â 1 â
TITRE IER
OBJECTIFS DE LâACTION DE LâĂTAT POUR MAYOTTE
I. â Le rapport annexĂ© Ă la prĂ©sente loi est approuvĂ©. Il constitue le cadre de rĂ©fĂ©rence pour la mise en Ćuvre des orientations quâil dĂ©finit.
II (nouveau). â Le rapport mentionnĂ© au I fait lâobjet dâune Ă©valuation annuelle, prĂ©sentĂ©e au Parlement, au regard des crĂ©dits ouverts et des autorisations dâengagement votĂ©s chaque annĂ©e dans le cadre de la loi de finances.
I. â Les investissements prioritaires dans les infrastructures et les politiques publiques essentielles Ă Mayotte Ă©voluent au cours de la pĂ©riode de 2025 Ă Â 2031 en application des tableaux des deuxiĂšme Ă dernier alinĂ©as du prĂ©sent I. Ces investissements peuvent ĂȘtre réévaluĂ©s afin dâassurer la reconstruction et la refondation de Mayotte.
(En millions dâeuros)
Crédits en soutien aux collectivités territoriales au titre de la reconstruction
2025
2026
2027
Autorisations dâengagement
100
200
0
Crédits de paiement
35
125
140
(En millions dâeuros)
ThĂšme
Eau et assainissement
Phases
2025-2027
2028-2031
Actions
Ajustement des investissements du volet 1 et mise en Ćuvre des volets 2 et 3 du plan eau Mayotte
Contrat de progrĂšs eau et assainissement
Autorisations dâengagement
350
380
Total
730
(En millions dâeuros)
ThĂšme
Santé
Phases
2025-2027
2028-2031
Actions
Travaux au centre hospitalier de Mayotte
122
Poursuite des travaux dâextension du centre hospitalier de Mamoudzou
122
Planification dâun deuxiĂšme site hospitalier Ă Combani
10
Construction dâun deuxiĂšme hospitalier Ă Combani
153
Autorisations dâengagement
132
275
Total
407
(En millions dâeuros)
ThĂšme
Lutte contre lâimmigration clandestine
Phases
2025-2027
Action
Renforcement des capacitĂ©s de dĂ©tection, de reconnaissance et dâinterception par voies maritime et aĂ©rienne
Autorisations dâengagement
52
(En millions dâeuros)
ThĂšme
MaĂźtrise des espaces maritimes
Phases
2026-2029
Action
Renforcer la maĂźtrise des espaces maritimes
Autorisations dâengagement
100
(En millions dâeuros)
ThĂšme
SystÚme judiciaire et carcéral
Phases
2025-2027
2028-2031
Actions
Ătudes relatives Ă la construction dâun deuxiĂšme Ă©tablissement pĂ©nitentiaire
2
RĂ©alisation dâun deuxiĂšme Ă©tablissement pĂ©nitentiaire
290
RĂ©alisation dâune citĂ© judiciaire
124
RĂ©alisation dâun centre Ă©ducatif fermĂ©
14
Autorisations dâengagement
2
428
Total
430
(En millions dâeuros)
ThĂšme
Construction dâĂ©tablissements scolaires
Phases
2025-2029
Action
Poursuite de la construction de nouvelles salles de classes, de la rénovation des écoles dégradées et du développement de la restauration collective
Autorisations dâengagement
400
(En millions dâeuros)
ThĂšme
Université de Mayotte
Phases
2025-2029
Action
Reconstruction et extension de lâuniversitĂ©
Autorisations dâengagement
17,7
(En millions dâeuros)
ThĂšme
Culture et sport
Phases
2025-2029
Actions
Accompagnement de la rĂ©habilitation dâĂ©quipements
Protection du patrimoine et développement des infrastructures culturelles
Développement des infrastructures sportives
Autorisations dâengagement
17
(En millions dâeuros)
ThĂšme
Logement
Phases
2025-2029
Action
Soutien Ă la construction de logements et dâamĂ©nagements, y compris opĂ©rations de rĂ©sorption de lâhabitat insalubre
Autorisations dâengagement
200
(En millions dâeuros)
ThĂšme
Aéroport
Phases
Ă compter de la dĂ©claration dâutilitĂ© publique (2026)
Action
RĂ©alisation dâune piste longue en Grande Terre afin de garantir la desserte internationale de Mayotte
Autorisations dâengagement
1200
(En millions dâeuros)
ThĂšme
Transports terrestres et maritimes
Phases
2025-2029
Actions
Fluidification de la circulation
Développement des mobilités alternatives
Remise à niveau du réseau routier national
Autorisations dâengagement
104
(En millions dâeuros)
ThĂšme
Environnement
Phases
2025-2029
Actions
MaĂźtrise des risques
Ăvaluation et suivi de lâimpact du cyclone Chido sur la biodiversitĂ©
Aménagement durable du littoral
Autorisations dâengagement
17,4
(En millions dâeuros)
ThĂšme
Agriculture et pĂȘche
Phases
2025-2029
Actions
Déclinaison du plan stratégique national 2023-2027
RĂ©alisation dâĂ©quipements au profit de la pĂȘche professionnelle
Autorisations dâengagement
12
(En millions dâeuros)
ThĂšme
Déchets
Phases
2025-2029
Action
Accompagnement du rattrapage structurel et dĂ©veloppement de lâĂ©conomie circulaire
Autorisations dâengagement
6,9
(En millions dâeuros)
ThĂšme
Déploiement de la fibre
Phases
2025-2029
Action
DĂ©ploiement du rĂ©seau de fibre optique sur lâensemble du territoire
Autorisations dâengagement
50
II. â Avant le 31 dĂ©cembre 2025, le Gouvernement remet au Parlement une programmation annuelle des investissements prĂ©vus au I.Â
I. â Un comitĂ© de suivi, placĂ© auprĂšs du Premier ministre, est chargĂ© de veiller au suivi de la mise en Ćuvre et Ă lâĂ©valuation de la prĂ©sente loi et dâen rendre compte rĂ©guliĂšrement au Parlement.
Ce comité est présidé par une personnalité désignée par le Premier ministre. Il est composé :
1° De trois dĂ©putĂ©s dĂ©signĂ©s par le PrĂ©sident de lâAssemblĂ©e nationale et de trois sĂ©nateurs dĂ©signĂ©s par le PrĂ©sident du SĂ©nat, dont au moins un parlementaire membre dâun groupe dâopposition pour chacune des assemblĂ©es parlementaires, ainsi que des parlementaires Ă©lus Ă Mayotte ;
2° De deux membres de la Cour des comptes, désignés par cette cour ;
3° De quatre reprĂ©sentants de lâĂtat, dĂ©signĂ©s au sein du ministĂšre chargĂ© de lâoutreâmer, du ministĂšre de lâintĂ©rieur et des ministĂšres chargĂ©s de lâĂ©conomie et du travail ;
3° bis Du reprĂ©sentant de lâĂtat dans le DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte ;
4° Du prĂ©sident de lâassemblĂ©e de Mayotte, du prĂ©sident de lâassociation des maires de Mayotte et du prĂ©sident de lâassociation des intercommunalitĂ©s de Mayotte.
Les membres du comité exercent leurs fonctions à titre gratuit.
Les documents communiquĂ©s par le Gouvernement au comitĂ© de suivi sont transmis, pour information, aux commissions permanentes chargĂ©es des questions institutionnelles de lâAssemblĂ©e nationale et du SĂ©nat.
Ce comitĂ© se rĂ©unit au moins quatre fois par an et remet chaque annĂ©e un rapport public intermĂ©diaire Ă©valuant lâimpact de la reconstruction et de la refondation de Mayotte et la rĂ©alisation des investissements.
II. â Le comitĂ© de suivi est instituĂ© au plus tard trois mois aprĂšs la promulgation de la prĂ©sente loi.
Jusquâau 31 dĂ©cembre 2030, le reprĂ©sentant de lâĂtat Ă Mayotte dirige lâaction de lâensemble des services et des Ă©tablissements publics de lâĂtat ayant un champ dâaction territorial Ă Mayotte, qui sont placĂ©s pour emploi sous son autoritĂ©, Ă lâexclusion de lâĂ©tablissement public chargĂ© de coordonner les travaux de reconstruction de Mayotte mentionnĂ© Ă lâarticle 1er de la loi n° 2025â176 du 24 fĂ©vrier 2025 dâurgence pour Mayotte.
Un dĂ©cret en Conseil dâĂtat dĂ©termine les modalitĂ©s dâapplication du prĂ©sent article. Ce dĂ©cret prĂ©cise en particulier la programmation de chacun des thĂšmes figurant dans le rapport annexĂ©.
TITRE II
LUTTER CONTRE LâIMMIGRATION CLANDESTINE
ET LâHABITAT ILLĂGAL
Chapitre Ier
Durcir les conditions dâaccĂšs au sĂ©jour
en les adaptant Ă la situation particuliĂšre de Mayotte
Lâarticle L. 441â7 du code de lâentrĂ©e et du sĂ©jour des Ă©trangers et du droit dâasile est ainsi modifié :
1° AprÚs le premier alinéa, il est inséré un 1° AA ainsi rédigé :
« 1° AA Au 2° de lâarticle L. 412â2, les rĂ©fĂ©rences : âL. 423â7,â et âL. 423â23,â sont supprimĂ©es ; »
1° bis (nouveau) Le 1° A est abrogé ;
2° Le 8° bis est complĂ©tĂ© par les mots : « et, Ă la fin, les mots : â, sans que soit opposable la condition prĂ©vue Ă lâarticle L. 412â1â sont supprimĂ©s » ;
2° bis Le 8° ter est ainsi rédigé :
« 8° ter Lâarticle L. 423â8 est ainsi modifié :
« a) Au premier alinĂ©a, aprĂšs la premiĂšre occurrence du mot : âenfantâ, sont insĂ©rĂ©s les mots : âdepuis la naissance de celuiâci ou depuis au moins trois ansâ ;
« b) Le second alinéa est supprimé ;
« c) (nouveau) Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé :
« âLa preuve de la contribution effective ne peut ĂȘtre apportĂ©e que par des justificatifs nominatifs.â ; »
3° AprĂšs le mĂȘme 8° ter, il est insĂ©rĂ© un 8° quater ainsi rĂ©digé :
« 8° quater Au premier alinĂ©a de lâarticle L. 423â10, les mots : âen France et titulaire depuis au moins trois annĂ©esâ sont remplacĂ©s par les mots : ârĂ©guliĂšrement et de maniĂšre ininterrompue en France depuis au moins cinq annĂ©es et titulaireâ ; »
4° AprÚs le 10°, il est inséré un 10° bis ainsi rédigé :
« 10° bis Au premier alinĂ©a de lâarticle L. 423â23, aprĂšs le mot : âĂ©trangerâ, sont insĂ©rĂ©s les mots : ârĂ©sidant habituellement depuis au moins sept ans Ă Mayotteâ et, Ă la fin, les mots : â, sans que soit opposable la condition prĂ©vue Ă lâarticle L. 412â1â sont supprimĂ©s ; ».
I. â Lâarticle L. 441â8 du code de lâentrĂ©e et du sĂ©jour des Ă©trangers et du droit dâasile est abrogĂ©.
II. â Le I du prĂ©sent article entre en vigueur le 1er janvier 2030.
(Conforme)
AprĂšs le 13° de lâarticle L. 441â7 du code de lâentrĂ©e et du sĂ©jour des Ă©trangers et du droit dâasile, il est insĂ©rĂ© un 13° bis ainsi rĂ©digé :
« 13° bis Pour lâapplication du 2° de lâarticle L. 434â7, ne peut ĂȘtre considĂ©rĂ© comme normal un logement Ă©difiĂ© ou occupĂ© sans droit ni titre ou relevant de lâhabitat informel ; ».
Chapitre II
Améliorer les dispositifs de lutte
contre les reconnaissances frauduleuses de paternité et de maternité
(Conformes)
Chapitre III
Mieux lutter contre lâimmigration irrĂ©guliĂšre et faciliter lâĂ©loignement
(Conforme)
Le 4° de lâarticle L. 761â8 du code de lâentrĂ©e et du sĂ©jour des Ă©trangers et du droit dâasile est abrogĂ©.
I. â AprĂšs le 5° de lâarticle L. 761â8 du code de lâentrĂ©e et du sĂ©jour des Ă©trangers et du droit dâasile, il est insĂ©rĂ© un 5° bis ainsi rĂ©digé :
« 5° bis Lâarticle L. 741â5 est complĂ©tĂ© par cinq alinĂ©as ainsi rĂ©digĂ©s :
« âLorsquâil ne prĂ©sente pas de garanties de reprĂ©sentation effectives propres Ă prĂ©venir un risque de soustraction Ă lâexĂ©cution de la dĂ©cision dâĂ©loignement et quâaucune autre mesure nâapparaĂźt suffisante Ă garantir efficacement lâexĂ©cution effective de cette dĂ©cision, lâĂ©tranger accompagnĂ© dâun mineur qui se trouve dans lâun des cas prĂ©vus Ă lâarticle L. 731â1 peut, pour le temps strictement nĂ©cessaire Ă lâorganisation de lâĂ©loignement, qui ne peut excĂ©der quaranteâhuit heures, ĂȘtre placĂ© dans des lieux spĂ©cialement adaptĂ©s Ă la prise en charge des besoins de lâunitĂ© familiale.
« âLes caractĂ©ristiques de ces lieux, qui sont indĂ©pendants des lieux de rĂ©tention et qui garantissent aux membres de la famille une intimitĂ© adĂ©quate, dans des conditions qui tiennent compte de lâintĂ©rĂȘt supĂ©rieur de lâenfant, sont dĂ©finies par dĂ©cret en Conseil dâĂtat.
« âEn cas dâimpossibilitĂ© matĂ©rielle de procĂ©der Ă lâĂ©loignement pour une raison Ă©trangĂšre Ă lâadministration, lâautoritĂ© administrative peut proroger ce placement pour une nouvelle durĂ©e de vingtâquatre heures.
« âLâĂ©tranger qui fait lâobjet dâune dĂ©cision de placement ou de prorogation de placement en application des deuxiĂšme et quatriĂšme alinĂ©as du prĂ©sent article peut la contester devant le magistrat du siĂšge du tribunal judiciaire dans un dĂ©lai de quaranteâhuit heures. Le magistrat du siĂšge du tribunal judiciaire statue, par ordonnance, dans les quaranteâhuit heures suivant sa saisine.
« âSous rĂ©serve de ces adaptations, les chapitres Ier Ă Â IV du titre IV du prĂ©sent livre sont applicables.â ; ».
I bis et II. â (Non modifiĂ©s)
La section 2 du chapitre Ier du titre IV du livre IV du code de lâentrĂ©e et du sĂ©jour des Ă©trangers et du droit dâasile est complĂ©tĂ©e par un article L. 441â10 ainsi rĂ©digé :
« Art. L. 441â10. â à Mayotte, un document de sĂ©jour peut, par une dĂ©cision motivĂ©e, ĂȘtre retirĂ© Ă tout Ă©tranger majeur exerçant lâautoritĂ© parentale sur un Ă©tranger mineur capable de discernement dont le comportement constitue une menace pour lâordre public, lorsque la soustraction, par lâĂ©tranger majeur, Ă ses obligations lĂ©gales compromet la santĂ©, la sĂ©curitĂ©, la moralitĂ© et lâĂ©ducation de lâĂ©tranger mineur et contribue directement Ă ce que son comportement constitue une telle menace.
« La dĂ©cision de retrait peut intervenir au plus tĂŽt un mois et au plus tard six mois aprĂšs quâun avertissement a Ă©tĂ© adressĂ© Ă lâĂ©tranger majeur, par courrier ou au cours dâun entretien, si les conditions prĂ©vues au premier alinĂ©a sont toujours rĂ©unies. LâintĂ©ressĂ© est prĂ©alablement mis Ă mĂȘme de prĂ©senter ses observations, dans les conditions prĂ©vues Ă lâarticle L. 122â1 du code des relations entre le public et lâadministration.
« Par dĂ©rogation au premier alinĂ©a du prĂ©sent article, une carte de rĂ©sident ou une carte de rĂ©sident permanent ne peut ĂȘtre retirĂ©e, dans les conditions prĂ©vues aux deux premiers alinĂ©as, que lorsque le comportement de lâĂ©tranger mineur constitue une menace grave pour lâordre public. En cas de retrait, lâarticle L. 611â1 nâest pas applicable. En cas de retrait de la carte de rĂ©sident permanent dâun Ă©tranger qui ne peut pas faire lâobjet dâune dĂ©cision dâexpulsion en application des articles L. 631â2 ou L. 631â3, une autorisation provisoire de sĂ©jour lui est dĂ©livrĂ©e de droit et, en cas de retrait dâune carte de rĂ©sident permanent, une carte de sĂ©jour temporaire lui est dĂ©livrĂ©e de droit.
« La dĂ©cision de retrait ne peut ĂȘtre prise si lâĂ©tranger est titulaire dâun document de sĂ©jour dĂ©livrĂ© en application du 6° de lâarticle L. 411â1 ou des articles L. 424â1, L. 424â9 ou L. 424â13. »
(Conforme)
I. â Le code monĂ©taire et financier est ainsi modifié :
1° AprĂšs lâarticle L. 561â10â4, il est insĂ©rĂ© un article L. 561â10â5 ainsi rĂ©digé :
« Art. L. 561â10â5. â à Mayotte, avant de procĂ©der Ă une opĂ©ration de transmission de fonds mentionnĂ©e au 6° du II de lâarticle L. 314â1 Ă partir dâun versement dâespĂšces, les personnes Ă©numĂ©rĂ©es aux 1° Ă Â 1° quater de lâarticle L. 561â2 vĂ©rifient, Ă titre de mesure de vigilance complĂ©mentaire, la rĂ©gularitĂ© du sĂ©jour de leur client sâil nâest pas ressortissant dâun Ătat membre de lâUnion europĂ©enne. Cette vĂ©rification sâeffectue par la prĂ©sentation de lâoriginal de tout document de sĂ©jour.
« Lâabsence de justification de la rĂ©gularitĂ© du sĂ©jour dans les conditions prĂ©vues au premier alinĂ©a du prĂ©sent article fait obstacle Ă lâopĂ©ration de transmission de fonds. » ;
2° Le chapitre IV du titre VII du livre V est complĂ©tĂ© par un article L. 574â7 ainsi rĂ©digé :
« Art. L. 574â7. â Est puni de six mois dâemprisonnement et de 7 500 euros dâamende le fait de faire procĂ©der ou de participer, pour le compte dâun Ă©tranger en situation irrĂ©guliĂšre, Ă une opĂ©ration de transmission de fonds mentionnĂ©e au 6° du II de lâarticle L. 314â1 Ă partir dâun versement dâespĂšces aux fins de contourner la mesure de vigilance prĂ©vue Ă lâarticle L. 561â10â5.
« LâĂ©tranger condamnĂ© en application du premier alinĂ©a du prĂ©sent article encourt lâinterdiction du territoire français pour une durĂ©e de dix ans au plus. »
II. â (Non modifiĂ©)
Chapitre IV
Renforcer la lutte contre lâhabitat informel
I. â La loi n° 2011â725 du 23 juin 2011 portant dispositions particuliĂšres relatives aux quartiers dâhabitat informel et Ă la lutte contre lâhabitat indigne dans les dĂ©partements et rĂ©gions dâoutreâmer est ainsi modifiĂ©e :
1° Le I de lâarticle 11â1 est ainsi modifié :Â
a) Au début de la premiÚre phrase du premier alinéa, les mots : « à Mayotte et » sont supprimés ;
b) (nouveau) Au dernier alinéa, les mots : « ou au livre foncier » sont supprimés ;
2° AprĂšs le mĂȘme article 11â1, il est insĂ©rĂ© un article 11â2 ainsi rĂ©digé :
« Art. 11â2. â I. â à Mayotte, lorsque des locaux ou des installations Ă©difiĂ©s sans droit ni titre constituant un habitat informel, au sens du deuxiĂšme alinĂ©a de lâarticle 1erâ1 de la loi n° 90â449 du 31 mai 1990 visant Ă la mise en Ćuvre du droit au logement, forment un ensemble homogĂšne sur un ou plusieurs terrains dâassiette et prĂ©sentent des risques graves pour la salubritĂ©, la sĂ©curitĂ© ou la tranquillitĂ© publiques, le reprĂ©sentant de lâĂtat dans le dĂ©partement peut, par arrĂȘtĂ©, ordonner aux occupants de ces locaux et de ces installations dâĂ©vacuer les lieux et aux propriĂ©taires de procĂ©der Ă leur dĂ©molition Ă lâissue de lâĂ©vacuation. LâarrĂȘtĂ© prescrit toutes mesures nĂ©cessaires pour empĂȘcher lâaccĂšs et lâusage de cet ensemble de locaux et dâinstallations au fur et Ă mesure de leur Ă©vacuation.
« Un rapport motivĂ© Ă©tabli par les services chargĂ©s de lâhygiĂšne et de la sĂ©curitĂ© placĂ©s sous lâautoritĂ© du reprĂ©sentant de lâĂtat dans le dĂ©partement et une proposition de relogement ou dâhĂ©bergement dâurgence sont annexĂ©s Ă lâarrĂȘtĂ© mentionnĂ© au premier alinĂ©a du prĂ©sent I.
« Le mĂȘme arrĂȘtĂ© prĂ©cise le dĂ©lai accordĂ© pour Ă©vacuer et dĂ©molir les locaux et installations mentionnĂ©s au mĂȘme premier alinĂ©a. Ce dĂ©lai ne peut ĂȘtre infĂ©rieur Ă quinze jours Ă compter de la notification de lâarrĂȘtĂ© et de ses annexes aux occupants et aux propriĂ©taires. Lorsque le propriĂ©taire nâoccupe pas le local ou lâinstallation, le dĂ©lai accordĂ© pour procĂ©der Ă la dĂ©molition est allongĂ© de huit jours Ă compter de lâĂ©vacuation volontaire des lieux.
« à dĂ©faut de pouvoir identifier les propriĂ©taires, notamment en lâabsence de mention au livre foncier, la notification les concernant est valablement effectuĂ©e par affichage Ă la mairie de la commune et sur la façade des locaux et des installations concernĂ©s.
« II. â Lorsquâil est constatĂ©, par un procĂšsâverbal dressĂ© par une personne mentionnĂ©e au premier alinĂ©a de lâarticle L. 480â1 du code de lâurbanisme, quâun local ou une installation a Ă©tĂ© construit depuis moins de sept jours sans droit ni titre dans un secteur dâhabitat informel, au sens du deuxiĂšme alinĂ©a de lâarticle 1erâ1 de la loi n° 90â449 du 31 mai 1990 prĂ©citĂ©e, le reprĂ©sentant de lâĂtat dans le dĂ©partement peut, par arrĂȘtĂ©, ordonner au propriĂ©taire de procĂ©der Ă la dĂ©molition dans un dĂ©lai de vingtâquatre heures Ă compter de la notification de lâacte.
« Si le local ou lâinstallation est occupĂ©, le reprĂ©sentant de lâĂtat dans le dĂ©partement ordonne aux occupants dâĂ©vacuer les lieux dans un dĂ©lai qui ne peut ĂȘtre infĂ©rieur Ă quinze jours Ă compter de la notification de lâarrĂȘtĂ©. Lorsque le propriĂ©taire nâoccupe pas le local ou lâinstallation, le dĂ©lai accordĂ© pour procĂ©der Ă la dĂ©molition est allongĂ© de vingtâquatre heures Ă compter de lâĂ©vacuation volontaire des lieux.
« à dĂ©faut de pouvoir identifier les propriĂ©taires, notamment en lâabsence de mention au livre foncier, la notification les concernant est valablement effectuĂ©e par affichage Ă la mairie de la commune et sur la façade des locaux et des installations concernĂ©s.
« III. â Lâobligation dâĂ©vacuer les lieux et lâobligation de les dĂ©molir rĂ©sultant des arrĂȘtĂ©s mentionnĂ©s aux I et II du prĂ©sent article ne peuvent faire lâobjet dâune exĂ©cution dâoffice ni avant lâexpiration des dĂ©lais accordĂ©s pour y procĂ©der volontairement, ni avant que le tribunal administratif ait statuĂ©, sâil a Ă©tĂ© saisi par le propriĂ©taire ou lâoccupant concernĂ©, dans les dĂ©lais dâexĂ©cution volontaire, dâun recours dirigĂ© contre ces dĂ©cisions sur le fondement des articles L. 521â1 Ă L. 521â3 du code de justice administrative. LâĂtat supporte les frais liĂ©s Ă lâexĂ©cution dâoffice des mesures prescrites. »
II. â (Non modifiĂ©)
I. â Afin de soutenir et dâaccompagner les collectivitĂ©s territoriales dans la mise en Ćuvre dâopĂ©rations prioritaires de rĂ©sorption de lâhabitat insalubre Ă Mayotte qualifiĂ©es dâintĂ©rĂȘt public majeur, le reprĂ©sentant de lâĂtat dans le dĂ©partement peut, par arrĂȘtĂ© motivĂ©, accorder des dĂ©rogations temporaires et proportionnĂ©es aux rĂšgles dâurbanisme et dâenvironnement applicables.
II. â Ces opĂ©rations sont inscrites dans un cadre dâurgence Ă caractĂšre civil Ă©largi Ă lâensemble du territoire mahorais, conformĂ©ment aux dispositions du code de lâurbanisme, afin de faciliter la conduite des projets dâamĂ©nagement et de renouvellement urbain indispensables Ă la lutte contre lâhabitat indigne.
III. â DĂšs la phase initiale des projets, le reprĂ©sentant de lâĂtat organise la concertation et la coordination entre lâensemble des acteurs concernĂ©s, notamment lâautoritĂ© environnementale, lâagence rĂ©gionale de santĂ© et la direction de lâhabitat, de lâurbanisme et des paysages, en vue dâanticiper les besoins, dâharmoniser les procĂ©dures et dâĂ©viter un allongement des dĂ©lais dâinstruction.
IV. â Les dĂ©rogations prĂ©vues peuvent notamment permettre, dans le cadre dĂ©fini par lâarrĂȘtĂ© prĂ©fectoral :
1° LâĂ©ligibilitĂ© des projets Ă une procĂ©dure dâinstruction adaptĂ©e relative Ă lâautorisation environnementale ;
2° La mise en compatibilitĂ© dâoffice des documents dâurbanisme, sur le modĂšle de la dĂ©claration de projet ;
3° La dĂ©claration dâutilitĂ© publique des projets nĂ©cessaires Ă la rĂ©sorption de lâhabitat insalubre.
V. â LâarrĂȘtĂ© prĂ©fectoral fixe le pĂ©rimĂštre, la nature et la durĂ©e des dĂ©rogations ainsi que les conditions dâaccompagnement et de suivi garantissant la protection de la santĂ© publique, de la sĂ©curitĂ© et de lâenvironnement, tout en assurant la cohĂ©rence avec les objectifs dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral du projet.
VI. â Un dĂ©cret en Conseil dâĂtat prĂ©cise les modalitĂ©s dâapplication de du prĂ©sent article, les critĂšres dâĂ©valuation des demandes et les garanties liĂ©es Ă la mise en Ćuvre des dĂ©rogations.
TITRE III
PROTĂGER LES MAHORAIS
Chapitre Ier
Renforcer le contrĂŽle des armes
(Conforme)
Le chapitre II du titre IV du livre III du code de la sécurité intérieure est complété par une section 3 ainsi rédigée :
« Section 3
« Injonctions préfectorales
« Art. L. 342â9. â à Mayotte, si les circonstances font craindre des troubles graves Ă lâordre public rĂ©sultant de violences commises sous la menace ou avec usage dâune arme, le reprĂ©sentant de lâĂtat dans le dĂ©partement peut ordonner par arrĂȘtĂ©, sur tout ou partie du territoire, la remise des armes, des munitions ou de leurs Ă©lĂ©ments relevant des catĂ©gories A Ă Â D dĂ©finies Ă lâarticle L. 311â2 ainsi que des objets susceptibles de constituer une arme dangereuse pour la sĂ©curitĂ© publique.
« La durĂ©e de conservation des armes remises en application du premier alinĂ©a du prĂ©sent article ne peut excĂ©der trois mois. Elle peut ĂȘtre renouvelĂ©e pour une mĂȘme durĂ©e si les conditions prĂ©vues au mĂȘme premier alinĂ©a continuent dâĂȘtre remplies.
« LâarrĂȘtĂ© prĂ©cise les motifs de la mesure, le territoire ainsi que les armes et objets concernĂ©s par lâobligation, les conditions de la remise, le dĂ©lai Ă lâexpiration duquel le dĂ©tenteur doit avoir procĂ©dĂ© Ă celleâci, la durĂ©e de conservation des armes et objets remis, les cas dans lesquels il peut y ĂȘtre dĂ©rogĂ© pour motif lĂ©gitime et les peines encourues en application de lâarticle L. 317â6 en cas de nonârespect des mesures prises en application du prĂ©sent article.
« Les armes et objets remis en application du premier alinĂ©a du prĂ©sent article donnent lieu Ă la dĂ©livrance dâun rĂ©cĂ©pissĂ©.
« Leur conservation est confiée aux services de la police nationale ou de la gendarmerie territorialement compétents.
« Lorsque les conditions prĂ©vues au mĂȘme premier alinĂ©a ne sont plus remplies, et au plus tard Ă lâĂ©chĂ©ance du dĂ©lai de conservation prĂ©vu par lâarrĂȘtĂ© prĂ©fectoral, les armes et objets remis sont rendus Ă leur propriĂ©taire en lâĂ©tat oĂč ils Ă©taient lors de leur dĂ©pĂŽt. Sâil apparaĂźt que les armes Ă©taient dĂ©tenues irrĂ©guliĂšrement, il est procĂ©dĂ© Ă leur destruction.
« Les dĂ©tenteurs des armes et objets remis en application dudit premier alinĂ©a peuvent dĂ©cider de les remettre Ă lâĂtat aux fins de destruction, dans des conditions fixĂ©es par dĂ©cret en Conseil dâĂtat.
« Le nonârespect des mesures prises en application du prĂ©sent article est puni des peines prĂ©vues Ă lâarticle L. 317â6. Le tribunal peut ordonner, en outre, la confiscation des armes, des munitions et de leurs Ă©lĂ©ments dont le condamnĂ© est propriĂ©taire ou dont il a la libre disposition. »
Chapitre II
Renforcer la lutte contre lâemploi dâĂ©trangers sans titre
(Conforme)
Ă Mayotte, lorsquâil est constatĂ©, dans le cadre dâune enquĂȘte prĂ©liminaire ou dâune instruction judiciaire, que le propriĂ©taire dâun immeuble ou toute personne exerçant sur un immeuble une jouissance paisible et continue est mis en cause pour lâinfraction prĂ©vue Ă lâarticle 225â14 du code pĂ©nal Ă lâĂ©gard de ressortissants Ă©trangers en situation irrĂ©guliĂšre, le reprĂ©sentant de lâĂtat dans le dĂ©partement peut procĂ©der, par arrĂȘtĂ©, Ă la confiscation conservatoire de ce bien jusquâĂ ce quâune dĂ©cision de justice Ă©tablisse la matĂ©rialitĂ© des faits. Cet arrĂȘtĂ© est publiĂ© et notifiĂ© au procureur de la RĂ©publique ainsi quâau propriĂ©taire du bien concernĂ© ou Ă la personne exerçant sur lâimmeuble une jouissance paisible et continue, sâil est connu, et Ă lâAgence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisquĂ©s.
Si la matĂ©rialitĂ© des faits nâest pas Ă©tablie au terme de lâenquĂȘte judiciaire ou si un non-lieu ou une relaxe est prononcĂ© par le juge judiciaire, lâarrĂȘtĂ© du reprĂ©sentant de lâĂtat Ă Mayotte mentionnĂ© au premier alinĂ©a du prĂ©sent article est immĂ©diatement abrogĂ©.
Si la matĂ©rialitĂ© des faits est Ă©tablie par une dĂ©cision de justice, le reprĂ©sentant de lâĂtat Ă Mayotte, si la dĂ©cision de justice ne le prĂ©voit pas, peut, par arrĂȘtĂ©, procĂ©der Ă la confiscation des biens mentionnĂ©s au mĂȘme premier alinĂ©a, qui sont alors affectĂ©s Ă lâAgence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisquĂ©s, laquelle peut alors procĂ©der Ă leur vente dans les conditions prĂ©vues pour les autres biens confisquĂ©s et affectĂ©s Ă cette agence, notamment Ă lâarticle 706â160 du code de procĂ©dure pĂ©nale. Cet arrĂȘtĂ© est publiĂ© et notifiĂ© au procureur de la RĂ©publique, au propriĂ©taire du bien concernĂ©, sâil est connu, et Ă lâAgence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisquĂ©s.
Le juge pénal peut également, dans les conditions de droit commun, procéder à cette confiscation.
TITRE IV
FAĂONNER LâAVENIR DE MAYOTTE
Chapitre Ier
Garantir aux Mahorais lâaccĂšs aux biens et aux ressources essentiels
I Ă Â III. â (Non modifiĂ©s)
IV (nouveau). â La dotation forfaitaire prĂ©vue au III de lâarticle 156 de la loi n° 2002â276 du 27 fĂ©vrier 2002 prĂ©citĂ©e est versĂ©e aux communes avant les enquĂȘtes de recensement prĂ©vues au I du prĂ©sent article.
