💬 • Annie Genevard, Ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire • 2026 Oct 28, 14:28:00
Je partage votre préoccupation légitime : en Martinique comme dans les outre-mer en général, la vie chère pèse sur le quotidien des familles et l’autonomie alimentaire est un objectif que je fais mien. Je préciserai toutefois quelques chiffres. Les 24 millions d’euros que vous citez résultent de trois mouvements de nature différente, que je vais prendre le temps de détailler. D’abord, 5 millions correspondent à une majoration décidée pour la seule année 2025 : il n’est donc pas illogique de les voir redescendre. L’enveloppe consacrée à l’aide au fret reste bien de 26,9 millions d’euros, comme l’an dernier. Ensuite, si 1,7 million d’euros sont prélevés sur les aides destinées à la culture de la banane, c’est pour être redéployés vers la diversification, donc vers l’autonomie alimentaire. L’élevage aux Antilles, les filières végétales, les aides pour la Guyane et Mayotte : voilà précisément ce qui renforce l’autonomie alimentaire des territoires d’outre-mer, auxquels ce redéploiement n’enlève pas un centime. Enfin, les sommes qui sont consacrées à la filière de la canne à sucre baissent de 5 millions par rapport à 2026 – non de 17 millions. C’est la seule réduction nette, je vous donne le point. Je ne la minimise pas et vous redis que l’État sera au rendez-vous de la filière canne dans ses conventions. La baisse réelle s’élève donc à 5 millions, non à 24. Je rappelle que la France consacre environ 330 millions par an à compenser le gel européen du programme d’options spécifiques à l’éloignement et à l’insularité (Posei). Quant au Feader, je profite de votre question pour lancer une alerte : aucun crédit n’a été consommé par la collectivité de Martinique. C’est très regrettable, car les agriculteurs en ont besoin. Ma porte est ouverte pour travailler avec vous à y remédier. Je partage votre objectif, mes combats européens en sont la preuve. S’agissant du Posei, l’enjeu était de maintenir les aides permettant d’adapter la politique agricole commune aux spécificités ultramarines. J’ai obtenu la réintroduction du règlement qui leur est dédié et des taux de cofinancement spécifiques de 100 % pour l’agriculture ultramarine dans les fonds européens du Posei. S’agissant de l’organisation commune des marchés, nous avons sécurisé les règles de contractualisation de la filière canne, que la Commission voulait aligner sur celles de la betterave…
J’examinerai avec vous très précisément cette situation. Avec mes collègues en charge de la transition écologique, nous allons réfléchir à comment résoudre cette situation, afin que ces jeunes désireux de s’installer ne soient plus empêchés. C’est à rebours complet de tout ce que nous voulons faire, et que nous devons faire, pour le renouvellement des générations.
Puisqu’il y a déforestation, il doit y avoir une compensation, c’est normal, mais celle-ci doit se faire au moyen de terres acquises il y a moins de deux ans, alors que le patrimoine communal pourrait être utilisé. C’est absurde !
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💬 • Annie Genevard, Ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire • 2026 Oct 14, 14:22:45
J’ai été présidente de l’Association nationale des élus de la montagne. À ce titre, je suis particulièrement attentive, aux côtés des parlementaires de la montagne, à l’économie agricole montagnarde et à ses enjeux. Du reste, en cette année du pastoralisme, il faut valoriser le pastoralisme de la montagne. Dans les négociations pour la PAC, je me bats pour le maintien de l’indemnité compensatoire de handicaps naturels, l’ICHN. Ce que vous décrivez, monsieur Ott, est une absurdité. C’est précisément le genre de frein administratif que je m’acharne à combattre, situation après situation. Alors qu’on a des jeunes qui veulent s’installer et récupérer des terres agricoles pour y implanter des élevages, ce qui est bon à la fois pour le renouvellement des générations, la souveraineté alimentaire et la production agricole, on se heurte à une situation absurde.
…et que leur réintroduction se fera sous l’égide d’organismes scientifiques, l’Anses et l’Inrae, dont vous ne cessez, à juste titre, de prendre la défense, comme je le fais moi-même. Parole à la science !
Rendez justice aux agriculteurs qui ont modifié leurs pratiques agricoles pour atteindre cet objectif ! Le plan Parsada vise à abandonner les produits phytosanitaires dans certaines productions et le dispositif Praam vise à massifier des pratiques vertueuses. Il ne faut donc pas raconter n’importe quoi et laisser à penser que ce gouvernement ne serait pas résolument engagé en faveur de la diminution de l’usage des produits phytosanitaires. Quant à la réintroduction de certaines substances dans la loi d’urgence agricole, je vous rappelle qu’il s’agit d’une décision des parlementaires…
Le plan Écophyto – initiative de Michel Barnier que je tiens à saluer –, que le premier ministre soutient et encourage, porte ses fruits. Je vous rappelle simplement que ce plan vise à faire diminuer de 50 % l’usage de produits phytosanitaires chimiques d’ici à 2030, et nous y sommes quasiment !
