Supprimer cet article.
Rédiger ainsi cet article :
« Le chapitre III du titre III du livre V de la deuxième partie du code de l’éducation est complété par un article L. 533‑3 ainsi rédigé :
« Art. L. 533‑3. – Les tarifs de la restauration scolaire fournie aux élèves des écoles maternelles, des écoles élémentaires, des collèges et des lycées de l’enseignement public tiennent compte du caractère indispensable des repas proposés par ce service qui remplit une mission de service public et sont fixés par la collectivité territoriale qui en a la charge.
« Les tarifs mentionnés au premier alinéa ne peuvent, y compris lorsqu’une modulation est appliquée, être supérieurs au coût par usager résultant des charges supportées au titre du service de restauration, après déduction des subventions de toute nature bénéficiant à ce service.
« Ces tarifs peuvent être fixés selon un barème progressif comprenant au moins cinq tranches, dans les conditions suivantes :
« 1° Le barème s’applique au dernier revenu imposable du foyer fiscal auquel est rattaché l’élève, calculé dans les conditions prévues aux articles 193 à 196 bis du code général des impôts ;
« 2° La limite supérieure de la tranche la plus basse inclut les foyers fiscaux dont les revenus, tels que définis au 1° , sont inférieurs ou égaux à 7 800 € ;
« 3° Cette limite est, chaque année, indexée comme la limite supérieure de la première tranche du barème de l’impôt sur le revenu ;
« 4° Le tarif de la première tranche est fixé à zéro. »
Après le mot :
« repas »,
rédiger ainsi la fin de l’alinéa 2 :
« en prévoyant pour tous les usagers des restaurants scolaires une dégressivité en fonction de la condition sociale et financière des parents. »
Supprimer l’alinéa 2.
Rédiger ainsi cet article :
« L’article L. 230‑5‑1 du code rural et de la pêche maritime est ainsi modifié :
« 1° Au premier alinéa du I, le taux : « 50 % » est remplacé par le taux : « 80 % » et, à la fin, le taux : « 20 % » est remplacé par le taux : « 70 % » ;
« 2° Avant le 1° du même I, il est inséré un 1° A ainsi rédigé :
« 1° A Produits acquis dans le cadre des projets alimentaires territoriaux définis à l’article L. 111‑2‑2 du présent code ; »
« 3° À la fin du II, les mots : « ainsi que l’acquisition de produits dans le cadre des projets alimentaires territoriaux définis à l’article L. 111‑2‑2 du présent code » sont supprimés. »
À l’alinéa 3, substituer au mot :
« éventuellement »,
le mot :
« prioritairement ».
Rédiger ainsi cet article :
« Le Gouvernement remet avant le 1er janvier 2021 au Parlement un rapport relatif au financement par l’État de la mise en place de la tarification sociale des cantines par les collectivités territoriales. Ce rapport dresse la liste des communes et établissements de coopération intercommunale bénéficiaires d’un soutien financier de l’État ainsi que le montant des crédits alloués.
« Le rapport évalue l’impact du dispositif sur la tarification des cantines pour les communes ou leurs établissements et l’impact sur la fréquentation des élèves au service de restauration scolaire. Il précise en outre le nombre de demandes des communes ou de leur établissement de coopération intercommunale déclarées prescrites. »
Avant le 1er mars 2021, le Gouvernement remet au Parlement un rapport sur les possibilités de mise en œuvre d’un soutien financier aux départements et aux régions en faveur d’une restauration scolaire saine et durable.
La perte de recettes pour les collectivités territoriales est compensée à due concurrence par la majoration de la dotation globale de fonctionnement et, corrélativement pour l’État, par la création d’une taxe additionnelle aux droits mentionnés aux articles 575 et 575 A du code général des impôts.
Mesdames, Messieurs,
Les repas servis dans les cantines scolaires constituent prĂšs du tiers des repas servis dans les lieux de restauration collective. La restauration scolaire reprĂ©sente plus dâun milliard de repas servis chaque annĂ©e, consommĂ©s rĂ©guliĂšrement par prĂšs de huit millions dâĂ©lĂšves. Il sâagit donc dâun levier essentiel que nous devons mettre au service de la nĂ©cessaire transformation Ă©cologique et sociale en favorisant une alimentation saine, durable et accessible Ă toutes et tous.
