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Marie-Pierre Rixain
• 2026 Oct 15, 11:55:19
Selon le Haut Conseil de la famille, de l’enfance et de l’âge, la possibilité pour les débiteurs des pensions alimentaires – les hommes – de déduire les dépenses en nature de leur revenu imposable représente pour l’État un coût de plus de 250 millions d’euros.

Nous réfléchissons beaucoup au consentement à l’impôt ; mais comment peut-on imaginer un tel consentement de la part de femmes imposées sur des dépenses qu’elles n’ont pas décidées et dont le revenu imposable se trouve par là augmenté ?

Monsieur le ministre, puisque vous êtes disposé à travailler sur ces points au cours de la navette, pourquoi ne pas présenter dès maintenant un sous-amendement relatif aux dépenses en nature et au plafonnement ? Je rappelle que la défiscalisation des pensions versées pour l’entretien d’un enfant majeur est plafonnée, contrairement à celle des pensions versées pour l’entretien d’un enfant mineur.
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Marie-Pierre Rixain
• 2026 Oct 15, 11:47:56
Nous touchons au comble de l’injustice. Le parent débiteur d’une pension alimentaire peut en effet contribuer à l’entretien de son enfant en prenant directement en charge certaines dépenses comme les frais de scolarité ou une partie du logement. Il peut également s’agir de dépenses qu’il aura lui-même décidées : il loue du matériel de ski à Courchevel et – formidable ! – c’est madame qui est imposée ! Comment la représentation nationale peut-elle raisonnablement accepter qu’une dépense engagée directement par un parent au profit de son enfant soit considérée comme un revenu disponible pour le parent gardien ?

De plus, les pensions versées pour l’entretien des enfants mineurs sont défiscalisables sans plafond – contrairement à celles qui sont versées pour un majeur.

Cet amendement vise donc à revoir entièrement un dispositif inique, voire surréaliste.
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Marie-Pierre Rixain
• 2026 Oct 15, 11:43:53
Il importe de clarifier le cadre du débat : lors du versement d’une pension alimentaire, le parent débiteur peut effectivement déduire la pension de son revenu imposable, sans plafond spécifique ; la mère, quant à elle – dans 82 % des cas, les familles monoparentales ont à leur tête une femme –, doit déclarer la pension reçue. La mère qui assume cette charge fiscale bénéficie par ailleurs d’un quotient familial qui, lui, est plafonné. Le dispositif en vigueur est donc totalement injuste.

Les débats que nous avons eus ces dernières années pourraient laisser croire à la nécessité de maintenir ce dispositif, parce qu’il inciterait les pères à verser la pension alimentaire. Or le code civil prévoit déjà une obligation alimentaire pour les pères. De plus, l’exercice de la paternité n’est pas une option. Il n’y a donc pas de raison de maintenir des dispositifs incitatifs, coûteux pour la puissance publique, complètement iniques pour les femmes et désastreux pour les enfants : en effet, cette somme visant à restaurer l’équilibre économique de la famille monoparentale, la soumettre à l’impôt prive les enfants d’une partie de ce que le juge a décidé.

De plus, le niveau des pensions alimentaires est particulièrement faible dans notre pays. Depuis les années 1970, on a laissé croire que la défaillance de certains pères pouvait être assumée par la puissance publique. Je me félicite de ce « retour du père » que beaucoup appellent de leurs vœux, car il existe des pères formidables, y compris après des séparations. Le dispositif actuel, pourtant, ne vise qu’à récompenser ceux qui sont défaillants. En 2026, il est temps d’avancer.
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Marie-Pierre Rixain
• 2026 Oct 15, 11:24:01
Comble de l’injustice, non seulement la femme peut ne pas percevoir la prestation compensatoire rapidement, dans l’année qui suit la séparation, mais, en plus, elle n’a pas la main sur le délai de versement et, donc, sur le fait que la somme perçue soit fiscalisée ou non. Il s’agit d’une double peine : la femme peut attendre ce versement pendant sept ans, puis être imposée sur le capital qu’elle a touché. J’espère que chacun mesure l’injustice des dispositions en vigueur et votera en faveur de ces amendements.
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Marie-Pierre Rixain
• 2026 Oct 15, 11:16:03
Il vise lui aussi à régler une situation fiscale inique. Lors d’une séparation, l’un des membres du couple – l’épouse la plupart du temps car, dans notre pays, les femmes gagnent moins que les hommes – peut recevoir une prestation compensatoire tenant compte des inégalités de revenus au cours de la vie conjugale. Selon les modalités de versement de cette prestation, la fiscalité qui s’applique n’est pas la même : si elle est versée dans les douze mois suivant le divorce, la personne qui la reçoit n’est pas imposée dessus ; après douze mois, elle l’est. Or cette prestation ne devrait pas être considérée comme un revenu supplémentaire, mais comme une indemnité compensant des inégalités de revenus.

