Vous savez que le Groenland héberge depuis longtemps de nombreuses installations militaires états-uniennes. Ces installations sont à l’origine de dommages que le réchauffement climatique rend de plus en plus apparents. Des déchets radioactifs chimiques et biologiques, entre autres, refont surface. Cet amendement vise donc à soutenir toute initiative diplomatique pour la reconnaissance et la réparation des dommages environnementaux causés par la présence militaire des États-Unis depuis le début des années 1950.
Il vise à renforcer la sécurité et la redondance de réseaux internet au Groenland, pour aider sa population à sortir de la dépendance aux réseaux sociaux promus par les États-Unis.
Depuis bientôt dix ans, les États-Unis de Donald Trump menacent le multilatéralisme, le respect du droit international et le respect des peuples à disposer d’eux-mêmes. Être leur voisin plus ou moins lointain est aujourd’hui un risque en raison de leur propension à la prédation, de leur impérialisme et de leur utilisation de la loi du plus fort. La menace n’est pas digne d’un État, soi-disant plus grande démocratie du monde, alors même que la population états-unienne vit sous le joug de l’ICE, la police de l’immigration américaine. Les États ne sont pas des articles que l’on trouverait sur une liste de courses. Dès 2017, le Groenland est devenu la cible du président des États-Unis : déclaration de volonté d’annexion, de rachat par tous les moyens, car tout s’achèterait. Oui, la liberté a un prix. Résister face aux impérialistes et aux colonisateurs, et trouver la voix de son autonomie ou de son indépendance est un chemin sinueux. À ce titre, le groupe Écologiste et social apporte tout son soutien au Groenland dans sa quête de respect de sa volonté à disposer de son avenir, de sa culture, de son histoire. La paix se défend et nous nous souvenons toutes et tous ici des engagements pris il y a plusieurs décennies par nos anciens, afin de la garantir le plus longtemps possible et le plus largement possible, au moins sur le continent européen. Œuvrer en faveur d’une plus grande coopération en matière de défense permettrait de protéger les Groenlandais et le territoire du Groenland. La France a déjà participé à des exercices en environnement grand froid lors des missions Arctic Light, Uppick et Arctic Endurance. L’actualisation de la stratégie polaire est le signe d’une volonté d’adaptation de l’armée à des conditions extrêmes pour soutenir nos alliés. L’Otan a commencé à planifier sa mission de défense de l’Arctique avec les alliés du Groenland et du Danemark. La sécurité collective de l’Union européenne et des territoires associés doit être respectée. Elle s’organise du point de vue militaire, cyber, en sécurisant les infrastructures critiques et en luttant contre la manipulation de l’information. Bien sûr, la diplomatie doit primer en tout temps. Protéger l’économie, l’environnement, la science et la culture permettra aux peuples de s’épanouir. Toutefois, lorsqu’une menace existe et persiste, soit l’on choisit d’être protégé par des grandes puissances, soit l’on renforce sa propre défense. Voter contre cette proposition, c’est se positionner en faveur de l’impérialisme et du nationalisme des grandes puissances, de l’autoritarisme et du chacun pour soi. Voter en faveur de cette proposition, c’est au contraire soutenir le Groenland dans sa volonté d’autodétermination et de protection, c’est affirmer fermement notre volonté de défendre le Groenland et l’Europe sans les États-Unis. Nourrissons la coopération avec nos alliés telle que nous souhaiterions la voir pratiquer de leur part. L’union et la solidarité font la force pour une défense et une sécurité globale. (Applaudissements sur les bancs des groupes EcoS et SOC.)
Il ressort de l’expérimentation que l’embauche de certaines personnes, pourtant en première position sur la liste chronologique des volontaires, peut être systématiquement reportée, parfois plusieurs années durant ; ces situations sont peu nombreuses, mais elles existent. Le sous-amendement vise à supprimer cet obstacle en rétablissant le principe d’une embauche sans sélection, dans l’ordre de reconnaissance de l’éligibilité et donc d’inscription sur la liste, afin que toute personne éligible puisse réellement bénéficier du dispositif.
