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Historique

11 juin 2020 - 16 juin 2020 : 7 amendements en Commission des affaires sociales

15 juin 2020 : ⚡Le 🧭Gouvernement Philippe 2 déclare l'urgence


25 juin 2020 15:00 : Discussion
25 juin 2020 : 🗳️Vote sur la loi (première lecture) : 👍Adopté
Originalv2v3
📜Proposition de loi pour une éthique de l'urgence
Xavier Breton
28 mai 2020

🖋️Amendements examinés : 100%
5 Adoptés1 Non soutenus1 Tombés
Liste des Amendements
Article 1
🖋️Adopté
Jean-Louis Touraine
13 juin 2020

I. – Après l’alinéa 1, insérer les deux alinéas suivants :

« 1° (nouveau) L’article L. 1412‑5 est complété par les mots :

« , notamment en cas de déclaration de l’état d’urgence sanitaire faite en application de l’article L. 3131‑12 ».

II. – En conséquence, supprimer les alinéas 8 et 9.

 

🖋️Adopté
Jean-Louis Touraine
13 juin 2020

Substituer aux alinéas 2 à 7 les trois alinéas suivants :

« 1° (nouveau) L’article L. 1412‑3 est complété par deux alinéas ainsi rédigés :

« Lorsqu’un projet de loi visant à déclarer ou proroger l’état d’urgence sanitaire visé à l’article L. 3131‑12 du présent code est déposé sur le bureau des assemblées, le comité se saisit afin de rendre un avis sur les questions éthiques que peut soulever le projet de loi. Cet avis est rendu public.

« En cas de déclaration ou de prorogation de l’état d’urgence sanitaire, il peut également se saisir de toute question éthique relative aux mesures prévues aux 1° à 6° et 9° de l’article L. 3131‑15 et premier alinéa de l’article L. 3131‑16 et peut également dans ce cadre saisir l’espace de réflexion éthique territorialement concerné. »

 

🖋️Adopté
Xavier Breton
16 juin 2020

I. – À l’alinéa 11, substituer aux mots :

« À la fin »

les mots :

« Dans les deux mois suivant l’échéance ».

II. – À l’alinéa 12, après le mot :

« rapport »,

insérer les mots :

« est rendu public sans délai et ».

🖋️Adopté
Jean-Louis Touraine
13 juin 2020
Après l'article unique, insérer l'article suivant:

Après l’article L. 3131‑19 du code de la santé publique, il est inséré un article L. 3131‑19‑1 ainsi rédigé :

« Art. L. 3131‑19‑1. – En cas de déclaration de l’état d’urgence sanitaire, l’Office parlementaire d’évaluation des choix scientifiques et technologiques peut être consulté par le Président de l’Assemblée nationale, par le Président du Sénat, par un président de commission parlementaire ou par un président de groupe parlementaire sur l’état de la catastrophe sanitaire, les connaissances scientifiques qui s’y rapportent et les mesures propres à y mettre un terme, y compris celles relevant des articles L. 3131‑15 à L. 3131‑17. Ces avis sont rendus publics sans délai. »

🖋️Adopté
Jean-Louis Touraine
13 juin 2020
Après l'article unique, insérer l'article suivant:

Le Gouvernement remet au Parlement, avant le 1er janvier 2021, un rapport sur la fin de vie des personnes décédées pendant l’état d’urgence sanitaire. Ce rapport s’intéresse notamment aux modalités mises en œuvre pour l’accompagnement de ces personnes ainsi qu’aux mesures dérogatoires au droit commun de la législation funéraire prises dans le cadre de l’épidémie de covid-19.

🖋️Non soutenu
Adrien Quatennens
11 juin 2020
Après l'article unique, insérer l'article suivant:

Dans un délai de deux mois à compter de la promulgation de la présente loi, le Gouvernement remet au Parlement un rapport afin de permettre la prise en charge totale des obsèques des personnes ayant souffert de l'affection ayant généré la mise en place de l'état d'urgence sanitaire.

