Voici, en deux phrases, la raison pour laquelle je soulève la question de la pollution aux pesticides. Alors que la dépollution de l’eau coûte 2 milliards d’euros par an dans notre pays, ces sommes ne sont, bien sûr, remboursées ni par les industriels qui polluent ni par les grandes fédérations agricoles, mais sont répercutées sur la facture d’eau des Françaises et des Français. Par conséquent, il faut tout changer : en 2027, nous rendrons les premiers mètres cubes d’eau gratuits, créerons les écorégions et lancerons la planification écologique.
D’ailleurs, on entend bien peu les grands amis de la ruralité du Rassemblement national quand il s’agit de protéger les captages de la pollution ou de défendre la santé de ceux qui habitent en zone rurale, dont les agriculteurs, qui sont en première ligne face aux pollutions liées aux pesticides !
Ils visent respectivement à abaisser à 0 % le taux de TVA applicable à la fourniture d’eau potable pour le premier et à l’accès aux réseaux d’assainissement pour le second. Ces dernières semaines, plus de 100 000 personnes ont vu l’eau coupée et ont dû être approvisionnées par camion-citerne, voire en bouteilles d’eau. À ce moment-ci de l’histoire de notre pays plus qu’à tout autre, nous devons nous rendre compte que l’eau n’est pas une marchandise mais un bien commun. Pourtant, le gouvernement a jugé bon de faire adopter la loi d’urgence agricole, qui élargit la possibilité d’installer des mégabassines – dont nous savons qu’il s’agit d’une maladaptation au dérèglement climatique en matière de gestion de l’eau –,…
Résultat : vous au pouvoir, c’est l’aggravation de la désindustrialisation ; vous au pouvoir, ce sont des acheteurs publics sans financements, pour acheter des produits français inexistants. Si votre empressement à ne surtout rien faire vis-à-vis des ravages de la mondialisation marchande n’était pas assez clair, vous n’avez même pas pensé à ajouter quelque part dans ce texte déclaratif une petite ligne mentionnant des critères sociaux de la commande publique. Rien sur l’emploi maintenu dans le pays, rien sur les salaires : au RN, les travailleurs, on n’en a rien à faire ! Aujourd’hui, le RN aurait pu essayer de faire adopter des textes pour changer la vie des gens. Ses députés ont choisi une ribambelle de textes qui sont des tromperies ou des faux-semblants. Bref, la seule chose au RN dont nous sommes sûrs qu’elle soit bien vraie, ce sont les écrits antisémites de Jordan Bardella. Tout le reste, c’est essentiellement du blabla. Si vous voulez mieux faire semblant de proposer quelque chose de sérieux en matière de souveraineté économique, je vous donne un petit conseil de lecture : le programme actualisé de La France insoumise sera bientôt disponible. Vous y trouverez une mesure de refonte contraignante de la commande publique, intégrant des critères de localisation et de nationalité, mais également des critères sociaux et des critères écologiques. En attendant, nous ne participerons pas à votre grande duperie et nous voterons contre ce texte en carton.
Tant que nous parlons de commande publique, parlons également d’argent public. Dans votre contre-budget, vous proposez 140 milliards d’économies. Expliquez-nous comment vous comptez faire acheter français – donc plus cher – à des acteurs publics que vous aurez essorés. Dans votre budget, vous ne proposez aucune mesure sérieuse en matière d’investissements publics, aucune logique de planification. Il n’y a que du macronisme recyclé, une espèce de croyance béate dans le marché.
On peut au moins saluer votre cohérence. Bref, vous êtes mauvais, vous mentez aux Français, vous êtes des patriotes en papier mâché, vous ne ferez absolument rien qui pourrait toucher à un cheveu des intérêts des marchés.
Les PME du pays continueront à couler. Récapitulons : sur un sujet que vous prétendez être la priorité des priorités, la souveraineté économique, vous choisissez de faire un texte qui, sur la forme, est purement déclaratif et, sur le fond, complètement dénué d’effets. Tout cela est finalement assez cohérent puisqu’en commission des finances, vous venez de voter contre l’ensemble des amendements qui visaient à mettre en place une, c’est-à-dire à protéger notre économie – et donc notre souveraineté – de l’exil fiscal.
