Depuis plusieurs semaines, des milliers de lycéens nous font part de leur angoisse face à l’avenir. Cette angoisse mérite mieux qu’une surenchère électoraliste. Elle mérite la vérité. La vérité, c’est que certains ont choisi d’exploiter la détresse de la jeunesse. Et quand les mélenchonistes exigent la fin de toute sélection et la création de 250 000 places dans l’enseignement supérieur, c’est bercer notre jeunesse d’illusions. Et une illusion déçue, c’est toujours de la colère en plus. La vérité, et j’ajouterai l’honnêteté, consiste à dire à notre jeunesse que la réussite ne se résume ni au bac ni aux études supérieures, et qu’une formation professionnalisante qui intervient plus tôt dans un parcours est également une voie d’excellence, lorsqu’elle est choisie et qu’elle conduit aux métiers dont notre pays a besoin. La vérité et l’honnêteté, c’est aussi leur dire qu’une sélection existera toujours. La seule question est de savoir quand et comment. Soit on l’assume à l’entrée du supérieur avec des critères clairs, expliqués et transparents, soit elle se fait plus tard et souvent plus brutalement, par l’échec en licence ou sur le marché du travail. Mais il est une autre vérité dont on parle trop peu : l’intelligence artificielle qui transforme nos métiers, l’enseignement et la manière même d’apprendre. Or nous continuons d’orienter des jeunes vers des formations qui risquent de ne plus répondre aux besoins de demain et qui seront autant d’impasses pour eux. Messieurs les ministres, vous envisagez pour 2028 un outil d’orientation enrichi par l’IA, nourri des résultats des campagnes précédentes. Mais le passé ne dit pas tout des métiers de demain. D’où ma question : êtes-vous prêts à créer un conseil scientifique pour anticiper l’évolution des métiers sous l’effet de l’intelligence artificielle, pour éclairer nos choix de formation et pour donner à chaque jeune les moyens de prendre sa place dans le monde qui vient ? La vérité que nous devons aux jeunes, en assumant notre responsabilité, c’est qu’une promesse d’avenir n’a de valeur que si nous nous donnons les moyens de la tenir.
Même si je tiens à saluer la suppression du Dilico, la CPEB qui lui succède est, on l’a dit, un Dilico qui n’est pas remboursé. Chacun comprend la nécessité de redresser les comptes publics et les collectivités doivent y prendre toute leur part. Mais n’oublions pas qu’elles assurent chaque jour les services publics que les Français attendent : l’école, les mobilités, les solidarités et la sécurité. Elles portent aussi une grande part des investissements pour la transition écologique, l’adaptation au changement climatique et le développement économique. Un effort de cette ampleur les conduirait à réduire leurs services et leurs investissements. Dans la période actuelle, les territoires ont besoin d’être entendus et soutenus, pas fragilisés.
Il vise comme les autres à supprimer l’article 35 qui réduit le taux du FCTVA. Le gouvernement en attend 2,5 milliards d’euros d’économies, mais ce sont les collectivités qui les paieront. Nous porterions ainsi atteinte aux capacités d’investissement de nos collectivités ; quand on sait qu’elles réalisent plus de la moitié de l’investissement public, on sait qu’au bout du compte ce sont les entreprises et les habitants de nos territoires qui seront touchés. À cela s’ajoute une incertitude : le montant remboursé dépendrait, comme vous l’avez indiqué, de la nature de chaque dépense, en favorisant notamment les projets liés à la transition écologique. Or, en l’état, il ne semble pas que la nomenclature comptable permette de distinguer précisément la nature de ces dépenses, et le contrôle serait extrêmement lourd, tant pour les collectivités que pour l’État. Surtout, cette réforme affaiblirait une nouvelle fois la décentralisation. L’article premier de la Constitution dispose que l’organisation de la République est décentralisée, ce qui suppose que les collectivités sont autonomes ou, en tout cas, qu’elles disposent des moyens financiers nécessaires à leurs investissements et qu’elles décident elles-mêmes de leur nature. L’article 35 propose précisément l’inverse. C’est pourquoi je vous invite à voter sa suppression.
