Je comprends les préoccupations des auteurs de cet amendement, qui insistent notamment sur la nécessité d’une supervision humaine. C’est précisément le modèle que la France a décidé d’adopter grâce à l’Amiad, avec non pas, mais. La présence d’un être humain est indispensable pour superviser les systèmes automatisés.
Il vise à renforcer la place de l’intelligence artificielle, qui « a vocation à être intégrée de manière transversale dans l’ensemble des composantes des forces, depuis la collecte et le traitement des données jusqu’à leur exploitation opérationnelle et l’aide à la décision ».
Je suis effarée par les propos anti-européens qui sont tenus. À ce niveau-là, c’est quand même stupéfiant. La PAC rapporte à la France 9 milliards d’euros chaque année.
Je me permets de revenir sur le rôle que la France a joué pour soutenir les Groenlandais et l’État du Danemark par des manœuvres de ses forces – notamment, comme l’a dit Mme la ministre, l’atterrissage d’un A400M. Nos collègues danois remercient la France pour sa participation. Par ailleurs, notre pays prend part à l’exercice. Nous n’avons donc pas été timorés sur la question du Grand Nord, et nous allons continuer à nous investir auprès de nos partenaires.
Je partage l’intention des collègues socialistes. Cependant, cet amendement est limité au champ d’Orion, or nous devrions pouvoir récupérer les données de tous les exercices pour entraîner les IA. Il faut élargir la portée de cette idée, et je soutiendrai d’ailleurs un peu plus tard un amendement dans ce sens. Ce n’est pas seulement une réflexion sur le cadre normatif, ces données doivent également être utilisées à bon escient, suivant le modèle que propose l’Agence ministérielle pour l’intelligence artificielle de défense (Amiad). Les réflexions sont en cours, si bien que la demande est partiellement satisfaite, mais nous pouvons faire mieux.
Encore récemment, des campagnes de désinformation d’origine russe de type Storm-1516, ciblant la France, ont été mises au jour par Viginum. Je ne reviendrai pas sur les faits déjà évoqués – ils sont avérés. Contrairement à ce qui a pu être affirmé, l’administration Trump revendique son soutien aux partis prétendument patriotiques en Europe, quitte à s’ingérer dans les processus électoraux, comme ce fut le cas en Allemagne. Dans ce contexte, l’espace informationnel mérite une vigilance accrue à l’approche de l’élection présidentielle de 2027 afin de protéger le débat démocratique. Si l’on peut se féliciter de l’enthousiasme suscité par le compte, qui permet de riposter à de fausses informations, la question de l’opérationnalisation de notre cadre juridique demeure. La loi du 22 décembre 2018 et celle de 2024 visant à sécuriser et à réguler l’espace numérique renforcent le contrôle et les sanctions à l’égard des plateformes. En revanche, la notion de contenu illicite dans le règlement DSA ne couvre pas spécifiquement la désinformation. Le rapport que j’ai remis en 2025 avec ma collègue Marie Récalde en conclusion des travaux d’une mission d’information sur le thème « l’opérationnalisation de la nouvelle fonction stratégique influence » recommande donc de renforcer les pouvoirs de supervision de l’Arcom et plaide pour une mobilisation accrue des parquets compétents contre les ingérences étrangères en période électorale. Nous préconisons également une coopération renforcée entre Viginum et la Commission nationale de contrôle de la campagne en vue de l’élection présidentielle (CNCCEP). Enfin, Xenia Fedorova, ancienne directrice de, relaie sur les antennes d’Europe 1 et de CNews le narratif du Kremlin sans qu’aucune contradiction ne lui soit opposée. Elle bénéficie d’un titre de séjour de longue durée, ce qui interroge de nombreux observateurs avertis, dont je fais partie.