I. â Afin de garantir lâĂ©galitĂ© rĂ©elle des citoyens de Mayotte en matiĂšre dâaccĂšs aux droits sociaux, dans les conditions prĂ©vues Ă lâarticle 38 de la Constitution, le Gouvernement est autorisĂ© Ă prendre par voie dâordonnance, dans un dĂ©lai dâun an Ă compter de la promulgation de la prĂ©sente loi, toute mesure relevant du domaine de la loi afin de rendre applicable Ă Mayotte, sous rĂ©serve dâadaptations tenant compte des caractĂ©ristiques et des contraintes particuliĂšres du territoire, la lĂ©gislation en vigueur dans lâhexagone dans les matiĂšres relatives :
1° Aux prestations de sĂ©curitĂ© sociale, Ă lâexception de lâaide mĂ©dicale de lâĂtat, Ă lâaide sociale et Ă la prise en charge des frais de santé ;
2° Aux cotisations, contributions et impositions affectées au financement des régimes de sécurité sociale ;
3° à lâorganisation et Ă la gestion des rĂ©gimes de sĂ©curitĂ© sociale ;
4° Aux rĂšgles applicables Ă lâoffre de soins ;
5° Aux contrĂŽles et Ă la lutte contre la fraude, aux Ă©changes dâinformations et aux contentieux relatifs Ă la sĂ©curitĂ© sociale et Ă lâaide sociale ;
6° (nouveau) Aux conditions dans lesquelles les exonĂ©rations dĂ©finies Ă lâarticle L. 752â3â2 du code de la sĂ©curitĂ© sociale sont rendues applicables Ă Mayotte Ă partir du 1er janvier 2026 et lâarticle 244 quater C du code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts est abrogĂ©.
Préalablement à toute mesure prise en application du présent article, le Gouvernement consulte les élus locaux de Mayotte ainsi que les représentants des collectivités territoriales concernées, afin de recueillir leur avis sur les adaptations envisagées.
Les ordonnances procĂšdent aux modifications nĂ©cessaires pour assurer le respect de la hiĂ©rarchie des normes, amĂ©liorer la cohĂ©rence rĂ©dactionnelle des textes, harmoniser lâĂ©tat du droit, remĂ©dier aux erreurs et insuffisances et abroger les dispositions obsolĂštes ou devenues sans objet.
Un projet de loi de ratification est déposé devant le Parlement dans un délai de six mois à compter de la publication de chaque ordonnance.
II (nouveau). â à partir de 2026 et jusquâen 2036, le Gouvernement remet chaque annĂ©e au Parlement un rapport sur les disparitĂ©s constatĂ©es en matiĂšre de montants et de conditions dâaccĂšs aux prestations sociales versĂ©es Ă Mayotte, comparĂ©es Ă celles versĂ©es dans lâhexagone et dans les autres territoires relevant de lâarticle 73 de la Constitution.
Ce rapport prĂ©sente notamment les ordonnances prises en application du premier alinĂ©a du I du prĂ©sent article au cours de lâannĂ©e Ă©coulĂ©e et les autres mesures Ă caractĂšre lĂ©gislatif ou rĂ©glementaire applicables Ă Mayotte prises dans les matiĂšres mentionnĂ©es aux 1° Ă Â 5° du mĂȘme I et les compare avec le calendrier proposĂ© dans le rapport prĂ©vu Ă lâarticle 36 de la loi n° 2025â176 du 24 fĂ©vrier 2025 dâurgence pour Mayotte.
Ce rapport précise :
1° Les montants moyens versés par type de prestation ;
2° Les taux de recours et de non-recours observés pour chaque prestation ;
3° Les délais moyens de traitement des dossiers et de versement des droits ;
4° Les disparitĂ©s dâeffectivitĂ© et de qualitĂ© du service public dans lâinstruction des droits et le suivi des bĂ©nĂ©ficiaires ;
5° Les obstacles identifiĂ©s Ă lâharmonisation des rĂ©gimes et les leviers envisagĂ©s pour rĂ©duire les Ă©carts.
Le rapport formule, le cas Ă©chĂ©ant, des recommandations pour garantir une convergence progressive des droits et une amĂ©lioration de lâaccĂšs aux prestations pour les habitants de Mayotte.
Dans des conditions dĂ©terminĂ©es par dĂ©cret, deux parlementaires Ă©lus Ă Mayotte sont associĂ©s aux travaux visant Ă rendre applicable Ă Mayotte, sous rĂ©serve dâadaptations tenant compte des caractĂ©ristiques et contraintes particuliĂšres du territoire, la lĂ©gislation en vigueur dans lâhexagone dans les matiĂšres Ă©numĂ©rĂ©es aux 1° Ă 5° du I du prĂ©sent article.
III (nouveau). â La perte de recettes pour les organismes de sĂ©curitĂ© sociale rĂ©sultant du 6° du I est compensĂ©e Ă due concurrence par la majoration de lâaccise sur les tabacs prĂ©vue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
I. â à la deuxiĂšme phrase du premier alinĂ©a du II de lâarticle 244 quater C du code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts, aprĂšs le mot : « croissance », sont insĂ©rĂ©s les mots : « et, pour les annĂ©es 2025, 2026 et 2027, Ă trois fois et demie le salaire minimum de croissance. Ce plafond est ».
II. â Les modalitĂ©s dâapplication du I sont dĂ©terminĂ©es par dĂ©cret.
III. â La perte de recettes rĂ©sultant du prĂ©sent article pour lâĂtat est compensĂ©e, Ă due concurrence, par la crĂ©ation dâune taxe additionnelle Ă lâaccise sur les tabacs prĂ©vue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.
IV. â Le I nâest applicable quâaux sommes venant en dĂ©duction de lâimpĂŽt dĂ».
I. â Le code de la santĂ© publique est ainsi modifié :
1° Le premier alinĂ©a de lâarticle L. 1110â3â1 est complĂ©tĂ© par les mots : « ou au motif quâelle bĂ©nĂ©ficie de la protection complĂ©mentaire en matiĂšre de santĂ© prĂ©vue Ă lâarticle 21â13 de lâordonnance n° 96â1122 du 20 dĂ©cembre 1996 relative Ă lâamĂ©lioration de la santĂ© publique, Ă lâassurance maladie, maternitĂ©, invaliditĂ©, dĂ©cĂšs et autonomie, au financement de la sĂ©curitĂ© sociale Ă Mayotte et Ă la caisse de sĂ©curitĂ© sociale de Mayotte » ;
2° à lâarticle L. 1511â1, les mots : « âde la protection complĂ©mentaire en matiĂšre de santĂ© prĂ©vue Ă lâarticle L. 861â1 du code de la sĂ©curitĂ© sociale ouâ sont supprimĂ©s et les mots : » sont supprimĂ©s.
II. â Lâordonnance n° 96â1122 du 20 dĂ©cembre 1996 relative Ă lâamĂ©lioration de la santĂ© publique, Ă lâassurance maladie, maternitĂ©, invaliditĂ©, dĂ©cĂšs et autonomie, au financement de la sĂ©curitĂ© sociale Ă Mayotte et Ă la caisse de sĂ©curitĂ© sociale de Mayotte est ainsi modifiĂ©e :
A. â Lâarticle 19 est ainsi modifié :
1° Le II est ainsi modifié :
a) Le 1° est ainsi modifié :
â les mots : « majeure de nationalitĂ© française rĂ©sidant » sont remplacĂ©s par les mots : « exerçant une activitĂ© professionnelle, au sens de lâarticle L. 111â2â2 du code de la sĂ©curitĂ© sociale, ou rĂ©sidant de façon stable et rĂ©guliĂšre » et les mots : « les seules prestations en nature » sont remplacĂ©s par les mots : « la prise en charge des frais de santé » ;
â est ajoutĂ©e une phrase ainsi rĂ©digĂ©e : « Un dĂ©cret en Conseil dâĂtat prĂ©cise les conditions dâapprĂ©ciation de la stabilitĂ© de la rĂ©sidence et de la rĂ©gularitĂ© du sĂ©jour Ă Mayotte ; »
b) Le 2° est abrogé ;
c) à la fin du 3°, les mots : « les Ă©tablissements ou services mentionnĂ©s aux 1° et 4° du I de lâarticle L. 312â1 du code de lâaction sociale et des familles » sont remplacĂ©s par les mots : « le service de lâaide sociale Ă lâenfance ou les services et Ă©tablissements de la protection judiciaire de la jeunesse » ;
2° Au III, les mots : « qui sont Ă sa charge, quâils soient lĂ©gitimes, naturels, reconnus ou non, adoptifs, pupilles de la nation dont lâaffiliĂ© est tuteur, » sont remplacĂ©s par les mots : « nâexerçant pas dâactivitĂ© professionnelle qui sont Ă sa charge, Ă condition que la filiation, y compris la filiation adoptive, soit lĂ©galement Ă©tablie ou quâils soient pupilles de la Nation » ;
3° Au début du premier alinéa du IV, les mots : « Nonobstant les dispositions du 2° du II, » sont supprimés ;
B. â AprĂšs le mĂȘme article 19, il est insĂ©rĂ© un article 19â1 ainsi rĂ©digé :
« Art. 19â1. â I. â Toute personne travaillant ou, lorsquâelle nâexerce pas dâactivitĂ© professionnelle, rĂ©sidant Ă Mayotte de maniĂšre stable et rĂ©guliĂšre bĂ©nĂ©ficie, en cas de maladie ou de maternitĂ©, de la prise en charge de ses frais de santĂ© dans les conditions fixĂ©es par la prĂ©sente ordonnance.
« Lâexercice dâune activitĂ© professionnelle et les conditions de rĂ©sidence Ă Mayotte sont apprĂ©ciĂ©s dans les conditions prĂ©vues Ă lâarticle 19.
« Un dĂ©cret en Conseil dâĂtat prĂ©voit les conditions dans lesquelles les personnes qui rĂ©sident Ă Mayotte et cessent de remplir les conditions de rĂ©sidence stable et rĂ©guliĂšre bĂ©nĂ©ficient, dans la limite dâun an, dâune prolongation du droit Ă la prise en charge des frais de santĂ© mentionnĂ©e aux articles 19, 20 et 20â1 et, le cas Ă©chĂ©ant, Ă la protection complĂ©mentaire en matiĂšre de santĂ© prĂ©vue Ă lâarticle 21â13.
« II. â Par dĂ©rogation au I du prĂ©sent article, les ayants droit mentionnĂ©s au III de lâarticle 19 bĂ©nĂ©ficient de la prise en charge de leurs frais de santĂ©.
« Le statut dâayant droit prend fin, Ă une date fixĂ©e par dĂ©cret, lâannĂ©e au cours de laquelle lâenfant atteint lâĂąge de sa majoritĂ©.
« Lâenfant qui a atteint lâĂąge de seize ans peut demander, selon des modalitĂ©s prĂ©vues par dĂ©cret, Ă bĂ©nĂ©ficier, Ă titre personnel, de la prise en charge de ses frais de santĂ© en cas de maladie ou de maternitĂ©.
« Les services mentionnĂ©s au 3° du II du mĂȘme article 19 bĂ©nĂ©ficient, pour le compte de la personne mineure rĂ©sidant Ă Mayotte dont ils ont la charge, de la prise en charge de ses frais de santĂ© en cas de maladie ou de maternitĂ©. » ;
C. â Le dernier alinĂ©a de lâarticle 20 est supprimé ;
D. â Lâarticle 21â2â1 est ainsi modifié :
1° Le a est ainsi modifié :
a) Les mots : « à lâarticle L. 160â1 » sont remplacĂ©s par les mots : « mentionnĂ©e Ă lâarticle L. 115â6 » ;
b) Les mots : « au 2° » sont remplacés par les mots : « de résidence réguliÚre mentionnée au 1° » ;
c) Sont ajoutĂ©s les mots : « et le mot âgĂ©nĂ©ralâ est remplacĂ© par les mots : âmentionnĂ© au I du mĂȘme article 19â » ;
2° Au dernier alinéa, la référence : « 2° » est remplacée par la référence : « 1° » ;
E. â Lâarticle 21â13 est ainsi modifié :
1° Le 2° est ainsi modifié :
a) Le a est ainsi rédigé :
« a) Au premier alinĂ©a, les rĂ©fĂ©rences aux articles L. 815â1 et L. 821â1 sont remplacĂ©es respectivement par les rĂ©fĂ©rences aux articles 28 et 35 de lâordonnance n° 2002â411 du 27 mars 2002 relative Ă la protection sanitaire et sociale Ă Mayotte ; »
b) Le b est ainsi rédigé :
« b) Le deuxiĂšme alinĂ©a est complĂ©tĂ© par une phrase ainsi rĂ©digĂ©e : âSont Ă©galement rĂ©putĂ©s satisfaire Ă ces conditions les bĂ©nĂ©ficiaires des allocations mentionnĂ©es aux articles 28 et 35 de lâordonnance n° 2002â411 du 27 mars 2002 prĂ©citĂ©e ainsi que les membres de leur foyer, au sens de lâarticle L. 861â1 du prĂ©sent codeâ; »
2° Le 3° est ainsi modifié :
a) Le a est abrogé ;
b) Le c est ainsi rédigé :
« c) à la premiĂšre phrase du dernier alinĂ©a, les mots : âde lâallocation mentionnĂ©e Ă lâarticle L. 815â1 ou dâune des allocations mentionnĂ©es Ă lâarticle 2 de lâordonnance n° 2004â605 du 24 juin 2004 simplifiant le minimum vieillesseâ sont remplacĂ©s par les mots : âdes allocations mentionnĂ©es aux articles 28 et 35 de lâordonnance n° 2002â411 du 27 mars 2002 relative Ă la protection sanitaire et sociale Ă Mayotte et les membres de leur foyerâ. »
III. â Le I entre en vigueur le 1er juillet 2026, Ă lâexception du E, qui entre en vigueur le 1er janvier 2026.
Ă compter du 1er janvier 2026, le montant du salaire minimum de croissance net Ă Mayotte est relevĂ© pour atteindre 87,5 % de sa valeur applicable en mĂ©tropole, en Guadeloupe, en Guyane, en Martinique, Ă La RĂ©union, Ă SaintâBarthĂ©lemy, Ă SaintâMartin et Ă SaintâPierre-et-Miquelon.
Lâalignement complet sur le montant du salaire minimum de croissance sera atteint au cours de lâannĂ©e 2027.
I. â Lâarticle 23â8 de lâordonnance n° 2002â411 du 27 mars 2002 relative Ă la protection sanitaire et sociale Ă Mayotte est ainsi rĂ©digé :
« Art. 23â8. â Le rĂ©gime de retraite complĂ©mentaire mentionnĂ© Ă lâarticle L. 921â2â1 du code de la sĂ©curitĂ© sociale est rendu applicable Ă Mayotte Ă une date fixĂ©e par dĂ©cret, et au plus tard deux ans aprĂšs la promulgation de la loi n°    du     de programmation pour la refondation de Mayotte. »
II (nouveau). â Dans un dĂ©lai de six mois Ă compter de la promulgation de la prĂ©sente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur la mise en Ćuvre de lâarticle 23â7 de lâordonnance n° 2002â411 du 27 mars 2002 relative Ă la protection sanitaire et sociale Ă Mayotte.
(Conforme)
Afin dâassurer une organisation cohĂ©rente, efficace et pĂ©renne de lâoffre de soins sur le territoire de Mayotte, le reprĂ©sentant de lâĂtat sur le territoire peut Ă©tablir une stratĂ©gie territoriale globale visant Ă renforcer le rĂŽle central de lâhĂŽpital de Mamoudzou et Ă appuyer le maillage territorial des services de santĂ©.
(Conforme)
Le code de la santé publique est ainsi modifié :
1° (nouveau) La seconde phrase du deuxiĂšme alinĂ©a de lâarticle L. 4031â1 est ainsi rĂ©digĂ©e : « Une union rĂ©gionale interprofessionnelle des professionnels de santĂ© de Mayotte rassemble les reprĂ©sentants des diffĂ©rentes catĂ©gories de professionnels de santĂ© exerçant Ă titre libĂ©ral. » ;
2° Lâarticle L. 4031â7 est ainsi rĂ©digé :
« Art. L. 4031â7. â Au moins un reprĂ©sentant de chaque profession de santĂ© siĂšge au sein de lâunion rĂ©gionale interprofessionnelle des professionnels de santĂ© de Mayotte. Les rĂšgles de dĂ©signation et de fonctionnement de lâunion sont dĂ©finies par dĂ©cret en Conseil dâĂtat. »
Chapitre II
Favoriser lâamĂ©nagement durable de Mayotte
Lâavantâdernier alinĂ©a du I de lâarticle L. 561â3 du code de lâenvironnement est ainsi modifié :
1° La deuxiĂšme phrase est complĂ©tĂ©e par les mots : « ou par lâĂ©tablissement public de lâĂtat Ă Mayotte mentionnĂ© Ă lâarticle L. 361â36â8 du code de lâurbanisme » ;
2° La derniĂšre phrase est complĂ©tĂ©e par les mots : « ou lâĂ©tablissement public de lâĂtat Ă Mayotte mentionnĂ© au mĂȘme article L. 361â36â8 ».
Lâarticle L. 5723â1 du code des transports est complĂ©tĂ© par un alinĂ©a ainsi rĂ©digĂ© :
« à Mayotte, les ports relevant de lâĂtat auxquels sâapplique le livre III de la prĂ©sente partie figurent sur une liste fixĂ©e par dĂ©cret en Conseil dâĂtat. »
(Supprimés)
(Conforme)
I. â Lâarticle 59 de la loi n° 2019â791 du 26 juillet 2019 pour une Ă©cole de la confiance est ainsi modifié :
1° Au premier alinéa, les mots : « et à Mayotte » sont supprimés ;
2° AprĂšs le mĂȘme premier alinĂ©a, sont insĂ©rĂ©s quatre alinĂ©as ainsi rĂ©digĂ©s :
« à Mayotte, Ă titre expĂ©rimental et jusquâau 31 dĂ©cembre 2031, les conditions mentionnĂ©es au mĂȘme deuxiĂšme alinĂ©a ne sont applicables ni aux marchĂ©s publics de conceptionârĂ©alisation relatifs Ă la rĂ©alisation dâĂ©tablissements ou de services dâaccueil du jeune enfant, dâĂ©coles Ă©lĂ©mentaires et maternelles, de collĂšges et de lycĂ©es de lâenseignement public, de sites de restauration scolaire, de rĂ©sidences universitaires au sens de lâarticle L. 631â12 du code de la construction et de lâhabitation ainsi que de constructions affectĂ©es Ă lâenseignement supĂ©rieur public, ni Ă ceux relatifs Ă la rĂ©novation des plateaux techniques et des espaces professionnels des Ă©tablissements de formation professionnelle et continue.
« Si le titulaire dâun marchĂ© mentionnĂ© au deuxiĂšme alinĂ©a du prĂ©sent article nâest pas luiâmĂȘme une microentreprise, une petite ou moyenne entreprise ou un artisan, la part minimale quâil sâengage Ă confier, directement ou indirectement, Ă des microentreprises, Ă des petites et moyennes entreprises ou Ă des artisans français ou, Ă dĂ©faut, europĂ©ens, si les capacitĂ©s du tissu Ă©conomique local ne permettent pas de rĂ©pondre au marchĂ©, est fixĂ©e Ă Â 30 % du montant prĂ©visionnel estimĂ© du marchĂ©, sauf lorsque la structure Ă©conomique du secteur concernĂ© ne le permet pas.
« Les cahiers des charges des marchĂ©s publics pour la construction ou la rĂ©novation dâĂ©tablissements scolaires incluent un objectif dâapprovisionnement en circuit court pour les futures cantines, favorisant lâachat de produits agricoles locaux et issus de la production vivriĂšre de Mayotte.
« La Nation se fixe pour objectif dâaugmenter la capacitĂ© dâaccueil des Ă©tablissements et le taux de scolarisation antĂ©rieurs au cyclone Chido. » ;
3° Au dĂ©but du second alinĂ©a, les mots : « Le prĂ©sent article est applicable » sont remplacĂ©s par les mots : « Le premier alinĂ©a et, tant quâil sâapplique aux marchĂ©s publics de conceptionârĂ©alisation relatifs Ă la rĂ©alisation dâĂ©coles Ă©lĂ©mentaires et maternelles, le deuxiĂšme alinĂ©a sont applicables » ;
4° Il est ajouté un alinéa ainsi rédigé :
« Six mois avant le terme de chacune de ces expĂ©rimentations, le Gouvernement remet au Parlement un rapport dâĂ©valuation. Les modalitĂ©s dâĂ©valuation de ces expĂ©rimentations sont fixĂ©es par dĂ©cret. »
II. â (Non modifiĂ©)
Article 21 bis A (nouveau)
Le I de lâarticle 17 de la loi n° 2025â176 du 24 fĂ©vrier 2025 dâurgence pour Mayotte est complĂ©tĂ© par deux alinĂ©as ainsi rĂ©digĂ©s :
« Le prĂ©sent I est Ă©galement applicable aux marchĂ©s de travaux soumis au code de la commande publique et ayant pour objet lâĂ©dification de constructions temporaires nĂ©cessaires Ă la continuitĂ© des services publics de lâenseignement scolaire et de lâenseignement supĂ©rieur en vue de pallier les consĂ©quences du cyclone Chido et des Ă©vĂ©nements climatiques mentionnĂ©s au premier alinĂ©a du prĂ©sent I et qui rĂ©pondent Ă un besoin dont la valeur estimĂ©e est infĂ©rieure Ă Â 3,5 millions dâeuros hors taxes. Ces constructions temporaires doivent ĂȘtre conçues et rĂ©alisĂ©es dans le respect des principes de rĂ©duction de lâimpact environnemental, notamment par la limitation de lâartificialisation des sols, en privilĂ©giant lâutilisation de sites dĂ©jĂ urbanisĂ©s ou dĂ©gradĂ©s, le recours prioritaire Ă des matĂ©riaux durables, recyclables ou rĂ©utilisables et la mise en Ćuvre de dispositifs facilitant la dĂ©montabilitĂ©, le recyclage ou la rĂ©utilisation des matĂ©riaux en fin dâusage.
« Le prĂ©sent I est Ă©galement applicable, dans la limite du mĂȘme seuil, aux marchĂ©s ayant pour objet la crĂ©ation ou lâamĂ©nagement dâhĂ©bergements temporaires pour les Ă©lĂšves et les Ă©tudiants en formation professionnelle ou continue, afin de faciliter leur accĂšs effectif Ă un lieu dâapprentissage situĂ© hors de leur bassin de vie habituel. Ces hĂ©bergements peuvent ĂȘtre implantĂ©s Ă proximitĂ© immĂ©diate des lycĂ©es professionnels, des centres de formation dâapprentis ou des Ă©tablissements dâenseignement supĂ©rieur concernĂ©s. »
I. â Lâordonnance n° 2025â453 du 23 mai 2025 relative Ă la transformation de lâĂ©tablissement public foncier et dâamĂ©nagement de Mayotte est ratifiĂ©e.
II. â Lâordonnance n° 2025â454 du 23 mai 2025 portant diverses mesures dâadaptations et de dĂ©rogations temporaires aux rĂšgles de construction Ă Mayotte afin dâaccĂ©lĂ©rer sa reconstruction Ă la suite du passage du cyclone Chido est ratifiĂ©e.
Article 21 ter (nouveau)
Dans un dĂ©lai de six mois Ă compter de la promulgation de la prĂ©sente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport Ă©valuant lâopportunitĂ© et les modalitĂ©s de lancement dâun appel Ă projets innovants spĂ©cifique Ă Mayotte, visant Ă dĂ©velopper des solutions de construction adaptĂ©es aux particularitĂ©s gĂ©ographiques, climatiques, sanitaires et gĂ©ologiques de lâĂźle et proposant des Ă©volutions du rĂ©fĂ©rentiel de construction Ă Mayotte pour rĂ©pondre Ă ces particularitĂ©s.
Chapitre III
Créer les conditions du développement de Mayotte
I Ă III. â (Non modifiĂ©s)
IV (nouveau). â Au plus tard le 1er juin 2030, le Gouvernement remet au Parlement un rapport Ă©valuant les dispositifs fiscaux prĂ©vus au prĂ©sent article, prĂ©cisant notamment les principales caractĂ©ristiques de leurs bĂ©nĂ©ficiaires et Ă©valuant leur efficacitĂ© et leur coĂ»t. Au plus tard le 1er juin 2028, le Gouvernement remet au Parlement un rapport dâĂ©tape Ă©valuant les dispositifs fiscaux prĂ©vus au prĂ©sent article, prĂ©cisant notamment les principales caractĂ©ristiques de leurs bĂ©nĂ©ficiaires et procĂ©dant Ă une premiĂšre Ă©valuation de leur efficacitĂ© et de leur coĂ»t, en lien avec les parties prenantes du territoire mahorais.
V (nouveau). â (SupprimĂ©)
Article 22 bis (nouveau)
I. â à la fin de lâarticle 28 de la loi n° 2025â176 du 24 fĂ©vrier 2025 dâurgence pour Mayotte, lâannĂ©e : « 2026 » est remplacĂ©e par lâannĂ©e : « 2030 ».
II. â (SupprimĂ©)
Ă Mayotte, par dĂ©rogation Ă lâarticle 5 de la loi n° 2014â173 du 21 fĂ©vrier 2014 de programmation pour la ville et la cohĂ©sion urbaine et jusquâau 1er janvier 2030, chaque commune est considĂ©rĂ©e comme un quartier prioritaire de la politique de la ville.
(Conforme)
I. â Le code rural et de la pĂȘche maritime est ainsi modifié :Â
1° Au premier alinĂ©a de lâarticle L. 951â3, aprĂšs le mot : « Martinique », sont insĂ©rĂ©s les mots : « , de Mayotte » ;
2° Au premier alinĂ©a des articles L. 951â4 et L. 951â5, aprĂšs le mot : « Martinique », sont insĂ©rĂ©s les mots : « , à Mayotte » ;
3° Lâarticle L. 951â11 est abrogĂ©.
II. â Le I entre en vigueur dĂšs la constitution effective dâun comitĂ© rĂ©gional des pĂȘches maritimes et des Ă©levages marins Ă Mayotte.
(Conforme)
Chapitre IV
Accompagner la jeunesse de Mayotte
Lâarticle L. 1803â5 du code des transports est complĂ©tĂ© par un alinĂ©a ainsi rĂ©digé :
« Elle peut ĂȘtre Ă©galement attribuĂ©e aux Ă©lĂšves de nationalitĂ© française relevant du second cycle de lâenseignement secondaire ayant leur rĂ©sidence habituelle Ă Mayotte lorsquâils justifient de lâimpossibilitĂ© de suivre la formation quâils ont choisie dans cette collectivitĂ©. »
I. â Il est instituĂ© un fonds de soutien en faveur des communes de Mayotte et, lorsque les dĂ©penses relatives Ă lâorganisation des activitĂ©s pĂ©riscolaires des Ă©coles leur ont Ă©tĂ© transfĂ©rĂ©es, des Ă©tablissements publics de coopĂ©ration intercommunale, afin de contribuer au dĂ©veloppement dâune offre dâactivitĂ©s pĂ©riscolaires au bĂ©nĂ©fice des Ă©lĂšves des Ă©coles publiques ou privĂ©es sous contrat du premier degrĂ© pour lesquels sont organisĂ©es des activitĂ©s pĂ©riscolaires dans le cadre dâun projet Ă©ducatif territorial prĂ©vu Ă lâarticle L. 551â1 du code de lâĂ©ducation.
Les aides apportĂ©es par le fonds de soutien sont calculĂ©es en fonction du nombre dâĂ©lĂšves Ă©ligibles scolarisĂ©s dans la commune et comportent :
1° Un montant forfaitaire par élÚve scolarisé dans une école remplissant la condition mentionnée au premier alinéa du présent I ;
2° Une majoration forfaitaire par Ă©lĂšve, lorsque les Ă©lĂšves sont scolarisĂ©s dans des Ă©coles maternelles et Ă©lĂ©mentaires publiques dont les enseignements sont rĂ©partis sur neuf demiâjournĂ©es par semaine ou sur huit demiâjournĂ©es par semaine comprenant cinq matinĂ©es ou dans les Ă©coles privĂ©es sous contrat, lorsque les enseignements dispensĂ©s sont rĂ©partis sur neuf demiâjournĂ©es par semaine ou sur huit demiâjournĂ©es par semaine comprenant cinq matinĂ©es Ă condition, dans ce dernier cas, que lâorganisation de la semaine scolaire dans ces Ă©coles soit identique Ă celle des Ă©coles publiques situĂ©es sur le territoire de la mĂȘme commune.
Lorsque la commune a transfĂ©rĂ© Ă un Ă©tablissement public de coopĂ©ration intercommunale la compĂ©tence en matiĂšre de dĂ©penses relatives Ă lâorganisation des activitĂ©s pĂ©riscolaires des Ă©coles, elle reverse les aides quâelle a perçues Ă cet Ă©tablissement.
Les aides sont versées aux communes qui reversent, le cas échéant, la part correspondant aux élÚves scolarisés dans les écoles privées sous contrat aux organismes de gestion de ces écoles privées. Toutefois, la commune peut demander aux autorités académiques que cette part soit versée directement aux organismes de gestion de ces écoles.
Les aides versĂ©es au titre du fonds pour les Ă©lĂšves des Ă©coles maternelles et Ă©lĂ©mentaires publiques ne sont pas prises en compte dans le calcul des dĂ©penses de fonctionnement des classes sous contrat mentionnĂ©es Ă lâavantâdernier alinĂ©a de lâarticle L. 442â5 du code de lâĂ©ducation.
Les autorités académiques veillent à la diffusion du fonds de soutien en faveur des communes de Mayotte en favorisant le développement de projets éducatifs.
Un dĂ©cret fixe les modalitĂ©s dâapplication du prĂ©sent article.
II. â (Non modifiĂ©)
Chapitre V
Favoriser lâattractivitĂ© du territoire
I. â Le chapitre Ier du titre VI du livre V du code gĂ©nĂ©ral de la fonction publique est complĂ©tĂ© par un article L. 561â2 ainsi rĂ©digé :
« Art. L. 561â2. â Le fonctionnaire de lâĂtat affectĂ© Ă Mayotte dans un emploi dâune administration de lâĂtat ou dâun Ă©tablissement mentionnĂ© Ă lâarticle L. 3 qui justifie dâune durĂ©e minimale de trois annĂ©es de services accomplis dans cet emploi bĂ©nĂ©ficie dâune prioritĂ© de mutation dans tout emploi vacant correspondant Ă son grade au sein du dĂ©partement ministĂ©riel dont il relĂšve ou dâun Ă©tablissement public sous tutelle. Le fonctionnaire de lâĂtat originaire de Mayotte et affectĂ© dans un emploi dâune administration de lâĂtat ou dâun Ă©tablissement mentionnĂ© au mĂȘme article L. 3 qui justifie dâune durĂ©e minimale de trois annĂ©es de services accomplis dans cet emploi bĂ©nĂ©ficie dâune prioritĂ© de mutation dans tout emploi vacant correspondant Ă son grade au sein du dĂ©partement ministĂ©riel dont il relĂšve ou dâun Ă©tablissement public sous tutelle situĂ© Ă Mayotte.
« Le fonctionnaire hospitalier peut bĂ©nĂ©ficier de la prioritĂ© de mutation dĂ©finie au prĂ©sent article. Un dĂ©cret en Conseil dâĂtat dĂ©termine la liste des emplois, des corps, des grades et des fonctions Ă©ligibles et prĂ©cise les critĂšres de dĂ©termination des catĂ©gories dâagents bĂ©nĂ©ficiaires.
« La prioritĂ© de mutation dĂ©finie au prĂ©sent article ne prĂ©vaut pas sur celles mentionnĂ©es aux articles L. 442â5, L. 442â6, L. 512â19 et L. 512â20. Elle ne se cumule pas avec celle rĂ©sultant de lâapplication du 3° de lâarticle L. 512â19.