Le groupe parlementaire de la France insoumise sâengage depuis le dĂ©but de la mandature en faveur dâune alimentation saine et durable : commission dâenquĂȘte sur lâalimentation industrielle dont le rapport a Ă©tĂ© publiĂ© en octobre 2018 ([1]), une proposition de loi visant Ă protĂ©ger la population des dangers de la malbouffe dĂ©posĂ©e en janvier 2019 ([2]), ainsi que les nombreux amendements dĂ©posĂ©s, notamment lors de lâĂ©tude du projet de loi pour lâĂ©quilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et une alimentation saine et durable (dite Egalim). En proposant un corpus de mesures pour une restauration scolaire, Ă la fois accessible, saine et durable, ce texte entend dĂ©velopper un triangle vertueux associant producteurs, consommateurs et collectivitĂ©s territoriales, en tenant compte de lâurgence Ă©cologique.
Cette proposition de loi ne saurait se soustraire Ă lâexigence de justice sociale, qui doit ĂȘtre mĂšre de toutes les politiques. En 2018, 9,1 millions de Français vivaient sous le seuil de pauvretĂ©, et lâindice de Gini ([3]) a connu sa plus forte progression depuis 2010. Mais les chiffres nous apprennent aussi que la pauvretĂ© touche une population de plus en plus jeune. Une Ă©tude de lâINSEE nous apprenait rĂ©cemment que les premiĂšres catĂ©gories concernĂ©es par la pauvretĂ© Ă©taient les moins de trois ans et les 15â18 ans ([4]), et trois millions dâenfants vivent avec leurs familles en dessous du seuil de pauvretĂ© (ce qui reprĂ©sente un enfant sur cinq).
Si depuis 1970, le nombre dâĂ©lĂšves inscrits Ă la cantine est en augmentation (les Ă©lĂšves scolarisĂ©s Ă lâĂ©cole primaire seraient deux fois plus nombreux Ă ĂȘtre inscrits Ă la cantine depuis 1970), force est de constater que les disparitĂ©s sont immenses. Le coĂ»t de lâinscription Ă la restauration scolaire, qui sâĂ©lĂšve en moyenne Ă 400 euros annuels par enfant dans le premier degrĂ©, reprĂ©sente un obstacle majeur pour de nombreuses familles. Dans son dernier rapport sur le droit Ă la cantine scolaire, le DĂ©fenseur des droits estime que prĂšs de 40 % des enfants des familles dĂ©favorisĂ©es ne mangeraient pas Ă la cantine, contre 17 % des Ă©lĂšves issus des catĂ©gories socioâprofessionnelles supĂ©rieures ([5]). Dans certains cas, lorsque les parents ne parviennent pas Ă payer les frais de restauration de leurs enfants, certaines collectivitĂ©s vont jusquâĂ exclure les Ă©lĂšves des cantines ou Ă mettre en place des pratiques humiliantes visant Ă atteindre les parents par la stigmatisation de lâenfant (via des repas spĂ©cifiques pour les enfants, par exemple). La cantine devient alors un lieu de rejet et dâostracisation qui entĂ©rine les inĂ©galitĂ©s sociales quand lâĂ©cole devrait en ĂȘtre prĂ©servĂ©e au maximum.
Cette inĂ©galitĂ© dâaccĂšs Ă la cantine Ă des consĂ©quences sanitaires et sociales trĂšs importantes. Il faut rappeler ici lâimpact de la pauvretĂ© et des inĂ©galitĂ©s sociales sur les pratiques alimentaires et les maladies nutritionnelles : on estime quâen grande section de maternelle dĂ©jĂ , 16 % des enfants dâouvriers sont en surcharge pondĂ©rale contre 7 % des enfants de cadres ([6]). La cantine peut donc ĂȘtre un levier sanitaire de premier plan, en mettant en suspens les inĂ©galitĂ©s sociales pour dĂ©velopper chez les enfants une Ă©ducation au goĂ»t, Ă la variĂ©tĂ© alimentaire et Ă lâalimentation Ă©quilibrĂ©e. Il faut Ă©galement souligner que le temps de la restauration collective est un « moment oĂč les Ă©lĂšves, aprĂšs lâattention du matin, se dĂ©tendent et oĂč les Ă©changes sociaux sont favorisĂ©s. La restauration scolaire contribue aussi Ă la formation du goĂ»t et Ă une Ă©ducation nutritionnelle en expliquant la nĂ©cessite de la diversitĂ© alimentaire [âŠ] ([7]) ».
