C’est ce que nous défendons. La diversité est la pierre d’angle de ces réussites. C’est dans ce seul esprit que j’évoquais hier l’importance de restaurer le dialogue, l’écoute et la confiance entre tous les professionnels et tous les talents qui font le cinéma français. Je voudrais saluer toutes les voix, notamment celles des organisations professionnelles, qui depuis quelques jours s’expriment en ce sens et prennent leurs responsabilités. Ne passons pas à côté de ces enjeux, car les défis sont de taille pour notre modèle culturel dont découle la diversité du cinéma français.
J’ai entendu l’émotion et l’inquiétude qui se sont exprimées. Je sais qu’elles disent l’attachement profond au cinéma, dont Cannes est la capitale mondiale cette semaine ; c’est ce qui m’importe. Le cinéma est à la fois un art, une magnifique réussite industrielle, un fleuron de notre activité internationale, une filière solidement ancrée dans nos territoires. (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP, EcoS et SOC.)
Je vais sûrement vous décevoir encore, parce que je vais dire la même chose qu’hier. (Exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP, SOC, EcoS et GDR.)
Voilà ce qu’il nous faut conserver et encourager ! Ne perdons pas de vue que notre cinéma est capable de nous rassembler et, comme il le fait à Cannes, de rassembler le monde dans une salle, bien au-delà des invectives.
Les films projetés au festival de Cannes depuis une semaine démontrent que le cinéma est une industrie puissante et plurielle. Elle n’en finit pas de nous émerveiller par sa capacité à nous surprendre, à déranger et à faire rêver.
… mais ma mission, et notre responsabilité collective, est d’abord d’accompagner les défis et les transformations auxquels notre modèle est confronté, au niveau national comme au niveau européen. Je rappelle que ce modèle, ce sont des emplois dans nos territoires, des ressources économiques qui font vivre nos régions et un formidable vivier de talents.
J’ai dit combien il était essentiel que la culture soit diverse et plurielle et que les créateurs soient respectés. Oui, nous protégeons l’exception culturelle…
Je salue les organisations professionnelles que j’ai rencontrées ces derniers jours : elles se sont exprimées en ce sens, dans un esprit de responsabilité et dans l’intérêt de la filière. C’est tout l’enjeu pour moi après les récentes déclarations, sur lesquelles je ne reviendrai pas.
…d’un fleuron industriel français, qui rayonne, innove, exporte, attire les investissements étrangers et crée de l’attractivité. Alors, au milieu des inquiétudes et des critiques des professionnels, inquiétudes légitimes je le répète,…
Dans ce contexte, affaiblir les équilibres qui permettent la réussite incontestable du cinéma français peut avoir des conséquences très concrètes sur notre création, mais aussi sur des emplois que vous semblez oublier. Nous parlons du cinéma,… (Exclamations sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe SOC.)
Mais cela vous a peut-être échappé… La filière du cinéma représente 260 000 emplois dans tout le territoire : des exploitants de salles, des techniciens de studio, des auteurs, des producteurs, des artisans, des professionnels de l’image et du son.
Cela a tout à voir : nous parlons de la même filière, de la filière du cinéma ! Et c’est pour cette raison aussi que j’ai organisé une réunion avec mes homologues européens pour avancer dans les négociations, réunion qui a donné lieu à une déclaration signée par dix-sept ministres.
…et c’est pour cette raison qu’à Cannes, je me suis adressée aux professionnels en annonçant l’instauration de nouvelles règles sur l’intelligence artificielle. (Protestations continues sur les bancs du groupe EcoS.)
Le risque est que tout le monde en sorte perdant. Alors que les défis que rencontre le cinéma sont nombreux – intelligence artificielle, fréquentation des salles, renégociation du cadre réglementaire et financier européen, concurrence des plateformes –, toute la filière est sous tension. Ce sont ces inquiétudes et ces préoccupations que je préférerais évoquer devant vous…
En complément de ma réponse précédente, je veux tout d’abord vous dire combien ces débats qui nous enferment dans les excès de tous bords me semblent dangereux. (Vives protestations sur les bancs du groupe EcoS.)
Ces œuvres participent de la diversité de notre cinéma, à laquelle nous devons veiller collectivement. Eu égard à la place majeure qu’elle occupe dans ce domaine, la voix de cette entreprise compte. (Mêmes mouvements.) Je regrette que la réponse – à tout le moins disproportionnée – apportée aux inquiétudes bien réelles qui se sont exprimées les ait avivées, alors même que les films sélectionnés aujourd’hui devraient démentir ces craintes par la variété des récits ou des imaginaires dans lesquels ils nous entraînent. La France est un grand pays de cinéma. En cette matière, notre filière est une magnifique réussite culturelle et industrielle qui contribue à l’attractivité de notre pays et à notre souveraineté culturelle. Nos industries culturelles ne doivent pas être instrumentalisées à des fins politiques. Je crois que nous tomberons d’accord sur le fait que nous ne devons pas nous laisser prendre au jeu de polémiques qui fragilisent une de nos plus belles réussites en attaquant, semaine après semaine, ses différents piliers, accusés d’être au service d’idéologies politiques. (Exclamations sur plusieurs bancs du groupe LFI-NFP.)
Mais j’ai aussi entendu l’émotion, l’inquiétude qui s’expriment dans le secteur du cinéma, comme elles se sont récemment exprimées dans celui du livre. Ces réactions témoignent que nous partageons au moins une conviction : la culture est le lieu du débat. Nous sommes un pays de culture, nous l’aimons sous toutes ses formes et nous la voulons diverse, éclectique et respectée. (Exclamations sur quelques bancs du groupe LFI-NFP) Dans cette économie ambitieuse et fragile, Canal+ occupe une place importante : elle finance environ un film français sur deux, des premiers films au cinéma indépendant.
J’aurais préféré vous parler de l’énorme succès du cinéma de Cannes, de la richesse de la programmation française qui s’y affiche avec plus de soixante films et des fabuleux artistes qu’on y rencontre.