Un texte en toc, qui ne sert littéralement à rien. D’ailleurs, il ne détonne pas au vu du programme de cette journée : un texte qui est une escroquerie sur le sujet vital de l’accès à l’eau en outre-mer, un autre pour inviter le gouvernement à envisager un jour, peut-être, de panthéoniser certaines personnalités. Nous examinons donc une proposition de résolution sur la commande publique purement déclarative, qui, si elle était adoptée, n’aurait aucun début de commencement d’effet dans la vie du pays. Jusque dans sa formulation, cette proposition est d’un vide aussi sidéral que le siège de Bardella au Parlement européen. Vous prenez tant de précautions pour signifier clairement dans votre texte que votre résolution ne sert à rien ! Vous écrivez ainsi : « Considérant, enfin, qu’il est nécessaire de donner la liberté […] aux acheteurs publics, sans instaurer d’obligation, de favoriser une offre dont les moyens d’exécution du marché correspondent à leurs attentes… » Si une telle possibilité, surtout pas obligatoire, devenait effective – donc pas aujourd’hui, puisqu’il s’agit d’une proposition de résolution –, telle que vous la formulez, il suffirait que tout ou partie des moyens d’exécution soient sur le sol français. Les acheteurs publics auraient la possibilité – et surtout pas l’obligation – d’acheter à des entreprises, pas nécessairement françaises d’ailleurs, qui auraient peut-être un service administratif quelque part dans le pays, ou un site qui s’occuperait de l’emballage des produits finis – peut-être fabriqués ailleurs. Les grandes multinationales étrangères vous remercient !
À force, il va falloir changer le titre de ce texte : cela fait un moment que plus personne, dans cet hémicycle ou dans le pays, n’approuve vos budgets. Aujourd’hui encore, nous allons rejeter ce texte d’approbation des comptes, comme nous l’avons fait en commission, comme la représentation nationale l’a fait l’année dernière et l’année précédente – tout comme le peuple qui, à chaque élection, vous inflige un nouveau camouflet. Seule consolation : ce comique de répétition va prendre fin car, en 2027, la page du macronisme sera enfin tournée. Nous savons que vous gouvernez depuis un moment dans un monde parallèle où le suffrage populaire et l’avis du Parlement sont des détails superfétatoires – un monde où seule compte la dette de l’État, prise isolément de la dette écologique, laquelle pèse pourtant bien sur toute la population ainsi que sur les générations à venir ; un monde où les coupes de milliards d’euros sont de simples ajustements comptables destinés à tenir une trajectoire. Votre trajectoire, pourtant, la voilà : vous courez droit dans le mur en regardant vos pieds. Nous avons eu droit aux trois saisons du macronisme budgétaire : les coupes dans le budget initial, les gels et les surgels par décret, les coupes de 4 milliards, encore, dans le projet de loi de finances de fin de gestion – ajoutez à cela l’annonce, pour cette année, de 6 milliards en nouvelles coupes par décret. Vous décidez de ces coupes à l’aveugle, sans aucune considération pour leurs effets sur les services publics, sur le quotidien des Français et sur l’activité économique. Cette semaine, plus que toute autre, vous devriez pourtant en mesurer la gravité : un manque de moyens pour nos soignants, pour nos procureurs, pour nos enseignants. Des millions de vies sont affectées. Alors que nous vivons une bascule mondiale, nous ne sommes pas prêts à faire face – à cause de vous – ni aux chocs géopolitiques, ni au dérèglement climatique, ni aux bouleversements technologiques. Bientôt, ces trois saisons de coupes seront derrière nous. Place au printemps du peuple, avec Jean-Luc Mélenchon !
