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📜Loi organique pour une protection des biens communs
18 oct. 2021 ‱
Pierre Dharréville

Amendements examinĂ©s : đŸ–‹ïž50%
9 En attente9 RejetĂ©s
Liste des Amendements
Article 1
đŸ–‹ïž ‱ En attente ‱ 29 nov. 2021 ‱
Pierre Dharréville

I. – À l’alinéa 2, après le mot :

« peut »,

insérer les mots :

« se saisir ou ».

II. – En conséquence, au même alinéa, supprimer les mots :

« soit par lui-même, ».

đŸ–‹ïž ‱ En attente ‱ 29 nov. 2021 ‱
Pierre Dharréville

À l’alinéa 2, supprimer les mots :

« , selon des conditions fixées par décret ».

đŸ–‹ïž ‱ En attente ‱ 29 nov. 2021 ‱
Pierre Dharréville

À l’alinéa 2, supprimer les mots :

« , dans le cadre d’une délégation permanente ou d’une commission temporaire, ».

đŸ–‹ïž ‱ En attente ‱ 29 nov. 2021 ‱
Pierre Dharréville

Après l’alinéa 2, insérer l’alinéa suivant :

« La saisine citoyenne prévue au premier alinéa se fait par voie de pétition dans les conditions de l’article 4‑1 de la présente ordonnance. Par dérogation au deuxième alinéa du même article 4‑1, lorsque la pétition concerne une saisine en vue de l’attribution du statut de « bien commun », elle est présentée dans les mêmes termes par au moins 1 000 personnes âgées de seize ans et plus, de nationalité française ou résidant régulièrement en France. »

đŸ–‹ïž ‱ En attente ‱ 29 nov. 2021 ‱
Pierre Dharréville

Rédiger ainsi la première phrase de l’alinéa 3 :

« En fonction du caractère local du bien concerné, il peut consulter une ou plusieurs instances consultatives locales conformément au quatrième alinéa de l’article 1er de la présente ordonnance. »

đŸ–‹ïž ‱ En attente ‱ 29 nov. 2021 ‱
Pierre Dharréville

Rédiger ainsi la seconde phrase de l’alinéa 3 :

« Le caractère supranational du bien n’empêche pas de lui attribuer le statut de « bien commun ». »

đŸ–‹ïž ‱ RejetĂ© ‱ 23 nov. 2021 ‱
Pierre Dharréville

I. – À l’alinéa 2, après le mot :

« peut »,

insérer les mots :

« se saisir ou ».

II. – En conséquence, au même alinéa, après le mot :

« parlementaire, »,

supprimer les mots :

« soit par lui-même, ».

đŸ–‹ïž ‱ RejetĂ© ‱ 23 nov. 2021 ‱
Pierre Dharréville

À l’alinéa 2, supprimer les mots :

« , selon des conditions fixées par décret ».

đŸ–‹ïž ‱ RejetĂ© ‱ 23 nov. 2021 ‱
Pierre Dharréville

À l’alinéa 2, supprimer les mots :

« , dans le cadre d’une délégation permanente ou d’une commission temporaire, ».

đŸ–‹ïž ‱ RejetĂ© ‱ 23 nov. 2021 ‱
Pierre Dharréville

Après l’alinéa 2, insérer l’alinéa suivant :

« La saisine citoyenne prévue à l’alinéa précédent se fait par voie de pétition dans les conditions de l’article 4‑1 de la présente ordonnance. Par dérogation à l’alinéa 2 de l’article 4‑1, lorsque la pétition concerne une saisine en vue de l’attribution du statut de « bien commun », elle est présentée dans les mêmes termes par au moins 1 000 personnes âgées de seize ans et plus, de nationalité française ou résidant régulièrement en France. »

đŸ–‹ïž ‱ RejetĂ© ‱ 23 nov. 2021 ‱
Pierre Dharréville

Rédiger ainsi la première phrase de l’alinéa 3 :

« En fonction du caractère local du bien concerné, il peut consulter une ou plusieurs instances consultatives locales conformément au quatrième alinéa de l’article 1er de la présente ordonnance. »

đŸ–‹ïž ‱ RejetĂ© ‱ 23 nov. 2021 ‱
Pierre Dharréville

Rédiger ainsi la seconde phrase de l’alinéa 3 :

« Le caractère supranational du bien n’empêche pas de lui attribuer le statut de « bien commun ». »


Article 2
đŸ–‹ïž ‱ En attente ‱ 29 nov. 2021 ‱
Pierre Dharréville

À l’alinéa 2, supprimer les mots :

« ou le Conseil économique, social et environnemental régional ».

