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📜Proposition de loi pour parer à la crise alimentaire et agricole
Jean-Luc Mélenchon
11 mai 2020

🖋️Amendements examinés : 100%
6 Adoptés6 Non soutenus
3 Irrecevables
3 Tombés
Liste des Amendements
Article 1

I. – Rédiger ainsi l’alinéa 1 :

« À titre exceptionnel et jusqu’à l’expiration d’un délai de trois mois à compter de la date de cessation de l’état d’urgence sanitaire déclaré par l’article 4 de la loi n° 2020‑290 du 23 mars 2020 d’urgence pour faire face à l’épidémie de covid-19, il est mis en œuvre un dispositif de chèque alimentaire permettant à tout ménage dont le revenu fiscal de référence est, compte tenu de la composition du ménage concerné, inférieur à un certain plafond d’acquitter tout ou partie de ses dépenses d’alimentation. »

II. – En conséquence, supprimer l’alinéa 2.

Compléter l’alinéa 2 par la phrase suivante :

« Il est utilisable en vente directe, sur les marchés et dans les grandes surfaces alimentaires. »

Après l'article premier, insérer l'article suivant:

À la fin de l’alinéa 1, substituer aux mots :

« délivré aux trois premiers déciles de revenus éligibles à celui‑ci »

les mots :

« auquel sont éligibles les trois premiers déciles de revenus ».

🖋️ • Tombé
Julien Dive
22 mai 2020

À la seconde phrase de l’alinéa 2, après le mot :

« alimentaires »,

insérer les mots :

« , notamment de denrées alimentaires françaises ou locales confrontées à un surstockage, ».

🖋️ • Tombé
Julien Dive
22 mai 2020

Compléter l’alinéa 2 par la phrase suivante :

« Les produits alimentaires pouvant être achetés par l’intermédiaire de ce chèque sont majoritairement des denrées alimentaires françaises ou locales, en particulier des denrées issues de productions stockées. »


Article 2.

Supprimer l’alinéa 3.

Rédiger ainsi l’alinéa 2 :

« II. – Les prix maximums mentionnés au I du présent article sont fixés régionalement et tiennent compte des caractéristiques locales de chaque production en matière de stocks, de coûts de production et de niveau de production. »


Article 3.

Rédiger ainsi cet article :

« L’article L. 631‑27‑1 du code rural et de la pêche maritime est ainsi modifié :

« 1° Le premier alinéa est complété par les mots : « et du médiateur des relations commerciales agricoles mentionné à l’article L. 631‑27. » ;

« 2° Avant le dernier alinéa, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :

« Une conférence publique, rassemblant l’ensemble des organisations interprofessionnelles reconnues et associant l’ensemble des syndicats agricoles, est réunie chaque année avant le 31 décembre sous l’égide du ministère chargé de l’agriculture. Elle dresse un état des lieux de la situation des marchés agricoles et agroalimentaires et de l’évolution des prix en tenant en compte, notamment, de l’estimation des coûts de production en agriculture et de leur évolution pour l’année à venir proposée par la conférence publique de chaque filière. » ;

« 3° Au même dernier alinéa, après le mot : « conférence », sont insérés les mots : « mentionnée au premier alinéa du présent article » . »

Après l'article 3., insérer l'article suivant:

L’article L. 553‑4 du code rural et de la pêche maritime est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« Les organisations de producteurs peuvent bénéficier des aides et avantages mentionnés au présent article si elles garantissent une rémunération minimale des producteurs fixée selon les indicateurs de coûts de production élaborés et diffusés par les interprofessions. »

Après l'article 3., insérer l'article suivant:

Avant le dernier alinéa du III de l’article L. 631‑24 du code rural et de la pêche maritime, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :

« La contractualisation sur la base des indicateurs mentionnés à la première phrase du neuvième alinéa du présent III est obligatoire. Le non-respect de cette obligation est passible de sanctions dont la nature et les modalités d’application sont définies par décret. »

🖋️ • Adopté
Julien Dive
22 mai 2020
Après l'article 3., insérer l'article suivant:

Dans les six mois suivant la publication de la présente loi, le Gouvernement remet un rapport au Parlement présentant les moyens d’adaptation des critères d’attribution du code de la commande publique, notamment par l’ajout d’un critère de l’origine ou de la situation géographique, afin de valoriser les denrées alimentaires françaises ou locales, en particulier les denrées issues de productions stockées, dans le cadre des appels d’offres de la restauration collective.