« Dans les procĂ©dures de recrutement et de mobilitĂ© relevant de la fonction publique de lâĂtat Ă Mayotte, la compĂ©tence locale est expressĂ©ment reconnue et valorisĂ©e, en complĂ©ment de la prise en compte du centre des intĂ©rĂȘts matĂ©riels et moraux du candidat. »
II. â (Non modifiĂ©)
(Conforme)
TITRE V
MODERNISER LE FONCTIONNEMENT INSTITUTIONNEL
DE LA COLLECTIVITĂ
Chapitre Ier
Dispositions concernant le code général des collectivités territoriales
I. â (SupprimĂ©)
II. â Le code gĂ©nĂ©ral des collectivitĂ©s territoriales est ainsi modifié :
1° à la premiĂšre phrase du premier alinĂ©a de lâarticle L. 2334â7â3, le mot : « DĂ©partement » est remplacĂ© par le mot : « DĂ©partementâRĂ©gion » ;
2° (Supprimé)
3° Au b du 1° de lâarticle L. 2334â33 et au 2° de lâarticle L. 2334â37, le mot : « DĂ©partement » est remplacĂ© par le mot : « DĂ©partementâRĂ©gion » ;
4° à la premiĂšre phrase du B de lâarticle L. 2334â42, les deux occurrences du mot : « DĂ©partement » sont remplacĂ©es par le mot : « DĂ©partementâRĂ©gion » ;
5° Au premier alinĂ©a du I de lâarticle L. 2336â3, le mot : « DĂ©partement » est remplacĂ© par le mot : « DĂ©partementâRĂ©gion » ;
6° Lâarticle L. 2336â4 est ainsi modifié :
a) à la derniĂšre phrase du I, aprĂšs le mot : « exception », sont insĂ©rĂ©s les mots : « du DĂ©partementâRĂ©gion » et le mot : « DĂ©partement » est remplacĂ© par le mot : « DĂ©partementâRĂ©gion » ;
b) Aux premier et second alinĂ©as du II, aprĂšs le mot : « exception », sont insĂ©rĂ©s les mots : « du DĂ©partementâRĂ©gion » ;
7° Lâarticle L. 2564â2 est ainsi modifié :
a) Au 1°, la derniĂšre occurrence du mot : « DĂ©partement » est remplacĂ©e par le mot : « DĂ©partementâRĂ©gion » ;
b) à la fin du 2°, les mots : « au conseil gĂ©nĂ©ral » sont remplacĂ©s par les mots : « à lâassemblĂ©e de Mayotte » ;
8° Aux premiĂšre et seconde phrases du premier alinĂ©a du III de lâarticle L. 3334â3, le mot : « DĂ©partement » est remplacĂ© par le mot : « DĂ©partementâRĂ©gion » ;
9° Au quatriĂšme alinĂ©a de lâarticle L. 3334â4, les mots : « la collectivitĂ© dĂ©partementale » sont remplacĂ©s par les mots : « le DĂ©partementâRĂ©gion » ;
10° Aux premiĂšre et deuxiĂšme phrases du deuxiĂšme alinĂ©a de lâarticle L. 3334â16â2, la premiĂšre occurrence du mot : « DĂ©partement » est remplacĂ©e par le mot : « DĂ©partementâRĂ©gion » ;
10° bis à la seconde phrase du II de lâarticle L. 3335â2, le mot : « DĂ©partement » est remplacĂ© par le mot : « DĂ©partementâRĂ©gion » ;
11° à lâarticle L. 3441â1, les mots : « , de Mayotte et de la RĂ©union » sont remplacĂ©s par les mots : « et de La RĂ©union et le DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte » ;
12° Lâarticle L. 3441â9 est ainsi modifié :
a) à la premiĂšre phrase du deuxiĂšme alinĂ©a et aux 2° et 3°, les mots : « du conseil dĂ©partemental » sont remplacĂ©s par les mots : « de lâassemblĂ©e » ;
b) Au septiĂšme alinĂ©a, les mots : « dĂ©partemental de la collectivitĂ© dĂ©partementale » sont remplacĂ©s par les mots : « à lâassemblĂ©e » ;
c) à lâavantâdernier alinĂ©a, les mots : « de la collectivitĂ© dĂ©partementale » sont remplacĂ©s par les mots : « du DĂ©partementâRĂ©gion » ;
13° à lâarticle L. 3442â1, les mots : « , de Mayotte » sont supprimĂ©s ;
14° Au premier alinĂ©a du I de lâarticle L. 4332â9, le mot : « DĂ©partement » est remplacĂ© par le mot : « DĂ©partementâRĂ©gion » ;
15° Au premier alinĂ©a des articles L. 4432â9 et L. 4432â12, Ă lâarticle L. 4433â2, Ă la premiĂšre phrase du premier alinĂ©a de lâarticle L. 4433â3, au premier alinĂ©a des articles L. 4433â4â2 et L. 4433â4â3, Ă la premiĂšre phrase de lâarticle L. 4433â4â3â1 et au premier alinĂ©a de lâarticle L. 4433â4â5, les mots : « , de Mayotte » sont supprimĂ©s ;
16° Au deuxiĂšme alinĂ©a de lâarticle L. 4433â4, les mots : « et le conseil dĂ©partemental de Mayotte sont saisis » sont remplacĂ©s par les mots : « est saisi » ;
17° Lâarticle L. 4433â4â5â3 est abrogé ;
18° Lâarticle L. 4433â4â6 est ainsi modifié :
a) Au premier alinéa, la premiÚre occurrence du signe : « , » est remplacée par le mot : « et » et les mots : « et pour Mayotte » sont supprimés ;
b) Au deuxiÚme alinéa, la premiÚre occurrence du signe : « , » est remplacée par le mot : « et » et les mots : « et à Mayotte » sont supprimés ;
19° Au deuxiĂšme alinĂ©a du II de lâarticle L. 4433â4â7, les mots : « du conseil gĂ©nĂ©ral » sont remplacĂ©s par les mots : « de lâassemblĂ©e » ;
20° Au premier alinĂ©a de lâarticle L. 4433â4â10, les mots : « , de Mayotte » sont supprimĂ©s ;
21° Au premier alinĂ©a de lâarticle L. 4433â7, le mot : « DĂ©partement » est remplacĂ© par le mot : « DĂ©partementâRĂ©gion » ;
22° Au deuxiĂšme alinĂ©a de lâarticle L. 4433â10â6, les mots : « et Martinique, du DĂ©partement Ă Mayotte » sont remplacĂ©s par les mots : « , en Martinique et Ă Mayotte » ;
23° Au 2° de lâarticle L. 4433â10â7, le mot : « dĂ©partement » est remplacĂ© par le mot : « DĂ©partementâRĂ©gion » ;
24° à lâarticle L. 4433â11, le mot : « DĂ©partement » est remplacĂ© par le mot : « DĂ©partementâRĂ©gion » ;
25° Au premier alinĂ©a de lâarticle L. 4433â12, les mots : « , de Mayotte et de la RĂ©union » sont remplacĂ©s par les mots : « et de La RĂ©union et le DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte » ;
26° Au premier alinĂ©a de lâarticle L. 4433â15, la deuxiĂšme occurrence du mot : « et » est remplacĂ©e par le signe : « , », les mots : « le DĂ©partement » sont supprimĂ©s et le mot : « saisis » est remplacĂ© par le mot : « saisies » ;
27° Lâarticle L. 4433â15â1 est ainsi modifié :
a) Au premier alinĂ©a, les mots : « , le DĂ©partement » sont remplacĂ©s par les mots : « et le DĂ©partementâRĂ©gion » ;
b) Au deuxiĂšme alinĂ©a, le mot : « DĂ©partement » est remplacĂ© par le mot : « DĂ©partementâRĂ©gion » ;
28° Lâarticle L. 4433â17 est ainsi modifié :
a) Le premier alinéa est ainsi modifié :
â à la premiĂšre phrase, les mots : « , de Mayotte et de la RĂ©union » sont remplacĂ©s par les mots : « et de la RĂ©union et le DĂ©partement-RĂ©gion de Mayotte » et le mot : « associĂ©es » est remplacĂ© par le mot : « associĂ©s » ;
â au dĂ©but de la seconde phrase, les mots : « Elles sont consultĂ©es » sont remplacĂ©s par les mots : « Ils sont consultĂ©s » ;
b) Au troisiÚme alinéa, les mots : « , de Mayotte et de la Réunion » sont remplacés par les mots : « et de La Réunion et le Département-Région de Mayotte » ;
28° bis La premiĂšre phrase de lâarticle L. 4433â19 est ainsi modifiĂ©e :Â
a) Les mots : « , de Mayotte et de la Réunion » sont remplacés par les mots : « et de La Réunion et le Département-Région de Mayotte » ;
b) (nouveau) Le mot : « elles » est remplacé par le mot : « ils » ;
28° ter Au premier alinĂ©a de lâarticle L. 4433â20, les mots : « , de Mayotte et de la RĂ©union sont consultĂ©es » sont remplacĂ©s par les mots : « et de La RĂ©union et le DĂ©partement-RĂ©gion de Mayotte sont consultĂ©s » ;
28° quater Aux articles L. 4433â21 et L. 4433â23, les mots : « , de Mayotte et de la RĂ©union » sont remplacĂ©s par les mots : « et de La RĂ©union et le DĂ©partement-RĂ©gion de Mayotte » ;
28° quinquies Lâarticle L. 4433â22 est ainsi modifié :
a) Les mots : « , de Mayotte et de la Réunion » sont remplacés par les mots : « et de La Réunion et le Département-Région de Mayotte » ;
b) (nouveau) Le mot : « elles » est remplacé par le mot : « ils » ;
29° Lâarticle L. 4433â24 est ainsi modifié :
a) Les mots : « , de Mayotte » sont supprimés ;
b) Sont ajoutés deux alinéas ainsi rédigés :
« LâassemblĂ©e de Mayotte est saisie pour avis par le reprĂ©sentant de lâĂtat dans la collectivitĂ© territoriale, avant le 31 dĂ©cembre de chaque annĂ©e, des orientations gĂ©nĂ©rales de la programmation des aides de lâĂtat en faveur de lâhabitat pour lâannĂ©e suivante, arrĂȘtĂ©es aprĂšs avis du conseil territorial de lâhabitat.
« Ces orientations gĂ©nĂ©rales portent sur la rĂ©partition des aides par dispositif, dâune part, et sur la rĂ©partition des aides par bassin dâhabitat, dâautre part. » ;
30° Au premier alinĂ©a de lâarticle L. 4433â27, les mots : « , de Mayotte et de la RĂ©union » sont remplacĂ©s par les mots : « et de La RĂ©union et le DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte » et le mot : « elles » est remplacĂ© par le mot : « ils » ;
31° Lâarticle L. 4433â28 est ainsi modifié :
a) Au premier alinĂ©a, les mots : « , de Mayotte et de la RĂ©union est tenu informé » sont remplacĂ©s par les mots : « et de La RĂ©union et lâassemblĂ©e de Mayotte sont tenus informĂ©s » ;
b) Au second alinĂ©a, les mots : « au conseil rĂ©gional » sont remplacĂ©s par les mots : « aux conseils rĂ©gionaux de Guadeloupe et de La RĂ©union et Ă lâassemblĂ©e de Mayotte » ;
32° à lâarticle L. 4433â31, les mots : « , de Mayotte et de la RĂ©union » sont remplacĂ©s par les mots : « et de La RĂ©union et le DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte » et le mot : « elles » est remplacĂ© par le mot : « ils » ;
33° à la premiĂšre phrase du premier alinĂ©a du D de lâarticle L. 4434â3 et Ă la premiĂšre phrase du dernier alinĂ©a de lâarticle L. 4434â4, les mots : « , de Mayotte et de La RĂ©union » sont remplacĂ©s par les mots : « et de La RĂ©union et dans le DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte » ;
34° Lâarticle L. 5831â2 est ainsi modifié :
a) Au 1°, la derniĂšre occurrence du mot : « DĂ©partement » est remplacĂ©e par le mot : « DĂ©partementâRĂ©gion » ;
b) à la fin du 2°, les mots : « au conseil gĂ©nĂ©ral » sont remplacĂ©s par les mots : « à lâassemblĂ©e de Mayotte » ;
35° AprĂšs le livre II de la septiĂšme partie, dans sa rĂ©daction rĂ©sultant de la loi organique n°    du     relative au DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte, le livre III est ainsi rĂ©tabli :
« LIVRE III
« DĂPARTEMENTâRĂGION DE MAYOTTE
« TITRE IER
« DISPOSITIONS GĂNĂRALES
« Chapitre unique
« Art. L. 7311â1. â Le DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte constitue une collectivitĂ© territoriale de la RĂ©publique rĂ©gie par lâarticle 73 de la Constitution qui exerce les compĂ©tences dĂ©volues aux dĂ©partements et rĂ©gions dâoutreâmer.
« Sous rĂ©serve des dispositions du prĂ©sent livre, le DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte exerce les compĂ©tences que les lois attribuent aux rĂ©gions ainsi que celles que dĂ©finit le titre III du livre IV de la quatriĂšme partie pour tenir compte des mesures dâadaptation rendues nĂ©cessaires par la situation particuliĂšre des rĂ©gions dâoutreâmer.
« Sous rĂ©serve des dispositions du prĂ©sent livre, le DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte exerce les compĂ©tences que les lois attribuent aux dĂ©partements ainsi que celles que le titre IV du livre IV de la troisiĂšme partie attribue aux dĂ©partements dâoutreâmer.
« Art. L. 7311â2. â Le DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte comprend la GrandeâTerre, la PetiteâTerre ainsi que les autres Ăźles et Ăźlots situĂ©s dans le rĂ©cif les entourant.
« Art. L. 7311â3. â Sous rĂ©serve des adaptations prĂ©vues au prĂ©sent livre, le DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte est rĂ©gi par les premiĂšre, troisiĂšme et quatriĂšme parties du prĂ©sent code, Ă lâexception des dispositions suivantes :
« 1° Dans la troisiĂšme partie : les titres Ier et IV du livre III et les articles L. 3334â16 Ă L. 3334â16â2, L. 3441â2 Ă L. 3441â7 et L. 3443â2 ;
« 2° Dans la quatriÚme partie :
« a) Le livre Ier ;
« b) Au livre II : lâarticle L. 4221â2 et le titre III ;
« c) Au livre III : les chapitres Ier et II du titre Ier, lâarticle L. 4313â1, la seconde phrase de lâarticle L. 4313â2, le titre II, les chapitres Ier et III du titre III, la section 2 du chapitre II du mĂȘme titre III, le 2° de lâarticle L. 4332â1 et le titre IV ;
« d) Au livre IV : le chapitre Ier et les sections 1 et 2 du chapitre II du titre III et les articles L. 4433â4 Ă L. 4433â4â10, L. 4433â24â1, L. 4434â8 et L. 4434â9.
« Art. L. 7311â4. â Pour lâapplication du prĂ©sent code Ă Mayotte :
« 1° La rĂ©fĂ©rence au dĂ©partement, au dĂ©partement dâoutreâmer, Ă la rĂ©gion ou Ă la rĂ©gion dâoutreâmer est remplacĂ©e par la rĂ©fĂ©rence au DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte ;
« 2° La rĂ©fĂ©rence au conseil rĂ©gional ou au conseil dĂ©partemental est remplacĂ©e par la rĂ©fĂ©rence Ă lâassemblĂ©e de Mayotte ;
« 3° La rĂ©fĂ©rence au prĂ©sident du conseil rĂ©gional ou au prĂ©sident du conseil dĂ©partemental est remplacĂ©e par la rĂ©fĂ©rence au prĂ©sident de lâassemblĂ©e de Mayotte ;
« 4° La rĂ©fĂ©rence aux conseillers rĂ©gionaux ou aux conseillers dĂ©partementaux est remplacĂ©e par la rĂ©fĂ©rence aux conseillers Ă lâassemblĂ©e de Mayotte ;
« 5° La rĂ©fĂ©rence au conseil Ă©conomique, social et environnemental rĂ©gional est remplacĂ©e par la rĂ©fĂ©rence au conseil Ă©conomique, social, environnemental, de la culture et de lâĂ©ducation de Mayotte.
« Art. L. 7311â5. â Le plan dâamĂ©nagement et de dĂ©veloppement durable Ă©laborĂ© sur le fondement des articles L.O. 6161â42 et L.O. 6161â43, dans leur rĂ©daction antĂ©rieure Ă la loi organique n° 2010â1486 du 7 dĂ©cembre 2010 relative au DĂ©partement de Mayotte, et entrĂ© en vigueur le 22 juin 2009 est assimilĂ© au schĂ©ma dâamĂ©nagement rĂ©gional prĂ©vu aux articles L. 4433â7 Ă L. 4433â11.
« Il est rĂ©visĂ© dans les conditions prĂ©vues Ă lâarticle L. 4433â10.
« TITRE II
« ORGANISATION DU DĂPARTEMENTâRĂGION DE MAYOTTE
« Chapitre Ier
« Organes du DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte
« Section 1
« Dispositions générales
« Art. L. 7321â1. â Les organes du DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte comprennent lâassemblĂ©e de Mayotte et son prĂ©sident, assistĂ©s du conseil Ă©conomique, social, environnemental, de la culture et de lâĂ©ducation de Mayotte.
« Section 2
« LâassemblĂ©e de Mayotte
« Art. L. 7321â2. â La composition de lâassemblĂ©e de Mayotte et la durĂ©e du mandat des conseillers Ă lâassemblĂ©e de Mayotte sont dĂ©terminĂ©es par le chapitre Ier du titre II bis du livre VI bis du code Ă©lectoral.
« Section 3
« Le conseil économique, social, environnemental, de la culture
et de lâĂ©ducation de Mayotte
« Sousâsection 1
« Dispositions générales
« Art. L. 7321â3. â LâassemblĂ©e de Mayotte est assistĂ©e dâun conseil Ă©conomique, social, environnemental, de la culture et de lâĂ©ducation de Mayotte.
« Sousâsection 2
« Organisation et composition
« Art. L. 7321â4. â Le conseil peut comprendre des sections, dans des conditions fixĂ©es par dĂ©cret en Conseil dâĂtat.
« Les sections peuvent Ă©mettre des avis. Le conseil se prononce sur les avis et les rapports Ă©tablis par les sections avant leur transmission Ă lâautoritĂ© compĂ©tente.
« Art. L. 7321â5. â La composition du conseil, les conditions de nomination de ses membres ainsi que la date de son installation sont fixĂ©es par dĂ©cret en Conseil dâĂtat.
« Lorsquâun organisme est appelĂ© Ă dĂ©signer plus dâun membre du conseil, il procĂšde Ă ces dĂ©signations de telle sorte que lâĂ©cart entre le nombre des hommes dĂ©signĂ©s, dâune part, et le nombre des femmes dĂ©signĂ©es, dâautre part, ne soit pas supĂ©rieur Ă un. La mĂȘme rĂšgle sâapplique Ă la dĂ©signation des personnalitĂ©s qualifiĂ©es.
« Les conseillers Ă lâassemblĂ©e de Mayotte ne peuvent ĂȘtre membres du conseil.
« Sousâsection 3
« Fonctionnement
« Art. L. 7321â6. â Le conseil Ă©conomique, social, environnemental, de la culture et de lâĂ©ducation de Mayotte Ă©tablit son rĂšglement intĂ©rieur.
« Art. L. 7321â7. â Le conseil Ă©conomique, social, environnemental, de la culture et de lâĂ©ducation de Mayotte Ă©lit en son sein au scrutin secret, dans les conditions prĂ©vues par son rĂšglement intĂ©rieur, son prĂ©sident et les membres de sa commission permanente.
« Art. L. 7321â8. â LâassemblĂ©e de Mayotte met Ă la disposition du conseil Ă©conomique, social, environnemental, de la culture et de lâĂ©ducation de Mayotte les moyens nĂ©cessaires Ă son fonctionnement. Ces moyens permettent notamment dâassurer le secrĂ©tariat des sĂ©ances du conseil et de ses sections et commissions. LâassemblĂ©e de Mayotte met Ă©galement les services de la collectivitĂ© territoriale ou une partie de ceuxâci Ă la disposition du conseil Ă©conomique, social, environnemental, de la culture et de lâĂ©ducation de Mayotte, Ă titre permanent ou temporaire, notamment pour lui permettre de rĂ©aliser des Ă©tudes sur tout projet Ă caractĂšre Ă©conomique, social, environnemental, culturel, Ă©ducatif ou sportif relevant de sa compĂ©tence.
« Les crĂ©dits nĂ©cessaires au fonctionnement de ce conseil consultatif et, le cas Ă©chĂ©ant, Ă la rĂ©alisation de ses Ă©tudes font lâobjet dâune inscription distincte au budget du DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte.
« Ils sont notifiĂ©s chaque annĂ©e, aprĂšs le vote du budget, au prĂ©sident de ce conseil par le prĂ©sident de lâassemblĂ©e de Mayotte.
« Le président de ce conseil organise et dirige les agents et les services mis à la disposition du conseil.
« Sousâsection 4
« Garanties et indemnités accordées aux membres du conseil
« Art. L. 7321â9. â Lâarticle L. 3123â1, les premier et dernier alinĂ©as de lâarticle L. 3123â19 et lâarticle L. 3123â26 sont applicables au prĂ©sident, aux viceâprĂ©sidents et aux membres du conseil Ă©conomique, social, environnemental, de la culture et de lâĂ©ducation de Mayotte.
« Art. L. 7321â10. â Les membres du conseil perçoivent, pour lâexercice effectif de leurs fonctions, une indemnitĂ© fixĂ©e par lâassemblĂ©e de Mayotte dans la limite dâun plafond mensuel dĂ©terminĂ© par rĂ©fĂ©rence aux indemnitĂ©s maximales prĂ©vues aux articles L. 3123â16 et L. 3123â17. Cette indemnitĂ© varie en fonction de la prĂ©sence des membres aux rĂ©unions du conseil ou de ses formations et de leur participation Ă ses travaux.
« Ils ont en outre droit au remboursement des frais supplĂ©mentaires pouvant rĂ©sulter de lâexercice des mandats spĂ©ciaux dont ils sont chargĂ©s par le conseil, dans les conditions prĂ©vues aux troisiĂšme et quatriĂšme alinĂ©as de lâarticle L. 3123â19.
« Un dĂ©cret en Conseil dâĂtat dĂ©finit les modalitĂ©s dâapplication du premier alinĂ©a du prĂ©sent article.
« Art. L. 7321â11. â IndĂ©pendamment des autorisations dâabsence dont ils bĂ©nĂ©ficient en application de lâarticle L. 7321â9, le prĂ©sident, les viceâprĂ©sidents et les membres du conseil ont droit Ă un crĂ©dit dâheures leur permettant de disposer du temps nĂ©cessaire Ă la prĂ©paration des rĂ©unions du conseil et des commissions dont ils font partie.
« Ce crĂ©dit dâheures, forfaitaire et trimestriel, est fixĂ© par rĂ©fĂ©rence Ă la durĂ©e hebdomadaire lĂ©gale du travail.
« Il est égal :
« 1° à lâĂ©quivalent du double de cette durĂ©e pour le prĂ©sident et les viceâprĂ©sidents ;
« 2° à lâĂ©quivalent de 60 % de cette durĂ©e pour les membres du conseil.
« En cas de travail Ă temps partiel, le crĂ©dit dâheures est rĂ©duit Ă due proportion.
« Les heures non utilisées pendant un trimestre ne sont pas reportables.
« Lâemployeur est tenu dâaccorder aux membres du conseil, sur leur demande, lâautorisation dâutiliser le crĂ©dit dâheures prĂ©vu au prĂ©sent article. Ce temps dâabsence nâest pas payĂ© par lâemployeur.
« Le temps dâabsence utilisĂ© en application de lâarticle L. 7321â9 et du prĂ©sent article ne peut dĂ©passer la moitiĂ© de la durĂ©e lĂ©gale du travail pour une annĂ©e civile. Il est assimilĂ© Ă une durĂ©e de travail effective pour la dĂ©termination de la durĂ©e des congĂ©s payĂ©s et du droit aux prestations sociales ainsi quâau regard de tous les droits dĂ©coulant de lâanciennetĂ©.
« Art. L. 7321â12. â Le prĂ©sident, les viceâprĂ©sidents et les membres du conseil ont droit Ă une formation adaptĂ©e Ă leurs fonctions. LâassemblĂ©e de Mayotte met Ă la disposition du conseil les moyens nĂ©cessaires Ă la prise en charge de leurs frais de dĂ©placement, de sĂ©jour et dâenseignement, au titre des moyens de fonctionnement prĂ©vus Ă lâarticle L. 7321â8.
« Les modalitĂ©s dâapplication du prĂ©sent article sont fixĂ©es par dĂ©cret.
« Section 3 bis
(Division nouvelle supprimée)
« Sous-section 1
(Division supprimée)
« Art. L. 7321â12-1 (nouveau). â (SupprimĂ©)
« Sous-section 2
(Division supprimée)
« Art. L. 7321â12-2 (nouveau). â (SupprimĂ©)
« Sous-section 3
(Division supprimée)
« Art. L. 7321â12-3 Ă L. 7321â12â5 (nouveaux). â (SupprimĂ©s)
« Section 4
« Le conseil territorial de lâhabitat
« Art. L. 7321â13. â Dans le DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte, il est instituĂ© un conseil territorial de lâhabitat composĂ©, pour moitiĂ© au moins, de conseillers Ă lâassemblĂ©e de Mayotte.
« Sa composition, ses modalitĂ©s de fonctionnement et ses attributions sont prĂ©cisĂ©es par dĂ©cret en Conseil dâĂtat.
« Section 5
« Le centre territorial de promotion de la santé
(Division nouvelle)
« Art. L. 7321â14 (nouveau). â Dans le DĂ©partement-RĂ©gion de Mayotte, il est instituĂ© un centre territorial de promotion de la santĂ© chargĂ© de veiller Ă ce que les rĂ©formes du systĂšme de santĂ© et de soins sâorientent vers les besoins spĂ©cifiques de la collectivitĂ©.
« Il est composĂ©, dâune part, de professionnels de santĂ© ainsi que de reprĂ©sentants de la sĂ©curitĂ© sociale, de lâadministration et des divers organismes impliquĂ©s dans le maintien et la promotion de la santĂ© Ă lâĂ©chelon local, choisis selon une procĂ©dure et des modalitĂ©s arrĂȘtĂ©es par lâassemblĂ©e de Mayotte, et, dâautre part, pour moitiĂ© au moins, de conseillers Ă lâassemblĂ©e de Mayotte.
« Chapitre II
« Régime juridique des actes pris par les autorités de la collectivité
« Art. L. 7322â1. â Les dĂ©cisions prises par le DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte en application de lâarticle L. 4433â15â1 du prĂ©sent code et des articles L. 611â18 et L. 611â19 du code minier sont soumises Ă lâarticle L. 3131â1 du prĂ©sent code.
« TITRE III
« ADMINISTRATION ET SERVICES DU DĂPARTEMENTâRĂGION DE MAYOTTE
« Chapitre Ier
« CompĂ©tences du prĂ©sident de lâassemblĂ©e de Mayotte
« Art. L. 7331â1. â Pour lâapplication Ă Mayotte de lâarticle L. 3221â3, les mots : âdes articles L. 2122â4 ou L. 4133â3â sont remplacĂ©s par les mots : âde lâarticle L. 2122â4â.
« Chapitre II
« CompĂ©tences de lâassemblĂ©e de Mayotte
« Art. L. 7332â1. â LâassemblĂ©e de Mayotte peut crĂ©er des Ă©tablissements publics dĂ©nommĂ©s agences, chargĂ©s dâassurer la rĂ©alisation des projets intĂ©ressant la collectivitĂ© ainsi que le fonctionnement des services publics territoriaux.
« Art. L. 7332â2. â LâassemblĂ©e de Mayotte peut, de sa propre initiative ou saisie par le Premier ministre ou par le ministre chargĂ© de lâoutreâmer, adresser au Premier ministre des propositions de modification ou dâadaptation des dispositions lĂ©gislatives ou rĂ©glementaires en vigueur ou en cours dâĂ©laboration ainsi que toutes propositions relatives aux conditions du dĂ©veloppement Ă©conomique, social et culturel de la collectivitĂ©.
« Elle peut Ă©galement faire au Premier ministre toutes remarques ou suggestions concernant le fonctionnement des services publics de lâĂtat dans la collectivitĂ©.
« Le Premier ministre accuse réception dans un délai de quinze jours et fixe le délai dans lequel il apportera une réponse au fond. Un rapport annuel indique les suites qui ont été données à ces propositions. Ce rapport est rendu public.
« Chapitre III
« Compétences du conseil économique, social, environnemental,
de la culture et de lâĂ©ducation de Mayotte
« Art. L. 7333â1. â Le conseil Ă©conomique, social, environnemental, de la culture et de lâĂ©ducation de Mayotte exerce ses compĂ©tences dans les conditions fixĂ©es au titre IV du livre II de la quatriĂšme partie et Ă la section 2 du chapitre III du titre III du livre IV de la mĂȘme quatriĂšme partie, dans la mesure oĂč elles ne sont pas contraires aux dispositions de la prĂ©sente partie.
« Il peut Ă©mettre un avis sur toute action ou tout projet du DĂ©partementâRĂ©gion en matiĂšre Ă©conomique, sociale, dâenvironnement, de culture ou dâĂ©ducation dont il est saisi par le prĂ©sident de lâassemblĂ©e de Mayotte ou dont il dĂ©cide de se saisir luiâmĂȘme.
« Chapitre IV
« Attributions du DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte
en matiÚre de coopération régionale
« Art. L. 7334â1 A (nouveau). â (SupprimĂ©)
« Art. L. 7334â1. â LâassemblĂ©e de Mayotte peut adresser au Gouvernement des propositions en vue de la conclusion dâengagements internationaux concernant la coopĂ©ration rĂ©gionale entre la RĂ©publique française et les Ătats ou territoires de lâocĂ©an Indien ou les Ătats ou territoires des continents voisins de lâocĂ©an Indien ou en vue de la conclusion dâaccords avec des organismes rĂ©gionaux des aires correspondantes, y compris des organismes rĂ©gionaux dĂ©pendant des institutions des Nations unies.
« Art. L. 7334â2. â LâassemblĂ©e de Mayotte est consultĂ©e sur les propositions dâactes de lâUnion europĂ©enne qui concernent la collectivitĂ© par le ministre chargĂ© de lâoutreâmer. Le second alinĂ©a de lâarticle L. 4433â3â1 est applicable.
« Elle peut adresser au Gouvernement des propositions pour lâapplication des traitĂ©s sur lâUnion europĂ©enne et sur le fonctionnement de lâUnion europĂ©enne.
« Art. L. 7334â3. â LâassemblĂ©e de Mayotte est saisie pour avis de tous les projets dâaccords concernant la coopĂ©ration rĂ©gionale en matiĂšre Ă©conomique, sociale, technique, scientifique, culturelle, de sĂ©curitĂ© civile ou dâenvironnement entre la RĂ©publique française et les Ătats de lâocĂ©an Indien.
« Elle se prononce au cours de la premiÚre réunion qui suit sa saisine.
« Art. L. 7334â4. â Dans les domaines de compĂ©tence de lâĂtat, les autoritĂ©s de la RĂ©publique peuvent dĂ©livrer pouvoir au prĂ©sident de lâassemblĂ©e de Mayotte pour nĂ©gocier et signer des accords avec un ou plusieurs Ătats ou territoires situĂ©s dans la zone de lâocĂ©an Indien ou sur les continents voisins de lâocĂ©an Indien ou avec des organismes rĂ©gionaux des aires correspondantes, y compris des organismes rĂ©gionaux dĂ©pendant des institutions des Nations unies.
« Dans le cas oĂč il nâest pas fait application du premier alinĂ©a, le prĂ©sident de lâassemblĂ©e de Mayotte peut ĂȘtre associĂ© ou participer, au sein de la dĂ©lĂ©gation française, aux nĂ©gociations dâaccords de mĂȘme nature. Il est associĂ© ou participe, au sein de la dĂ©lĂ©gation française, Ă la nĂ©gociation des projets dâaccords mentionnĂ©s au premier alinĂ©a de lâarticle L. 7334â3.
« Le prĂ©sident de lâassemblĂ©e de Mayotte peut ĂȘtre chargĂ© par les autoritĂ©s de la RĂ©publique de les reprĂ©senter au sein des organismes rĂ©gionaux relevant des catĂ©gories mentionnĂ©es au premier alinĂ©a du prĂ©sent article. Les autoritĂ©s de la RĂ©publique le munissent des instructions et pouvoirs nĂ©cessaires.
« Art. L. 7334â5. â Dans les domaines de compĂ©tence de la collectivitĂ©, lâassemblĂ©e de Mayotte peut, par dĂ©libĂ©ration, demander aux autoritĂ©s de la RĂ©publique dâautoriser son prĂ©sident Ă nĂ©gocier, dans le respect des engagements internationaux de la RĂ©publique, des accords avec un ou plusieurs Ătats, territoires ou organismes rĂ©gionaux mentionnĂ©s Ă lâarticle L. 7334â4.
« Lorsque cette autorisation est accordée, les autorités de la République sont, à leur demande, représentées à la négociation.
« à lâissue de la nĂ©gociation, le projet dâaccord est soumis Ă la dĂ©libĂ©ration de lâassemblĂ©e de Mayotte pour acceptation. Les autoritĂ©s de la RĂ©publique peuvent ensuite donner, sous rĂ©serve du respect des engagements internationaux de celleâci, pouvoir au prĂ©sident de lâassemblĂ©e de Mayotte aux fins de signature de lâaccord.
« Art. L. 7334â6. â Le DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte peut adhĂ©rer, en qualitĂ© de membre ou de membre associĂ©, Ă une banque rĂ©gionale de dĂ©veloppement ou Ă une institution de financement dont la France est membre rĂ©gional, membre associĂ© ou participante au capital. Sur proposition de son prĂ©sident, lâassemblĂ©e de Mayotte peut demander aux autoritĂ©s de la RĂ©publique dâautoriser son prĂ©sident Ă nĂ©gocier et Ă signer tout instrument tendant Ă cette adhĂ©sion et Ă la participation au capital de cette banque ou institution de financement, dans les conditions prĂ©vues Ă lâarticle L. 7334â5.
« Art. L. 7334â7. â Dans les domaines de compĂ©tence du DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte, le prĂ©sident de lâassemblĂ©e peut, pour la durĂ©e de lâexercice de ses fonctions, Ă©laborer un programmeâcadre de coopĂ©ration rĂ©gionale prĂ©cisant la nature, lâobjet et la portĂ©e des engagements internationaux quâil se propose de nĂ©gocier, dans le respect des engagements internationaux de la RĂ©publique, avec un ou plusieurs Ătats, territoires ou organismes rĂ©gionaux mentionnĂ©s Ă lâarticle L. 7334â4.
« Le prĂ©sident de lâassemblĂ©e soumet ce programmeâcadre Ă la dĂ©libĂ©ration de lâassemblĂ©e de Mayotte, qui peut alors demander, dans la mĂȘme dĂ©libĂ©ration, aux autoritĂ©s de la RĂ©publique dâautoriser son prĂ©sident Ă nĂ©gocier les accords prĂ©vus dans ce programmeâcadre.
« Lorsque cette autorisation est expressĂ©ment accordĂ©e, le prĂ©sident de lâassemblĂ©e peut engager les nĂ©gociations prĂ©vues dans le programmeâcadre. Il en informe les autoritĂ©s de la RĂ©publique, qui, Ă leur demande, sont reprĂ©sentĂ©es Ă la nĂ©gociation.
« Le prĂ©sident de lâassemblĂ©e soumet toute modification de son programmeâcadre Ă la dĂ©libĂ©ration de lâassemblĂ©e. Ces modifications sont approuvĂ©es par les autoritĂ©s de la RĂ©publique, dans les mĂȘmes conditions que la procĂ©dure initiale.
« à lâissue de la nĂ©gociation, le projet dâaccord est soumis Ă la dĂ©libĂ©ration de lâassemblĂ©e pour acceptation. Les autoritĂ©s de la RĂ©publique peuvent ensuite donner, sous rĂ©serve du respect des engagements internationaux de celleâci, pouvoir au prĂ©sident de lâassemblĂ©e aux fins de signature de lâaccord.
« Art. L. 7334â8. â Les accords internationaux portant Ă la fois sur des domaines de compĂ©tence de lâĂtat et sur des domaines de compĂ©tence du DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte sont, dans les cas oĂč il nâest pas fait application du premier alinĂ©a des articles L. 7334â4 et L. 7334â7, nĂ©gociĂ©s et signĂ©s par les autoritĂ©s de la RĂ©publique. Ă sa demande, le prĂ©sident de lâassemblĂ©e de Mayotte ou son reprĂ©sentant participe, au sein de la dĂ©lĂ©gation française, Ă la nĂ©gociation de ces accords.