🖋️Tombé
Caroline Fiat
11 juin 2020

A l’alinéa 9, après la seconde occurrence du mot :

« sanitaire »

insérer les mots :

« notamment en cas de diminution de l’accès à différentes droits sanitaires et sociaux, afin d’assurer leur effectivité et leur continuité pendant cette période, ».

Exposé des motifs • ⏱️Lecture 4min.

Mesdames, Messieurs,

« Comment cela est‑ce possible ? »

C’est par cette interrogation que le philosophe Pierre Manent se demandait dans le quotidien Le Figaro comment « ceux qui nous gouvernent nont pas perçu lénorme, linadmissible abus de pouvoir qui était impliqué dans certaines de leurs décisions ».

Il faisait notamment référence aux mesures prises par le Gouvernement pour « interdire, ou peu sen faut, le dernier rite auquel nous soyons encore attachés, celui qui accompagne la mort ».

Avec l’épidémie de covid‑19, les questions éthiques ont malheureusement été reléguées au second plan de nos préoccupations. Elles renvoient pourtant à ce que notre société a de plus précieux : la dignité de la personne humaine.

Au bout du compte, des lignes rouges ont été franchies au prétexte de l’urgence et de la gravité de la crise sanitaire.

– De nombreuses questions demeurent sur la gestion de l’épidémie dans les établissements d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (EHPAD).

Le personnel soignant a forcé notre admiration par sa disponibilité et son abnégation. Il a adapté ses pratiques et les mesures de protection afin de continuer à apporter des soins de qualité à tous les patients.

Cependant, la séparation imposée durant de longues semaines entre les personnes âgées et les familles a été vécue de façon douloureuse et incomprise. Le risque affectif de l’isolement s’est ajouté au risque épidémique. Nul ne pourra faire le compte des personnes âgées qui ne seront pas mortes de l’épidémie mais qui seront décédées de chagrin, dans un sentiment d’abandon, privées de tout contact familial, amical et spirituel. Beaucoup de personnes âgées se sont senties perdues, sans repère, loin de tout visage connu. Cette décision d’isolement total a privé beaucoup d’entre elles d’un accompagnement en fin de vie, d’une mort apaisée et entourée du cercle familial.

Au vu de ce qui s’est passé pendant la période de confinement, peut‑on estimer que tout a été mis en place pour maintenir le lien social ?

– Depuis quelques semaines, se pose une question lancinante : cette crise a‑t‑elle conduit à trier les patients ?

Dans certaines régions, il apparaît clairement qu’en mars des résidents d’EHPAD ou dans des établissements médico‑sociaux d’hébergement de personnes en situation de handicap ont vu leur transfert dans des services d’urgence d’hôpitaux refusé, faute de place.

Dans les maisons de retraite, de nombreux patients n’ont pas eu accès aux soins hospitaliers, laissant le personnel soignant totalement dans la détresse. L’hebdomadaire Marianne relayait le témoignage datant du 16 mars d’un professeur de médecine, intervenant dans deux EHPAD du Bas‑Rhin : « La situation est tellement grave dans le Grand Est que le CHU de Strasbourg nous a dit que les personnes en GIR 1, 2 et peutêtre 3 ne seraient plus admis aux urgences ».

Des inquiétudes existent aussi pour les personnes en situation de handicap. Le 4 avril, l’UNAPEI, lançait un cri d’alarme : « Pour le Samu, le niveau dautonomie et de dépendance devient un critère dadmission ou non à lhôpital. Les équipes hospitalières de soins palliatifs ninterviennent également plus dans les établissements. Ces dérives barbares, insidieuses et insupportables laissent à penser que les personnes en situation de handicap ne méritent pas dêtre soignées ou sauvées ».

Ces inquiétudes se sont avérées fondées.