đŸ–‹ïž ‱ En attente ‱ 29 nov. 2021 ‱
Pierre Dharréville

Compléter cet article par l’alinéa suivant :

« Si l’état des lieux et l’examen mentionnés au deuxième alinéa du présent article le nécessitent, le Conseil économique, social et environnemental a la possibilité de prolonger d’un an le délai prévu au même deuxième alinéa. »

đŸ–‹ïž ‱ RejetĂ© ‱ 23 nov. 2021 ‱
Pierre Dharréville

À l’alinéa 2, supprimer les mots :

« ou le Conseil économique, social et environnemental régional ».

đŸ–‹ïž ‱ RejetĂ© ‱ 23 nov. 2021 ‱
Pierre Dharréville

Compléter cet article par l’alinéa suivant :

« Si l’état des lieux et l’examen mentionnés au deuxième alinéa du présent article le nécessitent, le Conseil économique, social et environnemental a la possibilité de prolonger d’un an le délai prévu au même deuxième alinéa. »


Article 3
đŸ–‹ïž ‱ En attente ‱ 29 nov. 2021 ‱
Pierre Dharréville

Compléter cet article par l’alinéa suivant :

« Si le Conseil économique, social et environnemental n’a pas désigné de Conseil citoyen du bien commun singulier, il rend un avis sur l’état des lieux du bien considéré et l’examen de l’adéquation de son mode de gestion et de son régime de propriété avec son statut de bien commun. L’avis est rendu public et adressé au Gouvernement et au Parlement. »

đŸ–‹ïž ‱ RejetĂ© ‱ 23 nov. 2021 ‱
Pierre Dharréville

Compléter cet article par l’alinéa suivant :

« Si le Conseil économique, social et environnemental n’a pas désigné de Conseil citoyen du bien commun singulier, il rend un avis sur l’état des lieux du bien considéré et l’examen de l’adéquation de son mode de gestion et de son régime de propriété avec son statut de bien commun. L’avis est rendu public et adressé au Gouvernement et au Parlement. »

EXPOSÉ DES MOTIFS

Chaque jour semble progresser la privatisation du monde, l’accaparement par quelques‑uns des richesses et des biens, qu’importe si cela en conduit d’autres Ă  ĂȘtre privĂ©s de droits fondamentaux. Les inĂ©galitĂ©s se creusent ; la planĂšte est pillĂ©e et gaspillĂ©e ; la spĂ©culation gangrĂšne les Ă©changes. Le repli, la concurrence, la compĂ©tition de tous contre tous, les appĂ©tits de domination structurent les rapports sociaux. L’humanitĂ© peine Ă  trouver la voie de son Ă©mancipation partagĂ©e.

Face Ă  cela, cependant, existent d’autres modĂšles, Ă©mergent des aspirations Ă  la rĂ©appropriation sociale et se cherchent d’autres voies autour de la mise en commun. Ainsi, la notion de « biens communs », celle de « communs » sont au cƓur de recherches contemporaines.

Nous voulons faire grandir le commun. Nous pensons que c’est autour d’un mouvement de prĂ©servation, de promotion, de conquĂȘte et d’invention des biens communs que peut se refonder la RĂ©publique et que peut se construire une nouvelle Ă©tape de civilisation humaine. Nous en appelons Ă  un grand mouvement dĂ©mocratique de rĂ©appropriation du monde en commun.

Certes, la notion de bien commun est marquĂ©e par son caractĂšre polysĂ©mique, et l’on a mĂȘme pu voir des nĂ©olibĂ©raux la remettre Ă  leur sauce et risquer de la vider de son sens comme ils le font de beaucoup de mots pour dĂ©vitaliser leur charge subversive. De ce fait, apporter une dĂ©finition qui fasse l’unanimitĂ© relĂšve peut‑ĂȘtre d’une gageure. Mais il faut se saisir de ces dĂ©bats comme des expĂ©rimentations qui Ă©mergent pour avancer dans cette direction.