Après l’alinéa 8, insérer l’alinéa suivant :

« En plus de la conférence annuelle mentionnée au premier alinéa du présent article, une conférence exceptionnelle peut être convoquée par le ministre chargé de l’agriculture afin de répondre à une situation d’urgence. »

Après l'article 3., insérer l'article suivant:
Après l'article 3., insérer l'article suivant:
Après l'article 3., insérer l'article suivant:

La carte de séjour portant la mention « travailleur saisonnier » mentionnée à l’article L. 313‑23 du code de l’entrée et du séjour des étrangers et du droit d’asile est délivrée à toute personne étrangère en situation irrégulière disposant d’une promesse d’embauche dans le secteur agricole.

Après l'article 3., insérer l'article suivant:

I. – Il n’est pas procédé au recouvrement de la taxe sur la valeur ajoutée sur les produits agricoles pour la période du 1er juin 2020 au 31 décembre 2020.

II. – La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle aux droits mentionnés aux articles 575 et 575 A du code général des impôts.

Après l'article 3., insérer l'article suivant:

Le Gouvernement remet chaque année au Parlement un rapport d’information sur la situation financière des exploitants agricoles.

Exposé des motifs • ⏱️Lecture 4min.

Mesdames, Messieurs,

Voici un fait très concret au cœur de la crise : la question agricole et alimentaire. Le coronavirus a agi en révélateur des failles du système capitaliste globalisé et de la financiarisation agricole. Avec la contraction de l’économie et le confinement de la moitié de la population mondiale, d’un bout à l’autre de la chaîne alimentaire, la catastrophe surgit. Le « flux tendu  » permanent a été incapable de faire face à la hausse de la consommation de certains produits, les stocks inexistants ont fait monter le cours de denrées devenues rares, la fermeture des frontières s’est avérée dramatique pour un monde agricole dépendant d’une main‑d’œuvre étrangère. À l’autre bout de la chaîne, la crise économique et l’affolement des marchés créent des situations de véritables famines.

D’un côté, des agriculteurs pâtissent des perturbations de la chaîne d’approvisionnement, qu’il s’agisse du manque de main‑d’œuvre ou des difficultés de transport. Ces difficultés risquent d’entraîner une flambée des prix agricoles. Et d’aggraver les difficultés déjà grandes du monde agricole. En effet, nous alertions déjà sur la crise du secteur agricole lors du projet de loi « Agriculture et alimentation ». Puis lors du projet inique de réforme des retraites. Près de 20 % des agriculteurs français ont déclaré un revenu nul, voire un déficit de leur exploitation en 2017, selon un rapport de l’INSEE. Plus 20 % d’entre eux vivent actuellement sous le seuil de pauvreté. Sur 1 € de valeur alimentaire, 7,5 centimes seulement reviennent au producteur (hors subventions publiques). Le système marche sur la tête et le ras‑le‑bol est général : un agriculteur se suicide tous les jours. Rien ne va s’arranger avec le covid‑19. Les agriculteurs constatent, au niveau européen, un recours accru aux pratiques commerciales déloyales dans le contexte de la pandémie. Ils constatent notamment une pression à la baisse sur les prix payés aux producteurs, alors que les prix restent inchangés pour le consommateur, en particulier pour les produits périssables tels que les fruits et les légumes.

