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Philippe Bonnecarrère
• 2026 Oct 14, 16:17:38
Défendre nos concitoyens sera mon fil conducteur. Cela implique de leur dire la vérité, de leur donner des perspectives, de leur dire où et quand sera le bout du tunnel.

Nous devons traiter trois questions principales.

Premièrement, il importe d’éviter une crise de la dette, avant ou juste après l’élection présidentielle. C’est la priorité à court terme, compte tenu des 91 milliards d’euros d’intérêt à payer l’année prochaine, des décisions des agences de notation le mois prochain, des différentiels de taux et de la vente de nos obligations par une partie de nos créanciers. L’instinct de survie ne nous autorise pas à procrastiner. Nos projections financières doivent être crédibles et sincères et les économies annoncées au rendez-vous. Si le budget pour 2027 était détricoté, nous risquerions une crise de la dette et une facture encore plus élevée. Je ne le souhaite à personne.

Deuxièmement, il convient d’examiner le budget pour 2027 lui-même. Les mesures d’économie ne pourront être admises que si elles sont générales et équitablement réparties. Une année blanche globale pourrait être l’une des moins mauvaises options. S’adresser uniquement à une partie de nos concitoyens, par exemple les retraités, nous rend inaudibles ; l’effort doit être partagé. Je n’écarte pas non plus un volet d’équité fiscale, centré sur les montages financiers de certains très hauts patrimoines pour échapper à l’impôt. Il s’agit non pas de stigmatiser la réussite, mais de faire en sorte que chacun contribue à l’effort collectif.

Le budget pour 2027 doit s’accompagner d’un début de réforme de l’État. Évidemment, à quelques mois de l’élection présidentielle et dans la configuration de notre assemblée, cette réforme ne pourra être que limitée. Concernant les agences de l’État, je suggère que le Parlement examine quelles sont les missions utiles et prioritaires, puis détermine qui doit les exercer, de ces agences ou des administrations centrales – ce travail doit être effectué par le Parlement. En résumé, un pays souverain est maître de son destin, s’il est maître de son budget.

Troisièmement, il faut donner un cap. Si nous voulons que nos concitoyens entendent que les efforts demandés sont difficiles, mais qu’ils permettront au pays de sortir du tunnel, nous ne pouvons nous limiter à des mesures budgétaires. Quelle vision proposons-nous à moyen et long terme ? Quel supplément d’âme ? Je vous soumets quelques propositions : appliquer le principe de subsidiarité, c’est-à-dire confier la décision à ceux qui sont en prise directe ; favoriser une société de confiance plutôt que de contrôle ; donner un attrait ou une fierté au travail, en augmentant la participation ou l’intéressement des salariés, dans les grandes comme dans les petites entreprises. Plutôt que de faire des promesses à notre jeunesse, je l’interrogerais, eu égard à la crise actuelle, sur ses futures responsabilités. Comment donner plus de sens à notre société ? Comment faire de l’intelligence artificielle un moteur de développement éthique ? Comment répondre aux changements climatiques sans diminuer le niveau de vie ?

Le général de Gaulle était sorti mal classé de l’école de guerre. Il avait mécontenté ses enseignants, en expliquant que le char serait l’arme principale des batailles. Ils ne l’ont pas cru et chacun connaît la suite. Cela signifie que les batailles de demain, sous toutes leurs formes, seront forcément différentes de celles d’aujourd’hui. La jeunesse peut nous aider à apprendre de nos erreurs et, dans un environnement géopolitique qui évolue à grande vitesse, à fixer les bonnes priorités.