Nous demandons donc que le régime fiscal des prestations compensatoires soit revu. Je souligne que cette mesure avait été adoptée par la représentation nationale l’année dernière, mais n’avait finalement pas été retenue par le gouvernement. Nous espérons qu’il en ira différemment cette année.
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Marie-Pierre Rixain
• 2026 Oct 15, 11:12:19
Un couple, c’est un régime politique. Certains sont démocratiques : les choses s’y passent bien, on peut y discuter et s’entendre. D’autres couples se transforment en dictatures et parfois la discussion s’y envenime, notamment en matière économique. Vous parlez du crédit d’impôt : formidable, je ne l’avais pas encore abordé ! Un certain nombre de dispositifs permettent aux femmes d’améliorer leur performance fiscale, s’agissant notamment de la retraite, mais il n’en va pas ainsi du crédit d’impôt, qui s’applique par exemple à la garde d’enfants. La plupart du temps, l’administration fiscale verse les sommes auxquelles a droit le foyer fiscal bénéficiaire sur le compte en banque du déclarant no 1, qui est en règle générale l’homme du foyer ! Il y a précisément là matière à individualiser l’impôt pour que les femmes perçoivent ce qui leur revient.

Quant aux implications structurelles de cette réforme, j’entends bien vos arguments, mais ce que je propose n’est pas nouveau : voilà quatre ans que j’ai déposé une proposition de loi sur le sujet. Nous en avons parlé il y a trois ans, puis il y a deux ans, enfin l’année dernière, à mesure que les ministres chargés des finances se succédaient. Quand se saisira-t-on, à Bercy, de cette réforme ? Pendant combien de temps encore ferons-nous partie des neuf derniers pays de l’OCDE à ne pas avoir individualisé l’impôt ? Quand comprendrons-nous que les femmes sont des sujets fiscaux à part entière ?
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Marie-Pierre Rixain
• 2026 Oct 15, 11:07:16
Sur le papier, nombreux sont ceux qui, sur ces bancs, sont favorables à l’égalité entre les femmes et les hommes. Mais voyons si, s’agissant d’un cas fiscal pratique, ils maintiennent leur position. Nos choix fiscaux ne sont pas uniquement des choix techniques dont l’appréciation est réservée à quelques inspecteurs des finances avertis : ils impliquent des choix de société.

Le droit fiscal est daté ; le faire évoluer relève de notre responsabilité. Dans les années 1950, 10 % des couples divorçaient et c’est après en avoir demandé l’autorisation à leur mari que 40 % des femmes occupaient un emploi. Aujourd’hui, 75 % des femmes occupent un emploi et un couple sur deux divorce – une proportion qui augmente lorsque les parents ont à leur charge un enfant en situation de handicap. Par ailleurs, une augmentation de 1 point du taux d’activité des femmes – soit 210 000 femmes supplémentaires – entraînerait une augmentation du PIB comprise entre 0,5 et 0,7 % – soit 15 à 20 milliards d’euros de plus.