Nous sommes réunis pour débattre de notre vision de l’avenir de la France et de l’Europe. Le groupe Écologiste et social partage pleinement le constat sur les menaces : l’altération du multilatéralisme, l’agression russe en Ukraine, qui bouleverse durablement la sécurité de l’Europe, les ingérences étrangères sur notre territoire et le risque cyber, le retour ou le renforcement des empires américain, russe et chinois, la reconfiguration de nos alliances, en particulier avec les États-Unis au sein de l’Otan et, enfin, les crises climatiques et sanitaires qui s’ajoutent aux crises géopolitiques. Nous évoluons dans un contexte politique où le débat démocratique s’est appauvri, notamment sur la défense, les grands enjeux sociétaux et le changement climatique. Nous constatons l’inquiétude d’une partie de la population et des élus sur la situation du continent européen face aux risques sécuritaires et hybrides. Sous la présidence Macron, les décisions stratégiques sont prises en conseil restreint et l’information transmise aux parlementaires reste parcellaire, ce qui rend insuffisant le contrôle exercé par ces derniers de la politique de défense. Mon groupe prône la démarche suivante : identifier les risques, anticiper les menaces, débattre et agir en responsabilité, car il défend un parlementarisme vivant, pilier de la démocratie. La responsabilité doit être nourrie par des débats et par l’information de toute la population. Monsieur le premier ministre, je complète la question à laquelle notre vote répondra à la fin de ce débat par une interrogation collective : que défendons-nous ? Réduire la défense à celle des frontières nous limite. La France est porteuse de la démocratie – moteur de l’Union européenne –, des valeurs de fraternité et de liberté ainsi que de la solidarité envers ses alliés. La complémentarité de l’aide et du soutien constitue un corollaire essentiel de la coopération européenne. À ce titre, la France doit contribuer davantage au soutien militaire à l’Ukraine. La responsabilité de la défense nationale doit être partagée et reposer sur deux affirmations. La première est la suivante : toute la nation doit concourir à la défense, qui est interministérielle par essence. Ainsi, pour contribuer à la cohésion nationale, l’État doit être pleinement engagé pour l’éducation, l’aide publique au développement (APD), notre modèle de santé, les associations, la souveraineté alimentaire et énergétique. La seconde reconnaît que notre sécurité est actuellement dépendante d’énergies fossiles et d’engrais russes ainsi que de technologies critiques fragilisées par la vulnérabilité de leurs chaînes d’approvisionnement. Travaillons donc à notre indépendance, garante de notre liberté. Cela suppose une organisation militaire capable de se coordonner avec la société civile. Nous saluons d’ailleurs l’engagement quotidien, dans la réalisation de leurs missions, des militaires, soutenus par leur famille et par leur entourage. Les deux piliers que sont l’armée et la société nous permettront d’affronter la concomitance des crises diplomatique, climatique, informationnelle, terroriste et militaire. La diplomatie doit être une priorité nationale car défense et diplomatie sont comme les deux faces d’une seule et même pièce. Dans une période de tensions croissantes, les négociations pour le désarmement multilatéral restent un gage de sécurité collective. La défense a certes besoin de plus de moyens pour répondre aux objectifs de montée en puissance de nos armées. Toutefois, nous relevons que la méthode du gouvernement est cavalière. Depuis le début de 2025, nous attendons l’actualisation de la loi de programmation militaire pour les années 2024 à 2030, qui permettrait de prendre en compte la révision de la revue nationale stratégique, de réorienter les dépenses de défense et de planifier des projets industriels. Malgré tout, nous soutenons la rédaction d’un nouveau Livre blanc car la France manque d’une vision stratégique de son modèle d’armée, de ses industries de défense et de l’interopérabilité de ses forces militaires. Nous pourrions assurer un commandement européen de l’Otan en cas de retrait des États-Unis. Une attention particulière doit être portée à la vision industrielle française dans un cadre de concurrence et de coopération européennes. Mon groupe soutient donc les actions suivantes : mutualiser les moyens et partager les coûts avec des chefs de file industriels européens, comme pour le Scaf et le MGCS ; construire une base industrielle et technologique de défense européenne ; renforcer la coopération européenne dans le renseignement et le secteur spatial ; éviter les profits de guerre et repenser la participation de l’État dans les industries françaises stratégiques comme le partage de la valeur avec leurs salariés. La cohésion nationale autour de la défense ne repose pas que sur le militaire. Elle s’articule aussi avec notre modèle social et démocratique ainsi qu’avec la prise en compte du changement climatique comme de la nécessité de réduire nos dépendances énergétiques et alimentaires. Nous déplorons le rejet de la taxe Zucman, qui aurait donné à ces ambitions les moyens d’un financement juste. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur quelques bancs du groupe SOC.)