Il est temps que nous sortions de l’ère des maladies politiques. Multiplication des cancers, en particulier des cancers pédiatriques, explosion des problèmes hormonaux, augmentation du risque d’ostéoporose, troubles neurologiques, déficiences pulmonaires, troubles de la fertilité, cette liste dramatique ne s’arrête pas là. Derrière cette liste, on trouve des victimes, des noms, des visages. Il y a des malades parmi nos familles, nos proches, nos amis. Ces malades, les soignants les accompagneront au mieux de leurs possibilités, mais tous se poseront cette question lancinante : pourquoi moi ? Est-ce une question de chance ou de malchance ? Les études scientifiques s’accumulent et nous donnent des réponses. Non, ce n’est pas la chance ou la malchance. C’est notre air, c’est notre eau, c’est notre alimentation. Ce sont les PFAS, les pesticides, les perturbateurs endocriniens. Ce sont toutes ces substances qui se retrouvent dans notre environnement quotidien, qui pénètrent nos corps, que nous respirons et que nous ingérons tous les jours avant même notre naissance. C’est le capitalisme. Pourquoi tombe-t-on malade dans notre pays ? Parce que des décisions ont été prises durant des décennies en dépit des alertes scientifiques, pour faire avancer sans cesse l’agro-industrie en invisibilisant les risques qui pesaient sur la santé publique. Le cadmium est classé cancérogène par le Circ depuis 1993, il y a plus de trente ans. Une alerte a été lancée par l’Anses en 2019. Julien Denormandie, alors ministre, a été prévenu et a rédigé un projet de décret qui n’a jamais été publié. Que s’est-il passé ? Les lobbys sont passés par là ! Que s’est-il passé pour que les ministres suivants ne s’en soient pas saisis ? Il faut quelques minutes, la signature de quelques personnes aux intérêts bien compris, pour valider un choix agro-industriel introduisant une source de pollution qui intoxiquera une population entière pendant des décennies. En revanche, il faut des années de lutte incessante et déterminée par des personnes organisées par milliers pour qu’on obtienne enfin une petite avancée. Et il en faut le double lorsqu’il s’agit des outre-mer, où le chlordécone a sévi alors que le scandale avait déjà éclaté depuis bien longtemps. En effet, ce n’est qu’hier, par le vote de cette assemblée, que nous avons obtenu la pleine reconnaissance de la responsabilité de l’État français. Le capitalisme agro-industriel fonctionne ainsi : il centralise et maximise les profits pour quelques-uns, en installant un modèle économique qui pille la terre et exploite les travailleurs ; il éparpille les risques sur l’environnement et sur les gens. Or ce capitalisme peut compter sur de nombreux relais ici même, dans cette assemblée, pour soutenir encore qu’il est absolument nécessaire de continuer à polluer nos sols et à bousiller nos santés, alors que l’évidence est là et que l’intérêt général exige que l’on cesse de le faire. Nous voilà enfin réunis, après trois tentatives, pour étudier la possibilité de mettre un coup d’arrêt à la pollution massive au cadmium dans nos sols et dans nos corps. Il faut saluer le travail des députés, du rapporteur et des citoyens qui se sont mobilisés pour que ce moment advienne. Mais il faut le dire, dans une démocratie digne de ce nom, cela ne devrait pas se passer ainsi. En 2027, nous pourrons tourner la page des maladies politiques : avec Jean-Luc Mélenchon, nous les éradiquerons.
Pire, vous capitulez ! Aucun des enjeux déterminants n’est évoqué dans ce projet de loi de programmation rectificative. La dépendance aux États-Unis et à l’atlantisme sont confirmés, aggravés. En vérité, vous ne préparez rien ; vous improvisez, aveuglés par un mimétisme atlantiste stupide. Le monde marche à la guerre, dites-vous, marchons-y aussi ! Eh bien, non ! Le monde ne marche pas à la guerre. Trump marche à la guerre. Netanyahou marche à la guerre. Vous les suivez ! Nous, au pouvoir, n’aurions rien cédé.
La Macronie déploie tout ce qu’il faut d’efforts pour militariser la société et les esprits, afin de faire avaler au peuple de nouveaux sacrifices, mais elle ne suit d’autre stratégie pour nos armées que celle d’une escalade brouillonne. Vous menez une politique de gros bras, sans muscles. Voilà ce que vous faites.