Je vous propose de faire évoluer l’individualisation de l’impôt. Nous avons permis celle du taux de prélèvement à la source, mais nous faisons partie des neuf derniers pays de l’OCDE, sur trente-huit, à ne pas avoir entièrement individualisé le calcul de l’impôt. Je vous propose de le faire évoluer uniquement pour les couples mariés ou pacsés qui le souhaiteraient. Les personnes en instance de séparation et qui ne vivent plus sous le même toit en ont déjà la possibilité. Nous pouvons accélérer cette individualisation, dans un souci de performance économique et sociale, et en accord avec nos valeurs.
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Marie-Pierre Rixain
• 2026 Oct 07, 23:44:18
Un rappel important : la lutte contre les violences sexuelles et sexistes fait partie d’un package de mesures en faveur de l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes dans les entreprises. Prendre en charge les violences sexistes et sexuelles, c’est bien sûr accompagner les victimes, en particulier les femmes, mais c’est aussi signifier aux entreprises que toutes les mesures favorables à l’égalité professionnelle qu’elles prennent contribuent à attirer les talents – singulièrement les femmes – vers certains secteurs d’activité et certaines entreprises. Or les TPE, dans certains territoires et s’agissant des métiers technologiques ou industriels, ont du mal à les attirer.

La population française se compose à 52 % de femmes. Plus les entreprises appliqueront de mesures qui leur permettront de se sentir en sécurité – lorsque la part des femmes dans les effectifs d’une entreprise est inférieure à 30 %, elles peuvent être davantage soumises au sexisme ou à des violences sexuelles –, plus elles en attireront. Ces mesures de prévention des violences sexuelles et sexistes dans les entreprises ne sont pas des contraintes qui s’imposent à elles, elles sont au contraire un facteur d’attractivité pour les talents, notamment féminins.
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Marie-Pierre Rixain
• 2026 Oct 02, 20:03:47
La lutte contre les violences économiques est un travail minutieux, car l’imagination de leurs auteurs ne connaît pas de limite. Elle exige également une certaine forme de pragmatisme, afin que les femmes victimes de violences se voient garantir une autonomie financière effective et non seulement théorique.

Le présent amendement vise à garantir que, lorsqu’une procédure judiciaire est subordonnée au versement d’une consignation, la situation financière de la victime est appréciée par le juge au regard des ressources auxquelles elle a effectivement accès, et non de celles dont elle dispose théoriquement. Il s’inscrit dans le prolongement de la législation européenne, qui invite les États membres évaluant les ressources d’une victime à tenir compte de son accès effectif à ces ressources.

Cette exigence revêt une importance particulière pour les victimes de violences économiques. La captation des revenus, la privation de l’accès aux comptes bancaires, les conséquences du régime matrimonial ou encore l’endettement imposé par le conjoint violent peuvent conduire une victime à disposer, en apparence, de ressources ou d’un patrimoine suffisants, sans pouvoir effectivement les mobiliser. Une appréciation seulement théorique de sa situation financière peut ainsi constituer un obstacle à l’accès à la justice, donc à la reconnaissance de son préjudice.
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Marie-Pierre Rixain
• 2026 Oct 02, 20:00:44
Permettez-moi de revenir sur la notion de disproportion marquée en matière fiscale. J’invite le gouvernement à une réflexion globale sur les violences économiques, y compris après une séparation. Certaines femmes, pour n’avoir pas été victimes de violences conjugales à proprement parler, caractérisées par un juge, n’en sont pas moins victimes de violences économiques, précisément en raison de ce dispositif de disproportion marquée retenu par l’administration fiscale. Après un divorce, des femmes peuvent, malgré elles, se retrouver fiscalement solidaires de leur ancien conjoint et, parfois, endettées pour des dizaines d’années, tout comme leurs enfants. Cette situation doit cesser. D’ici à l’examen du prochain projet de loi de finances, nous devons nous interroger sur la manière dont nous concevons les violences économiques, y compris sur le plan fiscal.
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Marie-Pierre Rixain
• 2026 Oct 02, 19:08:57
Je ne retirerai pas l’amendement : eu égard à l’urgence, à la situation de vulnérabilité des victimes, lorsqu’est délivrée une ordonnance de protection, il faut être très précis. On sait à quel point le levier économique est utilisé par les auteurs de violences ; or la victime, je le répète, est en danger. Une femme dont le salaire est capté n’a plus de ressources pour vivre ; de même, une femme vivant en concubinage ne bénéficie d’aucune protection. Il y a urgence à prendre des mesures, et je pense qu’il est tout à fait possible d’envisager l’ordonnance de protection aussi sous l’angle économique ; c’est déterminant.
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Marie-Pierre Rixain
• 2026 Oct 02, 19:05:48
Les violences économiques constituent l’une des manifestations majeures du contrôle coercitif ; elles sont le point d’entrée, voire le dénominateur commun d’un continuum de violences de la part du conjoint. Privation de ressources, captation du salaire, des prestations sociales, contrôle du compte joint, procuration bancaire ou encore souscription d’engagements financiers : autant de procédés qui placent la victime dans une situation de dépendance, une absence d’autonomie financière qui devient quelquefois un obstacle à son départ, à sa mise en sécurité, à sa reconstruction.