Par « biens communs », nous pouvons entendre des Ă©lĂ©ments matĂ©riels ou immatĂ©riels de nature trĂšs diffĂ©rente, depuis la planĂšte ou mĂȘme l’espace jusqu’à la maison de quartier, en passant par des ressources naturelles, des produits rĂ©pondant Ă  des besoins humains fondamentaux ou des inventions sociales ou scientifiques qui mĂ©ritent d’ĂȘtre partagĂ©es. On se gardera d’en prĂ©dĂ©finir trop avant les critĂšres afin de ne pas fermer le champ et de permettre une dĂ©finition construite dans la vie. En effet, le caractĂšre commun d’un bien se vĂ©rifie dans son usage partagĂ© et doit se traduire dans son mode de gestion.

Nombre de biens communs existent aujourd’hui en tant que tels et cela nous semble naturel, quoique leur statut puisse parfois ĂȘtre menacé : une forĂȘt communale, un parc naturel, la mer, un Ă©quipement public, une entreprise publique, une dĂ©couverte mĂ©dicale libre d’utilisation, une « Ɠuvre de l’esprit » tombĂ©e dans le domaine public, une image libre de droits


Les premiĂšres mentions de cette idĂ©e datent de l’AntiquitĂ©, et l’on citera les res communes du droit romain. En effet, l’idĂ©e que nous devons partager l’usage et la gestion d’un certain nombre de choses en commun est au fondement de la citĂ© et donc de la dĂ©mocratie. La dĂ©mocratie, par laquelle chacune et chacun peut Ă  Ă©galitĂ© avec ses semblables, prendre sa part de l’élaboration, de la dĂ©libĂ©ration et de la dĂ©cision, contrevient Ă  la loi du plus fort et Ă  la loi du plus riche. Jusqu’à interroger le droit de propriĂ©tĂ© si l’intĂ©rĂȘt commun est en jeu. Cet intĂ©rĂȘt peut ĂȘtre d’ordre pratique, mais aussi Ă©thique.

Le droit de propriĂ©tĂ©, reconnu par le code civil, est composĂ© de trois attributs : l’usus ; le fructus ; l’abusus. L’usus autorise le propriĂ©taire Ă  faire ou Ă  ne pas faire usage du bien, le cas Ă©chĂ©ant Ă  en choisir les modalitĂ©s. Le fructus s’attache quant Ă  lui Ă  la jouissance, soit la possibilitĂ© d’en percevoir des revenus. TroisiĂšme et dernier pilier, l’abusus permet au propriĂ©taire d’un quelconque bien d’en disposer Ă  sa guise et, Ă©ventuellement, de le dĂ©truire. La premiĂšre chose Ă  faire est de limiter cette dimension, mais les trois doivent ĂȘtre interrogĂ©es.

Les dĂ©veloppements du capitalisme ont dĂ©cuplĂ© des dynamiques de prĂ©dation et de privatisation, plaçant la libertĂ© d’entreprendre et le droit de propriĂ©tĂ© au sommet de la hiĂ©rarchie des normes et des valeurs, faisant de la quĂȘte du profit le moteur de l’histoire. Ces offensives se renouvĂšlent et se poursuivent, Ă©tant qui plus est au centre de la construction europĂ©enne libĂ©rale et d’accords internationaux, comme en tĂ©moignent le dĂ©mantĂšlement acharnĂ© des services et entreprises publics ou le mouvement engagĂ© de dĂ©sappropriation sociale de la SĂ©curitĂ© sociale. Mais ces dĂ©veloppements ont toujours Ă©tĂ© contrariĂ©s, par le dĂ©veloppement de services publics, par l’affirmation de l’État lorsqu’il n’est pas un instrument de domination du peuple mais de souverainetĂ© du peuple, par les choix politiques de nationalisation (fussent‑elles perfectibles) constituant une appropriation commune d’outils qui avaient Ă©tĂ© accaparĂ©s, par des dĂ©cisions d’appropriation sociale comme en tĂ©moigne la crĂ©ation de la sĂ©curitĂ© sociale, par le mouvement mutualiste et coopĂ©ratif, par des luttes de rĂ©sistance et de conquĂȘte


Face Ă  la puissance de la finance qui parie sur l’extension infinie des logiques de marchĂ©, nous devons nous doter d’outils dĂ©mocratiques nouveaux.