« Le prĂ©sident de lâassemblĂ©e de Mayotte ou son reprĂ©sentant participe, au sein de la dĂ©lĂ©gation française, Ă sa demande, aux nĂ©gociations avec lâUnion europĂ©enne intĂ©ressant la collectivitĂ©.
« Le prĂ©sident de lâassemblĂ©e de Mayotte peut demander Ă lâĂtat de prendre lâinitiative de nĂ©gociations avec lâUnion europĂ©enne en vue dâobtenir des mesures spĂ©cifiques utiles au dĂ©veloppement de son territoire.
« Art. L. 7334â9. â Le DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte peut, avec lâaccord des autoritĂ©s de la RĂ©publique, ĂȘtre membre associĂ© des organismes rĂ©gionaux mentionnĂ©s au premier alinĂ©a de lâarticle L. 3441â3 ou observateur auprĂšs de ceuxâci. LâassemblĂ©e de Mayotte peut saisir le Gouvernement de toutes propositions tendant Ă lâadhĂ©sion de la France Ă de tels organismes.
« Art. L. 7334â10. â Le DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte peut, dans des conditions dĂ©terminĂ©es par une convention avec lâĂtat, dĂ©signer des agents publics chargĂ©s de le reprĂ©senter au sein des missions diplomatiques de la France.
« Il offre aux agents publics mentionnĂ©s au premier alinĂ©a un rĂ©gime indemnitaire, des facilitĂ©s de rĂ©sidence et des remboursements de frais qui tiennent compte des conditions dâexercice de leurs fonctions. Les conditions dâapplication du prĂ©sent alinĂ©a sont prĂ©cisĂ©es par dĂ©cret en Conseil dâĂtat.
« Il peut instituer une reprĂ©sentation, Ă caractĂšre non diplomatique, auprĂšs des institutions de lâUnion europĂ©enne. Il en informe le Gouvernement.
« Art. L. 7334â11. â Le fonds de coopĂ©ration rĂ©gionale instituĂ© pour Mayotte est alimentĂ© par des crĂ©dits de lâĂtat et peut recevoir des dotations du DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte, de toute autre collectivitĂ© publique et de tout organisme public.
« Le comitĂ© de gestion du fonds de coopĂ©ration rĂ©gionale, placĂ© auprĂšs du reprĂ©sentant de lâĂtat et composĂ© paritairement de reprĂ©sentants de lâĂtat et de reprĂ©sentants de lâassemblĂ©e de Mayotte, arrĂȘte la liste des opĂ©rations Ă©ligibles au fonds de coopĂ©ration rĂ©gionale ainsi que le taux de subvention applicable Ă chacune dâelles.
« Un dĂ©cret en Conseil dâĂtat dĂ©finit les modalitĂ©s dâapplication du prĂ©sent article.
« Art. L. 7334â12. â Des reprĂ©sentants de lâassemblĂ©e de Mayotte participent aux travaux de lâinstance de concertation des politiques de coopĂ©ration rĂ©gionale dans la zone de lâocĂ©an Indien prĂ©vue au II de lâarticle L. 4433â4â7.
« Art. L. 7334â13. â LâassemblĂ©e de Mayotte peut recourir Ă des sociĂ©tĂ©s dâĂ©conomie mixte locales et Ă des sociĂ©tĂ©s dâĂ©conomie mixte rĂ©gies par la loi n° 46â860 du 30 avril 1946 tendant Ă lâĂ©tablissement, au financement et Ă lâexĂ©cution de plans dâĂ©quipement et de dĂ©veloppement des territoires relevant du ministĂšre de la France dâoutreâmer pour la mise en Ćuvre des actions engagĂ©es dans le cadre des compĂ©tences qui lui sont dĂ©volues en matiĂšre de coopĂ©ration rĂ©gionale.
« Art. L. 7334â14. â Dans le DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte, il est créé une commission de suivi de lâutilisation des fonds europĂ©ens.
« CoprĂ©sidĂ©e par le reprĂ©sentant de lâĂtat et le prĂ©sident de lâassemblĂ©e de Mayotte, cette commission est en outre composĂ©e des parlementaires Ă©lus sur le territoire de la collectivitĂ©, dâun reprĂ©sentant du conseil Ă©conomique, social, environnemental, de la culture et de lâĂ©ducation de Mayotte, dâun reprĂ©sentant de lâassociation des maires, de reprĂ©sentants des chambres consulaires et de reprĂ©sentants des services techniques de lâĂtat.
« Cette commission établit un rapport semestriel sur la consommation des crédits.
« TITRE IV
« SERVICES PUBLICS LOCAUX
« Chapitre unique
« Services dâincendie et de secours
« Art. L. 7341â1. â Les articles L. 1424â1 Ă L. 1424â12, L. 1424â17 Ă L. 1424â19, L. 1424â22, L. 1424â24 Ă L. 1424â44 et L. 1424â50 sont applicables Ă Mayotte, sous rĂ©serve des adaptations suivantes :
« 1° La seconde phrase du second alinĂ©a de lâarticle L. 1424â12 est supprimĂ©e ;
« 2° (SupprimĂ©)Â
« 3° Les trois premiers alinĂ©as de lâarticle L. 1424â17 sont remplacĂ©s par deux alinĂ©as ainsi rĂ©digĂ©s :
« âLes biens affectĂ©s par lâassemblĂ©e de Mayotte au fonctionnement du service dâincendie et de secours de Mayotte et nĂ©cessaires au fonctionnement du service dĂ©partemental dâincendie et de secours sont mis Ă la disposition de celuiâci, Ă titre gratuit, Ă compter de la date fixĂ©e par une convention, sous rĂ©serve de lâarticle L. 1424â19.
« âCette convention conclue entre, dâune part, lâassemblĂ©e de Mayotte et, dâautre part, le service dĂ©partemental dâincendie et de secours rĂšgle les modalitĂ©s de la mise Ă disposition, qui doit intervenir dans un dĂ©lai dâun an Ă compter de la premiĂšre rĂ©union du conseil dâadministration du service dĂ©partemental dâincendie et de secours.â ;
« 4° Lâarticle L. 1424â18 est ainsi modifié :
« a) à la premiĂšre phrase, les mots : âla commune ou lâĂ©tablissement public de coopĂ©ration intercommunale ouâ sont supprimĂ©s ;
« b) à la seconde phrase, les mots : âde la commune, de lâĂ©tablissement public de coopĂ©ration intercommunale ouâ sont supprimĂ©s ;
« 5° Lâarticle L. 1424â22 est ainsi rĂ©digé :
« âArt. L. 1424â22. â à dĂ©faut de signature de la convention prĂ©vue Ă lâarticle L. 1424â17 dans le dĂ©lai fixĂ© au mĂȘme article L. 1424â17, le reprĂ©sentant de lâĂtat dans le dĂ©partement rĂšgle, dans un dĂ©lai de six mois, la situation des biens mis Ă la disposition du service dĂ©partemental dâincendie et de secours, aprĂšs consultation du comitĂ© local mentionnĂ© Ă lâarticle L. 1711â3.
« âSa dĂ©cision est notifiĂ©e au prĂ©sident du conseil gĂ©nĂ©ral et au prĂ©sident du conseil dâadministration du service dĂ©partemental dâincendie et de secours dans un dĂ©lai dâun mois.â ;
« 6° Les cinquiĂšme Ă avantâdernier alinĂ©as de lâarticle L. 1424â35 sont ainsi rĂ©digĂ©s :
« âĂ compter de 2015, le montant prĂ©visionnel des contributions mentionnĂ©es au quatriĂšme alinĂ©a, arrĂȘtĂ© par le conseil dâadministration du service dĂ©partemental dâincendie et de secours, est notifiĂ© aux maires et aux prĂ©sidents des Ă©tablissements publics de coopĂ©ration intercommunale avant le 1er janvier de lâannĂ©e en cause.
« âĂ compter de 2015, le montant global des contributions des communes et des Ă©tablissements publics de coopĂ©ration intercommunale tient compte des charges respectives de lâassemblĂ©e de Mayotte, des communes et des Ă©tablissements publics de coopĂ©ration intercommunale.
« âPour lâexercice 2015, si aucune dĂ©libĂ©ration nâest prise dans les conditions prĂ©vues au troisiĂšme alinĂ©a, la contribution de chaque commune et de chaque Ă©tablissement public de coopĂ©ration intercommunale est calculĂ©e, dans des conditions fixĂ©es par dĂ©cret, en fonction de lâimportance de sa population, de son potentiel fiscal par habitant et de ses charges.â ;
« 7° Lâarticle L. 1424â36 est ainsi rĂ©digé :
« âArt. L. 1424â36. â JusquâĂ lâentrĂ©e en vigueur de la convention prĂ©vue Ă lâarticle L. 1424â17, le montant minimal des dĂ©penses directes et indirectes relatives aux biens mentionnĂ©s Ă ce mĂȘme article, Ă lâexclusion des contributions mentionnĂ©es Ă lâarticle L. 1424â35, rĂ©alisĂ©es chaque annĂ©e par le DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte est fixĂ© par une convention passĂ©e entre le service dĂ©partemental dâincendie et de secours, dâune part, et le conseil gĂ©nĂ©ral de Mayotte, dâautre part.
« âĂ dĂ©faut de convention, jusquâĂ lâentrĂ©e en vigueur de celle prĂ©vue Ă lâarticle L. 1424â17, le montant minimal des dĂ©penses mentionnĂ©es au premier alinĂ©a du prĂ©sent article est fixĂ© par le conseil dâadministration du service dĂ©partemental dâincendie et de secours en tenant compte des charges respectives du DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte et des communes.â ;
« 8° Au premier alinĂ©a de lâarticle L. 1424â41, les mots : âau 1er janvier 1996â sont remplacĂ©s par les mots : âĂ la date de la premiĂšre rĂ©union du conseil dâadministration du service dĂ©partemental dâincendie et de secoursâ ;
« 9° à la fin du premier alinĂ©a de lâarticle L. 1424â44, les mots : âdans un dĂ©lai de cinq ans Ă compter de la promulgation de la loi n° 96â369 du 3 mai 1996 relative aux services dâincendie et de secoursâ sont supprimĂ©s ;
« 10° et 11° (SupprimĂ©s)Â
« TITRE V
« FINANCES DE LA COLLECTIVITĂ
« Art. L. 7350â1. â Le livre VI de la premiĂšre partie est applicable au DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte, dans la mesure oĂč il nâest pas contraire au prĂ©sent titre.
« Art. L. 7350â2 et L. 7350â3. â (SupprimĂ©s)
« Chapitre Ier
« Budgets et comptes
« Art. L. 7351â1 et L. 7351â2. â (SupprimĂ©s)
« Art. L. 7351â3. â Le rapport sur les orientations budgĂ©taires mentionnĂ© Ă lâarticle L. 1612â26 prĂ©sente un Ă©tat dâavancement des mesures prĂ©vues par le plan de convergence couvrant le territoire du DĂ©partement-RĂ©gion de Mayotte.
« Art. L. 7351â4 Ă L. 7351â11. â (SupprimĂ©s)
« Art. L. 7351â12. â Pour lâapplication de lâarticle L. 1612â34, le lieu de mise Ă disposition des budgets pour le DĂ©partement-RĂ©gion de Mayotte est lâhĂŽtel du DĂ©partement-RĂ©gion. Ces documents peuvent Ă©galement ĂȘtre mis Ă la disposition du public dans chaque canton, dans un lieu public.
« Art. L. 7351â13. â Pour lâapplication de lâarticle L. 1612â35, les documents budgĂ©taires sont assortis en annexe de la prĂ©sentation de lâĂ©volution des dĂ©penses consacrĂ©es Ă la formation professionnelle des jeunes mentionnĂ©e Ă la premiĂšre phrase de lâarticle L. 4313â2, en distinguant notamment les donnĂ©es financiĂšres relatives Ă lâapprentissage, Ă lâenseignement professionnel sous statut scolaire et aux formations continues en alternance.
« Art. L. 7351â14. â (SupprimĂ©)
« Chapitre II
« Dépenses
« Art. L. 7352â1. â Ne sont pas obligatoires pour le DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte les dĂ©penses mentionnĂ©es aux 7°, 8°, 10° bis, 11° et 14° de lâarticle L. 3321â1.
« Les cotisations au rĂ©gime gĂ©nĂ©ral de la sĂ©curitĂ© sociale mentionnĂ©es Ă lâarticle L. 3123â20â2 sâentendent des cotisations obligatoires pour lâemployeur au titre du rĂ©gime de sĂ©curitĂ© sociale applicable Ă Mayotte.
« Sont Ă©galement obligatoires pour le DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte :
« 1° Les dĂ©penses dont il a la charge en matiĂšre de transports et dâapprentissage Ă la date de la premiĂšre rĂ©union suivant le renouvellement du conseil gĂ©nĂ©ral de Mayotte en 2011 ;
« 2° Toute dĂ©pense liĂ©e Ă lâexercice dâune compĂ©tence transfĂ©rĂ©e par lâĂtat Ă compter de la mĂȘme date ;
« 3° Les dĂ©penses liĂ©es Ă lâorganisation des transports scolaires ;
« 4° Les dĂ©penses dâentretien et de construction des ports maritimes de commerce et de pĂȘche qui lui sont transfĂ©rĂ©es.
« Art. L. 7352â2. â (SupprimĂ©)
« Chapitre III
« Ressources
« Art. L. 7353â1. â Les ressources attribuĂ©es au DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte en application du IV de lâarticle 12 de lâordonnance n° 2012â576 du 26 avril 2012 portant extension et adaptation Ă Mayotte du code de la construction et de lâhabitation ainsi que de diverses lois relatives au logement sont composĂ©es dâune part du produit de la taxe intĂ©rieure de consommation sur les produits Ă©nergĂ©tiques et sont affectĂ©es au financement par le DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte du fonds de solidaritĂ© pour le logement.
« Art. L. 7353â2. â Pour leur application Ă Mayotte, les articles L. 3332â1, L. 3332â2 et L. 3332â3 sont ainsi rĂ©digĂ©s :
« âArt. L. 3332â1. â Les recettes fiscales de la section de fonctionnement comprennent le produit des impositions de toute nature affectĂ©es au DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte ou instituĂ©es par lui.
« âArt. L. 3332â2. â Les recettes non fiscales de la section de fonctionnement comprennent notamment :
« â1° Le revenu et le produit des propriĂ©tĂ©s du DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte ;
« â2° Le produit de lâexploitation des services et des rĂ©gies du DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte ;
« â3° Le produit du droit de pĂ©age des bacs et passages dâeau sur les routes et chemins Ă la charge du DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte, des autres droits de pĂ©age et de tous les autres droits concĂ©dĂ©s Ă la collectivitĂ© par des lois ;
« â4° Les dotations de lâĂtat ;
« â5° Les subventions de lâĂtat et les contributions des communes, de leurs groupements et des tiers aux dĂ©penses de fonctionnement ;
« â6° Les autres ressources provenant de lâĂtat, de lâUnion europĂ©enne et dâautres collectivitĂ©s ;
« â7° Le produit des amendes ;
« â8° Les remboursements dâavances effectuĂ©s sur les ressources de la section de fonctionnement ;
« â9° Le produit de la neutralisation des dotations aux amortissements ;
« â10° La reprise des subventions dâĂ©quipement reçues ;
« â11° Les dons et legs en espĂšces, hormis ceux mentionnĂ©s au 7° de lâarticle L. 3332â3.
« âArt. L. 3332â3. â Les recettes de la section dâinvestissement comprennent notamment :
« â1° Le produit des emprunts ;
« â2° La dotation de soutien Ă lâinvestissement des dĂ©partements ;
« â3° Les versements au titre du Fonds de compensation pour la taxe sur la valeur ajoutĂ©e ;
« â4° Les subventions de lâĂtat et les contributions des communes, de leurs groupements et des tiers aux dĂ©penses dâinvestissement ;
« â5° Le produit des cessions dâimmobilisations ;
« â6° Le remboursement des prĂȘts consentis par la collectivitĂ© territoriale de Mayotte ;
« â7° Les dons et legs en nature et les dons et legs en espĂšces affectĂ©s Ă lâachat dâune immobilisation financiĂšre ou physique ;
« â8° Les amortissements ;
« â9° Le virement prĂ©visionnel de la section de fonctionnement et le produit de lâaffectation du rĂ©sultat de fonctionnement.â
« Art. L. 7353â3. â Le taux des droits assimilĂ©s au droit dâoctroi de mer auxquels sont soumis les rhums et spiritueux fabriquĂ©s et livrĂ©s Ă la consommation locale dans le DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte est fixĂ© par dĂ©libĂ©ration de lâassemblĂ©e de Mayotte dans les limites prĂ©vues Ă lâarticle 22 de la loi de finances rectificative pour 1963 (n° 63â778 du 31 juillet 1963), modifiĂ©e par lâarticle 13 de la loi de finances rectificative pour 1972 (n° 72â1147 du 23 dĂ©cembre 1972) et complĂ©tĂ©e par lâarticle 20 de la loi de finances rectificative pour 1976 (n° 76â1220 du 28 dĂ©cembre 1976). Le produit de ces droits constitue une recette du budget du DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte.
« Chapitre IV
(Division supprimée)
« Art. L. 7354â1 et L. 7354â2. â (SupprimĂ©s)
« TITRE VI
« COMPENSATION DES TRANSFERTS DE COMPĂTENCEs
« Chapitre unique
« Art. L. 7361â1. â Pour lâapplication du chapitre IV du titre Ier du livre VI, lâĂ©valuation des dĂ©penses exposĂ©es par lâĂtat au titre de lâexercice des compĂ©tences transfĂ©rĂ©es au DĂ©partementâRĂ©gion et aux communes de Mayotte et la constatation des charges rĂ©sultant des crĂ©ations et extensions de compĂ©tences sont soumises, avant la consultation de la commission consultative sur lâĂ©valuation des charges mentionnĂ©e Ă lâarticle L. 1211â4â1, Ă lâavis dâun comitĂ© local prĂ©sidĂ© par un magistrat des juridictions financiĂšres et composĂ© Ă paritĂ© de reprĂ©sentants de lâĂtat dĂ©signĂ©s par le reprĂ©sentant de lâĂtat Ă Mayotte et de reprĂ©sentants des collectivitĂ©s territoriales de Mayotte. La composition et les modalitĂ©s de fonctionnement du comitĂ© local sont fixĂ©es par dĂ©cret. » ;
36° Le livre IV de la septiĂšme partie, dans sa rĂ©daction rĂ©sultant de la loi organique n°    du     relative au DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte, est ainsi modifié :
a) Lâarticle L. 7321â1 devient lâarticle L. 7421â1 ;
b) Lâarticle L. 7322â1 devient lâarticle L. 7422â1 ;
c) Les articles L. 7323â1, L. 7323â2, L. 7323â3, L. 7323â4, L. 7323â5 et L. 7323â6 deviennent respectivement les articles L. 7423â1, L. 7423â2, L. 7423â3, L. 7423â4, L. 7423â5 et L. 7423â6 ;
c bis) Au dernier alinĂ©a de lâarticle L. 7423â4, tel quâil rĂ©sulte du c du prĂ©sent 36°, la rĂ©fĂ©rence : « L. 7323â5 » est remplacĂ©e par la rĂ©fĂ©rence : « L. 7423â5 » ;
d) Les articles L. 7324â1, L. 7324â2 et L. 7324â3 deviennent respectivement les articles L. 7424â1, L. 7424â2 et L. 7424â3 ;
e) Au premier alinĂ©a de lâarticle L. 7424â1, tel quâil rĂ©sulte du d du prĂ©sent 36°, la rĂ©fĂ©rence : « L. 7323â1 » est remplacĂ©e par la rĂ©fĂ©rence : « L. 7423â1 » ;
f) à lâarticle L. 7424â2, tel quâil rĂ©sulte du mĂȘme d, la rĂ©fĂ©rence : « L. 7324â1 » est remplacĂ©e par la rĂ©fĂ©rence : « L. 7424â1 » ;
g) Les articles L. 7331â1, L. 7331â2 et L. 7331â3 deviennent respectivement les articles L. 7431â1, L. 7431â2 et L. 7431â3 ;
37° Le livre VII de la premiÚre partie, le livre V de la troisiÚme partie et le chapitre VII du titre III du livre IV de la quatriÚme partie sont abrogés.
III. â (Non modifiĂ©)
IV (nouveau). â Dans un dĂ©lai de trois mois Ă compter de la promulgation de la prĂ©sente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport Ă©valuant les ressources allouĂ©es Ă la collectivitĂ© territoriale de Mayotte, notamment les financements de lâĂtat au regard de ses besoins. Ce rapport comporte une Ă©tude comparative avec les autres collectivitĂ©s rĂ©gies par lâarticle 73 de la Constitution.
Chapitre II
Dispositions modifiant le code électoral
Le livre VI bis du code électoral est ainsi modifié :
1° AprĂšs le mot : « Guyane », la fin de lâintitulĂ© est ainsi rĂ©digĂ©e : « , Ă lâassemblĂ©e de Martinique et Ă lâassemblĂ©e de Mayotte » ;
2° à lâarticle L. 558â1 A, la premiĂšre occurrence du mot : « et » est remplacĂ©e par le signe : « , » et, aprĂšs le mot : « Martinique », sont insĂ©rĂ©s les mots : « et les conseillers Ă lâassemblĂ©e de Mayotte » ;
3° AprÚs le titre II, il est inséré un titre II bis ainsi rédigé :
« TITRE II bis
« ĂLECTION DES CONSEILLERS Ă LâASSEMBLĂE DE MAYOTTE
« Chapitre Ier
« Composition de lâassemblĂ©e de Mayotte et durĂ©e du mandat
« Art. L. 558â9â1. â Les conseillers Ă lâassemblĂ©e de Mayotte sont Ă©lus pour six ans en mĂȘme temps que les conseillers dĂ©partementaux. Ils sont rééligibles.
« Art. L. 558â9â2. â LâassemblĂ©e de Mayotte est composĂ©e de cinquanteâdeux membres.
« Chapitre II
« Mode de scrutin
« Art. L. 558â9â3. â Mayotte forme une circonscription Ă©lectorale unique, composĂ©e de treize sections dont la dĂ©limitation est fixĂ©e conformĂ©ment au tableau ciâaprĂšs :
«Â
Section
Composition de la section
Section 1
Bandraboua
Villages de Bandraboua, Dzoumogne et Bouyouni de la commune de Bandraboua et villages de Longoni, Kangani et Trévani de la commune de Koungou
Section 2
Bouéni
Communes de BouĂ©ni et de Kani-KĂ©li et villages de Bambo Est, MâTsamoudou et Dapani de la commune de Bandrele
Section 3
Dembéni
Communes de Dembeni et villages de Bandrele, Hamouro et Nyambadao de la commune de Bandrele
Section 4
Dzaoudzi
Commune de Dzaoudzi-Labbatoir
Section 5
Koungou
Villages de Koungou, Majicavo-Koropa et MajicavoâLamir de la commune de Koungou
Section 6
Mamoudzou-1
Villages de Passamainty, Tsoundzou 1, Tsoundzou 2 et Vahibé de la commune de Mamoudzou
Section 7
Mamoudzou-2
Villages de Mtsapéré et Kavani de la commune de Mamoudzou
Section 8
Mamoudzou-3
Villages de Mamoudzou et Kaweni de la commune de Mamoudzou
Section 9
Mtsamboro
Communes dâAcoua et de Mtsamboro et villages de HandrĂ©ma et Mtsangamboua de la commune de BandrabouaÂ
Section 10
Ouangani
Communes de Chiconi et OuanganiÂ
Section 11
Pamandzi
 Commune de Pamandzi
Section 12
Sada
Communes de Chirongui et SadaÂ
Section 13
Tsingoni
Communes de MâTsangamouji et TsingoniÂ
« Le nombre de siĂšges prĂ©vu Ă lâarticle L. 558â9â2 est rĂ©parti entre les sections en fonction de leur population respective, Ă la reprĂ©sentation proportionnelle Ă la plus forte moyenne. En cas dâĂ©galitĂ© de moyenne, le dernier siĂšge est attribuĂ© Ă la section dont la population est la plus importante ; en cas de nouvelle Ă©galitĂ©, il est attribuĂ© Ă la section dont la population a le plus augmentĂ© en valeur absolue depuis le recensement prĂ©cĂ©dent. Chaque section se voit attribuer au moins deux siĂšges ; si nĂ©cessaire, les derniers siĂšges rĂ©partis selon la mĂ©thode dĂ©crite aux deux premiĂšres phrases du prĂ©sent alinĂ©a sont rĂ©attribuĂ©s de sorte que chaque section dispose dâau moins deux siĂšges.
« Au plus tard le 15 janvier de lâannĂ©e du renouvellement de lâassemblĂ©e de Mayotte, un arrĂȘtĂ© du reprĂ©sentant de lâĂtat Ă Mayotte rĂ©partit les siĂšges entre chacune des sections en fonction du dernier chiffre authentifiĂ© de leur population, conformĂ©ment aux dispositions du prĂ©sent article.
« Art. L. 558â9â4. â Les conseillers Ă lâassemblĂ©e de Mayotte sont Ă©lus au scrutin de liste Ă deux tours, sans adjonction ni suppression de noms et sans modification de lâordre de prĂ©sentation. Chaque liste est constituĂ©e de cinq sections. Elle comprend un nombre de candidats Ă©gal au nombre de siĂšges dans chaque section, conformĂ©ment Ă lâarrĂȘtĂ© prĂ©fectoral mentionnĂ© au dernier alinĂ©a de lâarticle L. 558â9â3, augmentĂ© de deux par section.
« Au premier tour de scrutin, il est attribuĂ© Ă la liste qui a recueilli la majoritĂ© absolue des suffrages exprimĂ©s dans la circonscription un nombre de treize siĂšges, rĂ©partis Ă raison dâun siĂšge pour chaque section.
« Cette attribution opĂ©rĂ©e, les autres siĂšges sont rĂ©partis, au sein de chaque section, entre toutes les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimĂ©s sur lâensemble de la circonscription, au prorata des voix obtenues par chaque liste dans la section, Ă la reprĂ©sentation proportionnelle suivant la rĂšgle de la plus forte moyenne.
« Si aucune liste nâa recueilli la majoritĂ© absolue des suffrages exprimĂ©s au premier tour, il est procĂ©dĂ© Ă un second tour.
« Il est attribuĂ© Ă la liste qui a obtenu le plus de voix Ă ce second tour dans la circonscription un nombre de treize siĂšges, rĂ©partis Ă raison dâun siĂšge pour chaque section. En cas dâĂ©galitĂ© de suffrages entre les listes arrivĂ©es en tĂȘte, ces siĂšges sont attribuĂ©s Ă la liste dont les candidats ont la moyenne dâĂąge la plus Ă©levĂ©e. Cette attribution opĂ©rĂ©e, les autres siĂšges sont rĂ©partis au sein de chaque section entre toutes les listes ayant obtenu au moins 5 % des suffrages exprimĂ©s au second tour sur lâensemble de la circonscription, au prorata des voix obtenues par chaque liste dans la section, Ă la reprĂ©sentation proportionnelle suivant la rĂšgle de la plus forte moyenne.
« Si plusieurs listes ont la mĂȘme moyenne pour lâattribution du dernier siĂšge dans une section, celuiâci revient Ă la liste qui a obtenu le plus grand nombre de suffrages. En cas dâĂ©galitĂ© de suffrages, le siĂšge est attribuĂ© au plus ĂągĂ© des candidats susceptibles dâĂȘtre proclamĂ©s Ă©lus.
« Les siĂšges sont attribuĂ©s aux candidats dans lâordre de prĂ©sentation pour chaque section.
« Sâil est constatĂ© que lâĂ©cart entre la population officiellement recensĂ©e et le nombre dâinscrits sur les listes Ă©lectorales dĂ©passe 60 % au 15 janvier de lâannĂ©e du renouvellement, la rĂ©partition des siĂšges entre les sections composant lâassemblĂ©e et la rĂ©partition des siĂšges attribuĂ©s Ă la liste qui a obtenu la majoritĂ© absolue des suffrages exprimĂ©s au premier tour ou qui est arrivĂ©e en tĂȘte au deuxiĂšme tour sont rĂ©alisĂ©es en fonction du nombre dâinscrits sur les listes Ă©lectorales. En cas dâĂ©galitĂ© de moyenne, le dernier siĂšge est attribuĂ© Ă la section au sein de laquelle le nombre dâinscrits est le plus important ; en cas de nouvelle Ă©galitĂ©, il est attribuĂ© Ă la section dont le nombre dâinscrits a le plus augmentĂ© en valeur absolue depuis les derniĂšres Ă©lections.
« Chapitre III
« Plafond des dépenses électorales
« Art. L. 558â9â5. â Pour lâapplication du dernier alinĂ©a de lâarticle L. 52â11, la rĂ©fĂ©rence Ă lâindice des prix Ă la consommation des mĂ©nages, hors tabac, est remplacĂ©e par la rĂ©fĂ©rence Ă lâindice local des prix Ă la consommation des mĂ©nages, hors tabac, de lâInstitut national de la statistique et des Ă©tudes Ă©conomiques. » ;
4° à la fin du dernier alinĂ©a de lâarticle L. 558â11, les mots : « ou de Martinique » sont remplacĂ©s par les mots : « , de Martinique ou de Mayotte » ;
5° Aux premiĂšre et seconde phrases de lâarticle L. 558â13, les mots : « ou de Martinique » sont remplacĂ©s par les mots : « , de Martinique ou de Mayotte » ;
6° Lâarticle L. 558â14 est ainsi rĂ©digé :
« Art. L. 558â14. â Lâarticle L. 118â3 est applicable aux candidats Ă lâĂ©lection des conseillers Ă lâassemblĂ©e de Guyane, Ă lâassemblĂ©e de Martinique et Ă lâassemblĂ©e de Mayotte. » ;
7° à lâarticle L. 558â15, les mots : « ou Ă lâassemblĂ©e de Martinique » sont remplacĂ©s par les mots : « , à lâassemblĂ©e de Martinique ou Ă lâassemblĂ©e de Mayotte » ;
8° Au premier alinĂ©a de lâarticle L. 558â16, les mots : « ou Ă lâassemblĂ©e de Martinique » sont remplacĂ©s par les mots : « , à lâassemblĂ©e de Martinique ou Ă lâassemblĂ©e de Mayotte » ;
9° à la premiĂšre phrase du premier alinĂ©a de lâarticle L. 558â17, les mots : « ou Ă lâassemblĂ©e de Martinique » sont remplacĂ©s par les mots : « , à lâassemblĂ©e de Martinique ou Ă lâassemblĂ©e de Mayotte » ;
10° Lâarticle L. 558â18 est ainsi modifié :
a) Le premier alinéa est ainsi rédigé :
« Les mandats de conseiller Ă lâassemblĂ©e de Guyane, de conseiller Ă lâassemblĂ©e de Martinique et de conseiller Ă lâassemblĂ©e de Mayotte sont incompatibles. » ;
b) Au deuxiĂšme alinĂ©a, les mots : « ou Ă lâassemblĂ©e de Martinique » sont remplacĂ©s par les mots : « , à lâassemblĂ©e de Martinique ou Ă lâassemblĂ©e de Mayotte » ;
10° bis (nouveau) à la premiĂšre phrase du deuxiĂšme alinĂ©a de lâarticle L. 558â22 et au deuxiĂšme alinĂ©a de lâarticle L. 558â23, aprĂšs le mot : « articles », est insĂ©rĂ©e la rĂ©fĂ©rence : « L. 118â3, » et la rĂ©fĂ©rence : « , L. 558â14 » est supprimĂ©e ;
11° à la fin de lâarticle L. 558â28, les mots : « et des conseillers Ă lâassemblĂ©e de Martinique » sont remplacĂ©s par les mots : « , à lâassemblĂ©e de Martinique et Ă lâassemblĂ©e de Mayotte » ;
12° à la fin de lâintitulĂ© du chapitre VII du titre III, les mots : « et des conseillers Ă lâassemblĂ©e de Martinique » sont remplacĂ©s par les mots : « , à lâassemblĂ©e de Martinique et Ă lâassemblĂ©e de Mayotte » ;
13° Au premier alinĂ©a de lâarticle L. 558â32, les mots : « ou Ă lâassemblĂ©e de Martinique » sont remplacĂ©s par les mots : « , à lâassemblĂ©e de Martinique ou Ă lâassemblĂ©e de Mayotte » ;
14° Au troisiĂšme alinĂ©a de lâarticle L. 558â33, les mots : « ou Ă lâassemblĂ©e de Martinique » sont remplacĂ©s par les mots : « , à lâassemblĂ©e de Martinique ou Ă lâassemblĂ©e de Mayotte » ;
15° à lâarticle L. 558â34, les mots : « ou Ă lâassemblĂ©e de Martinique » sont remplacĂ©s par les mots : « , à lâassemblĂ©e de Martinique ou Ă lâassemblĂ©e de Mayotte ».
(Conformes)
TITRE VI
DISPOSITIONS TRANSITOIRES et FINALES
I A, I B, I et II. â (Non modifiĂ©s)
III. â (SupprimĂ©)
IV Ă VI. â (Non modifiĂ©s)
Dans un dĂ©lai de six mois Ă compter de la promulgation de la prĂ©sente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport Ă©valuant lâopportunitĂ© dâĂ©tendre lâaide mĂ©dicale de lâĂtat Ă Mayotte.
Dans un dĂ©lai dâun an Ă compter de la promulgation de la prĂ©sente loi, le Gouvernement remet un rapport dĂ©taillant lâĂ©tat du budget du centre hospitalier de Mayotte. Ce rapport contient des donnĂ©es sur le financement du centre hospitalier et de ses dispensaires et Ă©met des propositions dâamĂ©lioration ainsi que des perspectives dâĂ©volution de ce financement.
Dans un dĂ©lai dâun an Ă compter de la promulgation de la prĂ©sente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport procĂ©dant Ă un Ă©tat des lieux des transferts de compĂ©tences dĂ©partementales et rĂ©gionales au DĂ©partementâRĂ©gion de Mayotte.