Cette proposition de loi consiste donc Ă faire revenir la cantine dans le giron de lâĂ©ducation publique, pour en garantir le caractĂšre universel et lâaccĂšs gratuit pour toutes et tous sans condition de moyen. Lâenjeu dâĂ©galitĂ© est ici saillant : Ă lâheure oĂč le gouvernement dĂ©fend les intĂ©rĂȘts des privilĂ©giĂ©s au dĂ©triment du plus grand nombre, nous estimons que la gratuitĂ© des cantines serait un immense progrĂšs social, humain et Ă©cologique. Et parce quâil est le symbole des choix Ă©conomiques faits par Emmanuel Macron, nous souhaitons gager le financement de cette mesure (Ă©valuĂ©e Ă prĂšs de 3,2 milliards dâeuros) sur le rĂ©tablissement de lâimpĂŽt sur la fortune, dont la suppression fait peser sur les finances publiques un manque Ă gagner annuel de 3,5 milliards dâeuros.
Ă lâheure actuelle, la restauration scolaire relĂšve, dans lâenseignement public, de la compĂ©tence des collectivitĂ©s territoriales : dans le primaire, des communes ; dans les collĂšges, du dĂ©partement ; dans les lycĂ©es, de la rĂ©gion. En outre, la cantine scolaire constitue un service public administratif facultatif car il ne sâagit pas dâune obligation liĂ©e au service public de lâenseignement. Par consĂ©quent, il appartient jusquâĂ prĂ©sent aux collectivitĂ©s territoriales de fixer les prix de la restauration scolaire fournie aux Ă©lĂšves des Ă©tablissements dont elles ont la charge. Le dispositif de la prĂ©sente proposition de loi entend dâune part Ă©tablir que le service de restauration scolaire est un service public national liĂ© au service de lâenseignement, et dâautre part sa gratuitĂ©. Ce dispositif ne constitue pas une remise en cause du principe constitutionnel de libre administration des collectivitĂ©s territoriales puisquâil ne soustrait pas la gestion de ce service Ă ces derniĂšres ([8]). Il propose une majoration de la dotation de lâĂtat aux collectivitĂ©s afin de rendre financiĂšrement possible cette mesure sociale de premiĂšre importance.
Le dĂ©veloppement dâune alimentation saine et durable dans les cantines est une exigence formulĂ©e par beaucoup de Français. En 2016 dĂ©jĂ , un sondage IFOP rĂ©vĂ©lait quâils Ă©taient 76 % Ă se dire « favorables au vote dâune loi imposant lâintroduction dâaliments issus de lâagriculture biologique, locaux et de saison dans la restauration collective publique » ([9]). La prĂ©sente proposition de loi entend donc rehausser nos ambitions afin de dĂ©fendre un modĂšle vertueux au regard des trois urgences Ă©cologique, sanitaire et sociale.
Aujourdâhui, 25 % des Ă©tablissements scolaires dĂ©lĂšguent la restauration Ă des sociĂ©tĂ©s de restauration collective aux mĂ©thodes industrielles. Cette tendance se fonde sur la dĂ©responsabilisation des acteurs ainsi que sur le prĂ©jugĂ© tenace qui voudrait quâune production industrielle implique forcĂ©ment une rĂ©duction des coĂ»ts. On voit ainsi se multiplier le recours aux prestataires privĂ©s via une dĂ©lĂ©gation de service public qui externalise les unitĂ©s de production. Ce phĂ©nomĂšne nâest pas sans consĂ©quence sur le contenu des assiettes. GĂ©nĂ©ralisation de la liaison froide et des assemblages de produits issus de lâindustrie agroâalimentaire, omniprĂ©sence dâemballages en plastique, importation massive de viandes, disparition de produits bruts au profit de produits ultraâtransformĂ©s, recours Ă toujours plus dâadditifs et de sucreâŠ
Si ces pratiques sont parfois directement liĂ©es aux spĂ©cificitĂ©s de la cuisine industrielle, le recours Ă certains produits Ă faible valeur nutritive ou la surreprĂ©sentation des protĂ©ines animales, par exemple, sont aussi liĂ©s Ă la force dâun lobby agroalimentaire prĂ©sent dans toutes les instances de nĂ©gociation. LâInspection gĂ©nĂ©rale des affaires sociales va jusquâĂ rĂ©diger, dans un rapport publiĂ© en 2016, quâ« au final prĂ©domine le sentiment que les pouvoirs publics, tĂ©tanisĂ©s par la rĂ©glementation communautaire, par le risque dâĂ©rosion des budgets publicitaires du secteur audiovisuel, par le poids Ă©conomique du secteur agroâalimentaire et de la grande distribution, et dans un contexte de dĂ©saccord stratĂ©gique persistant entre les ministĂšres, rĂ©pugnent Ă se doter dâune stratĂ©gie cohĂ©rente envers ce quâil faut bien appeler le lobby agroâalimentaire. » ([10])
Le point spécifique des protéines animales
La surreprĂ©sentation des filiĂšres viandes et produits laitiers, notamment au sein du Groupement dâĂ©tude des marchĂ©s en restauration collective et de nutrition (GEMRCN) a une influence directe sur la rĂ©daction des recommandations officielles : Greenpeace indique dans un rĂ©cent rapport que les recommandations officielles pour les viandes et les produits laitiers servis Ă lâĂ©cole peuvent fournir, pour le seul dĂ©jeuner, prĂšs de 400 % des apports recommandĂ©s par lâAgence nationale de sĂ©curitĂ© sanitaire de lâalimentation, de lâenvironnement et du travail (Anses) ([11]).