Un survol rapide permet de repĂ©rer quelques points d’ancrage dans le droit.

La Loi du 19 avril 1803 Ă©tablit dans le code civil, en son article 714, toujours en vigueur : « Il est des choses qui n’appartiennent Ă  personne et dont l’usage est commun Ă  tous. Des lois de police rĂšglent la maniĂšre d’en jouir. »([1]). Force est de constater que cette affirmation lĂ©gislative lumineuse demeure peu opĂ©rationnelle.

Depuis la Loi du 31 dĂ©cembre 1913 relative aux monuments historiques, un bien peut bĂ©nĂ©ficier du statut de « Monument historique » (sans le consentement de son propriĂ©taire), en vertu « d’un ensemble de critĂšres historiques, artistiques, scientifiques, techniques. Les notions de raretĂ©, d’exemplaritĂ©, d’authenticitĂ© et d’intĂ©gritĂ© des biens sont notamment prises en compte »([2]). La demande de protection peut provenir d’une personne physique de droit privĂ©, ou de toute personne y ayant un intĂ©rĂȘt. Le propriĂ©taire a des obligations afin que soit garantie la bonne conservation du bien ; l’exercice de son droit de propriĂ©tĂ© est donc circonscrit.

Le PrĂ©ambule de la Constitution de 1946 indique que « Tout bien, toute entreprise, dont l’exploitation a ou acquiert les caractĂšres d’un service public national ou d’un monopole de fait, doit devenir la propriĂ©tĂ© de la collectivitĂ©. »([3]). La notion de service public (en l’occurrence national) est ici directement connectĂ©e Ă  la propriĂ©tĂ© collective. En d’autres termes, un service public ne peut ĂȘtre accaparĂ© par un tiers.

La dĂ©cision du Conseil constitutionnel, du 31 janvier 2021, portant sur l’interdiction d’exportation faite aux producteurs de pesticides, reconnaĂźt expressĂ©ment que « la protection de l’environnement, patrimoine commun des ĂȘtres humains, constitue un objectif de valeur constitutionnelle »([4]). En vertu du principe de protection environnemental, le Conseil constitutionnel a donc entĂ©rinĂ© une atteinte Ă  la libertĂ© d’entreprendre. En matiĂšre d’atteinte Ă  l’exercice des droits de propriĂ©tĂ© « le Conseil admet ces atteintes Ă  condition qu’elles soient justifiĂ©es par des motifs d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral » et « il procĂšde Ă  l’examen du rapport entre, d’une part, la gravitĂ© de l’atteinte au droit de propriĂ©tĂ© et, d’autre part, l’importance du motif d’intĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral poursuivi ainsi que les conditions et garanties qui entourent la rĂ©alisation de l’atteinte Ă  l’exercice du droit de propriĂ©té »([5]).

Des brùches sont ainsi ouvertes, il s’agit maintenant d’accompagner ce mouvement plus avant.

À l’heure oĂč le pouvoir semble de plus en plus concentrĂ© au plan institutionnel et contraint par le pouvoir des propriĂ©taires, alors que la RĂ©publique et la politique connaissent une crise profonde, nous avons besoin de rĂ©nover la dĂ©mocratie et d’inventer de nouvelles voies de participation et d’intervention citoyennes. De plus en plus, cette revendication s’exprime dans la sociĂ©tĂ©, Ă  travers de grands mouvements sociaux et citoyens Ă  travers les actions en faveur de l’environnement, Ă  travers l’économie sociale et solidaire, Ă  travers des luttes et mobilisations locales
 Il est urgent d’ouvrir des espaces de dĂ©libĂ©ration, de construction, de participation ou s’exerce aussi, et mĂȘme se dĂ©ploie, la souverainetĂ© populaire au‑delĂ  du vote.