Voyez dans ces propos, mes chers collègues, une réponse à l’inquiétude réelle de nos concitoyens et un appel à la responsabilité, après les nombreux propos excessifs que nous avons pu entendre.
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Philippe Bonnecarrère
• 2026 Jul 21, 00:31:46
Le Conseil constitutionnel a, dans une décision du 21 avril 2005, dégagé un principe de clarté et de sincérité du débat parlementaire. Je pense qu’au titre du principe de sincérité du débat parlementaire, sans méconnaître les dispositions de l’article 45 de notre Constitution, le gouvernement se serait honoré de permettre un débat sur la question de l’acétamipride. Je lui lance un dernier appel parce que personne n’a intérêt à voir dans notre pays un conflit entre le monde rural et le monde urbain, mais c’est ce que je vois arriver sur ce sujet.
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Philippe Bonnecarrère
• 2026 Jul 15, 23:24:37
Se pose aussi la question de la prévention, des moyens d’agir précocement auprès des familles et de responsabiliser les parents.

La principale faiblesse du projet réside dans le fait que, tout en modifiant certains dispositifs, il ne répond qu’imparfaitement à la crise de capacités que traverse aujourd’hui la protection de l’enfance. J’ai le sentiment, à cet égard, que de nombreuses situations relèvent moins de la protection de l’enfance que de notre système de santé, notamment de la pédopsychiatrie, secteur dans lequel les familles attendent parfois des mois avant d’obtenir une prise en charge. De même, l’accès aux centres médico-sociaux peut être problématique. Il doit être possible, y compris les week-ends et pendant les vacances scolaires, car les difficultés familiales ne s’interrompent pas le vendredi soir.

Je crois aussi au développement des solutions de répit. De nombreux parents ne sont ni maltraitants ni démissionnaires ; ils sont épuisés, isolés ou confrontés à des situations d’une trop grande complexité. Un relais éducatif, un accueil temporaire, un accompagnement renforcé permettraient souvent d’éviter que la situation se dégrade. À titre d’exemple, l’aide à la gestion du budget familial est une mesure de prévention fort utile. Elle devrait relever d’une décision administrative ; or c’est une mesure judiciaire depuis 2007, sans que la plus-value apportée par le juge soit ici une évidence.

Cela m’amène à souhaiter une déjudiciarisation au moins partielle des mesures de l’ASE. En effet, je ne partage pas l’idée selon laquelle le juge serait la solution à tout. Il doit être l’arbitre de l’urgence à protéger l’enfant en grande vulnérabilité, tandis qu’en matière éducative, sociale ou médicale, l’appréciation doit rester à la main des services du département. Le juge n’a à intervenir qu’en cas de persistance du danger. Il s’agit non de l’écarter mais de dire qu’il n’a pas vocation à pallier les défauts d’organisation de la protection de l’enfance.

Autorisez-moi enfin à considérer que la réflexion du gouvernement et du Parlement ne me paraît pas totalement aboutie à l’heure présente. Nous sommes partis d’un texte sur la protection de l’enfance dont l’objet était de réformer l’ASE pour arriver à un projet de loi comportant une forte dimension pénale, sachant, en plus, qu’à l’automne doit être examinée une proposition de loi « intégrale » comportant des dispositions pour partie contraires à celles que nous nous apprêtons à examiner.
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Philippe Bonnecarrère
• 2026 Jul 15, 23:22:12
Notre société échoue trop souvent à protéger ses enfants ; l’échec est collectif et ancien. Chaque année, 400 000 enfants sont pris en charge par l’aide sociale à l’enfance ; dans une classe de trente élèves, trois, en moyenne, ont été victimes de violences ou d’atteintes sexuelles ; le délai moyen de mise en place d’une mesure d’assistance éducative est de trois à quatre mois.

J’ai le sentiment que le présent projet de loi apporte des ajustements utiles mais qu’il ne répond pas aux difficultés structurelles. J’admets les bonnes intentions du texte, qui entend clarifier les parcours, mieux sécuriser le statut des enfants, permettre à certains enfants d’être plus facilement adoptables, compte tenu de l’incapacité ou du désintérêt des parents, renforcer les contrôles d’honorabilité – point dont j’ai bien compris qu’il exigeait une rédaction délicate si nous voulions que ces contrôles aient une portée générale –, ou encore le recours aux tiers dignes de confiance.

Pour avoir participé, comme d’autres, à la commission d’enquête sur les manquements des politiques publiques de protection de l’enfance, je mesure la difficulté du sujet et ne jette la pierre à personne. Je tiens, au contraire, à remercier toutes celles et ceux qui sont en première ligne de la protection de l’enfance.