LâomniprĂ©sence des protĂ©ines animales dans les repas a des consĂ©quences sanitaires et Ă©cologiques considĂ©rables. Rappelons que les deuxâtiers des antibiotiques utilisĂ©s en Europe sont aujourdâhui destinĂ©s aux animaux dâĂ©levage. Toujours selon le rapport de Greenpeace, 67 % de la viande bovine servie en restauration collective est importĂ©e dâun pays Ă©tranger, et lâAgence de lâenvironnement et de la maĂźtrise de lâĂ©nergie (ADEME) nous prĂ©cise que lâĂ©quivalent dâune bouchĂ©e de viande laissĂ©e dans lâassiette reprĂ©sente 300 litres dâeau gaspillĂ©e, et gĂ©nĂšre lâĂ©mission de 2,5 kg de CO2. Plus gĂ©nĂ©ralement, la part des viandes, poissons et Ćufs compte pour 20 % du gaspillage alimentaire des repas, et pour prĂšs de la moitiĂ© du coĂ»t de ce gaspillage.
Les pratiques citĂ©es plus haut ont un impact Ă©vident sur la santĂ© des plus jeunes consommateurs. DâaprĂšs lâĂ©tude individuelle nationale des consommations alimentaires (INCA) 3, les enfants jusquâĂ 10 ans consomment en moyenne 55 grammes de protĂ©ines par jour, ce qui reprĂ©sente entre 200 et 400 % des apports nutritionnels conseillĂ©s par lâAnses ([12]). Ces pratiques alimentaires, quand elles se perpĂ©tuent avec lâĂąge, peuvent avoir dâimportantes consĂ©quences sanitaires : le taux dâobĂ©sitĂ© des Français est aujourdâhui de prĂšs de 15 % (contre 8,5 % en 1997) ([13]). Les consĂ©quences de cette industrialisation de la restauration sont donc massives.
De plus en plus de collectifs se constituent pour lutter contre cette tendance qui Ă©loigne les cantines des Ă©coles et pour dĂ©fendre un mode de production raisonnĂ©, local et respectueux des saisons. Les exemples dans ce sens se multiplient, qui battent en brĂšche lâidĂ©e selon laquelle la transition serait trop coĂ»teuse. On pourra ainsi citer la commune de Mouans Sartoux, dans les AlpesâMaritimes, qui a atteint le seuil de 100 % de produits biologiques dans ses cantines (et ceci Ă coĂ»ts constant, grĂące Ă un fonctionnement en rĂ©gie agricole et Ă une politique volontariste contre le gaspillage alimentaire). Le Conseil gĂ©nĂ©ral de lâalimentation, de lâagriculture et des espaces ruraux, mandatĂ© par la loi Egalim pour rĂ©aliser une Ă©tude sur les impacts budgĂ©taires, a Ă©galement confirmĂ© quâun changement des pratiques (vĂ©gĂ©talisation, saisonnisation, recyclage) permettait de rĂ©aliser des Ă©conomies dans 87 % des cas.