De l’autre, les files d’attente de l’aide alimentaire s’allongent. En Seine‑Saint‑Denis, entre 15 000 et 20 000 personnes vont avoir du mal à se nourrir dans les prochaines semaines selon le préfet du département qui craint des « émeutes de la faim ». Les revenus de beaucoup baissent et les prix de l’alimentation augmentent. L’association Que Choisir a constaté une augmentation des prix des produits de première nécessité de 2,50 %. Dans le détail, elle est de +5 % pour les pâtes, +4 % pour le lait (+4 %), +2 % pour le riz et les œufs (+ 2 %). De manière générale, en zone euro, les prix alimentaires s’envolent (+ 3,6 %), en particulier pour les produits frais qui flambent à + 7,7 %. Or, pour beaucoup, ces hausses peuvent s’avérer dramatiques. Sans parler du cruel dilemme auquel ces gens sont confrontés : mourir du coronavirus pour ne pas mourir de faim, ou bien mourir de faim pour ne pas mourir du coronavirus  ?

Pour agir sur le volet alimentaire, le gouvernement s’est résolu à débloquer des fonds pour parer à l’urgence. Le 23 avril 2020, la secrétaire d’État chargée de la lutte contre la pauvreté, Christelle Dubos, a annoncé le déblocage d’une enveloppe de 39 millions d’euros pour l’aide alimentaire des foyers les plus modestes. Sur ce total, 14 millions d’euros (10 millions pour l’hexagone, 4 millions pour l’Outre‑mer) doivent être distribués sous forme de « chèques d’urgence alimentaire », d’un montant de 105 euros par foyer identifié. Il a précisé que 100 000 foyers devraient être concernés par cette aide.

Le volet agricole est effleuré par le projet de loi projet de loi portant diverses dispositions urgentes pour faire face aux conséquences de l’épidémie de covid‑19 peut être qualifié de «  voiture‑balai  », voire de véritable fourre‑tout. Dans son article 2, le gouvernement entend prolonger l’ordonnance du 12 décembre 2018 relative au relèvement du seuil de revente à perte et à l’encadrement des promotions pour les denrées et certains produits alimentaires. Cette ordonnance est née de la loi dite « Egalim ». Confrontés à la faillite du modèle agro‑industrielle et au désastre économique et social dans le monde agricole, nous proposions déjà l’encadrement d’urgence des prix agricoles par l’instauration de prix planchers qui permettent aux agriculteurs de vivre dignement et la relocalisation de l’agriculture. Le coronavirus n’a fait qu’aggraver la situation. Mais le gouvernement persiste avec la prolongation d’une ordonnance qui n’est qu’un pansement sur une jambe de bois.

La bifurcation écologique doit commencer. Et la clé, c’est le retour de l’État. Et comme dans tout domaine, les réponses à la crise et la bifurcation générale doivent être planifiées. Dans cette perspective, cette proposition de loi entend mettre en œuvre un «  effet de ciseau  » salutaire couplé à une mesure d’urgence sociale.

Pour parer l’urgence sociale, des chèques d’urgence alimentaire doivent être délivrés à tous les foyers en difficulté, ce qui implique d’augmenter considérablement les fonds alloués et de pérenniser le dispositif. Si le gouvernement est capable de signer des chèques en blanc de plusieurs milliards pour venir en aide aux grandes entreprises sans contrepartie environnementale ou sociale, pourquoi ne le pourrait‑il pas pour les plus pauvres ? (article 1) Au regard de la situation, et à l’image de ce qui a été appliqué concernant les gels hydroalcooliques et les masques, les prix de l’alimentation doivent être encadrés pour éviter toute hausse qui aurait un impact social dramatique pour les consommateurs (article 2). En même temps, les prix agricoles doivent être encadrés par des prix planchers qui permettent de garantir un revenu décent à tous les producteurs, et éviter des marges indues au profit de la grande distribution (article 3).

Nous défendons une refonte du modèle agricole, qui permette à tous de vivre décemment et qui soit résilient face aux bouleversements climatiques : relocalisation des productions, circuits courts, prix planchers, sortie planifiée des pesticides (qui sont aussi un coût et dont les agriculteurs sont dépendants)… tout l’inverse de la politique du gouvernement qui signe des accords de libre‑échange à tour de bras et continue de se reposer sur les mécanismes de marché qui subventionnent l’impasse qu’est l’agro‑industrie.