Nous voilà à la fin d’un cycle de travaux commencé il y a deux ans, voire plus, visant à améliorer le statut de l’élu local. Dans un pays comme le nôtre, où la centralisation a été historiquement très structurante, il devenait urgent de prendre en compte l’évolution de la situation des élus locaux. Ceux-ci l’ont demandé à plusieurs reprises, et de plusieurs façons. Il y avait urgence à améliorer les liens de l’État avec les collectivités, c’est-à-dire avec les élus locaux, qui les incarnent. À l’heure où la question de l’engagement devient de plus en plus sensible, il convient d’allier les discours félicitant les élus locaux qui s’engagent à l’amélioration de leurs conditions d’exercice, d’une part, et à l’augmentation des moyens d’action des collectivités, d’autre part. C’est en sens que nous avons fait des propositions et nous continuerons à en faire lors des prochains travaux sur la décentralisation et dans les prochains budgets. Nous suivrons aussi la publication des décrets d’application – sur lesquels nous ne manquerons pas de faire des commentaires. Le renforcement du statut des élus locaux va de pair avec celui des capacités financières des collectivités qu’ils et elles représentent. Le texte issu de nos travaux est un compromis entre l’Assemblée nationale et le Sénat. On peut d’ailleurs se demander si ce dernier représente réellement les collectivités, quand on sait qu’il a supprimé des avancées qui auraient facilité l’exercice du mandat local pour les étudiants, les commerçants, les artisans et les agriculteurs. Nous sommes également déçus par la suppression du caractère obligatoire des sessions d’information et par le maintien de l’article 18 sur la prise illégale d’intérêts, sur laquelle nous devrons continuer à travailler. Cela étant, à quelques semaines des élections municipales, ce texte présente des avancées qui permettront de poursuivre le travail – notamment au sein de la délégation aux collectivités territoriales et à la décentralisation. Je ne les listerai pas – nous les avons toutes en tête. Tout cela constitue pour notre groupe des avancées concrètes pour mieux appréhender l’exercice du mandat local. Ce texte est une étape ; à nous de poursuivre le chantier en cours pour que les élus locaux représentent au mieux l’ensemble des habitantes et des habitants, qu’ils puissent assumer leur engagement personnel et l’exercice de leur mandat. Nous serons vigilants quant à la suite ! (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS ainsi que sur quelques bancs du groupe SOC.)
Ce débat est intéressant. Il est peut-être plus facile d’exercer un mandat d’élu local lorsqu’on est chef d’entreprise que lorsqu’on est salarié. La Sainte-Barbe, fête traditionnelle des sapeurs-pompiers, a donné lieu à de nombreuses manifestations dans les centres d’incendie et de secours. Elles ont mis en avant les sapeurs-pompiers professionnels, mais aussi volontaires, dont l’engagement repose sur des conventions avec les entreprises. Nous ne partons donc pas de zéro sur ce point. Le rejet de la défiscalisation est effectivement une bonne chose. À l’heure d’une nécessaire cohésion nationale autour des valeurs de l’engagement, nous avons besoin d’outils variés. La question cruciale des critères du label pour les entreprises pourrait être abordée lors du prochain chantier sur la décentralisation.
Nous parlons beaucoup d’égalité territoriale pour l’accès à l’offre de soins : comment l’articuler avec les différences de prévalence des pathologies selon les territoires, liées aux contextes environnementaux qui leur sont propres ? Comment ce critère pourrait-il être appliqué en complément de celui du nombre de patients en déshérence de soins ? Les registres régionaux et nationaux peuvent aider à prendre en compte les différences territoriales en matière de prévalence des pathologies. À cet égard, je me félicite du vote en faveur de la création d’un registre national des cancers intervenu il y a quelques mois à l’Assemblée. C’est un bel outil de prévention. La prévalence du cancer étant très importante, disposer d’un accès aux soins le plus rapide possible en cas de symptômes, même dormants, est très important. Cette dimension est-elle prise en compte lors de la labellisation des centres France Santé ? Enfin, vous avez évoqué le rôle des infirmières référentes en santé mentale. Eu égard à la détérioration de la santé mentale qui touche toutes les générations et tous les territoires, cette réponse semble un peu en deçà des besoins en la matière, en dépit de l’intérêt qu’elle présente.
