Vous êtes bien désormais le bras armé des islamo-gauchistes. Il fut un temps où il n’existait rien de sérieux entre les communistes et les gaullistes ; désormais, c’est entre le chaos des Insoumis et le redressement national de Marine Le Pen que le destin de la France se joue. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR. – Mme Caroline Colombier se lève pour applaudir.)
…impose au Rassemblement national (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR) de refuser de soutenir leur motion de censure. Vous étiez, collègues Insoumis, les agents électoraux préférés du macronisme, vous en êtes désormais officiellement les idiots utiles.
En ce qui concerne l’électricité, vous organisez sciemment une politique inflationniste qui conduira – vous le reconnaissez vous-même – à des prix moyens par mégawattheure de 80 euros en 2030 et de 90 euros en 2035, là où les prix historiques de l’électricité nucléaire se situaient entre 40 et 50 euros. Vous vous apprêtez donc à doubler structurellement le coût de l’électricité. Pire encore, vous actez un prix de 100 euros le mégawattheure pour le nouveau nucléaire ; autrement dit, plus les réacteurs seront renouvelés, plus le prix de l’électricité tendra vers le double de ce qu’il devrait être ! Ainsi, le gouvernement choisit d’appauvrir les Français et de faire peser un poids insupportable sur nos entreprises. Alors que les États-Unis et la Chine multiplient les efforts pour proposer des prix de l’électricité, du gaz et du pétrole plus bas que sur le continent européen, vous foncez droit dans le mur. À la fois cause et conséquence de votre choix de renchérir les énergies tant il s’agit d’un cercle vicieux, votre PPE est aussi décroissante, si décroissante que vous n’assumez plus la baisse de la consommation d’énergie finale de 17 % en 2035. Et pour cause : cette décroissance détruira ce qui nous reste d’industrie, d’agriculture, de pêche et, paradoxalement, de sylviculture. Elle ruinera la richesse nationale et le pouvoir d’achat des ménages, car nous ne savons pas produire plus avec moins d’énergie. Le nucléaire a prouvé qu’on pouvait produire plus avec une électricité propre, mais personne ne sait produire davantage de richesse dans un contexte de décroissance énergétique. Parallèlement à cette décroissance énergétique en valeur absolue, vous augmentez la production d’électricité décarbonée – intermittente, en l’espèce – pour la porter à 585 térawattheures en 2030 et à près de 700 térawattheures en 2035, ce qui correspond respectivement à 13 % et à 34 % de hausse par rapport à 2026. Ces prévisions sont tout simplement délirantes puisque notre pays, de l’aveu même du gestionnaire du Réseau de transport d’électricité (RTE), ne consommera même pas 580 térawattheures, c’est-à-dire votre hypothèse basse, et pour cause : vous condamnez tout espoir de réindustrialisation. Une dernière promesse du macronisme s’évanouit : vous prévoyez dans votre PPE que jamais la part de l’industrie dans l’économie française ne repassera au-dessus des 10 %. Nous condamnons avec la plus grande fermeté l’abandon de cet objectif. Il n’y a aucun avenir pour l’économie nationale et le pouvoir d’achat des Français si la part de l’industrie ne remonte pas à 15 % ; nous le ferons, avec Marine Le Pen et Jordan Bardella. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe RN. – M. Jean-François Coulomme s’exclame.) Autrement dit, alors que la France pourrait, avec nous, être un paradis énergétique, votre politique nous promet l’enfer. Le pire, c’est que vous savez cela. Vous le savez si bien que vous refusez de produire le moindre chiffrage global de votre décret qui prenne en considération non seulement le budget, mais aussi l’économie en général. Ce qui compte, c’est le poids technique et financier que votre politique fera peser sur l’ensemble de notre économie ; le coût budgétaire n’en est qu’un symptôme. Le gouvernement ignore par exemple que si les subventions aux énergies intermittentes devaient diminuer, ce serait parce que les prix, donc la facture des Français, seraient élevés et qu’à l’inverse, si leur prix était bas, les subventions qui leur sont accordées exploseraient. Dans les deux cas, ce sont les consommateurs et les entreprises qui paieront. Quoi qu’il arrive, la facture économique des nouvelles installations d’énergie intermittente sera de 100 à 133 milliards d’euros ; elle sera de près de 240 milliards pour l’ensemble de ces installations depuis 2007. Présenter les choses autrement est d’une immense hypocrisie. Non content de cet amateurisme, le gouvernement critique le chiffrage du Rassemblement national, dans un renversement accusatoire absolument inouï. Monsieur le premier ministre, si notre chiffrage est imparfait, quel est le coût économique et budgétaire total