Le gouvernement est engagé très clairement dans une stratégie de réduction des produits phytosanitaires, et vous le savez.
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💬 • Annie Genevard, Ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire • 2026 Oct 07, 14:56:41
J’essaie de me représenter ce que pensent aujourd’hui, s’ils vous écoutent, les agriculteurs, que vous accusez d’être des empoisonneurs et d’être responsables de tous les cancers dont souffrent nos compatriotes.
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💬 • Annie Genevard, Ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire • 2026 Oct 07, 14:27:06
Ces députés ont tort de rire de votre question : c’est un sujet majeur. Vous avez raison de souligner l’importance des hippodromes de proximité pour les territoires ruraux. Comme vous l’avez dit, au-delà des courses, cette filière occupe des bénévoles, fait vivre des professionnels et maintient de l’emploi local et des activités agricoles. Elle doit cependant faire face à une diminution très importante du nombre de parieurs, qui a été divisé par deux, passant de 6 à 3 millions en quelques années. Cette évolution pèse sur les comptes et les marges du PMU et donc sur les revenus des professionnels agricoles. Par conséquent, l’ensemble de la filière doit se réorganiser pour sauver son modèle économique. Le travail mené par France Galop constitue une première analyse de la situation, qui permet d’identifier les changements possibles. Il est proposé de procéder à des économies de fonctionnement, pour améliorer la marge nette, tout en maintenant un nombre de courses proche de l’actuel. Avec Mme la ministre des sports, nous avons entendu les réactions suscitées par la présentation de ce projet, qui ne revêt aucun caractère définitif. Le rôle de l’État n’est pas de se substituer aux sociétés mères, structures associatives dont les instances garantissent le débat et la validation internes. Cependant, et vous le savez puisque nous en avons souvent parlé, le gouvernement restera extrêmement attentif à ce que des échanges très larges aient lieu, notamment avec la société mère du trot et les collectivités concernées, comme vous l’appelez de vos vœux.
Enfin, madame Stambach-Terrenoir, je veux vous dire quelque chose : vous n’avez pas le droit, moralement, d’instrumentaliser la maladie à des fins politiques et politiciennes. C’est une faute morale qui trahit le mandat pour lequel vous avez été élue !
Prétendre que nous avons réintroduit l’acétamipride et la flupyradifurone est un mensonge, et vous le savez. Ce que dit ce texte, très précisément, c’est qu’il appartient à l’organisme dont c’est la fonction, confiée par le gouvernement, d’examiner les substances qui peuvent être utilisées par les agriculteurs, ou non, eu égard à leur impact sur la santé humaine et sur l’environnement. Tel est le travail de l’Anses. Il y a quelques années, le politique s’est substitué à l’avis de l’Anses, qui, je le rappelle, ne s’est jamais prononcée sur ces substances. Le projet de loi d’urgence agricole prescrit que l’Anses devra se prononcer, puisque la question lui est posée régulièrement par les filières agricoles actuellement dans l’impasse.
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💬 • Annie Genevard, Ministre de l’agriculture, de l’agroalimentaire et de la souveraineté alimentaire • 2026 juil. 21
Nous avons débattu pendant de longues heures sur le projet de loi d’urgence agricole et nous avons eu l’occasion à de multiples reprises d’échanger sur ces différents sujets. J’ai toujours apprécié, dans vos interventions, l’excès qui caractérise vos propos !
M. Potier avait demandé que l’Anses soit le juge de paix et la CMP a décidé de faire droit à cette demande. C’est incroyable : votre comportement est révélateur d’une mauvaise foi que vous ne cherchez même pas à dissimuler.
Vous faites un procès d’intention à une directrice générale qui vient d’être nommée à la tête de l’Anses. Vous prenez les accents de la vertu effarouchée, alors même que nous mettons en œuvre ce que vous avez demandé !
C’est bien simple, madame la présidente Laporte : j’ai interrogé la directrice de l’Anses sur cette disposition qui m’a dit très explicitement qu’il était impossible de rendre un avis robuste en moins de six mois, même en y consacrant le maximum d’effort possible. Il ne faut pas priver l’Anses d’un délai nécessaire pour émettre son avis ; cela risquerait de fragiliser sa décision. Je connais les contraintes pesant sur la filière, qui devrait pouvoir recevoir des réponses avant les semis. D’un autre côté, je ne peux pas ignorer la demande de l’Anses. Il y va de la solidité de sa décision. C’est pourquoi nous vous soumettons cette extension du délai. Il faut faire droit à cette demande de l’Anses pour garantir la crédibilité de la décision qu’elle rendra.
Cet amendement s’inscrit pleinement dans la logique de la CMP : la science avant tout, avec désormais suffisamment de temps pour lui permettre de juger.
…ne peuvent se faire dans la précipitation. Nous souhaitons donc tripler le délai, en le portant de deux à six mois. Nous donnons ainsi à l’Anses les moyens de faire son travail.