Je tiens tout d’abord à remercier mon collègue et voisin de circonscription, Jean-Pierre Vigier, qui a défendu ce texte si attendu dans nos territoires de montagne, en Auvergne comme ailleurs. Je me tourne également vers les députés de La France insoumise qui ont déposé cette énième motion de rejet préalable. Assumez-vous vraiment de signifier aux habitants de montagne, aux maires, aux agriculteurs, aux éleveurs, aux forestiers, aux professionnels du tourisme, aux soignants, que leurs difficultés ne méritent pas d’être soumises au vote de notre assemblée ? Vous ne connaissez pas les territoires de montagne et vous ne les aimez pas ! Ils n’ont pas de couleur politique. Ils font simplement face à des défis immenses en matière d’accès aux soins, d’école, de logement, de mobilités, d’agriculture, de forêts, de tourisme, d’adaptation au changement climatique. Notre responsabilité ne consiste pas à empêcher le Parlement de voter, mais de relever ces défis. Vous êtes libres de voter contre ce texte – c’est votre droit le plus strict. Mais pourquoi refuser à la représentation nationale d’aller jusqu’au vote ? Quand on croit au débat démocratique et qu’on le respecte, on va jusqu’au vote et on respecte son verdict ! Le groupe Les Démocrates vous invite évidemment à rejeter cette motion de rejet préalable pour permettre à l’Assemblée nationale de se prononcer en faveur de nos territoires de montagne.
Pas moins de 5 milliards de téléspectateurs ont suivi les Jeux olympiques de Paris 2024 ; 32 millions, le Tour de France ; 20,2 millions, la bien triste demi-finale France-Espagne du Mondial de foot, il y a quelques jours. Ces chiffres vertigineux disent une chose simple : le sport rassemble. Le sport transcende les générations, dépasse les frontières et fédère autour d’un même espoir : voir triompher son équipe, son athlète, ses couleurs. Toutefois, derrière cette ferveur populaire se cache une réalité beaucoup moins enthousiasmante : le modèle économique du sport professionnel français est aujourd’hui fragilisé. Dans un univers où les flux financiers explosent, où les compétitions s’internationalisent et où la dépendance aux droits audiovisuels ne cesse de croître, l’équilibre des clubs devient de plus en plus précaire. Le constat est préoccupant : certains ne tiennent que grâce à l’apport de capitaux extérieurs ou à la vente régulière de leurs meilleurs joueurs. La crise récente des droits audiovisuels a brutalement rappelé cette vulnérabilité. Lorsque la principale source de financement vacille, c’est toute la stabilité financière des clubs qui est menacée. À cette fragilité économique s’ajoute une crise de gouvernance : conflits d’intérêts, manque de transparence, rémunérations parfois déconnectées des réalités, autant de dérives qui nourrissent la défiance et fragilisent durablement notre modèle. Face à ces défis, la proposition de loi apporte des réponses concrètes. Le groupe Les Démocrates souhaite remercier Mme la ministre d’avoir permis l’inscription de ce texte à l’ordre du jour de notre assemblée et d’avoir accepté qu’il soit enrichi par les travaux parlementaires. Cette proposition de loi repose sur une conviction simple : le sport professionnel doit être performant, mais il doit aussi être exemplaire – exemplaire dans sa gestion, exemplaire dans sa gouvernance, exemplaire vis-à-vis de ses supporters, exemplaire enfin envers le sport amateur, dont il demeure l’un des principaux soutiens. Les députés Démocrates considèrent que le sport professionnel doit être une véritable locomotive pour le sport amateur et la pratique sportive, mais aussi une source de revenu essentielle pour les fédérations. Le texte renforce la transparence, consolide les mécanismes de contrôle financier, encadre davantage les dirigeants et les agents sportifs, tout en apportant une réponse attendue au piratage des retransmissions, qui prive le sport de ressources essentielles. À cet égard, je tiens à saluer le travail de notre collègue Sophie Mette. Les avancées introduites en commission permettront aux ayants droit d’agir plus rapidement grâce à un dispositif automatisé, placé sous l’autorité de l’Arcom, permettant d’interrompre les diffusions illicites. C’est une avancée majeure pour protéger le financement de notre sport. Je veux également saluer les avancées obtenues en faveur de la féminisation du sport professionnel – combat que je soutiens et sur lequel nous reviendrons grâce à un texte défendu avec mes collègues de la délégation aux droits des femmes et à l’égalité des chances entre les hommes et les femmes. En consacrant un principe de solidarité entre les secteurs masculin et féminin, notamment