les échanges internationaux seraient mauvais par nature, et le commerce une menace en soi, dont il faudrait se débarrasser.

C’est d’ailleurs une constance qui frôle l’obsession chez vous. N’étiez-vous pas les premiers à vous indigner contre le Ceta, l’Accord économique et commercial global avec le Canada, qui est le parfait contre-exemple de celui avec les États-Unis ? Dix ans après son entrée en vigueur, le Ceta est largement favorable aux Européens : il a permis d’augmenter de 55 % les exportations de Bordeaux et de Languedoc vers le Canada. Nos fromagers ont augmenté leurs exportations de 65 % entre 2016 et 2023. Enfin, il a permis de reconnaître 140 indications géographiques européennes, dont 42 françaises.

Un accord n’a de sens que s’il repose sur la confiance. Or c’est précisément ce socle de confiance qui s’est fissuré depuis l’été dernier. Quand un allié vous explique, comme ces dernières semaines, au sujet du Groenland, qu’il veut acquérir un territoire européen, si besoin par la force, et qu’il brandit la menace de rétorsions commerciales, il faut savoir dire stop. Le respect ne se réclame pas ; il se gagne. C’est dans cet esprit que notre groupe au Parlement européen, Renew Europe, s’est opposé fin janvier à la ratification de l’accord. C’est dans le même esprit que nous avons évoqué sans détour le recours à l’instrument anticoercition.

L’autre écueil dans lequel tombe votre proposition de résolution européenne, c’est le prisme anti-européen. Au lieu de croire en l’unité européenne face aux pressions américaines, vous voulez affaiblir la position de la Commission. C’est précisément ce dont rêve Donald Trump : nous diviser pour mieux régner. Laissez-moi reprendre l’exemple de la filière viticole française. En 2019, les droits de douane américains ont frappé le vin français à 25 %, tout en épargnant les vins italiens et espagnols. Résultat : nos bouteilles ont disparu des cartes des restaurants américains, remplacées par celles de nos voisins. La politique commerciale européenne est notre seul rempart contre la fragmentation des exportations pays par pays. Il faut atteindre la taille critique si l’on veut résister efficacement au tempérament transactionnel du président américain, qui ne voit que des rapports de force.

Certes, nous perdrons parfois certains arbitrages, mais nous en gagnerons d’autres – comme dans n’importe quelle négociation. En revanche, sortir du cadre européen nous exposerait à perdre toutes les négociations face à la Chine, aux États-Unis ou à l’Inde. Plutôt que de subir les attaques de Donald Trump, construisons une Europe puissance : une Europe capable d’imposer ses intérêts, ses choix et, bien sûr, ses conditions dans toute future négociation commerciale – c’est ce qu’ont rappelé mes collègues présidents de commission et le ministre. La proposition de résolution échoue à relever ce défi : elle ne formule aucune stratégie, aucune proposition à la hauteur du moment.

Dans un monde rongé par l’instabilité, ce dont nous avons besoin, ce n’est ni d’incantations ni de postures idéologiques du siècle dernier, c’est d’une ligne claire. C’est pourquoi, en responsabilité, nous nous abstiendrons lors du vote de la proposition de résolution.
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Christopher Weissberg
2026 Jan 16 10:11:55
L’ingérence des États-Unis pour déstabiliser l’unité européenne est assumée. Elle rompt avec une tradition constante de soutien à l’Union européenne qui date du plan Marshall. Le président Trump et son vice-président Vance n’ont jamais caché leur objectif de fragiliser l’Union européenne en divisant les États membres sur tous les sujets. Il n’est pas anodin que le communiqué initial de l’Union européenne sur le Groenland évite de mentionner les États-Unis. L’Italie de Giorgia Meloni l’a sciemment omis pour préserver ses relations privilégiées avec Trump. Il n’est pas anodin non plus que certains gouvernements européens préfèrent le silence à la confrontation. C’est précisément pour faire face à ce piège que notre unité est notre meilleur rempart.

Quelle différence entre ces gouvernements et ceux qui, à l’extrême droite de cet hémicycle, vantent l’énergie du président Trump ? « Mais où trouve-t-il toute cette énergie ? » Cette énergie est admirée par ceux qui sont prêts à se vendre à lui pour obtenir son soutien, au prix de nos valeurs, de notre souveraineté et de notre indépendance. Pour sa part, la France a réaffirmé hier, par la voix du président de la République, sa détermination à résister et à utiliser tous les moyens pour faire plier une administration qui s’attaque une fois de plus à notre économie sous prétexte que nous défendons l’espace européen.