Il s’agit donc de crĂ©er de nouveaux leviers d’intervention populaire et citoyenne sur les grands enjeux de la vie quotidienne. Il s’agit de pouvoir examiner la gestion des biens communs et d’ouvrir des dĂ©bats allant jusqu’à la modifier. Nul doute que cette possibilitĂ© pourra crĂ©er dans la sociĂ©tĂ© des bouillonnements dĂ©mocratiques fĂ©conds mais aussi de nouveaux liens, de nouveaux rapports sociaux dĂ©liĂ©s des rapports marchands. Parler de commun, c’est parler de partage. Face Ă  la quĂȘte sans mesure et sans fin de possĂ©der, nous devons faire grandir le bonheur de partager et de prendre soin ensemble.

Le Conseil Ă©conomique, social et environnemental, troisiĂšme assemblĂ©e constitutionnelle de la RĂ©publique, regroupe des femmes et des hommes engagĂ©s dans la vie publique et sociale, issus des corps dits « intermĂ©diaires » qui font la richesse du mouvement dĂ©mocratique de notre pays. Il conseille le Gouvernement et le Parlement, il participe Ă  l’élaboration et Ă  l’évaluation des politiques publiques. Il s’est vu confier, en 2021, de nouvelles missions permettant notamment Ă  la participation citoyenne d’enrichir utilement ses travaux.

Ainsi, il est aujourd’hui l’instance la plus appropriĂ©e pour jouer un rĂŽle moteur dans la protection des biens communs, dans le cadre d’une dĂ©marche d’appropriation citoyenne. Celui‑ci‑fonde qui plus est, son travail « sur l’écoute, le dialogue et la recherche d’un consensus exigeant pour rĂ©pondre aux enjeux d’aujourd’hui et de demain ». Il peut donc ĂȘtre un catalyseur du grand mouvement d’appropriation citoyenne de la politique que nous appelons de nos vƓux.

Aujourd’hui, le Conseil Ă©conomique, social et environnemental « peut ĂȘtre saisi par voie de pĂ©tition dans les conditions fixĂ©es par une loi organique » et « il fait connaĂźtre au Gouvernement et au Parlement les suites qu’il propose d’y donner ». Il convient d’examiner avec lui les conditions concrĂštes de sa saisine.

Les auteurs de cette proposition de loi organique proposent de complĂ©ter cette procĂ©dure avec un mĂ©canisme spĂ©cifique liĂ© Ă  l’attribution du statut de bien commun dĂ©fini dans la proposition de loi n° visant Ă  inscrire dans le code civil un statut permettant la protection des biens communs. Avec cette proposition embryonnaire, il s’agit donc de lancer le dĂ©bat, d’inventer des outils, d’encourager le mouvement multiforme de fabrique du commun.

L’article 1er Ă©tablit que le Conseil Ă©conomique, social et environnemental peut ĂȘtre saisi pour attribuer le statut de « bien commun », Ă  partir des critĂšres Ă©numĂ©rĂ©s Ă  l’article 714 du Code civil. Il peut dĂ©lĂ©guer cette mission Ă  un Conseil Ă©conomique et social rĂ©gional en accord avec celui‑ci, en fonction de la nature locale du bien concernĂ©.

L’article 2 : S’il choisit d’attribuer le statut de « bien commun » le Conseil Ă©conomique, social et environnemental ou le Conseil Ă©conomique, social et environnemental rĂ©gional peut alors dĂ©signer un Conseil citoyen du bien commun singulier. La tĂąche d’établir un Ă©tat des lieux du bien et d’examiner l’adĂ©quation de son monde de gestion au regard de son statut de bien commun lui est confiĂ©e, et il dispose pour ce faire d’un droit d’information. Sous un an Ă  la date de sa premiĂšre rĂ©union, le Conseil citoyen du bien commun singulier doit formuler des propositions.

L’article 3 : Les conclusions du Conseil citoyen du bien commun singulier sont communiquĂ©es au Conseil Ă©conomique, social et environnemental, qui rend un avis. L’ensemble est rendu public et adressĂ© aux autoritĂ©s compĂ©tentes, lesquelles sont invitĂ©es Ă  y apporter rĂ©ponse.

Cette dĂ©marche pourra permettre une intervention citoyenne du local au global, afin d’interroger l’état des biens communs et d’ouvrir un dĂ©bat dĂ©mocratique sur leur mode de gestion et leur statut de propriĂ©tĂ©. Elle ne prĂ©juge pas des formes possibles d’appropriation qui pourraient en dĂ©couler, nĂ©cessairement adaptĂ©es Ă  la nature du bien et des problĂ©matiques qui le concernent.