sur le plan financier, et en permettant à une même ligue professionnelle d’assurer le développement des deux compétitions, nous faisons le choix d’un modèle plus cohérent, plus équitable et plus ambitieux. Le sport féminin ne doit pas être une variable d’ajustement ou une simple vitrine ; il doit être aussi, et surtout, une composante à part entière de l’avenir du sport français. Je veux enfin souligner le renforcement de nos outils de régulation financière. Cela ne vous surprendra pas, je vais notamment vous parler du, que nous avons défendu. Celui-ci n’est aucunement un frein à l’ambition. C’est une garantie contre les excès ; le rugby français en apporte la démonstration au quotidien et lors de chaque championnat. En favorisant une concurrence plus équilibrée et une gestion plus saine, il a largement contribué à faire du Top 14 l’un des championnats les plus attractifs au monde. Au fond, cette proposition de loi nous invite à retrouver un équilibre entre ambition et responsabilité, entre attractivité internationale et équité, entre performance sportive et soutenabilité économique. Ce sont tous ces équilibres qui permettront à notre sport professionnel de rester compétitif sans renoncer à ses fondements. Le groupe Les Démocrates votera donc ce texte avec conviction. La grandeur d’un championnat ne se mesure pas seulement au nombre de ses trophées ; elle se mesure aussi à sa capacité à durer, à inspirer et à demeurer fidèle aux valeurs qui font du sport un bien commun.
Au nom du groupe Les Démocrates, je tiens à remercier Mme la ministre des sports, Marina Ferrari, mais aussi tous nos collègues et notre rapporteure, Sophie Mette, pour la qualité des débats, qui ont permis d’aboutir à des avancées importantes. Le sport professionnel avait besoin de règles plus claires, d’une gouvernance plus transparente et d’outils plus efficaces pour renforcer et optimiser son modèle économique. Au terme de nos débats, cette proposition de loi apporte des réponses concrètes : elle renforce le contrôle des instances dirigeantes, améliore la transparence, lutte plus efficacement contre le piratage des retransmissions et sécurise le financement du sport professionnel. Bien sûr, tout n’est pas parfait, mais l’essentiel est là et nous faisons aujourd’hui un premier pas vers un sport professionnel plus solide, plus responsable et plus durable, au service des clubs professionnels, de nos supporters, mais aussi de toutes les associations de sport amateur qui irriguent nos territoires. Pour toutes ces raisons, le groupe Les Démocrates votera en faveur du texte.
Merci pour ces arguments, avec lesquels je suis en accord. Je suis volontaire pour retravailler sur ces sujets avec la ministre des sports et, au sein de la délégation aux droits des femmes, avec sa présidente.
Il tend à inscrire explicitement la parité dans la gouvernance du sport professionnel. Le sujet est bien plus complexe qu’il n’y paraît : la définition même des instances juridiques des ligues professionnelles mérite d’être clarifiée, et ce, avant de leur imposer une obligation de parité. Ensuite, certaines ligues présentent des spécificités qui rendent difficilement applicable une telle mesure, au moins actuellement. Ces difficultés ne doivent pas conduire à refermer le débat, mais au contraire à l’ouvrir et à travailler avec les ligues, les fédérations et le Parlement pour construire un dispositif juridiquement solide et réellement applicable. Au groupe Démocrates, notre objectif est simple : faire progresser la place des femmes dans la gouvernance du sport professionnel. J’écouterai les arguments de la rapporteure et de la ministre pour décider de maintenir ou de retirer mon amendement.
La rédaction adoptée en commission présentait des fragilités que ces amendements visent à corriger. Deux notions étaient problématiques : celle des « promesses » de versement et celle des versements effectués par des « personnes liées » au club. Ces deux formulations sont vagues et ne sont pas définies par le droit du travail, si bien que leur application pourrait être malaisée pour les ligues. Elles ouvriraient ainsi la voie à des contentieux devant le juge administratif, ce que nous cherchons précisément à éviter. La rédaction que nous proposons conserve l’essentiel. Elle couvre bien les avantages de toute nature versés directement ou indirectement par le club au sportif, au titre de la signature, de l’exécution ou de la cessation du contrat de travail. Elle est à la fois large, protectrice et juridiquement solide – c’est le point le plus important. Je vous invite donc à adopter ces amendements qui renforcent la sécurité juridique du.