de la PPE 3 que vous avez signée ? Le savez-vous ou avez-vous signé à l’aveugle ? Vous savez que cette PPE est désastreuse, puisque vous avez volontairement dissimulé un grand nombre de rapports techniques qui la ridiculisaient et la critiquaient. Je pense en particulier au rapport d’EDF sur la modulation confirmant l’incompatibilité fondamentale entre le nucléaire et le développement trop important de l’électricité intermittente, mais aussi aux rapports du Trésor sur le coût réel des énergies ou sur les appels d’offres de la Commission de régulation de l’énergie (CRE), tous publiés opportunément après la signature du décret. Avez-vous lu ces rapports ? Avez-vous signé votre décret en pleine connaissance de cause ou en pleine ignorance ? Enfin, la clause de revoyure dit tout. Vous êtes tellement sûr de votre planification décennale que vous réclamez qu’elle soit revue au bout d’un an. Là encore, quel aveu ! Vous faites du mal à la France, soit en pleine conscience, soit en pleine ignorance ; dans un cas comme dans l’autre, nous ne pouvons vous le pardonner. J’aimerais tant pouvoir dire aux Françaises et aux Français que vous êtes simplement incompétent, que vous agissez sans projet, mais vous en avez un : l’affaiblissement de la France pour en faire un État d’Europe parmi d’autres, un État sans identité et sans destin. En cela, tout sépare définitivement le marinisme du macronisme. En déposant cette motion de censure, nous ne nous faisions pas d’illusion : nous savions que Les Républicains et le Parti socialiste continueraient à vous soutenir. Vous êtes en réalité d’accord sur tout depuis 2005 et depuis 2007, date à laquelle vous avez trahi les Français pour unir illégitimement la France à la Commission européenne. Vous vous écharpez pour jouer la comédie, mais vous vous retrouvez toujours pour trahir l’intérêt national et, surtout, l’intérêt des Français. (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Par cette motion de censure, nous prenons date, seuls, avec les Français ; nous l’avions déjà fait il y a deux ans à propos de la ruine des finances publiques, que vous dissimuliez juste avant les élections européennes, comme vous dissimulez maintenant votre politique énergétique juste avant les élections municipales. Je dis « seuls » volontairement, car le comportement suiviste des Insoumis n’abusera personne. À l’indigence des propositions, ils ont décidément résolu d’ajouter l’indécence du comportement. Le soutien assumé et réassumé des Insoumis à une milice séditieuse, haineuse et violente, autrement dit, à une milice fasciste au sens strict du terme (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP),…
Si, je vous transmettrai tous les chiffres ! Si vous n’avez pas lu ce que vous avez signé, monsieur le premier ministre, cela m’inquiète, tout en me rassurant, puisque l’évidence est là. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes RN et UDR.) S’agissant des réacteurs de type EPR 2, vous actez un calendrier, donc un coût, absolument intolérable, sans proposer aucun chemin sérieux pour la France. Vous enterrez de facto le projet Astrid – réacteur rapide refroidi au sodium à visée industrielle – et avec lui, la quatrième génération du nucléaire. Vous enterrez peut-être ainsi, sans le savoir, le nucléaire d’avenir. En matière d’hydroélectricité, la PPE 3 acte le gel de la production, malgré une légère hausse de la puissance installée, à un niveau bien inférieur à celui que la France devrait atteindre avec cette énergie souveraine, propre et peu chère. Là encore, Marine Le Pen avait tout dit. En revanche, pour ce qui est des énergies intermittentes, c’est tout l’inverse : l’éolien terrestre augmentera de 50 % en 2030, doublera d’ici à 2035 ; avant cette même date, la puissance installée des éoliennes en mer sera multipliée par quinze, et celle du photovoltaïque, par quatre. Conséquence logique de ces choix désastreux et contraires aux promesses que vous avez faites aux Français : cette PPE acte une explosion des coûts et donc des prix des énergies en France, provoquant des effets désastreux en cascade sur l’économie et le pouvoir d’achat des familles. Vous actez une augmentation des prix du gaz et des carburants de 50 % sur les dix prochaines années ; c’est écrit noir sur blanc dans votre programmation. Une partie de cette hausse est imputable aux marchés, c’est vrai, mais une partie considérable vient des taxes que vous voulez cacher, ou des quasi-taxes comme les certificats d’économie d’énergie et les certificats de production biogaz. N’oublions pas le système d’échange de quotas d’émission ETS 2 de l’Union européenne, parallèle à la taxe carbone de 100 euros la tonne, gelée depuis 2018 grâce au courage des gilets jaunes mais dont le dégel est prévu, comme par hasard, en 2030.