Il y a deux ans, lors des célébrations du 80e anniversaire du Débarquement, la présidente de l’Assemblée, Yaël Braun-Pivet, accueillait une délégation de parlementaires américains, républicains comme démocrates. Malgré leurs différences politiques, leur message indiquait clairement leur attachement à l’Alliance atlantique et aux partenaires européens des États-Unis, leur fidélité aux valeurs communes. Même les Républicains ne pouvaient pas imaginer que l’administration Trump romprait avec l’histoire. En quelques mois, le président des États-Unis est revenu sur sa promesse de se désengager des conflits internationaux, pour afficher le visage le plus impérialiste que l’Amérique ait jamais connu. Presque à la manière d’un docteur Folamour, il a d’ailleurs affirmé dans un récent courrier au premier ministre norvégien que, faute d’avoir obtenu le prix Nobel, il ne se sentait plus obligé de penser uniquement à la paix. Face à cette escalade, le président de la commission des affaires étrangères, Bruno Fuchs, le président du groupe d’amitié France-États-Unis, Franck Riester, et moi-même allons écrire à nos homologues américains pour réaffirmer ces principes et appeler à ce que le Congrès américain soutienne l’alliance transatlantique.

Le mépris de l’administration américaine pour les principes démocratiques s’est transformé en offensive contre ses propres alliés, voire en complaisance à peine voilée envers des régimes autoritaires. En Ukraine, Trump ne voit ni un peuple agressé ni une démocratie en danger. Il ne voit ni valeurs ni principes à défendre, seulement des intérêts à monnayer : les hydrocarbures de Poutine, d’un côté, les minerais du président Zelensky, de l’autre. Le reste lui est indifférent, pourvu qu’il en tire profit. En Iran, où le peuple iranien se bat admirablement, au péril de sa vie, contre le régime des mollahs, le président Trump poursuit là encore ses seuls intérêts, sans concertation avec les Européens.

Son admiration pour les hommes forts, ceux qui, comme lui, méprisent les contre-pouvoirs, le pousse naturellement à soutenir les mouvements d’extrême droite sur notre continent. Qu’il s’agisse des néonazis de l’AfD –  en Allemagne, des xénophobes de Reform UK au Royaume-Uni ou du Rassemblement national en France, Trump et ses partisans ne se cachent plus : leur soutien à ces partis est assumé, au point de franchir parfois la ligne rouge de l’ingérence. Il y a quelques semaines, l’administration américaine a même envisagé de prononcer des sanctions contre les magistrats français qui ont condamné Marine Le Pen en mars dernier.

Et ce n’est qu’un début. Les prochaines élections européennes seront la cible d’interventions directes et revendiquées. L’époque où Washington se posait en garant de nos processus démocratiques est bel et bien terminée.

Mes chers collègues, soyons lucides : nous vivons un basculement historique. Nous assistons au retour des empires. La Russie, la Chine, les États-Unis partagent désormais une même volonté : étendre leur influence par la force. Face à ces empires, la France seule ne pourra pas résister. Seul le leadership de la France dans l’Union européenne peut nous permettre de rivaliser. Assumons nos responsabilités ! Faisons de ce moment de rupture une occasion historique pour l’Europe ! Comme le rappelle régulièrement notre président de groupe, Gabriel Attal, cessons de nous lamenter ; il est temps d’agir, vite et avec détermination.

Renforçons une Europe puissance, souveraine, indépendante, une Europe qui agit, qui n’a plus peur de peser sur les affaires du monde. Cela commence par notre réarmement collectif – vous l’avez dit madame la ministre. Le gouvernement a proposé une hausse sans précédent de notre effort de défense ; nous l’avons massivement soutenue dans cet hémicycle – merci de l’avoir rappelé. Nous devons aller plus loin, plus vite, plus fort, agir de concert avec nos partenaires européens et être les leaders de cette Europe.

Construisons enfin l’Europe de la défense ! Utilisons pleinement les instruments à notre disposition, trop longtemps délaissés : la coopération structurée permanente, les coopérations renforcées, l’article 44 du traité de Lisbonne. Soyons à la hauteur de l’histoire, faisons preuve d’audace, montrons au monde que l’Europe n’a plus peur d’agir !

Construire une Europe puissance, c’est aussi affirmer notre souveraineté économique et technologique. Les États-Unis veulent nous imposer des droits de douane, parce que nous défendons la souveraineté du Groenland ? Répondons avec fermeté : activons l’instrument anticoercition de l’Union européenne, instaurons la réciprocité tarifaire, excluons les entreprises américaines des marchés publics et imposons des droits de douane significatifs sur les géants du numérique. Adoptons enfin un Buy European Act, pour que nos marchés publics bénéficient d’abord à nos entreprises.

Mes chers collègues, rassemblons-nous pour bâtir l’Europe de demain : une Europe qui protège, qui décide, qui agit ; une Europe capable de défendre ses citoyens, ses intérêts, ses choix, et d’imposer ses principes dans un monde redevenu brutal. Le retour de l’Europe comme puissance sur la scène internationale n’est pas une option, c’est une nécessité vitale, sans quoi nous disparaîtrons. C’est la seule voie pour que nos valeurs ne deviennent pas des vestiges, pour que le droit survive à la force, pour que l’histoire ne s’écrive pas sans nous.
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Christopher Weissberg
2026 Jan 16 10:11:17
Nous ne sommes même plus des concurrents ; nous sommes devenus des adversaires. Les déclarations de Donald Trump ce week-end, menaçant d’augmenter les droits de douane contre les pays engagés dans le renforcement de la sécurité du Groenland, sont une preuve de plus que nous ne pourrons pas nous fier à l’accord commercial signé l’année dernière par la Commission européenne.

