Nous voterons en faveur de cet amendement mais, puisque nous approchons de la fin de cette discussion, j’en profite pour interpeller M. le ministre sur ses déclarations concernant les explorations ayant eu lieu au large de la Guyane. En effet, vous balayez la question d’un revers de la main en affirmant qu’il s’agirait d’un mirage et qu’il n’y aurait pas d’hydrocarbure au large de ce territoire. Or la campagne d’exploration la plus récente, conduite entre 2011 et 2019, ne concernait qu’une zone de 24 000 kilomètres carrés sur les 120 000 à 130 000 kilomètres carrés que compte la zone économique exclusive (ZEE) guyanaise. Une autre zone, située sur le plateau continental, à une profondeur moindre, a fait l’objet de deux forages dans les années 1970 et, dans les années 2010, d’une demande visant à obtenir un nouveau permis d’exploration (permis Guyane Maritime SHELF), lequel n’a jamais été accordé, à cause de la loi Hulot. Alors que des demandes d’exploration ont bien été adressées par des sociétés désireuses d’explorer au-delà du permis Guyane maritime, la position du gouvernement consiste à balayer la question d’un revers de la main en affirmant : il n’y a pas d’hydrocarbure en Guyane, point ! Vous avez mentionné une carte, que le règlement intérieur ne vous permet pas d’exposer ici mais qu’il serait intéressant de faire circuler car, si vous disposez d’informations excédant celles issues de ces forages, finalement assez peu nombreux, nous serions preneurs.
De 2015 à 2022, l’Eurosystème a créé des centaines de milliards d’euros – près de 1 850 milliards pour le seul programme d’achats d’urgence face à la pandémie (PEPP). Cet argent injecté a surtout contribué à l’inflation des prix des actifs financiers et immobiliers, au bénéfice des patrimoines déjà élevés, sans soutenir directement l’investissement productif. Prenons l’exemple de la rénovation thermique des logements : cette politique appelle des financements considérables, de l’ordre de 20 milliards d’euros par an, que notre budget ne peut soutenir seul. Puisqu’il a été jugé légitime de créer de la monnaie pour racheter de la dette sur les marchés secondaires, pourquoi serait-il impensable de flécher tout ou partie de cette création monétaire vers l’économie réelle, par exemple sous la forme d’un refinancement ciblé, sur le modèle des opérations de refinancement à long terme ciblées (TLTRO), mais à vocation environnementale – bref de lancer des « TLTRO verts » ? Je précise que Bruno Le Maire, alors ministre, avait été interrogé sur ce point et ne s’était pas montré complètement fermé à cette idée. J’aimerais connaître votre avis.
L’intitulé de cette séance pose une question simple : la Banque de France est-elle pleinement au service de l’économie française ? Le bilan que nous dressons, au sens comptable comme au sens politique, appelle des réponses précises. Le gouverneur a pris ses fonctions à la veille d’une décision monétaire lourde de conséquences. En effet, les marchés anticipent un relèvement des taux directeurs – le premier en trois ans –, qui pourrait atteindre 25 points de base. Pourtant, nous faisons face à un choc d’offre importé : guerre au Proche-Orient, fermeture du détroit d’Ormuz et flambée des prix de l’énergie. Aucune hausse de taux ne rouvrira ce détroit, ni ne fera baisser le prix du baril. En revanche, elle renchérira le crédit des ménages et des entreprises, avec un effet différé de douze à dix-huit mois, alors que l’activité pourrait déjà avoir ralenti. Elle pèsera aussi sur la charge d’intérêt de la dette française qui progresse déjà beaucoup. Le gouverneur ne siège pas à Francfort comme le représentant d’un gouvernement national. La situation propre de l’économie française doit être documentée avant toute décision. Entre 2016 et 2025, la Banque de France a versé, en montant cumulé net, quelque 54 milliards d’euros aux banques commerciales, au titre de leurs réserves. En parallèle, les cinq plus grandes banques françaises ont réalisé, en 2025, plus de 35 milliards d’euros de bénéfices cumulés. Cette rémunération est présentée comme un instrument de transmission de la politique monétaire, mais son coût doit être établi. À encours de réserves inchangé, une nouvelle hausse des taux augmenterait les intérêts versés aux banques, pèserait sur le résultat de la Banque de France et réduirait les sommes susceptibles d’être versées à l’État. Il faut aussi démontrer que ce mécanisme sert le financement de l’économie productive. Les comptes appellent la même transparence. Après un résultat nul en 2022 et en 2023, la Banque de France a enregistré une perte de 7,7 milliards d’euros en 2024, puis un excédent de 8 milliards d’euros en 2025. Ce redressement tient principalement à une opération exceptionnelle de cession et de remplacement de barres d’or, sans diminution du stock, qui a dégagé près de 11 milliards d’euros de plus-value en 2025. Cette opération est régulière sur le plan comptable, mais elle n’est pas récurrente. Le Parlement doit pouvoir distinguer le résultat courant des opérations ponctuelles. La Banque de France a reversé 36,8 milliards d’euros à l’État entre 2015 et 2025. Pourtant, sa capacité de contribution s’est affaiblie au moment où nos finances publiques en avaient le plus besoin. Il est indiqué qu’une recapitalisation par l’État demeure peu plausible, mais cela ne donne ni seuil ni garantie. Il faut préciser à partir de quel niveau de perte, ou de fonds propres, une recapitalisation deviendrait nécessaire et avec quelles conséquences pour le contribuable. Enfin, l’indépendance de la Banque de France n’est pas en cause – même si le récent changement de direction peut laisser planer quelques doutes –, mais elle ne dispense ni de rendre des comptes ni d’expliquer les effets des décisions prises. La France ne représente que 18,4 % de l’indice harmonisé qui fonde l’objectif de stabilité des prix et guide la politique monétaire. Or une politique adaptée à la moyenne de la zone euro n’est pas nécessairement optimale pour l’investissement, le logement, l’industrie ou les finances publiques françaises. Aussi, je poserai trois questions ouvertes. Premièrement, quels effets attendre d’un éventuel relèvement des taux sur l’économie française ? Quels indicateurs permettent de penser qu’ils feront davantage de bien que de mal dans le contexte de choc d’inflation importé que nous connaissons ? Ensuite, la Banque de France ne devrait-elle pas s’engager à publier le coût annuel de la rémunération des réserves bancaires, ainsi que son incidence sur le résultat de la Banque de France et sur les reversements à l’État ? Enfin, la Banque de France ne devrait-elle pas remettre au Parlement, chaque année au moment du projet de loi de finances, une évaluation des effets de la politique monétaire sur la France, distinguant les résultats récurrents des opérations exceptionnelles ?