Soyons donc vigilants à ne pas basculer dans une dérive opérant de facto un tri entre ceux qui mériteraient de vivre et ceux qui ne le mériteraient pas.

– « Dans le combat pour la vie, on a oublié laccompagnement de la mort. » C’est ainsi que s’exprimait Damien Leguay, philosophe et président du Comité national d’éthique du funéraire.

Des mesures dérogatoires au droit commun de la législation funéraire ont été prises dans le cadre de l’épidémie de covid‑19. Ces restrictions imposées aux rites funéraires ont suscité désespoir et colère des familles et des professionnels de la chaîne funéraire. Les thanatopracteurs ont été désemparés par les mesures qui leur ont été imposées. Les soins de conservation sont normalement indispensables pour permettre aux familles un recueillement serein et apaisé, par respect pour leur défunt, pour leur souvenir. Par des mises en bière précipitées et sans possibilité de soins, ils ont eu l’impression de « priver » le deuil de familles éplorées. Ils estiment qu’on ne leur a pas donné les moyens d’enterrer correctement les morts.

Pourtant, toute société connaît l’importance du processus de deuil pour passer l’étape si difficile de la séparation. Comme l’écrivait Alain Finkielkraut, « sans rites funéraires, il ny a pas dhumanité digne de ce nom ».

Or, depuis quelques semaines, combien de proches n’ont pas pu tenir la main ou embrasser une dernière fois celui qui allait les quitter ? Combien de familles n’ont pas pu se rassembler pour partager un dernier adieu ? Ne nous y trompons pas, ces funérailles expéditives laisseront des séquelles et des traumatismes durant de longues années au sein de notre société.

Les circonstances exceptionnelles que nous avons connues avec cette pandémie ne doivent en aucune manière légitimer des pratiques contraires à nos valeurs.

Pour empêcher le franchissement de lignes rouges à l’avenir, il est indispensable de prévoir un « filtre » éthique sur toutes les mesures prises en période d’état d’urgence sanitaire et qui soulèvent des problèmes éthiques et des questions de société.

Aussi, pour sortir de la crise de l’éthique qui menace et pour favoriser une véritable « éthique de l’urgence », nous vous proposons que les actes pris en période d’état d’urgence sanitaire fassent l’objet d’une saisine et d’un avis du Comité consultatif national d’éthique (CCNE) et que le Parlement puisse débattre de ces sujets. Tel est l’objet de cette proposition de loi.

Article 1

Le code de la santé publique est ainsi modifié :

I. – Le I de l’article L. 3131‑15 est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« Les mesures prévues aux 1° à 6° et 9° sont prises après avis du Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé. »

II. – Le premier alinéa de l’article L. 3131‑16 est complété par une phrase ainsi rédigée :

« Ces mesures sont prises après avis du Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé. »

III. – Le I de l’article L. 3131‑17 est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« Les mesures prises en application des 1° à 6° et 9° du I de l’article L. 3131‑15 et de l’article L. 3131‑16 sont prises après avis de l’espace de réflexion éthique territorialement concerné. »

IV. – L’article L. 3131‑19 est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« En cas de déclaration de l’état d’urgence sanitaire, le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé peut être consulté par le Président de l’Assemblée nationale, par le Président du Sénat ou par un président de groupe parlementaire ainsi que par 60 députés ou par 60 sénateurs sur tout problème éthique ou toute question de société soulevés par la catastrophe sanitaire et par les mesures prises pour y mettre un terme. Ces avis sont rendus publics sans délai. »

V. – Après l’article L. 3131‑20, il est inséré un article L. 3131‑21 ainsi rédigé :

« Art. L. 313121. – À la fin de la période de l’état d’urgence sanitaire, le Comité consultatif national d’éthique pour les sciences de la vie et de la santé présente un rapport d’évaluation sur les problèmes éthiques et les questions de société soulevés par la catastrophe sanitaire et par les mesures prises pour y mettre un terme.

« Ce rapport peut faire l’objet d’un débat au Parlement. »

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