Comble de démagogie : les députés LR, qui prétendent toujours faire des économies, ont voté pour et, une fois de plus, le bloc central n’était pas là !
À gauche, vous avez, au fond, cédé à l’électoralisme en décidant d’une mesure qui va coûter plus de 2 milliards d’euros aux finances publiques, ce qui signifie qu’elle est absolument impossible à financer.
Ce qui vient de se passer est plutôt honteux. Le Rassemblement national et Marine Le Pen se battent depuis des années pour que les AESH aient un vrai métier, ce qui ne passe pas forcément par la fonctionnarisation.
L’orientation doit être facilitée par ceux qui côtoient les élèves au jour le jour. Il est très bien que les professeurs principaux jouent un rôle central en la matière, mais un enseignant ne peut connaître toutes les formations, tous les métiers et tous les besoins des entreprises. La responsabilité de l’orientation exige une formation à la hauteur de l’enjeu. Nous pourrions proposer de former les enseignants, chargés de l’orientation, à la diversité des parcours comme aux besoins des régions, des métiers en tension et des filières industrielles. Ils pourraient disposer de ressources actualisées pour accompagner efficacement chaque élève dans la construction de son projet. Cela suppose aussi une connaissance concrète du monde de l’entreprise. Pour cette raison, avant d’entrer dans le métier, tous les enseignants pourraient, lors de leur formation initiale, effectuer un stage dans une entreprise pour en découvrir la réalité. Aux côtés des enseignants, les chefs d’établissement doivent à leur tour, dans leur bassin d’éducation, bâtir un réseau d’entreprises partenaires pour offrir aux élèves des possibilités de stages, des lieux d’apprentissage et, pourquoi pas, des perspectives d’emploi. L’accès au monde professionnel ne doit pas dépendre du seul carnet d’adresses des familles. Notre responsabilité est de permettre à chacun de trouver la voie qui lui donnera sa place dans la société. C’est la seule exigence à laquelle doit répondre une politique d’orientation.
Au cours de cette séance, nous aurons entendu beaucoup de promesses et vu beaucoup de postures mais, une fois nos échanges terminés, il reste des familles inquiètes, des lycéens désorientés et une question essentielle, celle du sens premier de l’école : à quel avenir prépare-t-elle notre jeunesse ? La gauche, comme toujours, répond aux déçus de Parcoursup par une promesse de dépenses supplémentaires, par l’infini de l’université pour tous. Reste à savoir si une inscription suffit à garantir une réussite et si – osons le dire – la prolongation des études ouvre nécessairement les portes de l’emploi. Respecter les aspirations de la jeunesse exige d’abord de lui parler avec franchise. Encourager un élève à s’engager dans une formation sans lui donner les moyens de réussir revient à le trahir. Le bloc central a choisi de consacrer cette journée à un débat alors que le pays attend un budget. Quels engagements concrets y ont été pris ? Dans la réponse habituelle du gouvernement aux crises qui se succèdent, on reçoit, on échange, on espère gagner du temps, mais chacun sait que cette mise en scène restera sans conséquences. Comment apaiser une inquiétude que des réformes ont contribué à nourrir ? Roger Chudeau et Thierry Perez aboutissent au même constat que moi : l’opacité de Parcoursup et la dévalorisation des filières professionnelles privent les familles d’un choix éclairé. Faute de perspectives lisibles, trop d’élèves s’orientent à l’aveugle plutôt que selon leurs aptitudes et les débouchés des filières professionnelles. Nous détournons ainsi des jeunes des métiers qualifiés dont l’industrie et l’artisanat ont besoin. La perspective que défendent les députés du RN et leurs alliés de l’UDR passe au contraire par une orientation exigeante, par une formation solide et par la reconnaissance de toutes les voies de réussite. Y parvenir nécessite un pilotage de l’orientation, alors que l’éducation nationale a l’habitude de considérer ce sujet comme un mal nécessaire, une obligation périphérique jamais traitée au fond. L’orientation, puisqu’elle doit éclairer le chemin de l’élève vers la vie active, est pourtant la clé de tout parcours scolaire. Accompagner un élève et sa famille, les conseiller, nécessite une connaissance fine et actualisée des filières de formation et des besoins de main-d’œuvre par métier. L’orientation ne saurait se réduire à la saisie de vœux sur Parcoursup. Il existe certes des spécialistes de l’orientation. Le changement du nom de leur métier – les conseillers d’orientation psychologues, ou COPsy, sont devenus des psychologues de l’Éducation nationale, ou Psy-EN – a au moins eu le mérite de trancher entre deux finalités longtemps tenues à égalité, l’orientation et la psychologie. Question cruelle : combien d’étudiants doivent leur entrée dans la vie active à l’intervention d’un PsyEN ?