Il est donc nécessaire, dans le cadre de l’ordonnance de protection, de renforcer les pouvoirs du juge aux affaires familiales. Cet amendement vise à doter le juge, en vue de sécuriser immédiatement les ressources de la victime et les avoirs joints, de quatre possibilités supplémentaires précises : premièrement, suspendre provisoirement la faculté pour chacun des cotitulaires d’effectuer seul des opérations sur les comptes détenus conjointement ; deuxièmement, ordonner le versement du salaire de la victime et de certaines prestations sociales sur un compte dont elle seule soit titulaire ; troisièmement, révoquer les procurations consenties à l’auteur des violences sur les comptes, produits d’épargne, instruments financiers de la victime ; quatrièmement, lorsque les parties vivent en concubinage – les concubins, contrairement aux couples mariés ou liés par un pacs, n’étant tenus à aucune obligation d’aide matérielle –, ordonner le versement d’une provision destinée à pourvoir aux dépenses nécessaires de la victime, puisque celle-ci, du fait des violences économiques, reste exposée au risque de dénuement matériel.
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Marie-Pierre Rixain
• 2026 Oct 01, 19:23:23
Confisquer un salaire, interdire de travailler, provoquer des dettes, contrôler chaque dépense, cela ne relève pas des conflits financiers qui peuvent émailler la vie normale d’un couple. La dépendance économique est parfois organisée par un conjoint qui tisse sa toile de l’emprise pour contrôler l’autre.

Le droit doit savoir nommer cette mise sous tutelle économique qui constitue une violence. Le droit doit désormais pleinement reconnaître les violences économiques qui fragilisent les moyens même de l’autonomie. Selon la Fédération nationale solidarité femmes (FNSF), 24 % des femmes ayant appelé le 3919 ont déclaré avoir subi des violences économiques. Leur répétition, leur accumulation et le système de domination dans lequel s’inscrivent les violences économiques peuvent priver insidieusement la victime de toute autonomie financière et limiter sa capacité à échapper aux autres formes de violence.

La loi du 24 décembre 2021 visant à accélérer l’égalité économique et professionnelle a permis de créer des dispositifs destinés à mieux protéger les victimes des violences économiques et à renforcer leur autonomie financière. Afin de limiter les captations de revenus, elle a notamment rendu obligatoire le versement du salaire et des prestations sociales sur un compte bancaire dont la femme est titulaire ou cotitulaire. Elle a également assoupli – je remercie la Banque de France à ce sujet – la procédure de droit au compte afin de garantir aux victimes de violences au sein du couple la possibilité d’ouvrir un compte bancaire sans rencontrer d’obstacles.

Il faut aller plus loin et compléter cette protection en permettant au droit pénal de nommer, caractériser et sanctionner les faits de violences économiques. Cet amendement vise donc à faire entrer les violences économiques dans le code pénal et à les intégrer explicitement parmi les violences intrafamiliales.
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Marie-Pierre Rixain
• 2026 Feb 10, 18:14:51
Les droits des femmes ne peuvent être les otages d’un nouvel ordre mondial. Si la protection de nos démocraties constitue l’enjeu majeur du XXIe siècle, la suppression des obstacles empêchant l’accès des femmes aux ressources économiques doit devenir une priorité pour toutes et tous. Dans cette perspective, la France a instauré des politiques publiques inédites : la loi du 24 décembre 2021 visant à accélérer l’égalité économique et professionnelle prévoit ainsi, en matière de féminisation des instances dirigeantes et cadres dirigeants, des objectifs chiffrés – 30 % de femmes à partir du 1er mars 2026, 40 % en 2029.