Dans un délai de trois mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport recensant et évaluant les plans stratégiques applicables à Mayotte.
Article 39 (nouveau)
Dans un dĂ©lai dâun an Ă compter de la promulgation de la prĂ©sente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur les entreprises Ă Mayotte. Ce rapport prĂ©cise notamment leur nombre, leur rĂ©partition par taille et par secteur et leur situation financiĂšre.
Article 40 (nouveau)
Dans un dĂ©lai dâun an Ă compter de la promulgation de la prĂ©sente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur les modalitĂ©s dâun retour Ă la norme concernant le circuit de distribution des mĂ©dicaments Ă Mayotte, afin notamment de sĂ©curiser les circuits dâapprovisionnement et de renforcer le rĂŽle des pharmacies dâofficine.
Article 41 (nouveau)
Dans un dĂ©lai de neuf mois Ă compter de la promulgation de la prĂ©sente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport qui chiffre le nombre de logements nĂ©cessaires pour que lâintĂ©gralitĂ© des fonctionnaires des trois fonctions publiques affectĂ©s dans un emploi sur le territoire de Mayotte, puissent ĂȘtre logĂ©s et Ă©tablit une stratĂ©gie pour garantir une offre de logements proportionnĂ©e Ă la demande.
Le Gouvernement remet au Parlement, avant le 30 juin de chaque annĂ©e, un rapport sur la mise en Ćuvre de la prĂ©sente loi.
Ce rapport prĂ©sente, pour lâannĂ©e Ă©coulĂ©e, lâĂ©volution des indicateurs suivants :
1° Le nombre de logements reconstruits ou rĂ©habilitĂ©s dans le cadre des opĂ©rations de rĂ©sorption de lâhabitat insalubre ;
2° Le nombre de logements raccordĂ©s Ă lâeau potable et Ă lâassainissement ;
3° Le nombre dâemplois créés ou pĂ©rennisĂ©s dans les secteurs publics et privĂ©s ;
4° LâĂ©volution de lâoffre de soins, du nombre de professionnels de santĂ© installĂ©s et des Ă©quipements dĂ©ployĂ©s ;
5° Lâavancement des chantiers structurants dans les domaines des transports, de lâĂ©ducation et de la sĂ©curité ;
6° La part dâexĂ©cution effective des crĂ©dits budgĂ©taires et europĂ©ens allouĂ©s.
Il comprend Ă©galement un bilan dĂ©taillĂ© des projets labellisĂ©s « Mayotte rĂ©siliente », prĂ©cisant leur Ă©tat dâavancement, leur financement, leur impact Ă©conomique et social ainsi que leur Ă©ligibilitĂ© et la mobilisation effective des fonds europĂ©ens, notamment du Fonds europĂ©en de dĂ©veloppement rĂ©gional, du Fonds social europĂ©en plus, du Fonds europĂ©en agricole pour le dĂ©veloppement rural et du Fonds de solidaritĂ© europĂ©en.
Dans un dĂ©lai de trois mois Ă compter de la promulgation de la prĂ©sente loi, le comitĂ© de pilotage du projet de piste longue Ă Mayotte remet au Parlement un rapport sur lâĂ©tat dâavancement du projet de desserte aĂ©rienne de Mayotte, sur les diffĂ©rentes options Ă©tudiĂ©es, notamment le prolongement de la piste de lâaĂ©roport Marcel-Henry Ă Pamandzi et la crĂ©ation dâun nouvel aĂ©roport Ă Bouyouni, ainsi que sur leurs impacts techniques, environnementaux, agricoles et fonciers.
Dans un délai de trois mois à compter de la promulgation de la présente loi, le comité de pilotage du projet de piste longue à Mayotte, coprésidé par le préfet de Mayotte et le président du conseil départemental, est réuni.
Ă lâissue de cette rĂ©union, un rapport est Ă©tabli par le comitĂ© de pilotage et remis au Parlement. Ce rapport prĂ©sente lâĂ©tat dâavancement du projet de desserte aĂ©rienne de Mayotte, les diffĂ©rentes options Ă©tudiĂ©es, notamment le prolongement de la piste de lâaĂ©roport Marcel-Henry Ă Pamandzi et la crĂ©ation dâun nouvel aĂ©roport Ă Bouyouni, ainsi que leurs impacts techniques, environnementaux, agricoles et fonciers.
Ce rapport est rendu public.
Dans un dĂ©lai dâun an Ă compter de la promulgation de la prĂ©sente loi, la commission permanente du conseil dĂ©partemental se prononce sur lâopportunitĂ© dâun transfert des compĂ©tences dĂ©partementales et rĂ©gionales exercĂ©es aujourdâhui par lâĂtat, dont la gestion des fonds europĂ©ens.
Dans un dĂ©lai de six mois Ă compter de la promulgation de la prĂ©sente loi, une Ă©valuation approfondie des effets de la surnatalitĂ© Ă Mayotte sur les politiques publiques est rĂ©alisĂ©e, en tenant compte de la dynamique migratoire, des besoins croissants en matiĂšre dâinfrastructures et des enjeux liĂ©s Ă la cohĂ©sion sociale. Cette Ă©valuation identifie les leviers dâaction disponibles afin de permettre un redressement durable du territoire.
Dans un dĂ©lai dâun an Ă compter de la promulgation de la prĂ©sente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport Ă©valuant les mesures prises par les pouvoirs publics en matiĂšre de lutte contre les reconnaissances frauduleuses de paternitĂ© Ă Mayotte. Ce rapport sâintĂ©resse principalement aux cas impliquant des ressortissants Ă©trangers en situation rĂ©guliĂšre ayant reconnu un enfant Ă©tranger dont ils ne sont pas les gĂ©niteurs, dans le but de permettre Ă ce dernier dâacquĂ©rir la nationalitĂ© française en application du droit du sol.
Dans un dĂ©lai de deux ans Ă compter de la promulgation de la prĂ©sente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport dĂ©crivant le calendrier selon lequel tous les services dĂ©concentrĂ©s de lâĂtat sont installĂ©s Ă Mayotte.
Dans un dĂ©lai dâun an Ă compter de la promulgation de la prĂ©sente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport Ă©laborant un plan de refonte complĂšte du systĂšme de santĂ© Ă Mayotte en complĂ©ment du projet rĂ©gional de santé 2023â2028.
Dans un dĂ©lai dâun an Ă compter de la promulgation de la prĂ©sente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur lâorganisation de la tĂ©lĂ©mĂ©decine Ă Mayotte.
Dans un dĂ©lai de six mois Ă compter de la promulgation de la prĂ©sente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport Ă©valuant la rĂ©partition des compĂ©tences entre lâĂtat et la collectivitĂ© territoriale de Mayotte dans le cadre de la transformation de celleâci en collectivitĂ© exerçant Ă la fois les compĂ©tences dâun dĂ©partement et dâune rĂ©gion.
Ce rapport identifie les politiques publiques dont la gestion est actuellement partagĂ©e ou insuffisamment dĂ©finie, propose une clarification des responsabilitĂ©s entre les deux niveaux de pouvoir et formule des pistes de diffĂ©renciation adaptĂ©es aux spĂ©cificitĂ©s locales, notamment sur le fondement de lâarticle 73 de la Constitution.
Il prĂ©cise les implications en matiĂšre de gouvernance, de ressources humaines et de financement ainsi que les modalitĂ©s de coordination entre les services de lâĂtat et ceux de la collectivitĂ©.
Dans un dĂ©lai de six mois Ă compter de la promulgation de la prĂ©sente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport Ă©valuant les consĂ©quences financiĂšres et rĂ©glementaires du report des opĂ©rations de recensement Ă Mayotte, notamment en matiĂšre de dotations de lâĂtat.
Ă la fin de lâannĂ©e scolaire 2025-2026, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur le fonctionnement des activitĂ©s pĂ©riscolaires Ă Mayotte. Y sont notamment abordĂ©es lâĂ©volution de la formation, lâĂ©volution de la restauration scolaire et la problĂ©matique de la gestion des classes associĂ©e au systĂšme de rotation scolaire.
Délibéré en séance publique, à Paris, le 1er juillet 2025.
 La Présidente,
Signé : Yaël BRAUN-PIVET
RAPPORT ANNEXĂ
INTRODUCTION
Le 14 dĂ©cembre 2024, le cyclone Chido frappait lâarchipel de Mayotte en plein cĆur, causant de nombreux dĂ©gĂąts humains, matĂ©riels et environnementaux. Ce phĂ©nomĂšne dâune ampleur inĂ©dite constitue la catastrophe naturelle la plus importante de lâhistoire rĂ©cente de notre pays.
Le 12 janvier 2025, la tempĂȘte tropicale intense Dikeledi touchait Ă son tour Mayotte. Le coup portĂ© par deux fois par ces Ă©pisodes mĂ©tĂ©orologiques a profondĂ©ment affectĂ© lâexistence quotidienne et lâactivitĂ© des Mahorais, qui vivaient dĂ©jĂ dans des conditions trĂšs difficiles, a affaibli une Ă©conomie dĂ©jĂ fragile et a durablement modifiĂ© les paysages et le cadre de vie des habitants.
Le plan « Mayotte debout », prĂ©sentĂ© par le Premier ministre le 30 dĂ©cembre 2024, se compose de plusieurs mesures visant Ă rĂ©pondre Ă lâurgence mais ayant Ă©galement vocation Ă ĂȘtre mises en Ćuvre dans les phases de reconstruction et de refondation.
LâĂtat a partiellement rĂ©pondu prĂ©sent pour gĂ©rer la crise et rĂ©pondre aux urgences immĂ©diates. La loi n° 2025â176 du 24 fĂ©vrier 2025 dâurgence pour Mayotte a ensuite Ă©tĂ© promulguĂ©e pour constituer lâoutil lĂ©gislatif au service de la reconstruction de Mayotte. Elle vise Ă faciliter le rĂ©tablissement des conditions de vie des Mahorais au moyen de lâadaptation des rĂšgles de construction, dâurbanisme ou de commande publique. Elle comprend Ă©galement diffĂ©rentes mesures de soutien aux habitants et aux entreprises sur le plan Ă©conomique et social.
La prĂ©sente loi de programmation porte quant Ă elle lâambition de donner aux Mahorais les moyens dâexercer leurs droits et de vivre dĂ©cemment, en paix et en sĂ©curitĂ© Ă Mayotte, cent uniĂšme dĂ©partement français, situĂ© dans lâocĂ©an Indien.
LâĂtat souhaite porter une ambition Ă la hauteur de lâattachement des Mahorais Ă la France â rĂ©affirmĂ© avec constance au grĂ© des consultations successives depuis 1974 â, qui sera un levier puissant dans la pĂ©riode de reconstruction et de refondation. LâĂtat sâengage Ă amĂ©liorer considĂ©rablement lâassociation des Ă©lus mahorais et des forces vives du territoire (conseil Ă©conomique, social et environnemental, conseil cadial, associations) Ă ce chantier dâune ampleur inĂ©dite, notamment dans le cadre de lâĂ©tablissement public dĂ©diĂ© Ă la reconstruction.
Le positionnement stratĂ©gique de Mayotte dans le canal du Mozambique appelle un renforcement de lâintĂ©gration rĂ©gionale, dans une logique de rayonnement dans lâocĂ©an Indien, dont lâimportance a Ă©tĂ© rĂ©affirmĂ©e lors du comitĂ© interministĂ©riel des outre-mer du 18 juillet 2023.
Les atouts exceptionnels de Mayotte doivent ĂȘtre confortĂ©s. Ă titre dâexemple, lâextraordinaire patrimoine naturel mahorais â symbolisĂ© par sa biodiversitĂ© marine (coraux, tortues), son lagon Ă double barriĂšre et sa zone Ă©conomique exclusive formant le premier parc marin français ainsi que ses forĂȘts primaires et secondaires, riches dâune biodiversitĂ© indigĂšne et endĂ©mique Ă forte valeur Ă©cologique â doit faire lâobjet dâune approche Ă©quilibrĂ©e entre protection et dĂ©veloppement durable.
Par ce texte, lâĂtat entend crĂ©er les conditions de lâĂ©panouissement Ă Mayotte de la jeunesse mahoraise â source de vitalitĂ© et artisane du Mayotte de demain â et apporter des rĂ©ponses concrĂštes aux espoirs placĂ©s dans la RĂ©publique et ses promesses de sĂ©curitĂ©, de stabilitĂ©, dâĂ©galitĂ© et de prospĂ©ritĂ©. Mayotte, territoire oĂč prĂšs dâun habitant sur deux est ĂągĂ© de moins de 18 ans, attend des signaux clairs pour entretenir la confiance en lâavenir. Des perspectives dâĂ©mancipation en matiĂšre dâacquisition de savoirs, dâopportunitĂ©s dâemploi, dâaccĂšs Ă la culture et Ă la pratique sportive seront dĂ©finies.
ParticuliĂšrement exposĂ©e aux alĂ©as naturels, Mayotte doit ĂȘtre considĂ©rĂ©e comme un territoire vulnĂ©rable quâil convient de protĂ©ger. La prĂ©vention des risques naturels et le dĂ©veloppement dâune vĂ©ritable culture de la gestion de crise et du risque doivent constituer des prioritĂ©s de lâĂtat, en lien avec les collectivitĂ©s.
Chido et Dikeledi, mais aussi la crise de lâeau de 2023, ont mis en lumiĂšre lâampleur des dĂ©fis quâil convient de relever afin de donner aux Mahorais la capacitĂ© de dĂ©velopper leur territoire. Si la dĂ©partementalisation a permis dâengager Mayotte dans un processus de dĂ©veloppement, une loi de programmation ambitieuse doit venir se substituer aux multiples plans stratĂ©giques dont le pilotage et la mise en Ćuvre concrĂšte ne peuvent ĂȘtre considĂ©rĂ©s comme satisfaisants. Ă ce titre, le renforcement des institutions locales, par lâaffirmation de la collectivitĂ© unique et de ses compĂ©tences et la mise en cohĂ©rence des ressources des collectivitĂ©s territoriales avec la rĂ©alitĂ© dĂ©mographique du territoire, sont des impĂ©ratifs pour rĂ©ussir la refondation.
Par le prĂ©sent rapport, lâĂtat reconnaĂźt sans ambiguĂŻtĂ© que les paramĂštres socioâĂ©conomiques hors normes du territoire et le rythme actuel de lâalignement Ă©conomique et social ne permettent pas le dĂ©veloppement et lâattractivitĂ© de Mayotte.
La pression dĂ©mographique â exercĂ©e principalement par lâimmigration clandestine â constitue un facteur majeur de dĂ©stabilisation du territoire, qui met directement en pĂ©ril la paix civile, la sĂ©curitĂ© intĂ©rieure, la souverainetĂ© nationale et la cohĂ©sion sociale Ă Mayotte, affaiblit les services publics et dĂ©grade la qualitĂ© de vie des Mahorais.
Ă lâinstar des autres territoires ultramarins, Mayotte a souffert, durant des annĂ©es, dâun sous-investissement chronique et dâun manque dâefficacitĂ© des politiques rĂ©galiennes, lesquels ont largement contribuĂ© Ă la persistance de conditions de vie particuliĂšrement dĂ©gradĂ©es sur ce territoire.
Ainsi, la loi rĂ©affirme le principe selon lequel la refondation de Mayotte impose de prendre des mesures coercitives visant Ă mettre fin Ă lâimmigration clandestine et Ă dĂ©molir systĂ©matiquement tout habitat informel avec Ă©vacuation immĂ©diate des occupants.
LâĂtat sâengage aussi Ă garantir lâaccĂšs des Mahorais aux biens et aux ressources essentiels :
â lâaccĂšs Ă lâeau potable et Ă lâassainissement constitue une priorité ;
â une trajectoire de souverainetĂ© alimentaire reposant sur le dĂ©veloppement de lâagriculture, de la pĂȘche et de lâaquaculture sera soutenue ;
â une stratĂ©gie de gestion durable des dĂ©chets sera mise en Ćuvre pour rĂ©duire la part de lâenfouissement en dotant Mayotte des Ă©quipements nĂ©cessaires au recyclage et la valorisation ;
â lâoffre de soins sera mise en adĂ©quation avec les besoins des Mahorais ;
â lâoffre de logements fera lâobjet dâune augmentation massive au titre de la reconstruction.
La loi consacre une trajectoire de convergence Ă©conomique et sociale marquĂ©e par lâalignement du salaire minimum de croissance (SMIC) net sur le niveau national en dĂ©cembre 2025. Pour accompagner cet alignement du SMIC, les dispositifs dâexonĂ©ration de cotisations patronales applicables au territoire de Mayotte seront rĂ©formĂ©s en pleine concertation avec les organisations Ă©conomiques du territoire. Par ailleurs, le crĂ©dit dâimpĂŽt pour la compĂ©titivitĂ© et lâemploi (CICE), instrument indispensable Ă la compĂ©titivitĂ© des secteurs dâactivitĂ© structurants de lâĂ©conomie mahoraise, sera maintenu le temps nĂ©cessaire Ă la reconstruction et au rattrapage de lâĂ©conomie du territoire de Mayotte.
La refondation de Mayotte nĂ©cessite de crĂ©er les conditions de lâattractivitĂ©. Pour y parvenir, des mesures ciblĂ©es en soutien aux entreprises, telles que la mise en place dâune zone franche globale, seront mises en Ćuvre.
Plus globalement, le prĂ©sent rapport prĂ©sente un programme dâinvestissements prioritaires dans les infrastructures essentielles afin de soutenir la triple ambition de la refondation : protĂ©ger les Mahorais, garantir lâaccĂšs aux biens et aux ressources essentiels et dĂ©velopper les leviers de la prospĂ©ritĂ© de Mayotte.
1. La refondation de Mayotte impose de prendre des mesures fortes visant Ă lutter plus efficacement contre lâimmigration clandestine et lâhabitat illĂ©gal
1.1. Un renforcement nĂ©cessaire du dispositif opĂ©rationnel de lutte contre lâimmigration clandestine, qui constitue une source de dĂ©stabilisation majeure de la sociĂ©tĂ© mahoraise
Lâimmigration clandestine constitue une menace pour le pacte social Ă Mayotte. Lâobjectif prioritaire est double : lutter plus efficacement contre les dĂ©parts clandestins vers Mayotte et augmenter significativement les retours depuis Mayotte de personnes en situation irrĂ©guliĂšre.
LâopĂ©ration « Mayotte place nette » a permis lâĂ©loignement de 4 200 Ă©trangers en situation irrĂ©guliĂšre, qui viennent sâajouter aux 50 000 reconduites menĂ©es au cours de la pĂ©riode 2022â2023.
La lutte contre ce phĂ©nomĂšne migratoire reposera sur le rĂ©tablissement et le renforcement des capacitĂ©s de surveillance, de dĂ©tection et dâinterception, Ă terre comme en mer.
LâĂ©tude technicoâopĂ©rationnelle relative Ă la lutte contre lâimmigration clandestine Ă Mayotte rĂ©alisĂ©e par la direction des entreprises et partenariats de sĂ©curitĂ© et des armes (DEPSA) du ministĂšre de lâintĂ©rieur servira de base Ă cet effort de renforcement capacitaire. Cette Ă©tude dĂ©taille les moyens humains et techniques du « rideau de fer » censĂ© renforcer la lutte contre lâimmigration clandestine Ă Mayotte, annoncĂ© par le Gouvernement en fĂ©vrier 2024, et comporte un calendrier relatif Ă sa mise en Ćuvre. Elle est communiquĂ©e au comitĂ© de suivi de la loi de programmation pour la refondation de Mayotte.
En matiÚre de détection :
â le renouvellement de lâensemble des radars et lâacquisition de moyens optroniques, balises et drones seront poursuivis ;
â la mise en Ćuvre de bases avancĂ©es pour lâinterception en mer sera Ă©galement Ă©tudiĂ©e ;
â le remplacement des moyens nautiques de la gendarmerie maritime figure parmi les prioritĂ©s.
En matiĂšre dâinterception :
â une trajectoire dâaugmentation du nombre dâintercepteurs opĂ©rationnels vingtâquatre heures sur vingtâquatre sera mise en Ćuvre. Cela impliquera le renouvellement et lâaugmentation de la flotte actuelle ;
â la crĂ©ation dâune base de la marine en eau profonde permettant dây affecter des bĂątiments hauturiers, notamment un patrouilleur outre-mer de nouvelle gĂ©nĂ©ration, en vue de renforcer le contrĂŽle et la maĂźtrise des espaces maritimes ;
â un chantier naval dĂ©diĂ© Ă la maintenance en condition opĂ©rationnelle sera mis en place ;
â le projet de ponton opĂ©rationnel sur lâĂźlot Mtsamboro visant Ă rĂ©duire les temps de ralliement des zones dâinterception sera concrĂ©tisé ;
â la crĂ©ation dâune zone dâattente Ă lâhorizon 2027, en vue de ne pas admettre sur le territoire les Ă©trangers interceptĂ©s en mer ou Ă lâissue de dĂ©barquements sauvages, et dâun nouveau local de rĂ©tention administrative de 48 places en 2026 pour les interpellations Ă terre.
De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, la mobilisation de lâensemble des forces de dĂ©fense et de sĂ©curitĂ© ainsi que des services du ministĂšre de la justice et du ministĂšre des affaires Ă©trangĂšres devra sâaccroĂźtre afin de faire face aux consĂ©quences dâune pression migratoire croissante en provenance des Comores, de Madagascar et, depuis prĂšs de deux ans, des pays de lâAfrique des Grands Lacs.
Le durcissement de la lutte contre lâimmigration clandestine reposera donc sur le renforcement des moyens et des effectifs. Par ailleurs, les nombreuses mesures lĂ©gislatives prĂ©vues dans ce domaine par la prĂ©sente loi participeront de cet objectif prioritaire pour Mayotte.
Sur le sujet spĂ©cifique du droit du sol, le Gouvernement soutient la restriction des conditions dâaccĂšs Ă la nationalitĂ© française.
Les efforts engagĂ©s dans la lutte contre lâĂ©conomie informelle, alimentĂ©e par lâemploi non dĂ©clarĂ© dâĂ©trangers en situation irrĂ©guliĂšre et source de concurrence dĂ©loyale pour les professionnels mahorais, seront poursuivis. LâĂ©conomie informelle contribue Ă la fuite des capitaux, ce qui justifie ainsi le renforcement du contrĂŽle des changes.
Dans le cadre de lâopĂ©ration « Mayotte place nette », 30 hectares de cultures illĂ©gales ont Ă©tĂ© dĂ©truits, 136 745 ⏠de saisies douaniĂšres rĂ©alisĂ©s, 4 tonnes de pĂȘches illĂ©gales et 300 000 ⏠dâavoirs criminels saisis.
Enfin, la lutte contre lâimmigration clandestine passera Ă©galement par le maintien dâun rapport exigeant avec les Ătats voisins, notamment avec les Comores. Tout en mĂ©nageant des espaces de dialogue, la France devra ĂȘtre particuliĂšrement exigeante sur la lutte contre les dĂ©parts clandestins, sur les retours de ressortissants en situation irrĂ©guliĂšre et, plus gĂ©nĂ©ralement, pour rĂ©affirmer sans cesse lâappartenance de Mayotte Ă la RĂ©publique française.
Le ministĂšre des affaires Ă©trangĂšres prend toute sa part de cet effort et restera fortement mobilisĂ© en soutien Ă lâatteinte de cet objectif :
â dans le cadre dâun dialogue bilatĂ©ral exigeant avec les pays dâorigine, notamment avec les Comores, sur le volet migratoire, qui permet de faire valoir la prioritĂ© que constitue pour la France la lutte contre lâimmigration clandestine Ă Mayotte ainsi que la lutte contre les trafics associĂ©s. La coopĂ©ration en matiĂšre de retour a vocation Ă ĂȘtre renforcĂ©e dans le cadre du dialogue migratoire global que la France conduit avec les Comores, conformĂ©ment au plan dâaction conjoint de La Valette (PACV), incluant notamment un soutien accru aux gardeâcĂŽtes comoriens, sous rĂ©serve dâun contrĂŽle strict de lâusage des fonds allouĂ©s et de la publication de rĂ©sultats trimestriels en matiĂšre dâinterceptions, et une lutte renforcĂ©e contre les causes profondes des migrations ;
â dans le cadre de la nĂ©gociation en cours dâaccords bilatĂ©raux avec les pays de la rĂ©gion des Grands Lacs, dâoĂč proviennent un nombre croissant de personnes arrivant Ă Mayotte avec lâaide de rĂ©seaux criminels. Ces accords permettront de dĂ©finir les procĂ©dures opĂ©rationnelles permettant lâidentification et la documentation des personnes en situation irrĂ©guliĂšre, en vue de leur retour. Bien que lâobligation pour un Ătat dâadmettre le retour de ses nationaux dĂ©coule de la coutume internationale, un cadre juridique prĂ©cis facilite les procĂ©dures (dĂ©lais, documents reconnus, points de contact, etc.) ;
â dans le cadre de la lutte renforcĂ©e contre les causes profondes des migrations par le « plan de dĂ©veloppement FranceâComores » (PDFC), qui incorpore des actions de coopĂ©ration dans des secteurs clĂ©s de la prĂ©vention des dĂ©parts tels que la santĂ©, lâĂ©ducation, la formation professionnelle et lâagriculture. Une revue de ces actions de coopĂ©ration est engagĂ©e pour viser Ă davantage dâefficacitĂ© dans la lutte contre les causes profondes des migrations ;
â dans le cadre dâun appui Ă la modernisation de lâĂ©tat civil aux Comores (AMECC), qui a permis des avancĂ©es significatives dans la rĂ©forme du cadre juridique de lâĂ©tat civil. La seconde phase de ce projet (dĂ©marrĂ©e en 2024) vise Ă rendre opĂ©rationnelles ces rĂ©formes par lâinformatisation et le recensement Ă vocation dâĂ©tat civil.
1.2. La nĂ©cessitĂ© de mieux contrĂŽler lâaccĂšs au territoire mahorais
Mayotte a intĂ©grĂ© le champ dâapplication du code de lâentrĂ©e et du sĂ©jour des Ă©trangers et du droit dâasile (CESEDA) le 26 mai 2014, date de lâentrĂ©e en vigueur de lâordonnance n° 2014â464 du 7 mai 2014 portant extension et adaptation Ă Mayotte du code de lâentrĂ©e et du sĂ©jour des Ă©trangers et du droit dâasile (partie lĂ©gislative). Un arrĂȘtĂ© du 4 fĂ©vrier 2015 relatif aux documents et visas exigĂ©s pour lâentrĂ©e sur le territoire de Mayotte prĂ©cise le rĂ©gime de circulation et les conditions dâentrĂ©e des Ă©trangers des pays tiers. Lâordonnance a eu pour objectif de transposer les directives europĂ©ennes relatives Ă la migration lĂ©gale et au retour Ă la suite de lâaccession de Mayotte au statut de rĂ©gion ultrapĂ©riphĂ©rique et de rapprocher le droit applicable du droit commun, sauf adaptations nĂ©cessaires.
Les dispositions lĂ©gislatives adoptĂ©es depuis lors se sont appliquĂ©es Ă Mayotte, sous rĂ©serve de certaines adaptations, en particulier celles motivĂ©es, selon la dĂ©cision du Conseil constitutionnel n° 2018â770 DC du 6 septembre 2018, par les « caractĂ©ristiques et contraintes particuliĂšres » qui permettent au lĂ©gislateur, « afin de lutter contre lâimmigration irrĂ©guliĂšre Ă Mayotte, dây adapter, dans une certaine mesure, non seulement les rĂšgles relatives Ă lâentrĂ©e et au sĂ©jour des Ă©trangers, mais aussi celles rĂ©gissant lâacquisition de la nationalitĂ© française Ă raison de la naissance et de la rĂ©sidence en France ».
Au regard de la situation spĂ©cifique de Mayotte, il apparaĂźt nĂ©cessaire de mieux contrĂŽler lâaccĂšs au territoire mahorais au regard de la pression migratoire particuliĂšre que celuiâci subit.
LâĂtat sâengage Ă rĂ©viser la doctrine dâinterception des embarcations dont le but est lâimmigration clandestine Ă Mayotte.
Un meilleur contrĂŽle passe par un durcissement des conditions dâaccĂšs au sĂ©jour pour lâimmigration familiale en les adaptant Ă la situation particuliĂšre de Mayotte, par une amĂ©lioration des dispositifs de lutte contre les reconnaissances frauduleuses de paternitĂ© et de maternitĂ© et par une rĂ©ponse Ă lâurgence de la situation migratoire au moyen de mesures exceptionnelles en matiĂšre de lutte contre lâimmigration irrĂ©guliĂšre et de facilitation des Ă©loignements. Ce meilleur contrĂŽle passe Ă©galement par le renforcement du dĂ©lit de sĂ©jour irrĂ©gulier.
1.3. Les outils de la fermetĂ© face Ă lâhabitat illĂ©gal, qui constitue une entrave Ă la rĂ©alisation des projets du territoire visant Ă amĂ©liorer le quotidien des Mahorais
Au titre de la reconstruction, une feuille de route « du bidonville au logement » sera finalisĂ©e afin dâaccĂ©lĂ©rer la rĂ©sorption de lâhabitat illĂ©gal et insalubre, en lien avec les collectivitĂ©s territoriales et les acteurs du logement.
Une opĂ©ration dâintĂ©rĂȘt national (OIN) devant mobiliser lâensemble des outils existants et sâappuyer sur un rĂ©gime et des moyens dâexception pour mieux rĂ©sorber les zones dâhabitat informel, dynamiser les projets dâamĂ©nagement, dĂ©velopper lâingĂ©nierie de projet et tenir le calendrier des procĂ©dures sera mise en Ćuvre, en lien avec les collectivitĂ©s territoriales.
Le Gouvernement transmettra aux Ă©lus locaux concernĂ©s le contenu dĂ©taillĂ© de cette opĂ©ration dâintĂ©rĂȘt national. Cette opĂ©ration, fondĂ©e sur des outils juridiques renforcĂ©s, sur une mobilisation exceptionnelle de lâingĂ©nierie et sur des moyens dĂ©rogatoires, devra associer les Ă©lus et les parlementaires du cent uniĂšme dĂ©partement Ă son Ă©laboration, Ă son pilotage et Ă son suivi.
Les trois collectivitĂ©s concernĂ©es (Mamoudzou, DembĂ©ni et Koungou), qui comptent 57 % de lâhabitat prĂ©caire de Mayotte, doivent dĂ©libĂ©rer prochainement pour confirmer leur adhĂ©sion Ă ce projet dâOIN.
Depuis 2019, des opĂ©rations dâĂ©vacuation et de dĂ©molition sont rĂ©alisĂ©es dans le cadre de la loi n° 2018â1021 du 23 novembre 2018 portant Ă©volution du logement, de lâamĂ©nagement et du numĂ©rique. Les opĂ©rations « Wuambushu » en 2023, puis « Mayotte place nette » en 2024 ont permis de passer le cap du millier dâhĂ©bergements rĂ©sorbĂ©s. Toutefois, ces actions Ă caractĂšre temporaire demeurent largement insuffisantes et inadaptĂ©es au regard de lâampleur du phĂ©nomĂšne et relĂšvent davantage de lâaffichage mĂ©diatique que dâune stratĂ©gie Ă long terme.
Les opĂ©rations de rĂ©sorption de lâhabitat indigne vont Ă©galement se poursuivre, avec la destruction programmĂ©e de prĂšs de 1 300 constructions.
Le renforcement de la rĂ©ponse de lâĂtat repose sur une action ciblĂ©e visant les constructions sans droit ni titre dans un secteur dâhabitat informel, en particulier par le renforcement des outils prĂ©vus par la loi n° 2024â322 du 9 avril 2024 visant Ă lâamĂ©lioration et Ă la simplification de la rĂ©novation de lâhabitat dĂ©gradĂ© et des grandes opĂ©rations dâamĂ©nagement.
La prĂ©sente loi porte des dispositifs ambitieux visant Ă renforcer la lutte contre lâhabitat illĂ©gal. Toutefois, elle passera aussi, et mĂȘme avant tout, par un renforcement des effectifs de sĂ©curitĂ© prĂ©sents sur lâĂźle mais aussi par la lutte contre lâimmigration clandestine.
2. La refondation repose sur une triple ambition : protĂ©ger les Mahorais, garantir lâaccĂšs aux biens et aux ressources essentiels et dĂ©velopper les leviers de la prospĂ©ritĂ© de Mayotte
2.1. Protéger les Mahorais
2.1.1. Protéger les Mahorais face aux aléas naturels
Les alĂ©as « vent cyclonique » et « sismique » touchent lâensemble de Mayotte. 92 % du territoire est aussi concernĂ© par dâautres alĂ©as « risques naturels » que sont les glissements de terrain, les inondations, la submersion marine et le recul du trait de cĂŽte.
Les Ă©pisodes sismoâtelluriques liĂ©s Ă lâĂ©ruption du volcan Fani MaorĂ© Ă Â 50 kilomĂštres Ă lâEst de Mayotte ont produit un enfoncement de 13 centimĂštres en Grande Terre et jusquâĂ Â 19 centimĂštres en Petite Terre. Cela renforce lâexposition de certains quartiers au risque dâinondation et lâaccĂ©lĂ©ration de lâĂ©rosion du trait de cĂŽte.
La rĂ©alisation des campagnes scientifiques et la mise en service des outils de surveillance et de prĂ©vision seront soutenues par lâĂtat, de mĂȘme que la rĂ©paration et lâamĂ©lioration du systĂšme de surveillance sismologique. En parallĂšle, lâĂtat mettra en place un observatoire sismo-volcanique pour le volcan sous-marin Fani MaorĂ© apparu lors de lâĂ©ruption de 2018. Le dĂ©ploiement en Petite Terre du radar de MĂ©tĂ©o France destinĂ© Ă la prĂ©vision, Ă lâanticipation et Ă la mesure des phĂ©nomĂšnes mĂ©tĂ©orologiques et sismiques constitue une prioritĂ©.