Rien ne peut justifier que vous ignoriez le vote souverain de l’Assemblée nationale – rien, sinon peut-être la Commission européenne. Oui, la vérité est flagrante et tragique : en Macronie, c’est Ursula von der Leyen qui décide, non parce que les traités vous l’imposent, mais parce que vous le souhaitez ardemment, intimement. Oui, en Macronie, vous souhaitez ardemment, intimement, que la France s’affaiblisse au profit de la Commission européenne : c’est votre projet, depuis toujours ! Le 30 janvier 2026, la Commission européenne vous a mis en demeure de transposer la directive RED III – relative à la promotion de l’énergie produite à partir de sources renouvelables –, qui dicte en réalité tous les arbitrages de la PPE, en particulier ceux qui jouent contre les intérêts de la France. Oui, monsieur le premier ministre, vous avez choisi de désobéir au Parlement pour obéir à la Commission européenne ; le reste n’est que propagande. À cette tribune, en 1992, Philippe Séguin avait dénoncé « une oligarchie d’experts, de juges, de fonctionnaires, de gouvernants [qui] prend, au nom des peuples, sans en avoir reçu mandat, des décisions dont une formidable conspiration du silence dissimule les enjeux et minimise les conséquences ». Quelle belle description de votre politique ! Quelle fierté pour le Rassemblement national d’être le seul à briser ce silence de l’oligarchie ! Pire encore, vous n’avez pas le courage de dire cette vérité aux Français. Et pour cause : confesser devant la nation cette atteinte intolérable à la souveraineté française reviendrait à reconnaître que vous avez menti, là où vous prétendiez avoir réussi. Si la directive RED III aboutit à une relance massive des énergies intermittentes contre le nucléaire français, c’est que vous avez échoué à imposer, contre le lobby allemand, que le nucléaire soit enfin reconnu en Europe comme une énergie propre. Ainsi, la France, pays de loin le plus décarboné et le plus vertueux en la matière, doit transposer des ordres émanant de pays qui consomment massivement du charbon et du gaz – et cela, au nom de l’écologie ! (Applaudissements sur les bancs des groupes RN et UDR.) Alors que la France devrait constituer le modèle qui s’impose à l’Europe sur ce sujet, vous choisissez d’affaiblir volontairement notre meilleur atout compétitif, à savoir notre électricité nucléaire et hydraulique, pour mieux le partager avec tous les États membres qui ont fait le choix inverse. On comprend mieux la conspiration du silence, tant la vérité perce le mur du son de la bêtise, de la lâcheté et de l’absurdité ! Il est loin, très loin, le Sébastien Lecornu que j’ai rencontré en 2014 : le jeune maire UMP de Vernon qui disait, au jeune gaulliste que j’étais, qu’il s’inscrirait peut-être dans les pas de Philippe Séguin – tout cela pour finir dans l’ombre d’Emmanuel Macron. Vous n’avez pas seulement trahi la mémoire de Philippe Séguin sur la forme, vous avez aussi trahi Pierre Messmer sur le fond. Vous avez osé présenter publiquement votre projet comme un nouveau plan Messmer. Le mensonge est total : le plan Messmer misait sur une énergie nucléaire peu chère et abondante ; votre PPE 3 prévoit tout l’inverse. Votre plan n’est pas une relance du nucléaire, mais un développement massif des énergies intermittentes. Vous prévoyez ainsi que le parc nucléaire français produira, entre 2030 et 2035, à peine 2 % de plus qu’en 2025 et 12 % de moins que la production record de 2006.
Depuis 2022, le Rassemblement national avait réussi à empêcher, par les voies démocratiques, l’adoption de la troisième programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE 3), qui était préparée dans le dos des Français. Sous la direction de Marine Le Pen, nous avons réussi à mettre au cœur du débat politique le sujet de l’énergie, tant son rôle est fondamental pour notre prospérité économique et le pouvoir d’achat des familles. Nous avons réussi à démontrer à quel point le parti unique avait ruiné depuis 2007 la politique énergétique gaullienne – ruine symbolisée par la fermeture de Fessenheim ; ruine organisée à grand renfort de propagande médiatique et par des lobbys goinfrés d’argent public ; ruine dont les mensonges ont explosé en vol avec la crise des gilets jaunes, puis l’hyperinflation. En 2022 et en 2024, les Français nous ont donné la force parlementaire pour vous mettre en minorité et vous empêcher de poursuivre cette politique énergétique suicidaire. Hélas, quand les macronistes perdent selon les règles de la démocratie, ils choisissent de passer en force. Avec cette PPE 3, votre dérive illibérale est totale et, à vrai dire, très inquiétante. Ainsi, tout parlementaire attaché à notre République devrait s’indigner et voter cette motion de censure, tant vous avez trahi l’esprit et la lettre de la Constitution. Certes, monsieur le premier ministre, vous disposez d’une petite part du pouvoir réglementaire, mais la Constitution vous impose avant tout d’assurer l’exécution de la loi. Or la loi du 8 novembre 2019 relative à l’énergie et au climat, votée par les macronistes eux-mêmes, dispose : « Avant le 1er juillet 2023, […] une loi détermine les objectifs et fixe les priorités d’action de la politique énergétique nationale […]. » Sous la pression de Marine Le Pen, votre prédécesseur, François Bayrou, avait reconnu cette obligation et accepté que le Parlement se saisisse d’une proposition de loi reprenant l’orientation générale de la politique énergétique. Ce texte avait été rejeté par l’Assemblée nationale, au terme d’un débat au cours duquel notre groupe avait amplement démontré qu’un contre-modèle était possible – un contre-modèle patriotique assurant des prix bas, une vraie souveraineté technologique et une décarbonation vertueuse aussi bien pour notre croissance économique que pour le pouvoir d’achat des Français. Contrairement à ce que vous avez osé dire publiquement, monsieur le premier ministre, vous n’êtes pas là pour décider si le Parlement a assez débattu ; vous êtes là pour appliquer nos votes.