Contrairmement aux discours remplis de bonnes intentions, de tels quotas sont connus comme des outils efficaces. Les chiffres attestent d’ailleurs l’efficacité de ce texte : en seulement quatre ans, la part de femmes au sein des plus hautes instances dirigeantes des entreprises du CAC40 a augmenté de 8 points, permettant à la France, dans ce domaine, de surpasser les États-Unis et de se classer parmi les quatre pays les plus performants à l’échelle européenne. Dans le cadre de l’index du Forum économique mondial, en matière de part de femmes exerçant de très hautes responsabilités, notre pays a gagné seize places entre 2021 et 2025 !

Dans une société où le pouvoir économique occupe une place centrale, dissoudre les inégalités économiques et professionnelles doit constituer une priorité, afin que l’ensemble des femmes sorte de la non-reconnaissance sociale, économique et politique. Les entreprises qui s’en préoccupent savent que l’égalité professionnelle confère en outre un avantage compétitif : selon France Stratégie, la convergence entre femmes et hommes des seuls taux d’emploi et d’accès aux postes de direction rapporterait 7 % de PIB, soit environ 150 milliards d’euros. Les services de l’État sont-ils d’ores et déjà opérationnels en vue de s’assurer que les entreprises respectent le premier jalon, celui de 30 % de femmes, à compter du 1er mars, au sein des instances dirigeantes et parmi les cadres dirigeants ? Comment comptez-vous vous appuyer sur cette loi pour accompagner ces mêmes entreprises, confrontées, au sujet de l’égalité professionnelle, à d’intolérables ingérences ?
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Marie-Pierre Rixain
• 2026 Jan 27, 09:38:24
Notre pays traverse une phase de transformation marquée par la transition numérique, le déploiement de l’intelligence artificielle et les impératifs de réindustrialisation. À ce titre, les mathématiques sont essentielles à la cybersécurité, au développement et à l’exploitation de l’intelligence artificielle, aux technologies de détection et de communication. Ainsi, une étude du CNRS – Centre national de la recherche scientifique – estime que les activités mobilisant des compétences mathématiques contribuent à hauteur d’environ 380 milliards d’euros par an à notre économie, soit près de 18 % de notre PIB national.

Dans ce contexte, la compétitivité, la souveraineté et l’économie françaises reposent plus que jamais sur la capacité du pays à former, à attirer et à retenir des talents scientifiques et technologiques. Dans cette perspective, les femmes, qui représentent plus de la moitié de la population française, ne peuvent rester à l’écart de ces transformations majeures. Or, comme vous le savez, selon l’Insee, elles ne constituent qu’environ 26 % des effectifs travaillant dans le secteur du numérique en France, et 29 % des effectifs dans les filières de mathématiques à l’université.

Pour répondre à ces constats, la loi du 24 décembre 2021 a instauré plusieurs dispositifs visant à renforcer l’égalité entre les femmes et les hommes dans l’enseignement supérieur : la parité dans les jurys d’admission, la prise en compte de l’égalité femmes-hommes dans les procédures d’accréditation des écoles d’ingénieurs, et enfin la création d’un baromètre précis de l’égalité femmes-hommes dont les modalités et les seize critères ont été précisés par les décrets d’application du 29 décembre 2023.