Le commerce illicite du tabac est un enjeu majeur qui touche à la santé, à la sécurité et aux finances publiques. Si nous voulons agir efficacement, nous devons nous appuyer sur des données indépendantes, non sur des chiffres produits ou financés par l’industrie du tabac. Or une partie du débat public repose encore sur le rapport annuel du cabinet KPMG, financé par Philip Morris International, dont la méthodologie est largement contestée. Le Comité national contre le tabagisme et l’association Génération sans tabac soulignent les biais considérables de ce rapport, une opacité persistante et des chiffres orientés qui risquent d’influencer directement les politiques publiques. Il faut vraiment s’en affranchir. Par cet amendement, nous proposons une solution simple : un rapport annuel indépendant, coordonné par les autorités sanitaires et les organismes publics compétents – seule garantie de choix politiques fondés sur des données crédibles, transparentes, guidées par l’intérêt général, au service de la santé publique.
Il vise à privilégier le cadre d’action publique le plus légitime et le plus efficace possible pour lutter contre le commerce illégal du tabac. Nous insistons à nouveau sur la nécessité de promouvoir le protocole de l’OMS, seul traité international à même de s’attaquer sérieusement à la contrebande à l’échelle globale avec les garanties de transparence et d’indépendance requises. Au lieu de perpétuer des accords bilatéraux privés, l’Union européenne doit consacrer ses ressources à appliquer la directive sur les produits du tabac et à encourager la ratification universelle du protocole de l’OMS. Ainsi pourrons-nous garantir que la lutte contre le trafic soit efficace et serve l’intérêt général plutôt que celui des fabricants.
Il vise à mettre fin à la collaboration directe entre l’Union européenne et les grands fabricants de tabac dans la lutte contre la contrebande. L’UE et l’Olaf continuent à travailler étroitement avec Philip Morris, notamment, dans le cadre d’un ancien accord qui avait conduit à la mise en place d’un système de traçabilité. Cette proximité est considérée par toutes les organisations de santé – j’y insiste – comme un conflit d’intérêts évident, qui entre frontalement en contradiction avec nos obligations internationales. En outre, cela fragilise la réputation de l’Union européenne, et ternit par voie de conséquence celle des États membres. La lutte contre la fraude doit franchir résolument une nouvelle étape en s’appuyant sur la directive tabac et le protocole de l’OMS, mais aussi en mettant fin à ces accords. La crédibilité européenne et française s’en trouverait renforcée, au service de la santé publique.
Cet amendement de mon collègue Nicolas Thierry vise à demander « instamment à la Commission européenne de ne pas renouveler et de mettre fin aux accords juridiquement contraignants et exécutoires conclus avec les plus grands fabricants mondiaux de tabac ». Ces accords entrent en contradiction avec les obligations internationales de l’Union européenne, qui a ratifié le protocole de l’OMS visant à éliminer le commerce illicite de tabac. Ni la Commission européenne ni l’Olaf n’ont démontré l’efficacité de tels accords conclus avec les industriels. Ces derniers ne couvrent même pas la principale source actuelle du trafic, les illicit whites, qui représentent l’essentiel des saisies. Il existe des outils bien plus efficaces : l’application entière de la directive sur les produits du tabac et la promotion de la ratification mondiale du protocole de l’OMS. Mettre fin à ces accords permettrait d’aligner notre politique de santé européenne avec notre politique de santé nationale.