Je voudrais néanmoins exprimer mes réserves sur quelques points. Le projet de loi n’aborde pas la question de la gouvernance de l’aide sociale à l’enfance. Nous sommes dans un entre-deux difficilement tenable. Soit l’État reprend la main, soit il la laisse aux départements, quand bien même ces derniers ne sont pas très clairs sur leurs intentions, tantôt revendiquant leur responsabilité, tantôt demandant solennellement à l’État « d’assumer pleinement sa part de responsabilité dans la protection de l’enfance ».

Pour ma part, je suis favorable à une décentralisation totale, associant département et communes, afin d’appréhender du mieux possible les situations individuelles : qui mieux que la commune, en lien avec l’école, est en effet à même de détecter les situations familiales vulnérables ? Plus le soutien familial et la protection de l’enfance s’inscriront dans la proximité, plus nous pouvons espérer des résultats.
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Philippe Bonnecarrère
• 2026 Jul 02, 10:39:55
Ma collègue et consœur a cité à juste titre la formule d’un philosophe allemand du droit : « La forme est la sœur jumelle de la liberté. » La forme ne doit cependant pas l’emporter sur le fond. Or, tous les praticiens le savent, c’est le cas aujourd’hui. Il ne me paraît donc pas anormal de rechercher une simplification. Il faut éviter que des erreurs matérielles ou des oublis puissent emporter des conséquences importantes ; il y va du respect de l’ordre public. Je ne vois donc pas de difficultés à adopter l’article 7.

Certains ont invoqué la Constitution : la protection des libertés individuelles est naturellement un principe constitutionnel essentiel. Mais chacun sait aussi que la bonne administration de la justice est également un objectif à valeur constitutionnelle. L’article 7 va dans ce sens. Mme la rapporteure a évoqué l’avis du Conseil d’État : il est assez rare que le Conseil d’État, protecteur traditionnel des libertés, se prononce de façon aussi marquée sur la constitutionnalité d’une disposition. J’invite donc chacun et chacune à voter en faveur de l’article 7, qui ne me paraît pas soulever de difficultés.
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Philippe Bonnecarrère
• 2026 Jul 02, 00:04:10
…c’est autrement sérieux.
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Philippe Bonnecarrère
• 2026 Jul 02, 00:03:26
Il est en revanche problématique d’entendre dire qu’en 2027, la démocratie pourrait être balayée. Que vous ayez le légitime espoir de faire basculer une majorité et de devenir majoritaires ne pose aucune difficulté – c’est effectivement la règle de la démocratie –, mais se donner pour objectif de balayer une certaine conception de la démocratie,…
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Philippe Bonnecarrère
• 2026 Jul 02, 00:02:36
Malgré l’heure, nous avons encore des surprises : entendre évoquer la démocratie comme étant d’abord un rapport de force, c’est un événement qui, personnellement, me surprend beaucoup. Je ne conteste pas l’existence des rapports de force dans la société, je conteste l’idée d’en faire le premier élément de définition de la démocratie. Il me semblait que la démocratie consistait d’abord, notamment au Parlement, dans l’équilibre des pouvoirs. Par ailleurs, pour vous avoir écoutés attentivement… Je n’ai aucune chance d’entendre quoi que ce soit si vous parlez tous ensemble !
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Philippe Bonnecarrère
• 2026 Jun 30, 23:41:28
J’ai droit à la parole, cher collègue. Moi, je vous écoute attentivement !