À ce jour, ces mesures semblent encore insuffisamment mises en œuvre par les établissements concernés. Quel bilan le gouvernement dresse-t-il de l’application de ces décrets ? Quelles mesures de suivi, d’évaluation et de sanction entend-il mobiliser afin de garantir leur pleine effectivité ? Par ailleurs, le gouvernement valorisera-t-il enfin l’usage stratégique de la taxe d’apprentissage par les entreprises comme outil d’incitation au respect des décrets en vigueur dans les établissements concernés, afin que les obligations légales en matière d’égalité entre les femmes et les hommes ne demeurent pas déclaratives, mais puissent devenir effectives ?
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Marie-Pierre Rixain
• 2025 Nov 12, 19:10:02
L’égalité professionnelle ne dépend pas seulement des évolutions législatives, mais aussi du partage du temps parental. Tant que les hommes ne partageront pas avec les femmes la responsabilité d’élever la prochaine génération, l’égalité réelle ne pourra pas advenir. L’impact de la parentalité est en réalité asymétrique : les femmes subissent une pénalité de maternité alors que les hommes bénéficient d’une prime de paternité. En France, une étude de 2022 de l’Institut national d’études démographiques (Ined) montre que les pères de deux enfants perçoivent un salaire horaire supérieur de 7 % à celui des hommes sans enfants, alors que les mères subissent une baisse de 20 à 25 % à long terme. En raison des inégalités cumulatives, cette asymétrie parentale produit une fracture durable : à 40 ans, les écarts de revenu entre les mères et les pères dépassent souvent 30 %, à même formation et à poste équivalent.

Il s’agit là du produit d’un modèle social, fiscal et culturel dépassé. Le corriger suppose de repenser les conditions d’une coresponsabilité parentale effective. La réforme du congé parental proposée dans le texte, outre les bénéfices certains qu’elle apporte aux enfants, peut incarner un tournant décisif pour l’égalité professionnelle et économique entre les femmes et les hommes, contre des carrières interrompues, des occasions de promotion perdues et des retraites affaiblies. Permettre à chaque parent de prendre un congé de naissance supplémentaire d’une durée équivalente, indemnisé par la sécurité sociale et non transférable entre parents, c’est s’engager contre cette mécanique. Bien sûr, il faudra s’assurer que la durée du congé est suffisante pour continuer à développer des schémas parentaux égalitaires, et que les pères ne seront pas dissuadés, par les injonctions sociales ou professionnelles, de profiter de cette disposition.

Dans les pays qui ont créé un congé réservé et indemnisé, les écarts de salaire ont diminué de près de 20 %. L’OCDE estime en outre qu’une hausse de 1 point de la participation des femmes au marché du travail génère jusqu’à 0,6 point de PIB supplémentaire. C’est pourquoi le groupe EPR soutient cette réforme.
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Marie-Pierre Rixain
• 2025 Oct 25, 10:20:23
Vous nous dites que vous allez trouver des solutions au cours de la navette, mais j’ai du mal à le croire. Cela fait huit ans que nous travaillons à des mesures à la fois soutenables pour l’État, mais aussi justes et adaptées aux nouvelles configurations familiales. Une famille, désormais, ce n’est plus nécessairement un papa et une maman. La fiscalité doit s’adapter à l’évolution des familles dans notre pays. La représentation nationale s’est saisie du sujet. Il est temps de faire preuve de solidarité nationale à l’égard des familles !
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Marie-Pierre Rixain
• 2025 Oct 25, 10:19:23
Je tiens à dire à M. Ruffin qu’une séparation n’est pas nécessairement un risque pour les femmes : elle peut au contraire être une opportunité de liberté, d’émancipation, voire une manière de fuir l’emprise de conjoints violents. Une séparation peut être une chance de reconstruire sa vie. Il faut le dire aux femmes.

Madame la ministre, cela fait huit ans que nous travaillons sur le sujet, dans le cadre de groupes transpartisans comme dans celui de la délégation aux droits des femmes. Je suis venue quasiment tous les ans à Bercy travailler avec vos services sur des solutions opérationnelles – je l’ai fait l’an dernier et l’année précédente. Nous commençons à nous impatienter.
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Marie-Pierre Rixain
• 2025 Oct 25, 09:38:08
Je salue les 2 millions de familles monoparentales qui sont, pour 82 % d’entre elles, représentées par des mamans solos. Conjuguant parfois l’éducation de leurs enfants avec une vie professionnelle, elles tiennent à bout de bras leur vie et celle de leurs enfants. Il est de notre responsabilité de les accompagner et de les soutenir au lieu de leur envoyer un message de stigmatisation. De nombreux travaux ont été engagés à l’Assemblée nationale par des députés de différents groupes parlementaires. Le moment est venu, en révisant le régime fiscal des pensions alimentaires, de leur montrer que nous les soutenons !