…rapporteure de l’article 10, qui traite de ce sujet. Le dispositif permettra aux ayants droit de solliciter directement les prestataires techniques au moyen d’un système automatisé placé sous l’autorité de l’Arcom, afin qu’ils coupent les flux illicites. C’est un signal fort. Parce qu’il porte des valeurs d’exemplarité, le sport professionnel doit être exemplaire dans sa manière de se gouverner. Notre groupe défendra en outre un amendement tendant à instaurer la parité dans les instances dirigeantes des ligues professionnelles. La féminisation du sport est un enjeu dont le groupe Les Démocrates s’est toujours saisi, et nous sommes heureux des évolutions que ce texte permet. Je salue également la sécurisation des dispositifs de régulation financière. Le – plafonnement de la rémunération –, mesure que mon groupe et moi-même défendons, n’est pas une contrainte qui s’oppose à la performance, mais une protection contre les excès. Le rugby français l’a démontré : en garantissant une concurrence loyale et des finances plus saines, cette mesure a largement contribué à faire du Top 14 l’un des championnats les plus attractifs au monde. Tel est précisément le sens des amendements de notre groupe, qui visent à sécuriser juridiquement cet outil pour éviter tout contournement. C’est la condition pour que le soit juste, adapté et réellement applicable. Dans ma circonscription, comme partout en France, les clubs professionnels sont les locomotives de tout un tissu associatif. Je pense à l’ASM Clermont Auvergne, au Clermont Foot 63, aux joueuses de l’ASM Rugby féminin de Romagnat, aux Panthères de Chamalières ou encore aux Sangliers Arvernes. Les soutenir, c’est aussi soutenir des milliers de bénévoles et d’associations sportives dans nos communes. Au fond, cette proposition de loi nous invite à trouver le juste équilibre : entre performance économique et éthique, entre attractivité internationale et solidarité, entre liberté de gestion et responsabilité. Le groupe Les Démocrates votera en faveur de ce texte parce qu’il promeut un tel équilibre, parce que la force d’un championnat ne se mesure pas seulement à son palmarès, mais aussi à sa capacité à rester fidèle aux valeurs qui font aimer le sport : le mérite, l’éthique, la solidarité, le respect des règles, le respect des autres.
Lorsque le sport professionnel vacille, ce n’est pas seulement un modèle économique qui est fragilisé, c’est tout un écosystème qui est atteint dans nos territoires. Nous le savons, le sport professionnel, plus particulièrement le football, traverse une crise profonde. À la crise économique, résultant notamment d’un effondrement des droits audiovisuels qui fragilise les clubs et menace tout un modèle, s’ajoute une crise de gouvernance, marquée par des conflits d’intérêts, un manque de transparence et le versement de rémunérations parfois déconnectées des réalités du terrain. Face à ces défis, cette proposition de loi apporte des réponses utiles, et nous vous remercions, madame la ministre, d’en avoir permis l’inscription à l’ordre du jour de notre assemblée. Le texte repose sur un principe simple : le sport professionnel doit rester performant, mais il doit aussi être responsable : responsable vis-à-vis de ses finances ; responsable vis-à-vis de ses supporters : responsable vis-à-vis du sport amateur, qui dépend largement de sa bonne santé. À cet égard, la question des droits d’exploitation audiovisuels est centrale. On l’oublie trop souvent, ces recettes ne financent pas uniquement les clubs professionnels : grâce à la taxe Buffet, une partie en revient au sport amateur, à tous ces clubs et associations sportives qui font vivre nos territoires. Il faut permettre aux ligues de mieux valoriser leurs droits. Le groupe Les Démocrates soutient cet objectif, tout en défendant une répartition plus solidaire des recettes audiovisuelles entre les clubs. En effet, c’est un vecteur essentiel pour faire du sport professionnel une véritable locomotive pour le sport amateur et la pratique sportive. Inscrire dans la loi un ratio de redistribution figé entre 1 et 3 nous paraît trop rigide. Ce ratio doit être non pas gravé dans le marbre de la loi, mais fixé par chaque fédération en fonction des spécificités de sa discipline, dans des conditions définies par décret. L’autre enjeu majeur est celui de la gouvernance. Ce texte fixe des règles plus claires en matière de transparence, de contrôle financier, d’encadrement des dirigeants et des agents sportifs, mais aussi de lutte contre le piratage des retransmissions, qui prive le sport de ressources essentielles. À ce propos, notre groupe tient à remercier notre collègue Sophie Mette,…