Ainsi, la France doit être à la hauteur des engagements pris en matière de défense et contribuer au réarmement de l’Europe, notamment à travers de multiples programmes conjoints avec nos partenaires européens. Le mécanisme d’achat sur étagère d’armements américains dans le cadre de la Purl, ou – la liste des besoins prioritaires de l’Ukraine –, n’est pas un modèle souhaitable pour l’avenir de l’industrie en Europe. Voilà tout l’enjeu de gagner en autonomie stratégique et en souveraineté industrielle afin de ne plus dépendre des technologies américaines et chinoises. La France doit conserver son rôle moteur dans la structuration de l’Europe de la défense. L’augmentation graduelle des dépenses de défense déterminera à long terme, et même pour les générations à venir, la place de la France dans le monde et contribuera à notre indépendance nationale ainsi qu’à la préservation de notre modèle démocratique face aux régimes autoritaires. Je remercie M. le premier ministre d’être à l’origine de ce débat et de ce vote auquel le groupe Socialistes et apparentés souscrit pleinement.
Le prochain budget de la défense nationale est d’une nécessité impérieuse afin de servir nos armées dans un contexte stratégique particulièrement dégradé. Les lois de programmation militaire impulsées par le président de la République depuis 2017 nous engagent dans une dynamique de remontée en puissance. Tout recul s’agissant des marches et surmarches prévues en 2026 à hauteur de 6,7 milliards d’euros, conformément à la trajectoire planifiée, détruirait la cohérence d’ensemble entre notre modèle d’armée et le réarmement de la France. Les entreprises du secteur de la défense, des grands groupes industriels aux PME, irriguent l’activité et l’emploi dans nos territoires ; elles représentent ainsi plus de 200 000 emplois. Renforcer l’outil de production passe par l’adoption du prochain budget de la défense, qui apportera la visibilité attendue par la base industrielle et garantira le flux de commandes et d’investissements essentiels à la montée en cadence de la production d’armement. Il contribuera aussi au développement de solutions innovantes. L’adoption tardive du budget, en 2025, a provoqué un décalage de commandes de l’ordre de six mois. Or dans le contexte des provocations orchestrées par une puissance russe de plus en plus désinhibée et qui se réarme à tout va, nous ne pouvons rester immobiles. Il est ainsi grand temps de reconstituer nos stocks de munitions et d’acquérir de la masse pour se préparer à un éventuel conflit de haute intensité, de pourvoir à l’équipement et à l’entraînement de nos soldats. Il s’agit en outre de renforcer notre capacité d’anticipation et d’alerte avancées dans les domaines spatial et du renseignement, de produire davantage de systèmes de défense aérienne pour notre sécurité collective, de renforcer notre capacité de dissuasion en l’épaulant par des effecteurs de frappes dans la profondeur, d’assurer à nos armées l’aptitude d’« entrer en premier » en investissant dans les dispositifs de guerre électronique et de suppression des défenses ennemies, de s’inscrire dans la lutte informationnelle. Il s’agit encore de préparer la guerre de demain, qui inclura de nouvelles technologies, – intelligence artificielle et calcul quantique –, qui intégrera aussi le combat collaboratif. Développer des systèmes tels le Scaf ou le MGCS, agrégeant une variété de plateformes, dont des drones, un traitement de données et une connectivité ultrarapide, imposera de faire œuvre commune avec des partenaires aux mêmes ambitions et permettra d’opérer entre alliés européens volontaires et capables. Le défi est de rester dans la course à l’innovation tout en conservant à tout prix les compétences essentielles à notre pays et, de fait, notre souveraineté nationale. Mon dernier point concerne la crédibilité de la France vis-à-vis de ses partenaires européens et plus largement de ses alliés de l’Otan au moment même où l’administration Trump publie un document stratégique explicitant son objectif d’assujettir les économies et les capacités de production des pays européens, au moment même où des pourparlers se tiennent sur l’avenir de l’Ukraine. Les Européens doivent faire montre de responsabilité et de leur détermination à promouvoir leur vision politique et à être force de proposition. Au passage, vous aurez tous compris que je ne partage pas la satisfaction exprimée par Jordan Bardella dans ses commentaires à la BBC s’agissant de la vision réactionnaire infusée par les partisans du Maga - .