Les actions de connaissance des sousâsols et des phĂ©nomĂšnes gĂ©ologiques (recherche dâemplacements de forage, connaissance du continuum terreâmer) seront Ă©galement accompagnĂ©es.
La prĂ©servation de la population et le dĂ©veloppement du territoire imposent dâutiliser tous les outils de la prĂ©vention des risques :
â connaissance des alĂ©as ;
â planification spatiale ;
â choix dâamĂ©nagement et dâurbanisme ;
â normes de construction et Ă©quipements spĂ©cifiques ;
â prĂ©paration des acteurs du territoire, dont les acteurs de la sĂ©curitĂ© civile, les entreprises et la population dans son ensemble.
La politique de prĂ©vention des risques doit reposer en premier lieu sur la mise en Ćuvre des plans de prĂ©vention des risques (PPR). Le dĂ©ploiement de 17 PPR naturels communaux traitant des mouvements de terrain, des inondations et des sĂ©ismes et dâun PPR littoral traitant de la submersion marine et du recul du trait de cĂŽte Ă lâĂ©chelle du territoire sera effectuĂ© dâici 2027.
LâĂ©mergence dâune culture et dâune mĂ©moire du risque reprĂ©sente un enjeu fort. LâĂtat mettra en place de maniĂšre prioritaire un plan dâactions de sensibilisation aux risques naturels. Le concours de lâobservatoire national des risques naturels sera recherchĂ©. Une dĂ©marche globale dâĂ©tude et de recherche sur la rĂ©silience des habitats et des systĂšmes hommeâenvironnement sera proposĂ©e, dans lâobjectif de faire de Mayotte un laboratoire de lâadaptation au changement climatique.
En matiĂšre de prĂ©vention des inondations, lâĂtat veillera Ă la bonne mise en Ćuvre du plan de gestion des risques dâinondations (PGRI) couvrant la pĂ©riode 2022â2027.
Au plus tard le 1er mars 2026, le Gouvernement transmet au comitĂ© de suivi de la loi de programmation pour la refondation de Mayotte un Ă©tat des lieux des plans Orsec Ă©tablis sur les risques Ă Mayotte ainsi que des prĂ©conisations dâĂ©volution.
LâĂ©tat des lieux, prĂ©vu Ă lâalinĂ©a prĂ©cĂ©dent, portant sur lâorganisation de la rĂ©ponse de sĂ©curitĂ© civile (plans Orsec) sera complĂ©tĂ© de recommandations portant sur la crĂ©ation dâune rĂ©serve de moyens destinĂ©e Ă la sauvegarde et au soutien des populations.
2.1.2. ProtĂ©ger les Mahorais face Ă lâinsĂ©curitĂ©
La refondation impose une rĂ©ponse de fermetĂ© absolue face Ă lâinsĂ©curitĂ© endĂ©mique qui menace la paix civile et lâintĂ©gritĂ© du territoire national, en lien avec la lutte contre lâimmigration irrĂ©guliĂšre.
Pour lâannĂ©e 2024, les forces de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure font Ă©tat de :
â 227 procĂ©dures relatives Ă des violences intrafamiliales ;
â 1 940 faits dâatteinte volontaire Ă lâintĂ©gritĂ© physique, dont 5 homicides et 35 tentatives dâhomicide ;
â 2 255 faits dâatteinte aux biens ;
â 2 354 faits dâatteinte Ă la tranquillitĂ© publique ;
â 169 faits de violence dans les transports scolaires.
GrĂące au renforcement des infrastructures et des effectifs, lâĂtat sâengage Ă garantir aux Mahorais la sĂ©curitĂ© et la tranquillitĂ© publiques.
Le doublement des effectifs de police et de gendarmerie depuis 2017 a permis et permet toujours de conduire des opĂ©rations (« Shikandra », « Wuambushu », « Mayotte place nette ») qui ont obtenu des rĂ©sultats significatifs en matiĂšre dâarrestations et dâĂ©loignements.
Les opĂ©rations « Wuambushu » et « Mayotte place nette » ont notamment permis lâarrestation de 160 cibles prioritaires.Â
La stratĂ©gie de lâĂtat en matiĂšre de lutte contre lâinsĂ©curitĂ© reposera sur une action en profondeur et de long terme, que des opĂ©rations spĂ©cifiques pourront accĂ©lĂ©rer.
Pour renforcer les effectifs, lâĂtat organisera la formation de 300 gendarmes et policiers auxiliaires mahorais pour assister les unitĂ©s locales et se prĂ©parer Ă exercer les missions de sĂ©curitĂ©.
Lâengagement de lâĂtat en matiĂšre de maintien durable de lâordre public consiste, par ailleurs, Ă gĂ©nĂ©raliser et Ă faciliter le dispositif de prolongation des postes des gardiens de la paix et des officiers, lorsque ceux-ci souhaitent sâĂ©tablir Ă Mayotte au delĂ de la durĂ©e maximale de six ans.
Pour favoriser le recrutement de Français dâoutre-mer dans la gendarmerie, la police nationale et les polices municipales, lâĂtat sâengage Ă crĂ©er des Ă©coles de formation aux mĂ©tiers de la sĂ©curitĂ© Ă Mayotte.
LâĂtat sâengage Ă©galement Ă valoriser le travail des forces de lâordre en rĂ©visant les dispositifs dâindemnisation des fonctionnaires de police en mobilitĂ© Ă Mayotte, afin de les rendre plus attractifs et de les Ă©tendre au personnel administratif et aux policiers adjoints.
La crĂ©ation dâune antenne de lâOffice de lutte contre le trafic illicite de migrants (OLTIM) en 2023 renforce la lutte contre les filiĂšres de passeurs, et en prioritĂ© les filiĂšres africaines. En 2023, six filiĂšres ont Ă©tĂ© dĂ©mantelĂ©es et de lourdes condamnations, allant jusquâĂ sept ans dâemprisonnement, ont Ă©tĂ© prononcĂ©es.
LâĂtat engagera un renforcement spĂ©cifique des moyens de la gendarmerie avec :
â la crĂ©ation des brigades de DzoumognĂ© (10 gendarmes) et Bandrele (10 gendarmes) et du peloton de surveillance et dâintervention de la gendarmerie (PSIG) de DembĂ©ni (20 gendarmes) ;
â le renfort du centre opĂ©rationnel de renseignement de la gendarmerie (5 gendarmes) ;
â des renforts de police judiciaire (10 effectifs).
LâĂtat sâengage Ă renforcer son action pour lutter contre lâimmigration illĂ©gale en mer grĂące Ă la mise en place de diffĂ©rents dispositifs militaires maritimes :
â la construction dâun rĂ©seau de sĂ©maphores le long des points stratĂ©giques de Mayotte pour amĂ©liorer la surveillance et la dĂ©tection prĂ©coce de mouvements illĂ©gaux ;
â lâinstallation de ballons dâobservation de type TâC60, dĂ©veloppĂ©s par lâAeroâNautic Services & Engineering (A-NSE), pour instaurer une couverture aĂ©rienne plus Ă©tendue sur le territoire mahorais.
La mise en adĂ©quation du fonds interministĂ©riel de prĂ©vention de la dĂ©linquance (FIPD) avec les besoins exprimĂ©s par les autoritĂ©s locales sera rĂ©alisĂ©e dâici le 31 dĂ©cembre 2026.
Le maintien de lâeffort opĂ©rationnel et le renforcement des effectifs et des moyens des forces de sĂ©curitĂ© sâaccompagneront dâinvestissements pour soutenir le systĂšme judiciaire et carcĂ©ral :
â une cour dâappel sera créée Ă Mayotte dans un dĂ©lai de cinq ans Ă compter de la promulgation de la prĂ©sente loi ;
â la construction dâune citĂ© judiciaire sera engagĂ©e, avec un objectif de dĂ©but des travaux en 2025 ;
â un centre Ă©ducatif fermĂ© sera construit. Lâobjectif de lancement des travaux sera Ă©galement fixĂ© Ă Â 2025 ;
â un deuxiĂšme centre pĂ©nitentiaire, dâune capacitĂ© de 400 places et incluant un centre de semiâlibertĂ© de 20 places, sera construit. Le dĂ©but des travaux est prĂ©vu en 2027 ;
â à Mayotte, les effectifs de la protection judiciaire pour la jeunesse ainsi que ceux de lâaide sociale Ă lâenfance seront renforcĂ©s.
Dans un dĂ©lai de trois mois Ă compter de la promulgation de la prĂ©sente loi, un calendrier prĂ©visionnel du dĂ©roulement des travaux ainsi quâune programmation budgĂ©taire seront communiquĂ©s au comitĂ© de suivi de la loi de programmation de refondation de Mayotte.
La montĂ©e en puissance des effectifs de police et de gendarmerie Ă Mayotte sâaccompagnera dâune action de formation. En particulier, tous les magistrats affectĂ©s Ă Mayotte seront formĂ©s Ă la lutte contre les violences intrafamiliales, en particulier les violences sexuelles.
Le nombre dâintervenants sociaux dans les commissariats et les gendarmeries va croĂźtre Ă mesure que seront dĂ©ployĂ©s des effectifs supplĂ©mentaires de police et de gendarmerie.
En lien avec le secteur associatif, le dispositif « nouveau dĂ©part » sera dĂ©ployĂ© Ă Mayotte au plus tard le 1er janvier 2026 en vue dâorganiser une prise en charge rapide, globale et adaptĂ©e des victimes.
Enfin, la prĂ©sente loi porte en elleâmĂȘme des mesures visant Ă renforcer les capacitĂ©s dâaction des forces de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure. Les dispositions sont notamment relatives aux visites domiciliaires aux fins de recherche dâarmes, Ă la remise des armes ou Ă la possibilitĂ© offerte aux officiers et agents de police judiciaire de traverser un local tiers â y compris un domicile â pour pĂ©nĂ©trer dans les lieux Ă usage professionnel.
2.1.3. Mayotte, une prioritĂ© de la stratĂ©gie de dĂ©fense française dans lâocĂ©an Indien
Dans un contexte de concurrence rĂ©gionale et internationale et de militarisation accĂ©lĂ©rĂ©e qui modifient les Ă©quilibres actuels et augmentent le niveau de menace dans la zone, la protection de Mayotte et des territoires sous souverainetĂ© française dans le canal du Mozambique constitue une prioritĂ© de la stratĂ©gie de dĂ©fense française dans lâocĂ©an Indien.
Ainsi, le positionnement des forces armĂ©es dans la zone sud de lâocĂ©an Indien (FAZSOI) en tant que force de souverainetĂ© et force de prĂ©sence continuera Ă ĂȘtre affirmĂ© par la conduite de missions de souverainetĂ© dans les zones maritimes affĂ©rentes Ă Mayotte et dâactions de coopĂ©ration rĂ©gionale avec les forces armĂ©es de la zone sud de lâocĂ©an Indien.
Les FAZSOI poursuivront leur action de lutte contre la piraterie, la pĂȘche illicite et les trafics de toute nature, en particulier le narcotrafic.
LâĂtat sera particuliĂšrement vigilant face Ă toute tentative dâingĂ©rence Ă©trangĂšre ou de dĂ©veloppement du fondamentalisme religieux visant Ă dĂ©stabiliser le territoire et mettre en pĂ©ril la paix civile Ă Mayotte.
Le fondamentalisme religieux ne doit pas venir fragiliser le modĂšle de lâislam mahorais, qui repose sur lâautoritĂ© des cadis et lâentraide et qui reprĂ©sente lâun des ciments du vivreâensemble de lâarchipel, dans le respect de la loi n° 2021â1109 du 24 aoĂ»t 2021 confortant le respect des principes de la RĂ©publique.
La prĂ©sence stratĂ©gique dâunitĂ©s des FAZSOI sur lâĂźle sera confortĂ©e et renforcĂ©e. Le 5e rĂ©giment Ă©tranger bĂ©nĂ©ficiera dâune augmentation de ses effectifs de 30 % Ă lâhorizon 2030, avec la mise en place des capacitĂ©s supplĂ©mentaires prĂ©vues dans la loi de programmation militaire, parmi lesquelles figurent des moyens du gĂ©nie.
Le format de la base navale de Mayotte sera adaptĂ© afin de participer Ă la surveillance permanente des approches maritimes du territoire mahorais (via le poste de commandement de lâaction de lâĂtat en mer) et dâassurer le soutien des bĂątiments de la marine nationale basĂ©s ou faisant escale Ă Mayotte. Lâaugmentation du nombre des navires intercepteurs des forces de sĂ©curitĂ© intĂ©rieure fera lâobjet dâune Ă©tude particuliĂšre afin de permettre lâidentification dâun lieu propice aux opĂ©rations de maintenance dĂ©diĂ©es Ă ces vecteurs.
2.2. Garantir aux Mahorais lâaccĂšs aux biens et aux ressources essentiels
Le 3 fĂ©vrier 2025, le ministĂšre des armĂ©es a dĂ©cidĂ© la crĂ©ation dâun bataillon temporaire de reconstruction de lâĂźle, afin dâengager les premiers chantiers, en prĂ©alable de la reconstruction pĂ©renne de Mayotte. Entre 350 et 400 soldats sont ainsi mobilisĂ©s au service des Mahorais. Le bataillon temporaire de reconstruction en renfort restera mobilisĂ©, autant que de besoin, sur les chantiers identifiĂ©s revĂȘtant un caractĂšre dâurgence, en liaison avec les collectivitĂ©s territoriales. Ă terme, il cĂšdera ses missions aux moyens du gĂ©nie, quâil est prĂ©vu de dĂ©ployer de maniĂšre pĂ©renne Ă Mayotte, dans le cadre de la loi n° 2023â703 du 1er aoĂ»t 2023 relative Ă la programmation militaire pour les annĂ©es 2024 Ă Â 2030.
2.2.1. Garantir lâaccĂšs des Mahorais Ă lâeau potable et Ă lâassainissement : des investissements programmĂ©s
LâaccĂšs Ă lâeau potable constitue une prioritĂ© pour Ă©viter la prĂ©carisation chronique des Mahorais dĂ©jĂ soumis Ă de fortes carences. Les Ă©pisodes rĂ©currents de stress hydrique affectent directement la qualitĂ© de vie des habitants et freinent le dĂ©veloppement Ă©conomique.
Les collectivitĂ©s territoriales de Mayotte ont dĂ©lĂ©guĂ© leurs compĂ©tences de distribution dâeau et de gestion de lâassainissement collectif au syndicat mixte « Les Eaux de Mayotte » (LEMA), maĂźtre dâouvrage des principaux travaux relatifs Ă lâalimentation en eau potable et Ă lâassainissement des eaux usĂ©es.
Le syndicat LEMA fait lâobjet dâun accompagnement de lâĂtat dans le cadre dâun contrat dâaccompagnement renforcé (2024â2027). Un contrat de progrĂšs 2022â2026 dĂ©finit les objectifs et les performances du syndicat en matiĂšre de gouvernance, de gestion du patrimoine et de qualitĂ© du service rendu aux usagers en matiĂšre dâeau potable et dâassainissement.
Le sousâinvestissement dans la production et le rĂ©seau de distribution durant plusieurs dĂ©cennies, lâimpact de la pression dĂ©mographique sur lâĂ©quilibre entre lâoffre et la demande ainsi que des Ă©pisodes de sĂ©cheresse rĂ©currents expliquent cette situation.
Pour remĂ©dier Ă celleâci, le « plan eau Mayotte » portant sur des actions Ă mener entre 2024 et 2027 est en cours de mise en Ćuvre, pour un montant cumulĂ© de 730 millions dâeuros dâinvestissement. Ce plan a Ă©tĂ© prĂ©cĂ©dĂ© dâune rĂ©organisation du syndicat LEMA.
Le « plan eau Mayotte » doit permettre dâĂ©viter les crises rĂ©currentes liĂ©es au manque de disponibilitĂ© dâeau potable et dâamĂ©liorer le rĂ©seau dâassainissement, notamment en prĂ©voyant des Ă©tudes et des travaux destinĂ©s :
â à équiper Mayotte dâune deuxiĂšme usine de dessalement Ă Ironi BĂ©, opĂ©rationnelle en 2026, dâune troisiĂšme retenue collinaire opĂ©rationnelle et de rĂ©servoirs tampons ;
â à promouvoir la rĂ©alisation de nouveaux forages et de captages supplĂ©mentaires en riviĂšre ;
â à dĂ©velopper un programme de recherche de fuites et de rĂ©parations ;
â à raccorder lâensemble des logements licites au rĂ©seau de distribution dâeau potable ;
â à amĂ©liorer lâassainissement collectif : financement de nouvelles stations dâĂ©puration, extension des rĂ©seaux et remise Ă niveau des anciennes installations ;
â à pourvoir Mayotte de moyens temporaires destinĂ©s Ă fournir de lâeau entre aujourdâhui et la mise en service de la seconde usine de dessalement en 2027, notamment de bateauxâusines de dessalement de lâeau de mer ;
â à soutenir les collectivitĂ©s territoriales et les habitants par une politique massive de rĂ©cupĂ©ration des eaux de pluie.
LâĂtat sâengage Ă la rĂ©alisation des deux infrastructures prioritaires que reprĂ©sentent la deuxiĂšme usine de dessalement dâIroni BĂ©, aprĂšs avoir apportĂ© des garanties en termes de protection de lâenvironnement, et la troisiĂšme retenue collinaire dâOuroveni.
Dans le cadre de lâaccompagnement du syndicat LEMA, lâĂtat poursuit un objectif de fin des « tours dâeau » au profit dâune eau courante disponible en continu sur tout le territoire dâici la fin de lâannĂ©e 2026.
Lâenjeu de ces prochaines annĂ©es est ainsi le maintien de lâeffort dâinvestissement et dâentretien des installations. Cela concernera en particulier la sĂ©curisation de lâusine de dessalement de Petite Terre, qui est exposĂ©e Ă lâĂ©rosion du trait de cĂŽte et pour laquelle des travaux dâextension seront rĂ©alisĂ©s. Un calendrier des travaux de sĂ©curisation de cette usine de dessalement sera Ă©laborĂ© avant le 1er dĂ©cembre 2025 et transmis au comitĂ© de suivi de la loi de programmation pour la refondation de Mayotte. Les infrastructures de production et de distribution de lâeau et dâassainissement feront lâobjet dâune Ă©tude prĂ©alable systĂ©matique et dâune concertation avec les acteurs compĂ©tents, afin dâintĂ©grer les impĂ©ratifs dâadaptation au changement climatique, notamment par le recours aux Ă©nergies renouvelables et Ă des solutions fondĂ©es sur la nature telles que la reforestation, les filtres plantĂ©s ou encore la gestion intĂ©grĂ©e des bassins versants.
Le stockage et la rĂ©cupĂ©ration des eaux de pluies seront facilitĂ©s et encouragĂ©s pour les mĂ©nages, dans les conditions prĂ©vues par lâarrĂȘtĂ© du 12 juillet 2024 relatif aux conditions sanitaires dâutilisation dâeaux impropres Ă la consommation humaine pour des usages domestiques pris en application de lâarticle R. 1322â94 du code de la santĂ© publique.
Des actions de formation et dâappui technique seront mises en place pour renforcer lâingĂ©nierie locale au sein des collectivitĂ©s territoriales pour la gestion de lâeau et lâoptimisation des infrastructures.
Un plan de rĂ©novation et de redimensionnement des infrastructures de distribution dâeau potable sera mis en Ćuvre afin de garantir les principes de continuitĂ©, dâĂ©galitĂ© et dâadaptabilitĂ© du service public.
Le stockage et la récupération des eaux de pluie seront facilités et encouragés pour les ménages.
En particulier, seront encouragĂ©es les solutions et les sources alternatives dâaccĂšs Ă lâeau (multiplication des bornes fontaines, stockage et rĂ©cupĂ©ration des eaux de pluie, distribution de contenants propres, accompagnement Ă lâutilisation des eaux de surface) dans les zones oĂč le service public de lâeau nâest pas suffisant ou efficient.
Dans lâattente de la mise en service effective des futures infrastructures stratĂ©giques (deuxiĂšme usine de dessalement, troisiĂšme retenue collinaire), lâĂtat sâengage, en lien avec les collectivitĂ©s territoriales, Ă Ă©tudier toute solution nouvelle susceptible de soutenir la rĂ©silience du territoire Ă court terme.
En matiĂšre dâassainissement, les diffĂ©rents projets contenus dans le contrat de progrĂšs 2022â2026 seront rĂ©alisĂ©s. Il sâagit principalement de travaux sur les rĂ©seaux et les stations de traitement des eaux usĂ©es.
LâĂtat sâengage Ă ce que lâensemble des infrastructures de distribution dâeau potable aient Ă©tĂ© rĂ©novĂ©es dâici 2027.
En complĂ©ment des 60 millions dâeuros dâinvestissements prĂ©vus en 2025, lâĂtat sâengage Ă augmenter les moyens allouĂ©s au « plan eau Mayotte » en fonction des besoins.
Le Gouvernement sâengage Ă transmettre aux Ă©lus locaux, avant le 1er juillet 2025, lâĂ©tude de lâinspection gĂ©nĂ©rale de lâenvironnement et du dĂ©veloppement durable portant sur le retour dâexpĂ©rience de la crise de lâeau Ă Mayotte.
Un nouveau « plan eau Mayotte » sera élaboré avant le 31 décembre 2027 et son élaboration sera concertée en amont avec les élus locaux.
2.2.2. Garantir aux Mahorais un accĂšs rĂ©gulier et financiĂšrement abordable Ă lâĂ©lectricitĂ©
Face aux alĂ©as naturels, lâĂtat mettra en Ćuvre les mesures nĂ©cessaires afin de garantir la rĂ©silience des installations de production et de distribution dâĂ©lectricitĂ©. LâĂ©quipement systĂ©matique en groupes Ă©lectrogĂšnes des services dâintĂ©rĂȘt gĂ©nĂ©ral doit notamment contribuer Ă la rĂ©silience.
Pour lâĂ©lectricitĂ© comme pour lâensemble des fluides, lâopportunitĂ© dâenfouissement des rĂ©seaux fera lâobjet dâune analyse systĂ©matique en cas de travaux.
Pour rĂ©pondre aux attentes de la population mahoraise en termes de qualitĂ© du service public de la production, de la distribution et de la commercialisation de lâĂ©lectricitĂ©, une nouvelle programmation pluriannuelle de lâĂ©nergie sera trĂšs prochainement adoptĂ©e. Lâengagement de lâĂtat au sein dâĂlectricitĂ© de Mayotte, de façon directe ou indirecte, sera examinĂ© dans ce cadre.
LâĂtat, conjointement avec ĂlectricitĂ© de Mayotte, garantit aux habitants de Mayotte une Ă©lectricitĂ© Ă prix raisonnable. Pour cela, un renforcement du contrĂŽle des prix et des marges dans le secteur de lâĂ©nergie est dĂ©ployĂ©.
LâĂtat sâengage Ă soutenir les travaux permettant de raccorder lâensemble des logements licites au rĂ©seau Ă©lectrique.
2.2.3. Ătablir une trajectoire de souverainetĂ© alimentaire pour le territoire passant par le dĂ©veloppement de lâagriculture, de la pĂȘche et de lâaquaculture
Mayotte dispose dâun plan de souverainetĂ© alimentaire depuis le 7 juillet 2023. Ce plan fixe une trajectoire Ă lâhorizon 2030, avec par exemple un objectif de taux de couverture des besoins de 90 % Ă Â 100 % pour les fruits et lĂ©gumes frais, de 10 % de production locale pour la volaille de chair et de 100 % pour les Ćufs.
Un plan rĂ©gional de lâagriculture durable 2023â2029 a Ă©galement Ă©tĂ© approuvĂ© le 11 septembre 2024. Il dĂ©finit 78 actions concourant Ă lâobjectif de faire du secteur primaire un moteur majeur du dĂ©veloppement endogĂšne et durable.
MalgrĂ© les dĂ©gĂąts causĂ©s par le passage de Chido et Dikeledi, lâĂtat rĂ©affirme lâobjectif de mise en Ćuvre des plans stratĂ©giques dâici 2030. Les principaux axes sont :
â la mise Ă jour du cadastre relative au foncier agricole ;
â lâamĂ©lioration de lâaccĂšs aux ressources fonciĂšres et la rĂ©habilitation des pistes rurales dans les zones Ă potentiel agricole ;
â le soutien Ă la professionnalisation de lâagriculture et lâamĂ©lioration des conditions dâexploitation ;
â le renforcement de la traçabilitĂ© et de la rĂ©gularisation des activitĂ©s agricoles ;
â le reboisement du territoire ;
â le soutien Ă la structuration des filiĂšres, la montĂ©e en gamme des produits de lâagriculture et la valorisation des modĂšles agricoles mahorais ;
â lâaccompagnement des acteurs agricoles dans leurs dĂ©marches financiĂšres.
LâĂtat accompagnera Ă©troitement les professionnels du secteur dans lâaccomplissement des dĂ©marches relatives au fonds de secours pour les outreâmer (FSOM), dont lâobjet est dâindemniser les pertes de rĂ©colte et de fonds des exploitations, ainsi quâau rĂ©gime dâaide exceptionnelle en faveur des exploitations agricoles de Mayotte Ă la suite des pertes agricoles considĂ©rables causĂ©es par le passage de Chido.
Une attention toute particuliÚre sera portée au redressement et au développement :
â des filiĂšres fruitiĂšres et maraĂźchĂšres, pour rĂ©duire au maximum le dĂ©lai de retour en production ;
â du secteur agroalimentaire local, qui a vocation Ă ĂȘtre lâun des piliers de la souverainetĂ© alimentaire, en particulier grĂące Ă la production laitiĂšre, de volailles et dâĆufs. Il est créé un campus des mĂ©tiers de la mer, Ă©tablissement public local Ă©ducatif et professionnel, sous la double tutelle des ministres chargĂ©s de lâĂ©ducation nationale et de la mer ;
â des filiĂšres dâexcellence telles que la production de vanille ou dâylangâylang.
Une attention particuliĂšre sera Ă©galement portĂ©e Ă la nĂ©cessitĂ© de sĂ©curiser lâusage agricole de lâeau dans les exploitations, par lâinvestissement dans des Ă©quipements de prĂ©lĂšvement dâeau agricole et de rĂ©cupĂ©ration des eaux de pluie.
Le Gouvernement prĂ©sente, dans le cadre du projet de loi de finances pour 2026, un plan dâurgence de rattrapage Ă©ducatif pour Mayotte.
Alors que la filiĂšre agricole a Ă©tĂ© particuliĂšrement affectĂ©e par le passage du cyclone Chido, lâĂtat se positionne en soutien des agriculteurs pour la relance des exploitations et des cultures, afin dâaccĂ©lĂ©rer la production de fruits et lĂ©gumes sur le territoire. DĂšs lors, lâĂtat sâengage Ă renforcer le soutien aux exploitations agricoles touchĂ©es par le passage du cyclone Chido et Ă accĂ©lĂ©rer le paiement de lâindemnisation promise en janvier 2025.
Dans cette pĂ©riode de rĂ©organisation de lâagriculture mahoraise, lâĂtat sera particuliĂšrement vigilant sur lâaugmentation des moyens de lutte contre lâagriculture informelle et lâimportation illĂ©gale de pesticides.
La structuration de la filiĂšre pĂȘche est nĂ©cessaire pour que le territoire bĂ©nĂ©ficie des retombĂ©es Ă©conomiques issues de la ressource halieutique de la zone Ă©conomique exclusive. Cette structuration implique la crĂ©ation dâun comitĂ© rĂ©gional des pĂȘches maritimes et des Ă©levages marins Ă lâhorizon 2027. LâĂtat soutiendra sa mise en place ainsi que celle dâune structure prĂ©figuratrice de ce comitĂ©.
LâĂtat accompagnera les investissements nĂ©cessaires Ă la formation des pĂȘcheurs professionnels et Ă la structuration des points de dĂ©barquement des produits de la pĂȘche, en particulier par la mise en place de pontons, la mise en service des halles de pĂȘche, le financement des poissonneries et la transformation locale.
LâĂtat apportera un appui, en particulier par la mobilisation du fonds europĂ©en pour les affaires maritimes, la pĂȘche et lâaquaculture, aux Ă©ventuels projets portĂ©s par les collectivitĂ©s ou les professionnels pour relancer le secteur de lâaquaculture.
Pour soutenir la professionnalisation des filiĂšres, lâĂtat veillera Ă la cohĂ©rence de lâoffre de formation initiale et de formation continue disponible sur le territoire, quâil sâagisse des mĂ©tiers de la mer ou de lâagriculture. Il est créé Ă Mayotte une universitĂ© de lâocĂ©an Indien, Ă©tablissement public Ă caractĂšre scientifique, culturel et professionnel relevant du ministre chargĂ© de lâenseignement supĂ©rieur.
Les recettes liĂ©es aux redevances des armateurs seychellois constituent des fonds prioritaires pour le dĂ©veloppement de la filiĂšre pĂȘche mahoraise.
Dans le contexte post-cyclonique et compte tenu de la persistance des tensions sur les prix de nombreux produits de premiĂšre nĂ©cessitĂ© Ă Mayotte, le Gouvernement veillera Ă ce que les dispositifs dâencadrement des prix et des marges mis en place par le dĂ©cret n° 2024â1184 du 18 dĂ©cembre 2024 portant dĂ©claration de lâĂ©tat de calamitĂ© naturelle exceptionnelle Ă Mayotte pour une durĂ©e de six mois puissent ĂȘtre prolongĂ©s ou relayĂ©s, aussi longtemps que les conditions de marchĂ© resteront anormales. Ces mesures viseront Ă garantir un accĂšs abordable aux biens essentiels pour la population mahoraise, en particulier dans les secteurs marquĂ©s par une forte concentration Ă©conomique.
LâĂtat renforcera les instruments de surveillance et de rĂ©gulation des marchĂ©s Ă Mayotte, notamment dans les secteurs essentiels oĂč des positions dominantes entravent le bon fonctionnement de la concurrence. Il sâappuiera sur lâobservatoire des prix, marges et revenus de Mayotte, dont les moyens et les prĂ©rogatives seront consolidĂ©s, ainsi que sur lâAutoritĂ© de la concurrence, appelĂ©e Ă intervenir plus activement sur le territoire.
2.2.4. Garantir lâaccĂšs Ă une Ă©ducation de qualitĂ© dans le dĂ©partement le plus jeune de France
Lâengagement structurant de lâĂtat consiste Ă mettre totalement fin Ă la rotation scolaire et au dispositif de classes itinĂ©rantes en vue de la rentrĂ©e 2027. Les parents de lâenfant qui naĂźtra Ă partir de 2025 sauront que, lorsquâil entrera au cours prĂ©paratoire, il bĂ©nĂ©ficiera de vingtâquatre heures dâĂ©cole par semaine.
Le dynamisme de la population scolaire est avĂ©rĂ©, avec +34 % dâĂ©lĂšves entre 2013 et 2023. Il manquait globalement 1 200 classes avant le cyclone Chido pour rĂ©pondre aux besoins.
Il y sera remĂ©diĂ© avec un investissement dâampleur. LâĂtat devait dĂ©jĂ contribuer, dans le cadre du contrat de convergence et de transformation, Ă la construction des classes de primaire et Ă lâaugmentation des capacitĂ©s dans le secondaire Ă hauteur de 680 millions dâeuros ainsi quâĂ lâextension de lâuniversitĂ© de Mayotte Ă hauteur de 12 millions dâeuros. Ce programme de construction implique Ă©galement le dĂ©doublement des classes de CP et de CE1, afin de garantir un meilleur accompagnement pĂ©dagogique. Chaque plan de construction par Ă©tablissement devra Ă©galement prĂ©voir la construction et lâamĂ©nagement dâun rĂ©fectoire. Dans ce cadre, lâĂ©cole pour tous sera affirmĂ©e comme une prioritĂ©, notamment par le dĂ©ploiement des pĂŽles dâappui Ă la scolaritĂ© et de dispositifs de scolarisation destinĂ©s aux Ă©lĂšves en situation de handicap. LâĂtat rappelle fermement lâobligation de scolarisation de lâensemble des enfants dont les reprĂ©sentants lĂ©gaux sont en situation rĂ©guliĂšre sur le territoire mahorais, en application du dĂ©cret n° 2020â811 du 29 juin 2020 prĂ©cisant les piĂšces pouvant ĂȘtre demandĂ©es Ă lâappui dâune demande dâinscription sur la liste prĂ©vue Ă lâarticle L. 136â6 du code de lâĂ©ducation, relatif Ă la simplification de lâinscription scolaire.
En complĂ©ment, face Ă lâampleur des dommages liĂ©s au cyclone, lâĂtat participera Ă la reconstruction des bĂątiments publics, sur la base dâune enveloppe de 100 millions dâeuros votĂ©e dans la loi n° 2025â127 du 14 fĂ©vrier 2025 de finances pour 2025, et assumera un rĂŽle de conduite dâopĂ©rations dans cette pĂ©riode de crise.
Ă Mayotte, permettre Ă chaque Ă©lĂšve de bĂ©nĂ©ficier dâun repas Ă©quilibrĂ© et adaptĂ© aux besoins nutritionnels des enfants rĂ©pond Ă un enjeu fort de santĂ© publique et dâĂ©ducation Ă lâalimentation. Certains enfants ne bĂ©nĂ©ficient que dâun repas par jour servi Ă lâĂ©cole. Dans ce contexte alarmant, lâĂtat sâengage Ă Ă©tablir un plan pluriannuel de programmation du renforcement de lâoffre de restauration scolaire. Les cantines scolaires seront approvisionnĂ©es en prioritĂ© par des aliments issus de la production locale du dĂ©partement.
Lâengagement structurant de lâĂtat consiste Ă©galement Ă mettre en place un moratoire sur la prise en charge par lâĂ©cole publique des enfants dont les parents sont en situation irrĂ©guliĂšre.