Ma question porte sur l’avenir d’une filière stratégique pour notre souveraineté monétaire, notre industrie et notre commerce extérieur. Dans ma circonscription du Puy-de-Dôme sont implantées la papeterie fiduciaire et la future imprimerie de billets de la Banque de France. Ce site fait l’objet d’un investissement de près de 250 millions d’euros, le chantier plus important engagé par la Banque de France sur le territoire national, avec plus de 500 emplois concernés. Dans un contexte marqué par la montée en puissance des paiements dématérialisés et les réflexions sur l’euro numérique, les chiffres montrent que la monnaie fiduciaire demeure un secteur économique solide et stratégique. La Banque de France est aujourd’hui le premier imprimeur de billets de l’Eurosystème. Son outil industriel peut produire jusqu’à 3 milliards de billets par an, dont plus de la moitié est destinée à l’exportation ; ces marchés internationaux constituent une source importante de revenus et d’influence économique pour notre pays. Au-delà de la souveraineté monétaire, nous parlons donc d’une véritable filière industrielle d’excellence, créatrice d’emplois hautement qualifiés et de valeur ajoutée sur le territoire. D’où ces questions simples : l’investissement exceptionnel engagé dans le cadre du projet de refondation mené par la Banque de France sur le site de Longues à Vic-le-Comte, traduit-il une ambition de l’État consistant à renforcer sa position de leader européen sur le marché du billet de banque ? Et, surtout, quelles sont les stratégies envisagées pour accompagner le développement de cette filière exportatrice, pour conforter sa compétitivité internationale et pour garantir un retour sur cet investissement majeur pour les finances publiques ?
Je vous remercie pour ces éléments de réponse, monsieur le ministre. Il faut que nous agissions pour nos entreprises et pour les 1 500 salariés de Michelin concernés par ces annonces. Nous comptons sur vous, et le groupe Démocrates soutiendra toutes les mesures qui iront dans ce sens.
Quand un fleuron industriel tel que Michelin annonce la suppression de 10 % de ses effectifs en France, nous devons entendre le signal. Derrière cette annonce, il y a d’abord 1 500 salariés et leurs familles, auxquels j’apporte tout mon soutien. Mais il y a aussi une question de fond : celle de la compétitivité de nos entreprises. Coût du travail, fiscalité, concurrence internationale, poids des normes : nos entreprises nous alertent. Les chiffres sont éloquents. Lorsqu’un employeur dépense 100 euros, le salarié n’en perçoit que 58,80. La France est le troisième pays de l’OCDE où les revenus du travail sont les plus taxés. Nos cotisations patronales demeurent supérieures à celles de nos principaux concurrents. Certes, les réformes engagées ont permis de stopper la désindustrialisation et de renforcer l’attractivité de notre pays. Mais nous devons aller plus loin. La question est simple : comment continuer à financer notre modèle social sans faire peser l’essentiel de son coût sur le travail ? Une voie existe : le transfert d’une partie des charges qui pèsent sur le travail vers la consommation grâce à une TVA ciblée qui protégerait les plus modestes. Cette mesure pourrait être compensée par une baisse massive des cotisations patronales pour donner plus de pouvoir d’achat aux salariés. Monsieur le ministre, êtes-vous prêt à ouvrir ce chantier ? Plus largement, quelles mesures concrètes comptez-vous prendre pour renforcer la compétitivité de nos entreprises, accélérer la réindustrialisation et préserver l’emploi en France ? Enfin, pouvez-vous nous préciser la position française vis-à-vis de la Commission européenne au sujet de l’Industrial Accelerator Act ?