Ce texte essentiel remet au cœur du débat une question que trop d’États ont laissée filer : celle du contrôle des politiques de lutte contre le tabac. Est-il véritablement assuré par l’État, ou bien par l’industrie du tabac elle-même par l’intermédiaire de ses audits, de ses chiffres, de son lobbying organisé et de ses stratégies d’influence – en somme, la tactique bien connue qui consiste à être juge et partie ? Depuis des années, les institutions européennes – et parfois même notre pays – s’appuient sur des données produites ou financées par les fabricants de tabac. L’exemple emblématique, celui de l’audit KPMG commandé par Philip Morris, en dit long : voilà un diagnostic financé par un acteur dont l’intérêt commercial direct est de peser dans le débat public et non de fournir une photographie neutre de la réalité. Disons-le nettement : l’État ne doit plus déléguer sa souveraineté sanitaire à des acteurs privés dont les intérêts entrent en contradiction avec l’intérêt général et la santé publique. C’est pourquoi notre groupe insiste sur l’exigence absolue d’un audit indépendant, piloté par les pouvoirs publics, transparent, fondé sur des données vérifiables et ouvert à la communauté scientifique. En résumé, il ne doit pas être l’émanation de l’industrie mais bien de l’État. Si l’industrie du tabac prétend se réinventer et contribuer à un monde sans fumée, elle développe des stratégies et un marketing redoutables qui démontrent qu’elle est très bien renseignée. Elle cible les jeunes – encore et toujours – et réinvente en permanence de nouveaux moyens de créer la dépendance. Les cigarettes électroniques et les puffs sont devenues les emblèmes de cette offensive. Des arômes tels que « pastèque », « myrtille givrée » ou « sorbet tropical » n’ont jamais été pensés pour des adultes qui tentent d’arrêter de fumer, mais bien pour susciter la curiosité et installer une première dépendance nicotinique chez les adolescents. Les chiffres le confirment : l’industrie du tabac est en voie de conquête de ce marché de la jeunesse. Pour cela, elle a recours à des placements stratégiques, utilise les réseaux sociaux, fait appel à des influenceurs et propose des packagings hautement attractifs. Le commerce illicite lui-même, largement alimenté par la surproduction légale, profite de cette dynamique. Voilà pourquoi il est indispensable d’étendre notre action de lutte contre le tabagisme. Celle-ci s’inscrit dans le combat contre le commerce illicite, mais aussi contre les pratiques des industriels du tabac eux-mêmes. Jugez plutôt : ils ciblent les mineurs, développent des produits hyperaddictifs que l’OMS classe désormais comme de nouvelles formes d’exposition massive à la nicotine, transforment la dépendance en produit d’appel ludique grâce à des arômes fruités et sucrés et exploitent la moindre zone grise réglementaire, cela a été dit, pour diffuser ces produits dans les cours d’école, les plateformes numériques et les lieux de sociabilité des jeunes. Cette lutte commence par le refus total de la présence des industriels du tabac dans la définition des normes, des chiffres et des évaluations. C’est une question de cohérence : on ne peut pas invoquer l’article 5.3 de la Convention-cadre de l’OMS, qui impose aux États de protéger leurs politiques de santé publique de l’influence des industriels, tout en continuant de s’appuyer sur des données produites par ces mêmes industriels. Le groupe Écologiste et social soutient évidemment cette résolution. Cependant, nous affirmons aussi qu’elle doit constituer un point de départ et non un point d’arrivée. Il nous faut un audit indépendant, dès maintenant ; la fin des partenariats, visibles ou cachés, avec l’industrie du tabac, au niveau européen comme national ; un encadrement strict des produits nicotiniques visant les jeunes, notamment les arômes ; une politique de prévention ambitieuse, assumée, financée et indépendante ; le renforcement des contrôles de la chaîne logistique avec l’instauration d’un système de suivi et de traçabilité indépendant ; une rupture définitive avec l’influence toxique de cette industrie. Car ce que nous défendons aujourd’hui, c’est bien notre capacité collective à affirmer que la santé publique ne se marchande pas, que la jeunesse ne se sacrifie pas, que la prévention ne se privatise pas. Nos politiques de santé ne doivent plus être dictées, ni même influencées, par ceux qui vivent de l’addiction. Nous devons faire en sorte que les alertes lancées et le travail mené par les associations, les buralistes et les douanes, qui agissent sur le terrain, ne soient pas vains. Pour protéger nos enfants, pour défendre la santé publique, il est réellement temps de rompre avec l’industrie du tabac. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.)
Il demande 85 millions en plus, à verser au titre de l’année 2025 pour solder l’année 2024 et permettre ainsi aux départements de contribuer durablement à la mise en œuvre de l’extension de la prime Ségur. Les métiers du social, du médico-social et du sanitaire dans le secteur privé à but non lucratif constituent une ossature très forte de nos services publics pour la population, dont nous sommes les représentants. On en voit les effets au quotidien. Je rappelle que le vieillissement de la population réclame des services publics de qualité.
Il propose de compenser à hauteur de 130 millions l’augmentation de 1,7 % du RSA. J’en profite pour souligner que cette décision unilatérale, imposée aux départements, pose une fois de plus la question de la méthode de travail que l’État adopte avec les collectivités.