Dans ce contexte, cessons de nous bercer d’illusions : sans réaction de notre part, cette administration ne respectera pas l’esprit des règles de l’Otan. Elle n’hésitera pas à s’emparer du Groenland de façon transactionnelle au mépris du droit, des alliances et de l’équilibre international.
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Christopher Weissberg
2026 Jan 16 10:08:15
Les États-Unis ont toujours entretenu un rapport distancié au droit international, qu’ils n’ont jamais considéré, contrairement à l’Europe, comme s’imposant à leur ordre juridique interne. Le renversement de Maduro n’est, à cet égard, pas si éloigné de celui de Manuel Noriega au Panama en 1989. Il s’inscrit dans la continuité d’une politique étrangère conforme à la doctrine Monroe, énoncée devant le Congrès en 1823. Depuis près de deux siècles, les États-Unis interviennent directement ou indirectement pour influencer le destin des pays latino-américains, que Washington a toujours traités comme son arrière-cour.

L’impérialisme de Washington en Amérique latine n’est donc pas nouveau ; ce qui l’est est infiniment plus inquiétant.

Il s’agit d’abord du changement radical de doctrine opéré par le gouvernement Trump vis-à-vis de la démocratie américaine, créée il y a deux cent cinquante ans par ses Pères fondateurs sur les principes de l’État de droit et des contre-pouvoirs. Permettez au Franco-Américain qui vous parle de vous rappeler les faits. Dès son discours d’investiture, le président Trump a levé toute ambiguïté. Il s’est présenté comme l’incarnation absolue du peuple américain, comme si son élection lui conférait un pouvoir sans limites et l’affranchissait de toute règle, de tout contrôle ou de toute obligation de rendre des comptes. N’oublions pas que ce même président a attaqué la Constitution américaine en 2020 en exigeant de son vice-président, Mike Pence, qu’il refuse de reconnaître les résultats de l’élection présidentielle.

Autour de Donald Trump, l’administration a assumé la primauté du rapport de force sur la règle, de la domination sur la norme, de l’exception sur le droit. Les Américains, comme les Français qui résident aux États-Unis et que j’ai l’honneur de représenter, constatent chaque jour que l’État fédéral s’ingère dans les compétences des États fédérés, intervient dans les décisions des entreprises et fait pression sur la société civile, que la police migratoire agit en milice, sans mandat clair ni contrôle effectif, que les contre-pouvoirs sont affaiblis, contournés et réduits au silence. Le modèle européen de liberté d’expression comme nos conceptions du droit international, de la hiérarchie des normes et du contrôle de constitutionnalité sont autant de principes auxquels l’administration américaine entend s’attaquer.

Des millions d’Américains attendent de nous que nous soyons à la hauteur de l’histoire, que nous incarnions et défendions nos principes fondateurs. Des milliers d’Américains effarés par ce qui se passe aux États-Unis et attachés à un modèle de démocratie qu’ils voient se désagréger sous les coups de butoir de l’administration actuelle souhaitent trouver refuge en France ou ailleurs en Europe. L’agressivité du président américain nous fournit l’occasion unique de valoriser ce que nous sommes et d’accueillir les chercheurs, les entrepreneurs, les artistes qui souhaitent fuir la dérive autoritaire de leur pays. Mettons les moyens pour les accueillir et démontrer qu’ils ont raison d’être attirés par notre modèle.

L’autre rupture historique tient au fait que Donald Trump ne nous considère plus comme ses alliés.
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Christopher Weissberg
2026 Jan 16 10:07:26
Les règles internationales, les traités, les normes et les principes que nous avons patiemment construits après la seconde guerre mondiale ne tiennent plus par eux-mêmes.

Pendant trop longtemps, l’Europe a cru que le droit suffisait, que les règles s’imposeraient d’elles-mêmes à ceux qui les violent et que l’interdépendance économique empêcherait la brutalité politique. Cette naïveté, d’une certaine manière, nous a désarmés. Ces principes, qui sont les racines du modèle démocratique européen, ne peuvent survivre que lorsqu’ils sont défendus.

Avec l’arrestation spectaculaire du dictateur Nicolás Maduro il y a quelques semaines, certains ont pu croire à un simple coup de force isolé ou à la chute légitime d’un tyran opprimant son propre peuple. La réalité est malheureusement plus cynique que cela. Donald Trump n’a aucune intention de soutenir la démocratie au Venezuela ou ailleurs dans le monde, il veut seulement imposer ses intérêts.
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