Ces soixante cours criminelles départementales sont une rustine utile. N’en privons pas nos concitoyens, et soyons responsables. Je ne crois pas que, dans cet hémicycle, appeler à la responsabilité constitue une insulte personnelle.
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Philippe Bonnecarrère
• 2026 Jun 30, 23:41:19
…et en créant soixante cours criminelles…
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Philippe Bonnecarrère
• 2026 Jun 30, 23:41:04
…vous donnerez le prénom qui, malheureusement, s’imposera. Le texte présenté est peut-être une rustine, mais en allongeant les délais…
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Philippe Bonnecarrère
• 2026 Jun 30, 23:40:42
La justice peut commettre des erreurs dans le traitement de telle ou telle plainte, mais elle a surtout un problème d’audiencement. Tout le monde, dans cet hémicycle, en est conscient, ou doit l’être : la justice ne pourra pas juger dans les délais tous les criminels. Certains seront libérés de plein droit et il y aura une deuxième, une troisième affaire Lyhanna –…
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Philippe Bonnecarrère
• 2026 Jun 30, 23:40:06
Le texte, en allongeant le délai à partir duquel un criminel doit être libéré s’il n’a pas été jugé et si son audience n’a pas été fixée, en augmentant le nombre de cours criminelles départementales et en assouplissant les règles de leur composition, permettra d’augmenter le nombre d’audiences. Qui, en s’opposant à ces mesures, prendra la responsabilité de libérer un criminel que chacun sait dangereux ? Qui prendra la responsabilité, parmi nous, des drames qui suivront celui qui a touché Lyhanna ?
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Philippe Bonnecarrère
• 2026 Jun 29, 16:36:11
Un match en clair dans la semaine, ce ne serait pas bien grave ; sur trente ou quarante semaines – cas du football, du rugby, du basket –, cela devient une autre histoire. Quelle chaîne de télévision en clair vous a donné son accord ? Ce modèle n’en intéresse aucune. Vous n’aurez personne ! En revanche, vous aurez déstabilisé des conventions qui fonctionnent. Ainsi, au risque de vous déplaire, la Fédération française de rugby (FFR) et la Ligue nationale de rugby sont satisfaites de leur collaboration dans la durée, pour 139 millions d’euros, avec le groupe Canal+ : il y a là un travail coopératif, des consultants, une mise en valeur de ce sport.

Je le répète, ne mettez pas à bas un système qui fonctionne ! Peut-être pose-t-il problème en ce qui concerne le football, dont il serait possible de traiter le cas à part ; mais le basket, le rugby et même le handball, dont les représentants ont fini par obtenir 4 millions d’euros par an pour les droits de diffusion, se retrouveraient plongés dans des difficultés qu’ils ne méritent ni de près ni de loin.
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Philippe Bonnecarrère
• 2026 Jun 29, 16:19:36
Il s’agit de supprimer l’alinéa 5, qui prévoit qu’« un lot est spécialement conçu pour la diffusion sur un service de télévision à accès libre diffusé par voie hertzienne terrestre d’au moins un événement sportif par semaine pour chaque compétition ou manifestation sportive ».

Premier élément : le modèle économique et sportif du rugby français est une réussite, que nul ne conteste. Il n’est pas question de le laisser mettre à terre à cause d’une telle disposition. Deuxièmement, le droit de présenter gratuitement les grands matchs de l’équipe de France et les finales du championnat de France de rugby ou le championnat d’Europe n’a jamais posé de difficulté. Troisièmement, il n’y a pas de diffuseur en clair parmi les grandes chaînes de télévision gratuite. Cela a été tenté pour la D2 de rugby, mais les chaînes sont intéressées par les Coupes du monde, par les compétitions olympiques, et non par des segments spécifiques d’intérêt pour tel ou tel sport. Quatrième observation : l’hypothèse d’une fenêtre en clair chaque semaine entraînerait une diminution très importante, de l’ordre de 40 à 45 %, de la valeur des droits audiovisuels – je tiens une étude à la disposition de qui voudra la consulter. C’est une perte qu’aucun de nos principaux sports ne peut assumer.