Tel est le sens de cette proposition de loi, dont les mesures en sont les amorces.

Article 1

Pour faire face à l’urgence sociale provoquée par l’épidémie de covid‑19, il est créé un dispositif de chèque alimentaire mensuel sur le modèle de celui défini à l’article L. 124‑1 du code de l’énergie et délivré aux trois premiers déciles de revenus éligibles à celui‑ci.

Le chèque alimentaire comporte, lors de son émission, une valeur faciale modulée en fonction du nombre de membres et des revenus du ménage. En tant que titre spécial de paiement, il peut être utilisé pour effectuer des achats de produits alimentaires et de première nécessité.

Un décret détermine les modalités d’application du présent article.

Article 2.

I. ‑ Au titre du 8° de l’article L. 3131‑15 du code de la santé publique, des dispositions de contrôle des prix maximums de la vente au détail et en gros des produits alimentaires et de première nécessité sont mises en œuvre.

II. ‑ Le ministre chargé de l’économie peut modifier par arrêté les prix maximums, pour tenir compte de l’évolution de la situation du marché constatée sur tout ou partie du territoire, dans la limite d’un coefficient correcteur qui ne peut être supérieur à 1,5.

III. ‑ Un décret détermine les modalités d’application du présent article.

IV. ‑ Les dispositions du présent article sont applicables à toutes les collectivités, y compris celles régies par les articles 73 et 74 de la Constitution ainsi qu’à toute autre collectivité territoriale volontaire.

Article 3.

Le code rural et de la pêche maritime est ainsi modifié :

1° Après l’article L. 632‑2‑1, il est inséré un article L. 632‑2‑1‑1 ainsi rédigé :

«  Art. L. 632211. ‑ Les organisations interprofessionnelles reconnues organisent chaque année, pour chaque production agricole, une conférence sur les prix rassemblant producteurs, fournisseurs et distributeurs sous l’égide du ministère de l’agriculture et de l’alimentation. 

«  L’ensemble des syndicats agricoles sont conviés à y participer.

«  Cette conférence donne lieu à une négociation interprofessionnelle sur les prix, destinée à s’accorder sur un niveau plancher de prix d’achat aux producteurs pour chaque production agricole, et tenant compte notamment de l’évolution des coûts de production, du système de production et des revenus agricoles sur chaque bassin de production. 

«  Le niveau plancher de prix d’achat se base sur les indicateurs fournis par l’Observatoire de la formation des prix et des marges.

«  À l’issue des négociations, le ministre chargé de l’agriculture et de l’alimentation fixe les différents prix planchers.

«  Les établissements mentionnés aux articles L. 621‑1 et L. 696‑1 sont, respectivement, chargés de la mise en application et du respect par l’ensemble des opérateurs, au sein de chaque filière, du prix plancher d’achat fixé annuellement. »

2° Après le premier alinéa de l’article L. 611‑4, il est inséré un alinéa ainsi rédigé :

«  La situation de crise conjoncturelle affectant ceux des produits figurant sur la liste prévue à l’article L. 443‑2 du code de commerce est également constituée en cas de déclaration de l’état d’urgence sanitaire défini à l’article L. 3131‑12 du code de la santé publique. »

3° L’article L. 611‑4‑2 est ainsi modifié :

a) À la première phrase du premier alinéa, les mots : « fruits et légumes périssables peut être » sont remplacés par les mots : « produits agricoles et alimentaires est  ».

b) Au deuxième alinéa, après le mot « mois », sont insérés les mots : « , ou bien durant toute la période d’état d’urgence sanitaire défini à l’article L. 3131‑12 du code de la santé publique ».

Article 4

La charge pour l’État est compensée, à due concurrence, par la création d’une taxe additionnelle aux droits mentionnés aux article 575 et 575 A du code général des impôts.

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