Cette série d’amendements vise à faire en sorte que dans nos cantines publiques, les fruits et légumes, par exemple, soient d’origine française. Le rapporteur nous a expliqué que cela équivaudrait à un Frexit – c’est bien connu, inciter les cantines publiques à servir des fruits et légumes français, ce serait un Frexit. C’est un argument spécieux, qui montre la soumission et la passivité dont peut faire preuve le gouvernement face des règles européennes absurdes.
Nous voterons pour les trois premiers amendements. Depuis tout à l’heure, nous discutons de localisme et de rémunération équitable des agriculteurs dans le cadre de l’approvisionnement de nos cantines publiques, et le gouvernement nous explique que malheureusement, c’est trop compliqué et techniquement impossible.
Monsieur Saintoul, vous m’obligez à vous répondre. Nous n’avons pas à choisir parmi les grandes puissances qui reluquent l’Arctique. En l’espèce, l’amendement mentionne la Russie et la Chine, mais Mme Colombier a évoqué les appétits des États-Unis pour le Groenland. La question est de savoir quels moyens nous mettons dans l’Arctique. Le gouvernement a publié une stratégie polaire révisée, à laquelle a été intégrée la stratégie de défense pour l’Arctique. La nouvelle stratégie assume que les explorations scientifiques ne sont plus la seule raison d’une présence de la France en Arctique. Compte tenu des appétits des différentes puissances, elle assure aussi une présence militaire, que ce soit avec des A400M ou des missions de frégate, telles que celle qu’exerce la frégate. Assumons-le et inscrivons-le dans cette loi de programmation militaire. C’est logique !
Ce sera à la puissance 10. Nous prendrons des dispositions par ordonnances dès la prise du pouvoir parce qu’il faudra aller vite. Nous ne voterons certainement pas votre motion de rejet.
On leur dit : Oubliez vos projets ; ces terrains ne sont pas disponibles ; vous avez deux ans d’autorisation administrative. Alors les entreprises investissent ailleurs. Collègues de gauche, je voudrais vous effrayer : ce petit projet de loi de simplification, c’est un apéritif par rapport à ce que fera le RN s’il arrive au pouvoir.
…parce que la France est au carrefour géographique de tous les transports en Europe, parce que tel terrain bénéficie de la proximité d’infrastructures autoroutières, ferroviaires, portuaires et fluviales. Mais on leur répond que ce foncier disponible n’est pas vraiment disponible, parce qu’il y a la loi ZAN, parce qu’il y a un système de compensation ou parce que sur ce terrain, il y a une haie et une petite grenouille.
Collègues de gauche, vous ne nous surprenez jamais. Nous avons là un petit projet de loi de simplification aux ambitions très modestes et pourtant vous sautez au plafond parce que ce texte a le tort de s’attaquer un tout petit peu – on a parlé de tronçonneuse, mais il s’agit ici de pince à épiler – à l’univers bureaucratique, à l’enfer administratif qui embête les vilains entrepreneurs. Pourtant, rendez-vous compte, il y a dans notre pays des entreprises et il y a des investisseurs qui ont envie d’investir en France, parce que les travailleurs y sont productifs,…
Qui peut défendre le droit de propriété dans cette matière, sinon les préfectures et les autorités policières ? Si elles ne peuvent le faire, ce sont les agriculteurs et les propriétaires eux-mêmes qui doivent s’en charger ! Je vous pose donc la question : puisque vous défendez les propriétaires de matériel, défendez-vous aussi les propriétaires de terrains dont le droit est violé lors de ces et qui se défendent parfois eux-mêmes, sans la police ni les autorités préfectorales ?
Il y a un an, en Lozère, à La Canourgue, des agriculteurs ont utilisé leurs engins agricoles, leurs tracteurs, et projeté du lisier – il faut le dire – sur les organisateurs et les participants de afin de les chasser et de défendre leur droit de propriété. Vous qui ne supportez pas l’autorité préfectorale et policière et prétendez qu’il faut céder devant le fait accompli, soutenez-vous ces agriculteurs ?
D’une certaine façon, vous vous faites donc les défenseurs du droit de propriété. Mais, dans cette histoire, le droit de propriété est d’abord violé, en particulier sur les terrains des agriculteurs, par les organisateurs de ces événements !
Il s’agit de renforcer la lutte contre la fraude et le blanchiment qui passent par les plateformes de transfert de fonds du type MoneyGram ou Western Union. La législation actuelle, s’agissant de ces plateformes, vise essentiellement la lutte contre le narcotrafic et contre le terrorisme. Nous proposons que Tracfin puisse avoir accès au nouveau fichier des numéros internationaux de compte bancaire (Iban) suspects et frauduleux, créé il y a quelques mois, afin de pouvoir en croiser les données avec les informations qui lui sont par ailleurs remontées dans le cadre de transferts de fonds.