Le Gouvernement transmettra au comitĂ© de suivi de la loi de programmation pour la refondation de Mayotte un Ă©tat dĂ©taillĂ© des mesures prĂ©vues dans le cadre du plan dâinvestissement majeur destinĂ© Ă mettre fin, Ă lâhorizon 2031, au systĂšme de rotation scolaire Ă Mayotte et Ă garantir, dĂšs la rentrĂ©e de cette annĂ©e-lĂ , un enseignement de 24 heures hebdomadaires pour chaque Ă©lĂšve de cours prĂ©paratoire. Le Gouvernement prĂ©cise Ă©galement les objectifs, le calendrier et les moyens associĂ©s au plan dâattractivitĂ© et de fidĂ©lisation des enseignants prĂ©vu en 2025, destinĂ© Ă renforcer la prĂ©sence et la stabilitĂ© du corps enseignant dans le dĂ©partement de Mayotte.
Lâengagement structurant de lâĂtat consiste Ă©galement Ă recruter de nouveaux enseignants du premier degrĂ© en mettant en place des concours locaux complĂ©mentaires.
Il consiste également à développer des services publics de transports scolaires sûrs, notamment par bus, et à sécuriser les déplacements des enfants.
Il consiste aussi Ă renforcer les heures de français Ă lâĂ©cole primaire et au collĂšge Ă Mayotte et Ă mettre en place des cours de français obligatoires et gratuits pour les parents dâĂ©lĂšves ne maĂźtrisant pas ou maĂźtrisant mal la langue française.
LâuniversitĂ© de Mayotte conduira une politique dâouverture rĂ©gionale en vue dâoffrir des mobilitĂ©s Ă ses Ă©tudiants Ă lâĂ©chelle de lâocĂ©an Indien. Cet Erasmus de lâocĂ©an Indien contribuera Ă sa montĂ©e en puissance en vue de devenir une universitĂ© de plein exercice.
Dans le cadre de la refondation, lâoffre de formation de lâuniversitĂ© de Mayotte sera renforcĂ©e, afin dâorienter un nombre plus important dâĂ©tudiants vers lâenseignement. Se prĂ©munir contre lâinstabilitĂ© des Ă©quipes suppose de former au maximum des enseignants issus du territoire. En complĂ©ment, au cours de lâannĂ©e 2025, il sera Ă©tabli un plan dâattractivitĂ© et de fidĂ©lisation des enseignants. Ses modalitĂ©s font lâobjet dâun dialogue social. Il reposera Ă la fois sur des incitations indemnitaires renforcĂ©es et sur une valorisation des annĂ©es dâexercice Ă Mayotte dans le dĂ©roulement de la carriĂšre des enseignants.
LâĂtat propose un plan pour renforcer la filiĂšre professionnelle et dĂ©velopper des formations en adĂ©quation avec les besoins de reconstruction du territoire.
Le ministĂšre chargĂ© de lâemploi sera tout particuliĂšrement impliquĂ© dans le soutien Ă lâapprentissage et Ă la formation continue.
2.2.5. Mettre en adĂ©quation lâoffre de soins avec les besoins des Mahorais
Mayotte est caractĂ©risĂ©e par une dynamique dĂ©mographique, le niveau de vie mĂ©dian le plus faible de France, trois quarts de la population vivant sous le seuil de pauvretĂ©, une alimentation peu variĂ©e et une prĂ©valence importante de lâobĂ©sitĂ©.
Concernant les maladies non transmissibles, un surârisque est constatĂ© Ă Mayotte par rapport Ă lâhexagone concernant lâhypertension artĂ©rielle (HTA), la santĂ© buccoâdentaire dĂ©faillante, le diabĂšte de type 2, lâinfarctus du myocarde et les maladies coronariennes, les insuffisances respiratoires chroniques, les accidents vasculaires cĂ©rĂ©braux (AVC) et la cirrhose hĂ©patique.
LâĂtat sâengage Ă la fois Ă dĂ©velopper lâoffre de soins et Ă renforcer sa politique de santĂ© publique ou de prĂ©vention.
Le systĂšme de soins mahorais est principalement organisĂ© autour du centre hospitalier de Mayotte (CHM), qui concentre la totalitĂ© des capacitĂ©s hospitaliĂšres et qui rĂ©alise Ă©galement lâessentiel des consultations et des soins de premier recours. Il se trouve aujourdâhui engorgĂ© et saturĂ© en raison de lâimmigration de masse.
LâĂtat effectuera des travaux dâampleur pour moderniser le site du CHM de Mamoudzou. Il dĂ©veloppera lâoffre de soins sur lâensemble du territoire mahorais, avec la montĂ©e en puissance des centres mĂ©dicaux de rĂ©fĂ©rence et la rĂ©ouverture de tous les dispensaires. Un calendrier dâinvestissement pour les travaux de modernisation du CHM de Mamoudzou et la rĂ©ouverture de lâensemble des dispensaires de lâĂźle seront assurĂ©s avant le 31 dĂ©cembre 2025.
Les centres mĂ©dicaux de rĂ©fĂ©rence, au nombre de quatre, maillent le territoire de Mayotte. LâĂtat veille Ă leur donner une existence juridique propre et ainsi Ă permettre que lâautoritĂ© sanitaire puisse dĂ©finir une rĂ©elle prise en charge de la politique pĂ©rinatale Ă Mayotte. Un calendrier pour la rĂ©organisation territoriale des centres mĂ©dicaux de rĂ©fĂ©rence sera Ă©laborĂ© avant le 31 dĂ©cembre 2025.
LâĂtat sâengage Ă renforcer lâoffre de soins Ă Mayotte par la construction dâun second site hospitalier, qui demeure une prioritĂ© absolue. Un plan dâinvestissement et un calendrier des travaux pour la construction du second site hospitalier seront Ă©laborĂ©s avant le 31 dĂ©cembre 2025 et transmis au comitĂ© de suivi de la loi de programmation pour la refondation de Mayotte. La construction de ce second hĂŽpital Ă©tant attendue depuis 2019, lâĂtat sâengage Ă ce que les travaux dĂ©marrent avant 2027.
Afin de mieux prendre en compte les besoins spĂ©cifiques liĂ©s Ă la forte croissance dĂ©mographique et aux difficultĂ©s structurelles du systĂšme de santĂ© Ă Mayotte, lâĂtat sâengage Ă rĂ©viser le coefficient gĂ©ographique applicable aux financements des Ă©tablissements de santĂ© de ce territoire. Cette rĂ©vision devra permettre une compensation plus juste des surcoĂ»ts liĂ©s Ă lâinsularitĂ©, aux charges de fonctionnement, Ă la faiblesse des Ă©quipements, au sous-dimensionnement des effectifs mĂ©dicaux et Ă la pression dĂ©mographique exceptionnelle constatĂ©e dans le dĂ©partement.Â
La restructuration de lâoffre de soins mahoraise et la consolidation du maillage territorial doivent sâaccompagner dâune dĂ©marche renforcĂ©e visant Ă attirer et Ă fidĂ©liser les professionnels de santĂ© Ă Mayotte. Dans la continuitĂ© des efforts dĂ©jĂ engagĂ©s ces derniĂšres annĂ©es, le Gouvernement prĂ©sentera en 2025 un plan attractivitĂ©âfidĂ©lisation visant Ă mieux valoriser lâengagement des professionnels de santĂ© Ă Mayotte, Ă consolider lâoffre de formation (notamment avec la crĂ©ation dâun deuxiĂšme institut de formation en soins infirmiers au plus tard en 2026 et la crĂ©ation dâun institut rĂ©gional du travail social) et Ă structurer des partenariats avec des Ă©tablissements de lâhexagone.
LâĂtat sâengage Ă©galement Ă Ă©tudier les modalitĂ©s de crĂ©ation de centres de santĂ© et de maisons de santĂ© pluriprofessionnelles afin de favoriser le regroupement de mĂ©decins et dâautres professionnels de santĂ© et dâoffrir des structures collectives pour lâexercice de la mĂ©decine libĂ©rale. Des mesures pouvant favoriser lâinstallation de pharmacies dâofficine Ă proximitĂ© de ces structures seront Ă©galement envisagĂ©es.
LâĂtat sâengage par ailleurs Ă crĂ©er les conditions du dĂ©veloppement de la mĂ©decine de ville. Ă la suite du cyclone, lâagence rĂ©gionale de santĂ© a accompagnĂ© les professionnels dans leur reprise dâactivitĂ©, en proposant notamment une aide de 5 000 ⏠pour permettre dâopĂ©rer les premiers travaux nĂ©cessaires de restructuration du bĂąti et de rĂ©ouverture de lâoffre de soins libĂ©rale.
Dans le but de mettre en place une premiĂšre annĂ©e de mĂ©decine en « parcours dâaccĂšs spĂ©cifique santé » (PASS) Ă Mayotte dĂšs la rentrĂ©e scolaire 2028, lâĂtat sâengage :
â à installer une classe prĂ©paratoire publique Ă Mayotte ainsi quâun internat et des logements du centre rĂ©gional des Ćuvres universitaires et scolaires (CROUS) ;
â à signer une convention avec lâuniversitĂ© de La RĂ©union permettant aux Ă©tudiants mahorais de bĂ©nĂ©ficier de places rĂ©servĂ©es en PASS Ă La RĂ©union et de bĂ©nĂ©ficier de places dans le cadre de procĂ©dures passerelles ;
â dans le mĂȘme temps, Ă Ă©tablir des partenariats avec dâautres universitĂ©s et Ă constituer un corps dâenseignants permettant de mettre en place Ă Mayotte cette premiĂšre annĂ©e de mĂ©decine, comme le prĂ©voit le plan « Mayotte debout ».
Enfin, le Gouvernement veille Ă accompagner une politique de santĂ© publique pour le territoire. Ă titre dâexemple, des actions dâinformation et dâaccĂšs aux services de santĂ© en matiĂšre de sexualitĂ© et de procrĂ©ation, notamment Ă la contraception, Ă lâinterruption volontaire de grossesse et aux dĂ©pistages et aux traitements des infections sexuellement transmissibles (IST), seront menĂ©es en faveur de la santĂ© sexuelle des Mahoraises et des Mahorais. Un plan dâinvestissement et un calendrier pour la mise en place des actions dâinformation et dâaccĂšs aux services de santĂ© en matiĂšre de sexualitĂ© et de procrĂ©ation Ă Mayotte seront Ă©laborĂ©s avant le 31 dĂ©cembre 2025.
Dans le champ du handicap, 31,3 millions dâeuros seront dĂ©ployĂ©s avant 2031 au titre du dĂ©veloppement de nouvelles solutions. Concernant les personnes ĂągĂ©es, 9,1 millions dâeuros seront affectĂ©s au dĂ©veloppement dâune offre mĂ©dicoâsociale.
La maison dĂ©partementale des personnes handicapĂ©es (MDPH) continuera dâĂȘtre accompagnĂ©e pour faciliter les parcours des personnes.
La dĂ©faillance du service public sâagrandit de jour en jour Ă Mayotte, faute dâinvestissement. En septembre 2020, le DĂ©fenseur des droits affirmait que les droits fondamentaux nâĂ©taient « pas effectifs » sur lâarchipel, notamment du fait du « manque de soins ». En effet, Mayotte ne compte que 260 mĂ©decins pour plus de 320 000 habitants et le nombre de lits dâhospitalisation disponibles reprĂ©sente Ă peine 40 % de la moyenne nationale. Depuis le cyclone Chido, la situation est alarmante.
Face Ă ces constats, lâĂtat sâengage Ă Â :
â dĂ©velopper un plan pluriannuel dâinvestissement dans la santĂ©, notamment dans les Ă©quipements ;
â rouvrir les maternitĂ©s et engager un plan de recrutement de sages-femmes ;
â accĂ©lĂ©rer la construction du second hĂŽpital annoncĂ© dĂšs 2019 par Emmanuel Macron et maintenir lâhĂŽpital provisoire tant quâil nâest pas opĂ©rationnel ;
â garantir la santĂ© publique pour toutes et tous ;
â dĂ©velopper un pĂŽle santĂ© et lâoffre de formation en santĂ© Ă Mayotte.
LâĂtat mettra en Ćuvre Ă Mayotte une politique publique volontariste visâĂ âvis du diabĂšte.
2.2.6. Atteindre lâĂ©galitĂ© rĂ©elle immĂ©diatement par un alignement Ă©conomique et social et atteindre 99,9 % de lâobjectif de 2031 au 1er janvier 2027Â
Lâalignement Ă©conomique, qui devra sâachever Ă Â 99,9 % au 1er janvier 2027, sera crĂ©ateur de richesses pour le plus grand nombre et facilitera lâalignement social.
La convergence sociale consiste Ă aligner immĂ©diatement le systĂšme de protection sociale de Mayotte (santĂ©, famille, retraites, emploi), autant en matiĂšre de prestations sociales et de droits que dâobligations et de sources de financement.
Ă Mayotte, le SMIC horaire brut est de 8,98 euros, contre 11,88 euros dans le reste de la France, et le revenu de solidaritĂ© active (RSA) y est fixĂ© Ă Â 50 % du montant versĂ© dans lâhexagone. Dâautres aides sociales sont Ă©galement moins Ă©levĂ©es Ă Mayotte, telles les allocations familiales. Le complĂ©ment familial, lâallocation de rentrĂ©e scolaire (ARS), la prime dâactivitĂ©, lâallocation aux adultes handicapĂ©s (AAH), le RSA et les aides au logement sont soumis Ă des conditions nettement moins favorables. Au vu de ces disparitĂ©s inacceptables, lâĂtat sâengage Ă aligner le SMIC et les prestations sociales sur les niveaux de lâhexagone dĂšs la promulgation de la prĂ©sente loi.
Le processus de convergence doit Ă©galement permettre une revalorisation des pensions de retraite, afin dâamĂ©liorer le niveau de vie des retraitĂ©s Ă Mayotte.
En complĂ©ment, en 2026, la complĂ©mentaire santĂ© solidaire gratuite sera attribuĂ©e automatiquement aux bĂ©nĂ©ficiaires de lâallocation aux adultes handicapĂ©s et de lâallocation spĂ©ciale pour les personnes ĂągĂ©es et la protection universelle maladie sera dĂ©ployĂ©e Ă Mayotte, pour amĂ©liorer lâaccĂšs aux soins.
LâĂtat affirme un principe de prioritĂ© du travail et de la reconnaissance, notamment pĂ©cuniaire, de celuiâci. Câest pourquoi la convergence du SMIC net sera effective au plus tard en dĂ©cembre 2025. La mise en place de la zone franche globale rendra, par ailleurs, ce renchĂ©rissement du coĂ»t du travail soutenable pour les entreprises. DĂšs lâalignement du SMIC net Ă Mayotte sur le SMIC net national, la prime dâactivitĂ© sera, en cohĂ©rence, Ă©galement fixĂ©e Ă Â 100 % de sa valeur nationale.
La convergence du niveau des allocations individuelles de solidaritĂ© interviendra concurremment Ă celle du SMIC net. Cela vaut notamment pour le RAS et lâAAH, mais aussi pour les prestations familiales, y compris la prestation dâaccueil du jeune enfant.
Dans le champ du handicap, 22 millions dâeuros seront dĂ©ployĂ©s pour de nouvelles solutions pour les personnes en situation de handicap lourd et 7 millions pour des formes dâhĂ©bergement adaptĂ©es.
Concernant lâorganisation de la sĂ©curitĂ© sociale, la caisse de mutualitĂ© sociale agricole dâArmorique est aujourdâhui gestionnaire de la protection sociale des agriculteurs mahorais, sauf pour les prestations familiales et lâaccueil de proximitĂ©, assurĂ©s par la caisse de sĂ©curitĂ© sociale de Mayotte. Dans des dĂ©lais permettant dâassurer la continuitĂ© et la qualitĂ© du service rendu, la caisse de sĂ©curitĂ© sociale de Mayotte renforcera progressivement son implication dans la gestion des exploitants agricoles en vue de lâassurer Ă partir de 2028.
2.2.7. Augmenter massivement lâoffre de logement dans le cadre de la reconstruction
En complĂ©ment des actions engagĂ©es en faveur de la rĂ©sorption de lâhabitat illĂ©gal, lâĂtat doit porter une politique ambitieuse en matiĂšre de construction de logements neufs, en lien avec les opĂ©rateurs et les collectivitĂ©s territoriales.
Lâobjectif de reconstruction de 24 000 logements au cours des dix prochaines annĂ©es, avec une livraison de 1 500 logements dĂšs 2027, sera ajustĂ© Ă la lumiĂšre des conclusions de la mission interâinspections chargĂ©e de lâĂ©valuation des dĂ©gĂąts causĂ©s par le cyclone Chido. En matiĂšre de logement social, la dĂ©clinaison territoriale du futur plan logement dĂ©diĂ© aux outreâmer (PLOM) dĂ©finira, dĂšs 2025, un objectif de constructions annuelles de logements sociaux, Ă hauteur de 1 500 logements supplĂ©mentaires par an, comprenant un objectif spĂ©cifique de logements locatifs trĂšs sociaux, partagĂ© avec lâensemble des acteurs. LâaccessibilitĂ© sera pensĂ©e en amont de chaque projet.
Les constructions nĂ©cessaires au titre de lâoffre sanitaire et mĂ©dicoâsociale seront notamment considĂ©rĂ©es comme prioritaires.
La rĂ©alisation des projets de renouvellement urbain portĂ©s par lâAgence nationale pour la rĂ©novation urbaine (ANRU) Ă Mayotte constitue un objectif prioritaire de lâĂtat, qui continuera Ă accompagner les collectivitĂ©s territoriales dans ces opĂ©rations. Les conventions de renouvellement urbain de Koungou, Mamoudzou et Petite Terre, qui reprĂ©sentent 119 millions dâeuros dâinvestissement, dont 71 millions dâeuros dâaides de lâANRU, sont aujourdâhui engagĂ©es entre 70 % et 100 % et lâensemble des investissements seront engagĂ©s dâici juin 2026.
La crĂ©ation dâun nouvel Ă©tablissement public dans le prolongement de la loi dâurgence pour Mayotte, une politique volontariste de titrisation associant le conseil dĂ©partemental et une meilleure dĂ©limitation des zones Ă bĂątir au moyen du schĂ©ma dâamĂ©nagement rĂ©gional doivent permettre de mieux mobiliser le foncier au profit de la construction de logements.
La rĂ©gularisation du cadastre fera lâobjet dâun plan dâaction spĂ©cifique mis au point par lâĂtat et les collectivitĂ©s territoriales. LâĂtat sâengage Ă fournir un calendrier indiquant les objectifs annuels en matiĂšre de rĂ©gularisation ainsi quâĂ renforcer les moyens mis Ă la disposition de la commission dâurgence fonciĂšre.
LâĂtat veillera Ă associer la commission dâurgence fonciĂšre, acteur essentiel de cette phase de rĂ©gularisation fonciĂšre, Ă la rĂ©alisation de ces travaux et Ă renforcer ces moyens dâaction.
LâĂ©tablissement public de la reconstruction viendra renforcer significativement lâingĂ©nierie Ă Mayotte, nĂ©cessaire pour rĂ©aliser efficacement et rapidement les infrastructures ou opĂ©rations dâamĂ©nagement dâampleur attendues par la population.
AmĂ©nageurs, bailleurs et constructeurs pourront bĂ©nĂ©ficier des simplifications du droit de lâurbanisme prĂ©vues par les rĂ©cents textes pour accompagner lâeffort de reconstruction. La crĂ©ation prochaine de lâopĂ©ration dâintĂ©rĂȘt national (OIN) Ă Mamoudzou, DembĂ©ni et Koungou permettra aussi de mobiliser des outils spĂ©cifiques.
LâĂtat sera vigilant visâĂ âvis des coĂ»ts de construction et de lâaccĂšs aux matĂ©riaux. Les rĂšgles de construction et celles qui rĂ©gissent lâapprovisionnement en matĂ©riaux feront ainsi lâobjet dâun travail dâadaptation, comme lâa prĂ©vu la loi n° 2025â176 du 24 fĂ©vrier 2025 dâurgence pour Mayotte, sans nĂ©gliger les impĂ©ratifs de qualitĂ© et de sĂ©curitĂ© pour les Mahorais, notamment en matiĂšre dâadaptation aux alĂ©as naturels.
Un plan de formation des artisans et des trĂšs petites et petites et moyennes entreprises (TPE/PME) sera dĂ©clinĂ© rapidement, tandis que les Mahorais bĂ©nĂ©ficieront de conseils sâagissant de lâautoconstruction. Lâinformation de la population sur les dispositifs dâaide et dâaccompagnement en matiĂšre dâhabitat sera notamment amĂ©liorĂ©e grĂące Ă lâAgence dâinformation sur le logement de Mayotte (ADIL 976), agréée le 7 fĂ©vrier 2025.
Les marchĂ©s publics passĂ©s dans le cadre de la reconstruction de Mayotte pourront faire lâobjet dâune clause spĂ©cifique rĂ©servant un taux minimal des travaux Ă rĂ©aliser aux trĂšs petites entreprises locales. La mĂȘme clause pourra surpondĂ©rer le score des entreprises non locales qui sâengagent Ă recruter la main dâĆuvre mahoraise pour la durĂ©e des travaux.
2.2.8. Veiller Ă la prĂ©servation de lâenvironnement grĂące Ă la gestion durable des dĂ©chets, Ă la transition Ă©nergĂ©tique et Ă la restauration de la forĂȘt
98 % des dĂ©chets mĂ©nagers et assimilĂ©s Ă Mayotte sont traitĂ©s par enfouissement. Le territoire dispose dâune importante marge de progression en termes de dĂ©veloppement des filiĂšres dâĂ©conomie circulaire.
La sortie du toutâenfouissement constitue une prioritĂ© en matiĂšre de traitement des dĂ©chets.
Lâenjeu pour Mayotte est de sâengager dans une trajectoire ambitieuse en matiĂšre de rattrapage structurel, qui reposera sur le dĂ©veloppement :
â des infrastructures nĂ©cessaires au rattrapage ;
â des filiĂšres de valorisation et de recyclage ;
â des dĂ©marches innovantes de prĂ©vention des dĂ©chets (rĂ©emploi, rĂ©paration).
Dans le respect de la stratĂ©gie « du berceau Ă la tombe », lâĂtat, en lien avec les collectivitĂ©s territoriales et le syndicat intercommunal pour la gestion et le traitement des dĂ©chets de Mayotte, organise le retrait des vĂ©hicules hors dâusage et leur transfert hors de lâarchipel en vue de leur recyclage.
Un calendrier des investissements traduisant la trajectoire de ce rattrapage structurel ainsi que du rattrapage du traitement des déchets laissés par les suites du cyclone Chido sera transmis avant le 31 décembre 2025 au comité de suivi de la loi de programmation pour la refondation de Mayotte.
Ă court terme, lâĂtat engagera une rĂ©flexion prioritaire sur lâhypothĂšse de lâinstallation dâune unitĂ© de valorisation Ă©nergĂ©tique et transmettra une Ă©tude de faisabilitĂ© au comitĂ© de suivi avant le 31 dĂ©cembre 2025.
Dans cet effort de rattrapage, lâĂtat soutiendra les investissements relatifs aux dĂ©chĂšteries fixes ou mobiles, au fonctionnement optimal de lâactuelle installation de stockage des dĂ©chets non dangereux (ISDND) de DzoumognĂ© ou aux centres de tri multifiliĂšres.
LâĂtat veillera Ă la mobilisation de lâensemble des acteurs de la gestion durable des dĂ©chets : Ă©coâorganismes, collectivitĂ©s, syndicat, entreprises, population, associations. Lâaccompagnement de lâAgence de lâenvironnement et de la maĂźtrise de lâĂ©nergie (ADEME) sera recherchĂ©.
Ă titre dĂ©rogatoire compte tenu du nombre dâhabitants concernĂ©s, pour une durĂ©e de cinq ans, le Gouvernement sâengage Ă prĂ©voir, dans le cadre des lois de finances, que le syndicat mixte de collecte et traitement des dĂ©chets mĂ©nagers de Mayotte est Ă©ligible Ă la dotation dâĂ©quipement des territoires ruraux ; il sâengage Ă rendre Ă©galement Ă©ligible le syndicat mixte Ă la dotation de soutien Ă lâinvestissement local ainsi quâau « fonds vert ».
La refondation de Mayotte doit conduire à sortir le territoire de la dépendance aux énergies fossiles, importées à hauteur de 98 %.
La politique Ă©nergĂ©tique guidĂ©e par les programmations pluriannuelles de lâĂ©nergie (PPE) sera mise Ă jour afin de doter le territoire dâobjectifs au moins jusquâĂ lâhorizon 2028.
La stratĂ©gie qui sera dĂ©finie veillera notamment Ă prĂ©voir des projets en matiĂšre de conversion aux Ă©nergies marines et Ă la biomasse liquide des installations actuelles et Ă fixer des objectifs en matiĂšre dâaugmentation de la puissance installĂ©e en photovoltaĂŻque et en Ă©nergies marines.
LâĂtat, en lien avec les acteurs de gestion locale, dote Mayotte dâun programme de transition Ă©nergĂ©tique et dâun schĂ©ma rĂ©gional de lâĂ©nergie avant 2027.
Une stratĂ©gie de reboisement sera mise en Ćuvre pour restaurer la forĂȘt mahoraise, qui reprĂ©sente 16 % du territoire. Son Ă©laboration et sa mise en Ćuvre reposeront sur une coopĂ©ration entre les services de lâĂtat, lâOffice national des forĂȘts et le conseil dĂ©partemental, avec lâappui du Conservatoire botanique national de Mascarin, du conseil scientifique du patrimoine naturel de Mayotte, des associations environnementales et des gestionnaires des aires protĂ©gĂ©es.
Cette stratĂ©gie accordera une importance toute particuliĂšre Ă la lutte contre les mises en culture illĂ©gales durant la saison des pluies, Ă la lutte contre les incendies dĂšs le retour de la saison sĂšche ainsi quâĂ la lutte contre les espĂšces exotiques envahissantes.
La dĂ©finition de cette stratĂ©gie sâappuiera sur un diagnostic Ă©cologique prĂ©alable permettant notamment de distinguer les zones capables de se rĂ©gĂ©nĂ©rer naturellement et devant ĂȘtre strictement protĂ©gĂ©es de celles oĂč des interventions de reboisement ciblĂ©es sont nĂ©cessaires. Dans ces derniĂšres, les espĂšces Ă planter devront impĂ©rativement ĂȘtre endĂ©miques ou indigĂšnes, avec une provenance locale contrĂŽlĂ©e, en lien avec les pĂ©piniĂšres existantes ou en cours de crĂ©ation sur le territoire.Â
Ce diagnostic Ă©cologique sera le prĂ©alable Ă lâĂ©laboration dâune feuille de route sur la restauration des Ă©cosystĂšmes forestiers mahorais, en cohĂ©rence avec le rĂšglement (UE) 2024/1991 du Parlement europĂ©en et du Conseil du 24 juin 2024 relatif Ă la restauration de la nature et modifiant le rĂšglement (UE) 2022/869. Cette feuille de route sera Ă©laborĂ©e par la direction de lâenvironnement, de lâamĂ©nagement, du logement et de la mer de Mayotte en associant notamment le conseil scientifique du patrimoine naturel de Mayotte ainsi que les associations environnementales et les gestionnaires des aires protĂ©gĂ©es.
Ces actions doivent ĂȘtre coordonnĂ©es, scientifiquement encadrĂ©es et couplĂ©es Ă un renforcement massif des actions de surveillance et de police de lâenvironnement ainsi que des moyens accrus dĂ©volus Ă la justice.
3. Développer les leviers de la prospérité de Mayotte
3.1. Le prĂ©alable dâun recensement exhaustif pour bĂątir lâavenir de Mayotte
LâĂtat sâengage Ă rĂ©aliser un recensement dĂ©mographique exhaustif de la population rĂ©sidant Ă Mayotte. Ă lâissue de ce recensement, lâĂtat procĂšdera Ă une actualisation de ses dotations attribuĂ©es aux collectivitĂ©s territoriales de Mayotte, afin de reflĂ©ter les donnĂ©es dĂ©mographiques actualisĂ©es. Cette actualisation interviendra dĂšs la transmission des donnĂ©es provisoires aux communes.
Ce recensement devra intervenir dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi.
3.2. Grandir et se construire Ă Mayotte : crĂ©er les conditions dâun Ă©panouissement de la jeunesse sur le territoire
Dans le cadre de la refondation, lâĂtat sâengage Ă rĂ©aliser les investissements nĂ©cessaires pour donner Ă la jeunesse mahoraise des perspectives dâĂ©panouissement Ă Mayotte.
LâĂtat poursuivra le dĂ©veloppement des services et des infrastructures nĂ©cessaires Ă une sociĂ©tĂ© Ă©panouie et apaisĂ©e. Les Ă©quipements et les infrastructures du sport et de la culture seront soutenus (mise Ă niveau et aux normes des Ă©quipements existants) et dĂ©veloppĂ©s (financement de nouveaux Ă©quipements en cas de carences sur le territoire concernĂ©).
La refondation de Mayotte accordera une part importante Ă lâaccompagnement des actions culturelles.
Le pĂŽle culturel de Chirongui, unique Ă©quipement culturel professionnel de lâĂźle, consacrĂ© aux arts contemporains pourra servir de source dâinspiration pour renforcer le maillage des institutions culturelles du territoire.
Une attention particuliĂšre sera portĂ©e Ă la sĂ©curisation et Ă la mise en valeur des monuments historiques. LâaccĂšs Ă la culture et la connaissance du patrimoine historique de Mayotte contribueront Ă lâĂ©veil des jeunes habitants de Mayotte.
Au delĂ de lâaction en faveur de lâĂ©cole prĂ©cĂ©demment Ă©voquĂ©e, lâĂtat sâengage en matiĂšre dâoffre pĂ©riscolaire. Il sera dĂ©ployĂ© dĂšs 2025 un fonds de soutien au dĂ©veloppement des activitĂ©s pĂ©riscolaires. Celui-ci se traduira par un financement au titre des activitĂ©s pĂ©riscolaires de chaque Ă©lĂšve. En parallĂšle, le fonds pour le dĂ©veloppement de la vie associative verra sa dotation doubler en 2025 pour soutenir les associations de bĂ©nĂ©voles.
LâĂtat sâengage Ă faire de lâorientation des jeunes vers lâemploi une prioritĂ© et Ă favoriser les dispositifs dâinsertion professionnelle et sociale des jeunes Ă Mayotte. Dans ce cadre, Ă partir du 1er janvier 2026, les moyens de la mission locale seront adaptĂ©s au nombre de jeunes Ă accompagner et aux difficultĂ©s du territoire.
Lâinsertion de la jeunesse mahoraise sera par ailleurs soutenue par lâextension du service militaire adaptĂ© (SMA), avec la crĂ©ation dâune antenne Ă Chirongui pour un montant de 14 millions dâeuros. La reconstruction du site de Combani, particuliĂšrement affectĂ© par le passage de Chido, fera lâobjet dâune mobilisation financiĂšre de lâĂtat Ă hauteur de 10 millions dâeuros.
Le rĂ©giment du service militaire adaptĂ© de Mayotte accompagne prĂšs de 700 bĂ©nĂ©ficiaires par an, volontaires stagiaires et volontaires techniciens. Il atteint un taux dâinsertion de 85 %.
Son offre repose sur 22 filiĂšres de formation professionnelle et de remobilisation vers lâemploi (bĂątiment et travaux publics, services, sĂ©curitĂ©, logistique, restauration). Les formations sâadaptent chaque annĂ©e aux besoins du territoire.
LâĂtat sâengage Ă accueillir 1 000 volontaires par an Ă partir de 2031, en visant un taux de fĂ©minisation largement accru. En complĂ©ment, les Ă©quipes dâencadrement seront densifiĂ©es pour offrir une formation dâune qualitĂ© encore renforcĂ©e et permettre lâaccueil de parents cĂ©libataires.
Parmi ces volontaires, certains seront affectĂ©s aux opĂ©rations de recensement conduites par lâInstitut national de la statistique et des Ă©tudes Ă©conomiques.
LâĂtat sâengage par ailleurs Ă faciliter lâengagement des jeunes. Afin de dynamiser leur engagement, le cadre du service civique sera temporairement adaptĂ© pour permettre aux jeunes de sâengager et dâagir au bĂ©nĂ©fice de la population de Mayotte.
3.3. Travailler et vivre Ă Mayotte : attirer et fidĂ©liser les talents en crĂ©ant les conditions de lâattractivitĂ©
LâattractivitĂ© de Mayotte est un enjeu majeur car Mayotte a besoin de tous les talents pour franchir les nouvelles Ă©tapes dĂ©crites dans le prĂ©sent rapport.
Ce besoin dâattractivitĂ© est multiple : pour le secteur privĂ©, pour le secteur public et pour le maintien ou le retour des forces vives de Mayotte.
On peut dâores et dĂ©jĂ noter deux facteurs communs Ă cette dĂ©marche dâattractivité : la poursuite de lâamĂ©lioration de la situation sĂ©curitaire et lâaugmentation de lâoffre de logements, toutes deux prĂ©vues dans la stratĂ©gie de refondation. Ă titre dâexemple, le projet de casernement de la police Ă Mamoudzou sera menĂ© Ă bien au plus vite.
Lâoffre de logements pour les fonctionnaires, notamment ceux qui viennent en renfort dans cette phase dâaccompagnement de Mayotte, sera dynamisĂ©e par le recours Ă des prototypes, expĂ©rimentĂ©s dĂšs 2025. Dâautres solutions de logement seront encouragĂ©es, incluant le logement des Ă©tudiants.
Parmi les missions de lâĂ©tablissement public figureront une mobilisation et une optimisation du foncier public pour mettre Ă disposition davantage de logements.
De plus, il sera procĂ©dĂ© Ă une rĂ©vision complĂšte des quartiers prioritaires de la ville, qui sâattachera Ă la mise en cohĂ©rence avec les zones prioritaires scolaires.
Au sein des services de lâĂtat sera mise en place une cellule « attractivitĂ©, mobilitĂ©, proximité » chargĂ©e dâaccompagner les agents publics dans la recherche dâun logement en vue de leur arrivĂ©e Ă Mayotte.