Cela a été souligné, la pension alimentaire n’est pas un revenu mais une contribution. Elle ne représente que 18 % des revenus des mamans solos. Nombre d’entre elles doivent compenser ce manque et s’appauvrissent parce qu’elles subviennent seules aux besoins de leurs enfants. Au lieu de les stigmatiser et de leur envoyer le message que nous ne les comprenons pas, il est temps de leur dire que nous sommes là, que nous les soutenons et que nous les accompagnons – cette mesure est très attendue par les mamans solos.
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Marie-Pierre Rixain
• 2025 Oct 25, 09:33:54
Je tiens à appeler l’attention du gouvernement sur un point technique. Il s’agit ici du même capital – il n’y a pas d’un côté un capital et de l’autre une rente. Une facilité de paiement est autorisée pour le débiteur et se retourne, à son insu, contre la femme qui touche la prestation. C’est absolument injuste ! Je me réjouis que nous puissions mettre fin à cette iniquité. Ce serait une grande victoire pour les femmes qui subissent cette violence économique.
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Marie-Pierre Rixain
• 2025 Oct 25, 09:24:21
Au cœur des mécanismes de réparation des inégalités économiques dans le couple, la prestation compensatoire a pour objectif d’effacer les déséquilibres causés par un divorce, voire par la vie conjugale, dans les conditions de vie des ex-conjoints. Toutefois, le régime fiscal de la prestation compensatoire laisse songeur puisque deux options se présentent au débiteur.

Si le débiteur verse la prestation compensatoire dans un délai de moins de douze mois à compter de la date du jugement, alors il bénéficie d’une réduction d’impôt sur le revenu. L’ex-conjoint bénéficiaire n’est alors pas imposé sur la somme reçue.

Si le débiteur libère ce capital sur une période supérieure à douze mois, les versements suivent le régime fiscal des pensions alimentaires et sont alors déductibles sans limite pour le débiteur et imposables pour le bénéficiaire, qui perd donc une partie de cette compensation financière qui lui revient. Cela interroge et peut même constituer un levier de violence économique.

En effet, l’ex-conjoint débiteur à qui l’on accorde une facilité de paiement pourra dès lors choisir le régime fiscal le plus avantageux. En plus de souffrir d’un paiement différé et étalé, la personne qui reçoit cette indemnité devra s’acquitter de l’impôt. Je vous invite donc, avec cet amendement, à revoir le régime fiscal des prestations compensatoires.
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Marie-Pierre Rixain
• 2025 Oct 24, 23:50:53
Par ailleurs, monsieur Breton, cette mesure ne s’oppose pas aux familles ; il s’agit d’une mesure de justice fiscale entre les femmes et les hommes.
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Marie-Pierre Rixain
• 2025 Oct 24, 23:50:30
Madame la ministre, vous mettez en avant un amendement du groupe LIOT qui coûte de l’argent – vous évoquez 1,3 milliard d’euros de manque à gagner pour l’État. Or les présents amendements, au contraire, pourraient rapporter jusqu’à 7 milliards d’euros !
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Marie-Pierre Rixain
• 2025 Oct 24, 23:36:55
Monsieur le rapporteur général, après avoir entendu vos arguments sur le sujet en commission, j’ai travaillé – comme chaque parlementaire est libre de le faire jusqu’à l’examen du texte en séance – et constaté que la loi prévoyait déjà cette possibilité pour les époux et partenaires en instance de séparation ne vivant plus sous le même toit. En matière d’imposition, ces derniers bénéficient en effet d’une faculté d’arbitrage adaptée à la diversité de leur situation. La mesure que je propose n’entraînerait donc pas une refonte du système fiscal conjugal ; elle consisterait simplement à étendre une faculté existante aux couples mariés et pacsés – et ce de manière optionnelle, comme précisé.

Nous avons inscrit dans la loi l’individualisation du prélèvement à la source. Nous devons aller plus loin, et rejoindre le concert des grandes nations de l’OCDE qui ont individualisé l’imposition des revenus au sein des couples. Après avoir acquis leurs droits politiques, sexuels et reproductifs, les femmes françaises doivent acquérir leurs droits fiscaux !
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