J’appelle également votre attention sur le fait que ces droits sont la propriété des ligues. Je serais quand même curieux de savoir comment, constitutionnellement, vous justifiez de porter atteinte à cette propriété, sans étude d’impact préalable et sans proposer de compensation aux ligues professionnelles, qui se verraient ainsi privées d’une ressource essentielle. Il est vraiment important de supprimer cet alinéa 5.
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Philippe Bonnecarrère
• 2026 Jun 29, 12:58:21
Que le ministre puisse arbitrer une difficulté entre la fédération et la ligue n’appelle aucune observation de ma part. Le seul point de divergence de mon amendement avec le vôtre, madame la ministre, et avec celui que présentera ensuite M. le rapporteur, porte sur la durée de cette force exécutoire : le gouvernement propose de la caler sur la convention précédente ; le rapporteur de la fixer à un an. Il me semble pour ma part que nous pouvons sans difficulté conserver la durée de cinq ans prévue par le code du sport, tout simplement parce que si un accord intervient entre-temps entre la fédération et la ligue, il prendra effet immédiatement. Le débat sur la durée ne doit donc pas être surestimé.
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Philippe Bonnecarrère
• 2026 Jun 29, 12:01:56
Notre pays n’a pas à rougir de l’action qui a été la sienne à l’égard de l’Afrique du Sud.
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Philippe Bonnecarrère
• 2026 Jun 29, 12:01:36
Pour répondre à la question posée par notre collègue sur la Coupe du monde de rugby en Afrique du Sud, je lui rappelle simplement que le rugby a été l’un des meilleurs adversaires de l’apartheid et qu’il a défendu la mixité de la société sud-africaine.
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Philippe Bonnecarrère
• 2026 Jun 29, 11:39:34
Et les partenaires du club ?
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Philippe Bonnecarrère
• 2026 Jun 29, 11:38:17
Bien sûr que si !
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Philippe Bonnecarrère
• 2026 Jun 29, 11:36:27
Dès lors, nos meilleures compétitions seront vidées de leur intérêt.
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Philippe Bonnecarrère
• 2026 Jun 29, 11:35:08
Au risque d’insister, je répète que l’amendement présenté par le gouvernement et par notre collègue fait disparaître le. Je ne m’attarderai pas sur le terme de « promesses ». Cette notion, reconnue sur le plan juridique, visait en fait les paiements décalés dans le temps – il en existe des exemples bien connus.

Le véritable sujet est ailleurs : c’est la suppression de la notion de « personnes liées » au club. Une telle disposition ferait sauter le – pardonnez-moi pour cette formule très directe.

En effet, si un partenaire du club, ou toute personne liée à celui-ci, peut rémunérer un joueur au titre de son droit à l’image, rien n’empêche que cette rémunération vienne, en pratique, compléter celle versée par le club. On recrée, ainsi, par un détour, ce que le interdit directement.

Que les meilleurs joueurs puissent valoriser leur droit à l’image, personne ne le conteste. Mais cette valorisation doit intervenir en dehors de toute relation avec les partenaires du club. Si nous adoptons ces amendements identiques, le perdra toute efficacité et, avec lui, disparaîtra l’un des garants de l’éthique sportive.
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Philippe Bonnecarrère
• 2026 Jun 29, 11:30:37
Je vous invite à ne voter ni pour l’amendement de suppression qui vient d’être présenté, ni pour l’amendement du gouvernement qui suivra.

Le premier enjeu est celui de l’éthique sportive. Je l’ai déjà dit : si l’on connaît à l’avance le vainqueur d’une compétition, celle-ci perd tout son intérêt. La force du Top 14 réside précisément dans la concurrence réelle qui existe entre les clubs pour accéder au titre. C’est possible grâce au, c’est pourquoi il faut le conserver.

Le second enjeu est celui des droits du joueur. Personne ne conteste que des joueurs exceptionnels apportent beaucoup à la notoriété du sport. Mais il est tout aussi vrai que c’est la compétition qui leur a permis d’éclore et de jouir de cette image.

Qu’un joueur soit rémunéré par le salaire versé par son club et qu’il valorise ensuite son droit à l’image en concluant des contrats publicitaires avec des constructeurs automobiles, des marques d’électroménager ou de parfum, ne pose aucune difficulté.