Il sera dĂ©ployĂ© de nouvelles incitations pour les agents de la fonction publique, en particulier la possibilitĂ© de choix dâaffectation aprĂšs une durĂ©e de poste Ă Mayotte de trois ans au minimum. En parallĂšle, des missions plus courtes seront largement autorisĂ©es, dans une logique de « rĂ©alisation personnelle » au service de nos compatriotes mahorais.
Dans les secteurs les plus en tension, des plans dâattractivitĂ© et de fidĂ©lisation seront dĂ©ployĂ©s. Cela vaut en particulier pour les professionnels de santĂ© et les professionnels du secteur mĂ©dicoâsocial.
3.4. Créer de la valeur à Mayotte : créer les conditions du développement économique
Créer les conditions du développement économique à Mayotte implique de prendre les mesures concourant :
1° Au dĂ©senclavement de Mayotte : le dĂ©veloppement des infrastructures portuaires et aĂ©roportuaires constitue une prioritĂ© en termes dâinvestissement ;
2° à la fluidification des échanges sur le territoire :
a) La mise en place dâun rĂ©seau de transport multimodal reposant sur la modernisation des infrastructures ainsi que sur le dĂ©veloppement des transports interurbains et des navettes maritimes devra ĂȘtre rĂ©alisĂ©e ;
b) Le rĂ©seau 5G sera dĂ©ployĂ© sur lâensemble du territoire dĂšs 2025 ;
c) Dâici 2027, le rĂ©seau de fibre optique sera dĂ©ployĂ© sur lâensemble du territoire, avec un appui financier public de 50 millions dâeuros dans le cadre du plan « France trĂšs haut dĂ©bit » ;
3° à la relance de lâactivitĂ© des entreprises locales :
a) Une zone franche globale sera mise en place Ă compter du 1er janvier 2026 pour relancer un tissu Ă©conomique durement touchĂ© par Chido et Dikeledi et accĂ©lĂ©rer la transition de lâĂ©conomie informelle vers lâĂ©conomie dĂ©clarĂ©e. Une attention particuliĂšre sera portĂ©e aux microentreprises, qui constituent la majeure partie des entreprises mahoraises et se caractĂ©risent par une certaine vulnĂ©rabilitĂ© en termes de trĂ©sorerie et de capitalisation. Ă cette fin, lâĂtat se fixe pour objectif de dĂ©terminer le poids et les caractĂ©ristiques du secteur informel mahorais afin de valoriser les initiatives innovantes et pĂ©rennes, dâaccompagner la sortie des activitĂ©s concernĂ©es du secteur informel et de lever les freins Ă cette sortie ;
b) Les filiĂšres Ă©conomiques locales particuliĂšrement affectĂ©es par Chido seront accompagnĂ©es pour se relever et poursuivre les objectifs des stratĂ©gies de dĂ©veloppement Ă©laborĂ©es avant le passage du cyclone. Cela sera notamment le cas de la filiĂšre touristique. Le rĂ©tablissement et le dĂ©veloppement de lâoffre hĂŽteliĂšre, la formation des acteurs du tourisme ainsi que la relance des activitĂ©s touristiques emblĂ©matiques du territoire telles que la plongĂ©e sousâmarine ou les excursions nautiques contribueront Ă la diversification de lâactivitĂ© Ă©conomique et au renforcement de lâattractivitĂ© du territoire et, ce faisant, participeront Ă lâamĂ©lioration de la qualitĂ© de vie des Mahorais ;
4° à dĂ©velopper la coopĂ©ration rĂ©gionale et renforcer lâintĂ©gration de Mayotte dans son environnement rĂ©gional, en obtenant lâintĂ©gration de Mayotte comme entitĂ© française Ă part entiĂšre au sein de la Commission de lâocĂ©an Indien :
a) ConformĂ©ment aux dĂ©cisions prises par le comitĂ© interministĂ©riel des outreâmer (CIOM) le 18 juillet 2023 et comme rappelĂ© par le PrĂ©sident de la RĂ©publique Ă lâoccasion de la confĂ©rence des ambassadeurs le 6 janvier 2025, les territoires ultramarins doivent ĂȘtre mieux associĂ©s Ă la politique Ă©trangĂšre de la France. Dans lâobjectif de mieux intĂ©grer les enjeux de coopĂ©ration rĂ©gionale et dâattractivitĂ© des territoires dâoutreâmer et dâamĂ©liorer lâaccompagnement des collectivitĂ©s territoriales ultramarines Ă lâinternational, le ministre des affaires Ă©trangĂšres, en lien avec le ministre chargĂ© des outreâmer, renforcera les mĂ©canismes permettant dâassocier les collectivitĂ©s dâoutreâmer Ă la politique Ă©trangĂšre de la France, sur la base dâune stratĂ©gie concertĂ©e qui sera adoptĂ©e lors de la confĂ©rence de coopĂ©ration rĂ©gionale pour lâocĂ©an Indien ;
b) Par la convention signĂ©e entre lâĂtat et le conseil dĂ©partemental de Mayotte le 11 mars 2024, un comitĂ© pour lâinsertion rĂ©gionale de Mayotte (CIRM) a Ă©tĂ© Ă©tabli comme cadre privilĂ©giĂ© de dialogue entre lâĂtat et le dĂ©partement. Le CIRM est chargĂ© de proposer des orientations pluriannuelles en matiĂšre de coopĂ©ration, de dĂ©finir une feuille de route annuelle qui dĂ©cline ces orientations pour lâannĂ©e Ă venir, dâidentifier la formation nĂ©cessaire Ă certains agents territoriaux aux enjeux internationaux et au protocole diplomatique, sur financement du DĂ©partement de Mayotte, afin de contribuer Ă la montĂ©e en compĂ©tence de lâencadrement de Mayotte et dâassurer le suivi des initiatives de coopĂ©ration engagĂ©es dans le cadre de la convention ;
c) Le développement de liens de coopération avec les pays de la zone est à poursuivre :
â dans le sudâouest de lâocĂ©an Indien (zone Commission de lâocĂ©an Indien), lâĂtat poursuivra, en cohĂ©rence avec la convention de coopĂ©ration signĂ©e avec le conseil dĂ©partemental de Mayotte en mars 2024, son soutien au dĂ©ploiement de la stratĂ©gie de coopĂ©ration rĂ©gionale du conseil dĂ©partemental, Ă la mise en Ćuvre du programme INTERREG « canal du Mozambique » pilotĂ© par le conseil dĂ©partemental de Mayotte, Ă lâinsertion de Mayotte dans la stratĂ©gie indopacifique et au dĂ©ploiement de reprĂ©sentants du conseil dĂ©partemental dans les postes diplomatiques de la rĂ©gion ;
â dans la rĂ©gion Ă©largie, lâĂtat encouragera les relations entre Mayotte et la Tanzanie, le Kenya, lâAfrique du Sud et le Mozambique ainsi que le dialogue avec la CommunautĂ© de dĂ©veloppement de lâAfrique australe (SADC), afin de soutenir la reconstruction et le dĂ©veloppement de Mayotte ;
d) LâĂtat poursuivra ses efforts afin de dĂ©velopper la coopĂ©ration rĂ©gionale, autour de Mayotte, sur les secteurs stratĂ©giques suivants :
â environnement : actions de lutte contre lâĂ©rosion de la biodiversitĂ©, notamment dans le parc naturel marin, au moyen de programmes tels que « VARUNA », permettant des Ă©changes dâexpĂ©riences entre les gestionnaires des aires marines protĂ©gĂ©es du sudâouest de lâocĂ©an Indien ;
â agriculture : construction dâune technopole pour promouvoir lâinnovation et la recherche, notamment dans le domaine de lâagroâtransformation, qui revĂȘt une importance cruciale pour les territoires insulaires, ainsi que la promotion de la production rĂ©gionale et du dĂ©veloppement de filiĂšres dâapprovisionnement rĂ©gional dans un cadre normatif contrĂŽlé ;
â économie : conclusion de conventions de partenariat avec des chambres de commerce et dâindustrie des pays voisins (Kenya notamment) ;
â numĂ©rique : dĂ©veloppement de la coopĂ©ration rĂ©gionale en matiĂšre de connectivitĂ© numĂ©rique. Le data center en service Ă Mayotte depuis 2022 (ITH Center) est un modĂšle en partenariat avec celui de La RĂ©union et offre son savoirâfaire en Afrique de lâEst (Kenya) ;
â formation professionnelle : poursuite des actions visant Ă renforcer la formation et lâemployabilitĂ© des jeunes Mahorais, en particulier dans le secteur de lâhĂŽtellerieârestauration aux Seychelles et Ă Maurice ;
e) De nouvelles coopĂ©rations permettant de surmonter les obstacles actuellement rencontrĂ©s, notamment en matiĂšre de connectivitĂ© (aĂ©rienne, maritime), pourront ĂȘtre initiĂ©es. Un enjeu majeur de coopĂ©ration rĂ©gionale est en effet lâamĂ©lioration des connexions maritimes (profiter de la position gĂ©ographique de Mayotte pour dĂ©velopper le port et faire baisser les coĂ»ts de transports et dâapprovisionnement) et aĂ©riennes dans la zone ;
5° Dans ce contexte, la Commission de lâocĂ©an Indien (COI) constitue un cadre de coopĂ©ration Ă exploiter.
Lors de sa prĂ©sidence en 2021â2022, la France a dĂ©clinĂ© un programme ambitieux autour de lâĂ©conomie bleue, thĂ©matique cruciale pour les Ătats insulaires, afin de penser des stratĂ©gies adaptĂ©es et durables face aux dĂ©fis environnementaux. Elle a jouĂ© Ă cette occasion un rĂŽle pilote aux cĂŽtĂ©s de ses partenaires, en menant des projets concrets (journĂ©es de nettoyage de plages, formations de pĂȘcheurs, etc.) dans les pays de la COI ainsi que dans les pays cĂŽtiers dâAfrique australe et orientale (Afrique du Sud, Kenya, Mozambique, Tanzanie). Mayotte Ă©tant dĂ©jĂ intĂ©grĂ©e au programme de la COI en matiĂšre de sĂ©curitĂ© et sĂ»retĂ© maritimes, le plaidoyer pour son intĂ©gration aux autres programmes de la COI sera renforcĂ©, notamment en matiĂšre de sĂ©curitĂ© sanitaire, dâadaptation au changement climatique et de coopĂ©ration agricole ;
6° Une rĂ©flexion sur les dispositions spĂ©cifiques supplĂ©mentaires pour les rĂ©gions ultrapĂ©riphĂ©riques (RUP) pourrait ĂȘtre menĂ©e au niveau europĂ©en :
a) Pour mĂ©moire, la lĂ©gislation europĂ©enne est applicable dans les RUP mais, afin de tenir compte de leurs spĂ©cificitĂ©s, des adaptations aux politiques europĂ©ennes ont Ă©tĂ© introduites (Cour de justice de lâUnion europĂ©enne, Mayotte, 2015) ;
b) Ces mesures concernent notamment les politiques douaniĂšres et commerciales, la politique fiscale, les zones franches, les politiques dans les domaines de lâagriculture et de la pĂȘche et les conditions dâapprovisionnement en matiĂšres premiĂšres et en biens de consommation de premiĂšre nĂ©cessité ;
c) La France fait de lâintĂ©gration des spĂ©cificitĂ©s des territoires ultramarins aux nĂ©gociations dans le cadre du prochain cadre financier pluriannuel une prioritĂ©. La France demande Ă©galement lâintĂ©gration de ces spĂ©cificitĂ©s prĂ©alablement Ă la production de tout nouvel acte rĂ©glementaire ou directive.
Avec 11 579 euros en 2022 contre 38 775 euros en moyenne nationale, Mayotte connaĂźt le PIB par habitant le plus bas de France. 55 % des emplois se concentrent dans le secteur tertiaire non marchand (secteur public principalement), 29 % dans le tertiaire marchand, 9 % dans la construction, 5 % dans lâindustrie, 2 % dans lâagriculture. Ă la suite du rapport dâinformation n° 774 du 15 janvier 2025 sur lâavenir institutionnel des outre-mer, rĂ©alisĂ© par la dĂ©lĂ©gation aux outre-mer de lâAssemblĂ©e nationale et appuyĂ© sur le rapport de la Cour des comptes de juin 2022, constatant que « lâĂ©conomie [de Mayotte] ne produit quasiment aucune valeur ajoutĂ©e », lâĂtat français prend lâengagement de relancer lâactivitĂ© Ă©conomique de lâarchipel, au service des Mahorais. En ce sens, lâĂtat sâengage Ă Â :
â rĂ©server une part minimale de 50 % des marchĂ©s publics passĂ©s dans le cadre de la reconstruction de Mayotte aux entreprises locales, en particulier les TPE et PME, et, pour les entreprises non locales, favoriser celles qui sâengagent Ă recruter des Mahorais pour la durĂ©e des travaux ;
â permettre, en cas de difficultĂ©s durables pour les TPE et PME, lâabandon partiel des crĂ©ances de cotisations et contributions sociales et patronales dues au titre des rĂ©munĂ©rations versĂ©es pendant la pĂ©riode comprise entre le 14 dĂ©cembre 2024 et le 31 dĂ©cembre 2025, sous certaines conditions et dans la limite de 50 % de celles-ci ;
â instaurer un bouclier douanier via une taxe kilomĂ©trique en faveur des productions locales Ă faible empreinte Ă©cologique ;
â crĂ©er des lycĂ©es professionnels maritimes et des formations supĂ©rieures pour en faire des territoires pilotes de lâĂ©conomie de la mer.Â
I. â Infrastructures portuaires : envisager le passage du port de Longoni sous compĂ©tence de lâĂtat en vue de sa modernisation et de son extension
Le port de Longoni doit ĂȘtre considĂ©rĂ© comme une infrastructure stratĂ©gique pour le dĂ©veloppement Ă©conomique de Mayotte et comme un vecteur dâintĂ©gration rĂ©gionale.
En vue de lâamĂ©lioration de la capacitĂ© de dĂ©barquement, de manutention et de stockage des marchandises, lâĂtat sâengage Ă soutenir les investissements en matiĂšre de modernisation et dâextension des infrastructures portuaires.
SituĂ© sur une route maritime majeure par laquelle transitent 30 % du commerce mondial de pĂ©trole, au cĆur dâune zone renfermant des stocks dâhydrocarbures et des ressources halieutiques importants, le port de Longoni doit conforter et affirmer son positionnement stratĂ©gique dans le canal du Mozambique. Dans ce cadre, lâĂtat sâengage Ă faire de Mayotte la base arriĂšre du projet gazier du canal du Mozambique, portĂ© par TotalEnergies et dâautres entreprises gaziĂšres et pĂ©troliĂšres.
LâĂtat sâengage dans la transformation du port de Longoni en grand port maritime au terme de la dĂ©lĂ©gation de service public. Un audit financier du port de Longoni sera rĂ©alisĂ© avant la fin de lâannĂ©e 2025.
La transformation du port de Longoni en grand port maritime doit prĂ©server les intĂ©rĂȘts de la collectivitĂ© territoriale et de lâĂtat.Â
II. â Infrastructures aĂ©roportuaires : garantir la desserte internationale de Mayotte
La desserte aĂ©rienne internationale de Mayotte sera garantie par la construction dâun nouvel aĂ©roport, dont lâimplantation sera dĂ©cidĂ©e en concertation avec les Ă©lus et la population locale.
LâĂtat prend lâengagement, afin de garantir le dĂ©senclavement de Mayotte et de favoriser le dĂ©veloppement Ă©conomique, de conduire les procĂ©dures, de mettre en place les financements et de conduire les investissements nĂ©cessaires au maintien opĂ©rationnel Ă Mayotte dâun aĂ©roport adaptĂ© aux avions longsâcourriers et de grande capacitĂ© et permettant par tout temps les vols directs vers lâhexagone. LâĂtat engage une rĂ©flexion sur les infrastructures nĂ©cessaires Ă lâinstallation dâune zone aĂ©roportuaire Ă Mayotte. Cette rĂ©flexion, en lien avec lâĂ©laboration du schĂ©ma dâamĂ©nagement rĂ©gional, intĂšgre le dĂ©veloppement de lâurbanisation utile notamment Ă lâimplantation des logements liĂ©s Ă lâactivitĂ© aĂ©roportuaire.
Le renforcement des infrastructures visant Ă garantir lâaccĂšs aux biens et aux ressources essentiels contribue Ă©galement Ă crĂ©er les conditions du dĂ©veloppement Ă©conomique et de la prospĂ©ritĂ©. La construction de la piste longue de lâaĂ©roport de Mayotte doit respecter des garanties sociales et environnementales. Elle ne peut conduire Ă lâexpropriation de terrains identifiĂ©s comme essentiels Ă la production alimentaire locale et vivriĂšre, sauf en cas dâimpĂ©ratif majeur de sĂ©curitĂ© publique dĂ»ment motivĂ© sur avis conforme du conseil dĂ©partemental de Mayotte. LâĂtat sâengage Ă mettre en place un plan de compensation agricole prĂ©voyant la constitution de rĂ©serves fonciĂšres agricoles Ă©quivalentes aux surfaces consommĂ©es par lâamĂ©nagement, Ă proximitĂ© gĂ©ographique des terrains impactĂ©s, et destinĂ©es Ă la production vivriĂšre et agricole locale.
4. Programmes dâinvestissements prioritaires dans les infrastructures et politiques publiques essentielles Ă Mayotte
Les investissements prĂ©sentĂ©s ciâdessous sont issus du contrat de convergence et de transformation en vigueur et de diffĂ©rents plans dâactions ministĂ©riels ou interministĂ©riels :
(En millions dâeuros)
Crédits en soutien aux collectivités territoriales au titre de la reconstruction
2025
2026
2027
Autorisations dâengagement
100
200
0
Crédits de paiement
35
125
140
(En millions dâeuros)
ThĂšme
Eau et assainissement
Phases
2025â2027
2028â2031
Actions
Ajustement des investissements du volet 1 et mise en Ćuvre des volets 2 et 3 du plan eau Mayotte
Contrat de progrĂšs eau et assainissement
Autorisations dâengagement
350
380
Total
730
(En millions dâeuros)
ThĂšme
Santé
Phases
2025â2027
2028â2030
Actions
Travaux au centre hospitalier de Mayotte
122
Poursuite des travaux dâextension du centre hospitalier de Mamoudzou
122
Planification dâun deuxiĂšme site hospitalier Ă Combani
10
Construction dâun deuxiĂšme site hospitalier Ă Combani
153
Autorisations dâengagement
132
275
Total
407
(En millions dâeuros)
ThĂšme
Lutte contre lâimmigration clandestine
Phase
2025â2027
Action
Renforcement des capacitĂ©s de dĂ©tection, de reconnaissance et dâinterception par voies maritime et aĂ©rienne
Autorisations dâengagement
52
(En millions dâeuros)
ThĂšme
MaĂźtrise des espaces maritimes
Phase
2026â2029
Action
Renforcer la maĂźtrise des espaces maritimes
Autorisations dâengagement
100
(En millions dâeuros)
ThĂšme
SystÚme judiciaire et carcéral
Phases
2025â2027
2028â2031
Actions
Ătudes relatives Ă la construction dâun deuxiĂšme Ă©tablissement pĂ©nitentiaire
2
RĂ©alisation dâun deuxiĂšme Ă©tablissement pĂ©nitentiaire
290
RĂ©alisation dâune citĂ© judiciaire
124
RĂ©alisation dâun centre Ă©ducatif fermĂ©
14
Autorisations dâengagement
2
428
Total
430
(En millions dâeuros)
ThĂšme
Construction dâĂ©tablissements scolaires
Phase
2025â2029
Action
Poursuite de la construction de nouvelles salles de classe,
de la rénovation des écoles dégradées
et du développement de la restauration collective
Autorisations dâengagement
400
(En millions dâeuros)
ThĂšme
Université de Mayotte
Phase
2025â2029
Action
Reconstruction et extension de lâuniversitĂ©
Autorisations dâengagement
17,7
(En millions dâeuros)
ThĂšme
Culture et sport
Phase
2025â2029
Actions
Accompagnement de la rĂ©habilitation dâĂ©quipements
Protection du patrimoine et développement des infrastructures culturelles
Développement des infrastructures sportives
Autorisations dâengagement
17
(En millions dâeuros)
ThĂšme
Logement
Phase
2025â2029
Action
Soutien Ă la construction de logements et dâamĂ©nagements, y compris opĂ©rations de rĂ©sorption de lâhabitat insalubre
Autorisations dâengagement
200
(En millions dâeuros)
ThĂšme
Aéroport
Phase
Ă compter de la dĂ©claration dâutilitĂ© publique (2026)
Action
RĂ©alisation dâune piste longue en Grande Terre afin de garantir la desserte internationale de Mayotte
Autorisations dâengagement
1Â 200
(En millions dâeuros)
ThĂšme
Transports terrestres et maritimes
Phase
2025â2029
Actions
Fluidification de la circulation
Développement des mobilités alternatives et des transports en commun
Remise à niveau du réseau routier national
Autorisations dâengagement
104
(En millions dâeuros)
ThĂšme
Environnement
Phase
2025â2029
Actions
MaĂźtrise des risques
Ăvaluation et suivi de lâimpact du cyclone Chido sur la biodiversitĂ©
Aménagement durable du littoral
Autorisations dâengagement
17,4
(En millions dâeuros)
ThĂšme
Agriculture et pĂȘche
Phase
2025â2029
Actions
DĂ©clinaison du plan stratĂ©gique national 2023â2027
RĂ©alisation dâĂ©quipements au profit de la pĂȘche professionnelle
Autorisations dâengagement
12
(En millions dâeuros)
ThĂšme
Déchets
Phase
2025â2029
Action
Accompagnement du rattrapage structurel et dĂ©veloppement de lâĂ©conomie circulaire
Autorisations dâengagement
6,9
(En millions dâeuros)
ThĂšme
Déploiement de la fibre
Phase
2025â2029
Action
DĂ©ploiement du rĂ©seau de fibre optique sur lâensemble du territoire
Autorisations dâengagement
50
Ce premier chiffrage traduit lâengagement financier de lâĂtat en faveur des infrastructures prioritaires de Mayotte.
Les Ă©valuations des dommages et des besoins Ă la suite des dĂ©gĂąts causĂ©s par le cyclone Chido seront confirmĂ©es et affinĂ©es, en lien avec les ministĂšres compĂ©tents, par la mission interâinspections chargĂ©e de lâĂ©valuation des dĂ©gĂąts et des besoins et la mission de reconstruction et de refondation de Mayotte. Câest sur cette base que la programmation des investissements pourra ĂȘtre prĂ©cisĂ©e.
(En euros)
ThĂšme
Crédits de paiement
2025
2026
2027
2028
2029
2030
2031
Crédits en soutien aux collectivités territoriales au titre de la reconstruction
35Â 000 000
125Â 000 000
140Â 000 000
Eau et assainissement
116Â 666 667
116Â 666 667
116Â 666 667
95Â 000 000
95Â 000 000
95Â 000 000
95Â 000 000
Santé
44Â 000 000
44Â 000 000
44Â 000 000
91Â 666 667
91Â 666 667
91Â 666 667
Lutte contre lâimmigration clandestine
17Â 333 333
17Â 333 333
17Â 333 333
MaĂźtrise des espaces maritimes
20Â 000 000
20Â 000 000
20Â 000 000
20Â 000 000
20Â 000 000
SystÚme judiciaire et carcéral
666 667
666 667
666 667
107Â 000 000
107Â 000 000
107Â 000 000
107Â 000 000
Construction dâĂ©tablissements scolaires
80Â 000 000
80Â 000 000
80Â 000 000
80Â 000 000
80Â 000 000
Université de Mayotte
3Â 540 000
3Â 540 000
3Â 540 000
3Â 540 000
3Â 540 000
Culture et sport
3Â 400 000
3Â 400 000
3Â 400 000
3Â 400 000
3Â 400 000
Logement
40Â 000 000
40Â 000 000
40Â 000 000
40Â 000 000
40Â 000 000
Aéroport
200Â 000 000
200Â 000 000
200Â 000 000
200Â 000 000
200Â 000 000
200Â 000 000
Transports terrestres et maritimes
20Â 800 000
20Â 800 000
20Â 800 000
20Â 800 000
20Â 800 000
Environnement
3Â 480 000
3Â 480 000
3Â 480 000
3Â 480 000
3Â 480 000
Agriculture et pĂȘche
2Â 400 000
2Â 400 000
2Â 400 000
2Â 400 000
2Â 400 000
Déchets
1Â 380 000
1Â 380 000
1Â 380 000
1Â 380 000
1Â 380 000
Déploiement de la fibre
10Â 000 000
10Â 000 000
10Â 000 000
10Â 000 000
10Â 000 000
Total
398Â 666 667
688Â 666 667
703Â 666 667
678Â 666 667
678Â 666 667
493Â 666 667
402Â 000 000
5. La reconstruction et la refondation de Mayotte appellent un renforcement des services de lâĂtat et des collectivitĂ©s territoriales
5.1. La mission chargĂ©e de la reconstruction de Mayotte garantira la continuitĂ© de lâaction de lâĂtat, en lien Ă©troit avec un Ătat territorial renforcĂ© dans ses moyens et ses effectifs
La mission chargĂ©e de la reconstruction et de la refondation de Mayotte animera le travail interministĂ©riel et donnera lâimpulsion attendue Ă tous les services centraux, en travaillant en miroir avec les Ă©quipes qui seront dĂ©ployĂ©es Ă Mayotte, au sein de la prĂ©fecture et du futur Ă©tablissement public.
Elle sera Ă©galement chargĂ©e de la rĂ©daction et de la mise en Ćuvre dâune stratĂ©gie quinquennale 2026â2031 intĂ©grant les quatre dimensions de lâapproche globale : sĂ©curitĂ©, dĂ©veloppement, coopĂ©ration, institutions. Cette stratĂ©gie quinquennale doit ĂȘtre prĂ©sentĂ©e en amont aux parlementaires Ă©lus Ă Mayotte et Ă lâassociation des maires de Mayotte et doit faire lâobjet dâun avis du conseil dĂ©partemental de Mayotte avant sa mise en Ćuvre.
PositionnĂ©e auprĂšs de la direction gĂ©nĂ©rale des outreâmer et animĂ©e par le cabinet du ministre chargĂ© des outreâmer, cette mission interministĂ©rielle, dirigĂ©e par le prĂ©figurateur chargĂ© de coordonner la reconstruction, couvrira les principaux champs de politique publique concernĂ©s par la reconstruction : Ă©tablissements scolaires, santĂ©, Ă©conomie, sĂ©curitĂ© et migration, agriculture, logement et urbanisme.
Une Ă©quipe projet consacrĂ©e Ă la reconstruction et Ă la refondation de Mayotte doit ĂȘtre mise en place auprĂšs du reprĂ©sentant de lâĂtat Ă Mayotte. Cette Ă©quipe doit ĂȘtre dimensionnĂ©e et pourvue en compĂ©tences pour couvrir spĂ©cifiquement chacun des champs de lâaction publique concernĂ©s par la reconstruction.
5.2. Le renforcement des collectivitĂ©s territoriales repose sur la mise en adĂ©quation du statut et des moyens avec lâampleur inĂ©dite du dĂ©fi Ă relever
Le Gouvernement entend refonder Mayotte avec les collectivitĂ©s territoriales. LâĂtat sâengage Ă faciliter lâexercice de leurs compĂ©tences par les institutions dĂ©mocratiques locales.
Dâabord, lâĂtat sâengage Ă mettre Ă la disposition des collectivitĂ©s territoriales les compĂ©tences en ingĂ©nierie de lâĂ©tablissement public de refondation instituĂ© par la loi n° 2025â176 du 24 fĂ©vrier 2025 dâurgence pour Mayotte. De mĂȘme, pour le temps de la refondation et via lâĂ©tablissement public, seront mobilisĂ©s en faveur de Mayotte les Ă©tablissements publics nationaux les mieux Ă mĂȘme dâaccompagner les collectivitĂ©s, notamment le Centre dâĂ©tudes et dâexpertise sur les risques, lâenvironnement, la mobilitĂ© et lâamĂ©nagement (CEREMA) et lâAgence nationale de la cohĂ©sion des territoires (ANCT).
Une Ă©quipe interministĂ©rielle, comportant des reprĂ©sentants des diffĂ©rents ministĂšres impliquĂ©s dans la refondation du territoire, Ă lâimage de la mission interministĂ©rielle de reconstruction installĂ©e en janvier 2025, placĂ©e auprĂšs du reprĂ©sentant de lâĂtat, vient en soutien de lâassemblĂ©e de Mayotte et de ses services. LâĂ©quipe apportera son expertise aux services de lâassemblĂ©e pour rĂ©diger, dans un dĂ©lai de deux ans, un schĂ©ma rĂ©gional dâamĂ©nagement et de dĂ©veloppement qui priorise les investissements publics et clarifie leurs financements. LâĂ©laboration de ce schĂ©ma sera rĂ©alisĂ©e avec le soutien de lâensemble des services de lâĂtat et en liaison avec le ministĂšre chargĂ© des outre-mer. « Expertise France » sâassocie aux services de lâassemblĂ©e de Mayotte pour prĂ©parer les dossiers de demandes de fonds europĂ©ens.
LâĂtat entend ensuite accroĂźtre les marges de manĆuvre des collectivitĂ©s territoriales. Le recensement de la population permettra dâadapter les moyens des communes Ă la rĂ©alitĂ© de leur population.
Lâaction de lutte contre lâhabitat illĂ©gal signifiera la fin de dĂ©penses liĂ©es Ă la prĂ©sence de populations bĂ©nĂ©ficiant de services sans acquitter de contributions locales.
En complĂ©ment, la fiabilisation du cadastre et les procĂ©dures dâacquisition par prescription vont dĂ©velopper les bases fiscales et donc les recettes des collectivitĂ©s territoriales, en particulier la taxe fonciĂšre sur les propriĂ©tĂ©s bĂąties.
Câest le dĂ©veloppement Ă©conomique de Mayotte qui doit gĂ©nĂ©rer une dynamique de hausse des recettes fiscales des collectivitĂ©s territoriales. Câest pourquoi la convergence Ă©conomique est conçue comme la clĂ© de lâambition territoriale, sociale et institutionnelle pour Mayotte.
5.3. La refondation de Mayotte doit se traduire par un état des lieux des compétences exercées par la collectivité
5.3.1. Mettre en Ćuvre un transfert progressif des compĂ©tences rĂ©gionales et dĂ©partementales non exercĂ©es par la collectivitĂ© de Mayotte
Afin dâachever le processus de dĂ©partementalisation engagĂ© en 2011, lâĂtat sâengage Ă doter lâassemblĂ©e de Mayotte et son prĂ©sident des moyens nĂ©cessaires pour mener Ă bien la reconstruction du territoire mahorais.
Dans un dĂ©lai dâun an, un comitĂ© doit remettre ses conclusions sur les modalitĂ©s de transfert Ă la collectivitĂ© de Mayotte, Ă lâhorizon 2028, des compĂ©tences en matiĂšre de routes, de collĂšges et de lycĂ©es. Le comitĂ© se prononce Ă©galement sur le retour Ă une gestion autonome des fonds europĂ©ens par lâassemblĂ©e de Mayotte. Le transfert ne deviendra effectif quâune fois :
â mis en place un rĂ©seau de transport scolaire structurant lâensemble de lâĂźle de Mayotte autour des cinq secteurs gĂ©ographiques suivants : Petite Terre, Grande Terre, Nord, Centre et Sud ;
â le rĂ©seau des routes remis en Ă©tat ;
â et les collĂšges et lycĂ©es rĂ©habilitĂ©s ou reconstruits par lâĂtat.
Le transfert de compétences inclut :
â la mise Ă disposition par lâĂtat, pendant une pĂ©riode transitoire, des agents publics aujourdâhui chargĂ©s de mettre en Ćuvre ces politiques publiques ;
â et un programme de formation des agents du DĂ©partement de Mayotte, afin de garantir la continuitĂ© et la qualitĂ© du service.
Le comité étudie également la possibilité de recentraliser le versement des prestations sociales.
5.3.2. Réévaluer les transferts financiers de lâĂtat vers la collectivitĂ© de Mayotte
La mise en Ćuvre de ce transfert sâappuie sur une Ă©tude comparative du niveau actuel des compensations versĂ©es Ă la collectivitĂ© de Mayotte et du coĂ»t rĂ©el de lâexercice de ces compĂ©tences transfĂ©rĂ©es. Sur la base de cette Ă©tude, une dotation de rattrapage est attribuĂ©e Ă la collectivitĂ© de Mayotte.
Une clause de rĂ©examen biennal prĂ©voit lâactualisation des ressources destinĂ©es Ă compenser tout transfert, toute crĂ©ation, toute extension ou toute modification de compĂ©tence.
6. Une Ă©valuation associant lâensemble des acteurs
La prĂ©sente loi et les investissements prĂ©vus dans le prĂ©sent rapport feront lâobjet dâune Ă©valuation rĂ©guliĂšre, associant lâensemble des acteurs.
Un comitĂ© de suivi de la prĂ©sente loi sera instituĂ© auprĂšs du Premier ministre afin de veiller au suivi de la mise en Ćuvre et Ă lâĂ©valuation des mesures prĂ©vues par la prĂ©sente loi et le prĂ©sent rapport annexĂ© et dâen rendre compte au Parlement. PrĂ©sidĂ© par une personnalitĂ© dĂ©signĂ©e par le Premier ministre, ce comitĂ© sera notamment composĂ© de deux dĂ©putĂ©s et de deux sĂ©nateurs, de reprĂ©sentants des Ă©lus locaux et de reprĂ©sentants de lâĂtat.
Un rapport intermédiaire évaluant les résultats de la reconstruction et de la refondation de Mayotte et la réalisation des investissements sera remis au Parlement avant le 1er juillet 2028. Il pourra donner lieu à un débat au Parlement.
Vu pour ĂȘtre annexĂ© au projet de loi
adoptĂ© par lâAssemblĂ©e nationale le 1er juillet 2025.
 La Présidente,
 Signé : Yaël BRAUN-PIVET