Tel est l’objet de cette proposition de loi.

Article 1

AprĂšs l’article 4‑3 de l’ordonnance n° 58‑1360 du 29 dĂ©cembre 1958 portant loi organique relative au Conseil Ă©conomique, social et environnemental, il est insĂ©rĂ© un article 4‑4 ainsi rĂ©digé :

« Art. 4‑4. – Le Conseil Ă©conomique, social et environnemental peut ĂȘtre saisi soit par une dĂ©marche citoyenne, selon des conditions fixĂ©es par dĂ©cret, soit par une rĂ©solution parlementaire, soit par lui‑mĂȘme, afin d’attribuer le statut de « bien commun », dans le cadre d’une dĂ©lĂ©gation permanente ou d’une commission temporaire, Ă  partir des critĂšres Ă©numĂ©rĂ©s Ă  l’article 714 du code civil.

« Il peut dĂ©lĂ©guer cette mission Ă  un Conseil Ă©conomique, social et environnemental rĂ©gional en accord avec celui‑ci, en fonction de la nature locale du bien concernĂ©. A contrario, le fait que le bien commun dĂ©borde le cadre national, n’empĂȘche pas d’activer une procĂ©dure.

« Le Conseil économique, social et environnemental tient à jour un registre des biens communs reconnus. »

Article 2

AprĂšs l’article 4‑4 de l’ordonnance n° 58‑1360 du 29 dĂ©cembre 1958 portant loi organique relative au Conseil Ă©conomique, social et environnemental, dans sa rĂ©daction rĂ©sultant de la prĂ©sente loi, il est insĂ©rĂ© un article 4‑5 ainsi rĂ©digé :

« Art. 4‑5. – Ayant attribuĂ© le statut de « bien commun », le Conseil Ă©conomique, social et environnemental ou le Conseil Ă©conomique, social et environnemental rĂ©gional peut dĂ©signer un « Conseil citoyen du bien commun singulier », dans les conditions fixĂ©es Ă  l’article 4‑3 de l’ordonnance n° 58‑1360 du 29 dĂ©cembre 1958 portant loi organique relative au Conseil Ă©conomique, social et environnemental.

« Cette instance est alors chargĂ©e d’établir un Ă©tat des lieux du bien considĂ©rĂ© et d’examiner l’adĂ©quation de son mode de gestion et son rĂ©gime de propriĂ©tĂ© avec son statut de bien commun. Elle dispose d’un an pour rendre son rapport et formuler des propositions. »

Article 3

AprĂšs l’article 4‑5 de l’ordonnance n° 58‑1360 du 29 dĂ©cembre 1958 portant loi organique relative au Conseil Ă©conomique, social et environnemental, dans sa rĂ©daction rĂ©sultant de la prĂ©sente loi, il est insĂ©rĂ© un article 4‑6 ainsi rĂ©digé :

« Art. 4‑6. – Les conclusions du Conseil citoyen du bien commun singulier sont soumises au Conseil Ă©conomique, social et environnemental, qui rend un avis sur le rapport, dans un dĂ©lai de six mois suivant son dĂ©pĂŽt. Le rapport et l’avis sont rendus publics et adressĂ©s au Gouvernement et au Parlement. »

([1]) https://www.legifrance.gouv.fr/codes/article_lc/LEGIARTI000006430610/

([2]) https://www.culture.gouv.fr/Aides-demarches/Protections-labels-et-appellations/Protection-au-titre-des-Monuments-historiques

([3]) https://www.legifrance.gouv.fr/contenu/menu/droit-national-en-vigueur/constitution/preambule-de-la-constitution-du-27-octobre-1946

([4]) https://www.lefigaro.fr/conjoncture/la-protection-de-l-environnement-justifie-des-atteintes-a-la-liberte-d-entreprendre-selon-le-conseil-constitutionnel-20200131

(5) https://www.conseil-constitutionnel.fr/nouveaux-cahiers-du-conseil-constitutionnel/conseil-constitutionnel-et-la-propriete-privee-des-personnes-privees

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