Je m’interroge sur la logique de cet amendement. Pourquoi les besoins en eau des exploitations biologiques seraient-ils par principe différents de ceux des exploitations conventionnelles cultivant les mêmes productions sur les mêmes territoires ? Le besoin hydrique dépend avant tout du climat, des sols et des cultures. Il n’est pas lié à un label ou à un mode de production. Introduire un tel critère reviendrait à créer entre les agriculteurs une différence de traitement difficilement justifiable. La gestion de l’eau doit reposer sur des critères objectifs et agronomiques, pas sur une hiérarchisation idéologique des modèles agricoles. Tous nos agriculteurs font face aux mêmes sécheresses et aux mêmes difficultés. Il n’y a aucune raison d’en privilégier certains.
Nous proposons que le dispositif introduit par l’article 8 porte non seulement sur le matériel de guerre, mais aussi sur les uniformes et les fournitures. Ce sont en effet, au même titre que les armes de guerre elles-mêmes, des éléments stratégiques majeurs que nous devons encadrer et protéger.
Il vise à corriger un problème trop souvent oublié et pourtant essentiel, celui des fournitures et de l’habillement. Nous avons appris l’année dernière qu’une partie du futur uniforme de l’armée française serait produite à Madagascar pour les années à venir. C’est à la fois une question de souveraineté industrielle et une question technologique, dans la mesure où la conception d’un uniforme est une question sensible : si le camouflage, la matière ou l’emploi peuvent paraître anodins, ils sont pourtant d’une grande importance. D’autres pays pourraient tout à fait récupérer ces informations et en faire un usage amené à nous nuire. L’uniforme moderne est un bijou industriel qui répond à des besoins spécifiques. Je vous demande donc de voter cet amendement, pour notre souveraineté comme pour la protection de nos savoir-faire en la matière.
Puisque cet amendement traite des territoires d’outre-mer, j’ai une pensée pour notre collègue Anchya Bamana, députée de Mayotte, qui alerte le gouvernement depuis plus d’un an sur la situation économique, sociale et sécuritaire dramatique de l’île, sans obtenir d’autre réponse qu’un silence pesant et intolérable. Merci, Anchya ! Il est déplorable de constater que, dans la LPM aussi, vous avez très largement oublié les territoires d’outre-mer. Ils sont pourtant les principaux enjeux de notre défense de demain. Heureusement, le Rassemblement national est là pour défendre nos compatriotes ultramarins ! Cet amendement tend à ajouter au rapport annexé une nouvelle partie consacrée à leur défense. Excusez du peu, mais on ne peut pas prétendre les défendre tout en les oubliant complètement dans le rapport annexé. Nous sommes là pour réparer vos oublis !
La France pourrait être non seulement le moteur, mais aussi le cerveau des coalitions militaires de demain. Celles-ci ne seront pas seulement européennes : la France peut avoir des alliés et des partenaires partout dans le monde. La rédaction actuelle en vient presque à les exclure, au profit d’une vision étroitement européenne. Notre amendement est bien plus ouvert et puissant. Il tend à rendre à la France sa place diplomatique et militaire, celle d’une nation-cadre, capable d’être force de proposition, d’incarner une troisième voie et, en fin de compte, de continuer d’être ce que nous avons toujours été : un grand pays, fort d’une haute idée de son rôle sur cette planète.
…des chaînes de production fragiles et des sites stratégiques exposés à des blocages. Nous ne réarmerons pas notre pays avec des slogans, nous ne produirons pas des munitions avec des effets d’annonce et nous ne pourrons pas restaurer notre souveraineté en pilotant à vue. Quelle est la stratégie concrète du gouvernement pour planifier et sécuriser les commandes publiques en matière d’armement, assurer la continuité de la production et garantir que nos savoir-faire en matière d’industrie militaire demeurent en France ? Quand passerez-vous d’une logique d’annonce à une véritable politique industrielle de défense ?
Madame la ministre des armées, depuis plusieurs mois, le gouvernement affiche une ambition que nous partageons : renforcer notre souveraineté militaire et augmenter significativement nos capacités de production d’armement. Mais derrière les annonces, une question s’impose : avons-nous réellement les moyens de nos ambitions ? Le cas de l’usine Eurenco en Dordogne, dans la circonscription d’un de mes collègues, est révélateur. Cet acteur historique de la production de poudre, indispensable à notre industrie de défense, avait été laissé à l’abandon pendant des années. La guerre en Ukraine a relancé l’activité du site, mais depuis plusieurs semaines, un conflit social majeur perturbe la production, au point de menacer notre chaîne d’approvisionnement en munitions, et alors même qu’une partie de la fabrication d’obus a d’ores et déjà été délocalisée en Pologne. Madame la ministre, derrière les promesses du gouvernement, il y a des industriels qui manquent de visibilité,…