En revanche, il conviendrait de ne pas autoriser la commercialisation de son image par des partenaires du club. Il y va de la notion même de personne. Dans le cas contraire, le risque de fraude devient possible et le est vidé de sa substance en tant que garant de l’éthique sportive.
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Philippe Bonnecarrère
• 2026 Jun 29, 11:15:17
Dans la société actuelle, le sport est le seul moment, le seul lieu, où tous les publics se retrouvent. L’enceinte d’un stade rassemble tous les milieux, tout ce qui fait la vie de nos cités. Cette mixité, ce partage de la même vie sociale, est pour moi un élément essentiel.

Le sport revêt aussi une dimension territoriale. Il est clair que le sport professionnel a une vocation large : il irrigue nos territoires. Dans le département du Tarn, entre le Castres olympique, le Sporting Club albigeois et les nombreux clubs amateurs de rugby, c’est toute une vie locale qui s’anime, aussi bien du point de vue économique que social, et qui participe de l’attractivité du territoire. D’une certaine manière, la vie du département s’organise en fonction du match qui va se jouer, les commentaires nourrissent les débats locaux. Ce n’est pas du tout une activité superficielle, au contraire ; elle permet d’alimenter la vie collective, un sens commun, de partager les mêmes choses. Je ne vais pas employer des mots excessifs, je n’irai pas jusqu’à parler de valeurs, mais cet élément d’unité est indiscutable.

Dans ma région, les relations entre le sport professionnel et le sport amateur se nouent assez naturellement, et il me semble qu’au niveau national, les dispositions de la loi Buffet ont été bien intégrées.

Cela étant, on ne peut saluer le caractère fédérateur et l’attractivité du sport professionnel sans pointer le risque que les ligues dites privées ne le mettent en cause. En d’autres termes, nous avons besoin de renforcer, de favoriser notre sport professionnel, mais également, bien sûr, le sport amateur.

C’est aussi une manière de vous faire comprendre qu’il existe bel et bien un écosystème. Il y a un écosystème du football – je n’en suis pas un spécialiste –, un autre du rugby – comme tous les enfants du Sud-Ouest, je le connais un peu mieux. La discipline sportive a son économie, à travers les joueurs qu’elle est en mesure de rémunérer, les entraîneurs, le staff, les centres de formation, la redistribution – qui donne un élan majeur au sport amateur –, les liens avec les équipes nationales. Pour nous faire rêver en obtenant d’excellents résultats, il faut que les ligues professionnelles puissent assurer à leurs joueurs une rémunération suffisante et les mettre à disposition le nombre de jours nécessaires pour qu’ils reçoivent un entraînement au meilleur niveau.

Il est donc indispensable de préserver la valeur de nos compétitions, ce qui me conduit à aborder le sujet des droits audiovisuels. Les matchs les plus importants sont retransmis gratuitement. Chacun de nos concitoyens peut ainsi voir les matchs de l’équipe de France de rugby, la finale du championnat de France de rugby ou la finale de la compétition européenne lorsqu’un club français est qualifié. En revanche, si on prévoit demain qu’au moins un match de chaque grande discipline doit être diffusé gratuitement, les droits audiovisuels perdront beaucoup de valeur. Qui plus est, contrairement à ce que pensent de nombreux collègues, les chaînes de télévision généralistes ne prendront pas le relais, car leur modèle est totalement différent. Elles diffusent les Jeux olympiques ou la Coupe du monde, mais ne seront pas intéressées par un simple match de football ou de rugby. Nous reviendrons sur la question de la valeur lors de l’examen des amendements.

Je dirai un dernier mot sur l’éthique sportive, qui passe par l’intérêt de la compétition. Si l’on connaît dès le début de la saison le nom du futur champion de France, les compétitions perdront tout intérêt et tout le monde en pâtira. C’est tout l’avantage du car, bien conçu, ce mécanisme permet de préserver l’équilibre entre les clubs et la rémunération des meilleurs joueurs. Personne ne conteste la possibilité pour tel ou tel de nos joueurs exceptionnels de valoriser son droit à l’image. La rémunération est une chose, le droit à l’image sur ses initiatives propres en est une autre, à condition de se garder de toute confusion avec les partenaires habituels de son club.
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