Il est identique aux précédents. Je voulais quand même appeler l’attention sur le fait que nous ne pouvons pas, d’année en année, nous borner à constater les difficultés rencontrées par une collectivité pour essayer de les réparer, alors qu’elle est elle-même chargée des solidarités – des politiques sociales visant précisément à réparer la situation de beaucoup de nos concitoyens. Par ces amendements qui prévoient d’abonder le fond de sauvegarde à hauteur de 200 millions d’euros, nous réparons, certes, mais nous devons arrêter de faire du coup par coup, pour remettre à plat structurellement une vraie fiscalité et de vraies ressources pour les départements.
Une fois de plus, le Rassemblement national caricature et attaque notre audiovisuel public, déjà menacé par la modification de son financement, par l’erreur qu’a été la suppression de la redevance audiovisuelle. Il est vrai que celle-ci n’avait pas que des qualités, que pour un certain nombre de foyers, elle constituait une charge ; elle garantissait néanmoins un financement pérenne, et stable dans le temps, au service public de l’audiovisuel. Les groupes concernés ont déjà été mis à contribution au titre de l’effort budgétaire : 62 millions d’euros de moins pour France Télévisions, 4,1 millions de moins pour Radio France, soit des coupes très importantes. On ne peut pas toujours leur demander de faire mieux avec un budget moindre. Au moment où la concentration des médias menace la neutralité de l’information, notre pays a besoin d’une information publique de qualité, d’un audiovisuel fort, au financement pérenne ; il y a là un enjeu démocratique majeur. C’est pourquoi les socialistes se sont fermement opposés à la proposition, émise par la ministre de la culture, d’une fusion entre Radio France et France Télévisions. Cessons de menacer notre audiovisuel public, protégeons-le, votons massivement contre cet amendement – sans doute aussi contre le suivant ! (Applaudissements sur quelques bancs du groupe SOC.– M. Jérémie Iordanoff applauditégalement.)
Il vise à instaurer un malus sur les cotisations patronales lorsque les entreprises présentent un fort taux d’embauche à temps partiel. Le travail à temps partiel, vous le savez, concernant majoritairement les femmes, ce levier contribuerait à la lutte contre les inégalités de genre au travail.
Il vise à renforcer les moyens de financement nécessaires à la cybersécurité – un sujet dont nous devons nous emparer dans tous les pans de la société – en mobilisant la taxe sur les services numériques. Il reprend les propositions de hausse de taux et d’abaissement du seuil d’entrée de la TSN adoptées en première lecture au Sénat dans le cadre du projet de loi de finances pour 2025.
Sachons ce que nous voulons en matière d’investissement, et n’ignorons pas la situation sur le terrain, au plus près des habitants et des entreprises. Il ne s’agit pas de les affaiblir. Il me semblait que l’extrême droite et même le bloc central partageaient cette ambition ! Prenons nos responsabilités et ne votons pas l’article tendant à la suppression anticipée de la CVAE. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe SOC.)
Or les collectivités supportent 70 % de l’investissement total dans le pays – qu’il s’agisse des équipements, des infrastructures ou du logement –, lequel bénéficie autant aux entreprises qu’aux habitants. On ne peut pas aborder la suppression de la CVAE sans entrer dans le vif du sujet. La CVAE ne concerne que les entreprises qui ont un chiffre d’affaires de plus de 500 000 euros ; elle épargne donc les très petites, petites et moyennes entreprises (TPE-PME). De plus, nous n’avons aucune garantie que les économies ainsi réalisées seront réinvesties durablement, soit dans la relocalisation des activités – donc de l’emploi –, soit dans la transition écologique. Les collectivités ont vraiment besoin de ressources, d’autant plus que la suppression de la taxe d’habitation a été décidée sans aucune consultation des associations d’élus.
L’effort demandé dans ce budget doit être partagé et concerner aussi les entreprises dont nous parlons. Supprimer la CVAE coûterait 1,1 milliard d’euros ; en 2024, elle avait rapporté 3,9 milliards, et ainsi contribué à l’effort de redressement des comptes publics. Le rendement de cet impôt a diminué de 15 milliards depuis 2021, preuve que des cadeaux ont déjà été faits à certaines grandes entreprises, au détriment des collectivités locales.