Il y a un intĂ©rĂȘt pĂ©dagogique Ă utiliser le vecteur de la restauration scolaire pour dĂ©velopper un triangle vertueux de lâalimentation. Les cantines nourrissent prĂšs de 7 millions de demiâpensionnaires que lâon peut sensibiliser quotidiennement Ă la qualitĂ© de leur alimentation ainsi quâĂ lâimportance de certains gestes environnementaux (lutte contre le gaspillage, consommation de produits de saison, valorisation des dĂ©chets,...). Et si le recours Ă des produits locaux et aux circuits courts ne signifie pas toujours une diminution trĂšs significative des Ă©missions de gaz Ă effet de serre ([14]), les exploitations concernĂ©es sont plus souvent susceptibles de pratiquer lâagriculture biologique (10 % des exploitations contre 2 % en circuit long), et sâinscrivent davantage dans des pratiques agroĂ©cologiques rĂ©duisant leurs impacts sur lâenvironnement. La consommation de produits locaux implique Ă©galement un contact direct entre producteur et consommateur, dont on peut imaginer lâintĂ©rĂȘt dans un cadre scolaire (via la tenue dâateliers par exemple). Cette proximitĂ© permettrait de tisser un lien organique entre le contenu de lâassiette et la production agricole, en invitant les jeunes consommateurs Ă dĂ©velopper une prise de conscience prĂ©coce des impacts environnementaux de leur alimentation, une meilleure comprĂ©hension des cycles de production, et partant un plus grand respect des aliments et de lâenvironnement.
Le recours aux circuits courts et Ă des produits issus de lâagriculture biologique a Ă©galement la vertu de favoriser lâactivitĂ© agricole des territoires en amĂ©liorant les conditions des revenus des producteurs. Car en pĂ©rennisant une demande forte, cette proposition de loi incite les agriculteurs Ă effectuer une transition vers la production biologique, plus respectueuse des sols, tout en leur garantissant une source de revenus rĂ©guliĂšre et transparente.
Lâeffort de transition appelĂ© de leurs vĆux par les agriculteurs, par les collectivitĂ©s et par les consommateurs doit ainsi faire lâobjet dâun soutien actif. Afin de permettre au mieux la relocalisation des cuisines dans les Ă©coles, et lâĂ©mergence de nouvelles cuisines centrales dites « vertueuses », il est nĂ©cessaire que lâĂtat agisse en force incontournable de planification, tant sur le plan de la formation, de lâambition des objectifs fixĂ©s par loi en matiĂšre de qualitĂ© et dâorigine des produits, que du soutien financier. Tel est le sens des articles 3, 4 et 5 de cette proposition de loi.
Le dispositif de la présente proposition de loi comporte sept articles.
Lâarticle 1er vise Ă faire du service de restauration scolaire un service public gratuit.
Lâarticle 2 entend instaurer la gratuitĂ© de la restauration scolaire.
Lâarticle 3 vise Ă faire de lâĂtat un levier de formation pour opĂ©rer la bifurcation Ă©cologique de la restauration collective.
Lâarticle 4 intĂšgre Ă la loi pour lâĂ©quilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible Ă tous (dite Egalim) lâexigence du recours aux projets alimentaires territoriaux (PAT) et Ă des produits issus de circuits courts. Il Ă©lĂšve Ă©galement les seuils de produits de qualitĂ© et issus de lâagriculture biologique.
Lâarticle 5 vise Ă crĂ©er une prime sociale Ă lâinvestissement pour la bifurcation Ă©cologique Ă destination de la restauration collective en gestion directe. Cette prime temporaire (sur trois ans) entend soutenir les restaurants collectifs en gestion directe implantĂ©s dans les territoires les plus fragiles, afin de participer au financement de lâinvestissement matĂ©riel et immatĂ©riel. La prime est destinĂ©e aux communes Ă©ligibles Ă la fraction cible de la dotation de soliditĂ© rurale (DSR) et Ă la dotation de solidaritĂ© urbaine (DSU).
Lâarticle 6 gage le coĂ»t des articles 1 et 2 sur le rĂ©tablissement de lâISF.
Lâarticle 7 gage le coĂ»t des articles 3 et 4 sur les profits rĂ©alisĂ©s par les entreprises qui font commerce de produits phytopharmaceutiques. Cette nouvelle taxe sur le chiffre dâaffaires rĂ©alisĂ© au niveau mondial par les firmes commercialisant des produits phytopharmaceutiques, rapportĂ© Ă la part des ventes de ces produits rĂ©alisĂ©es en France. Elle devrait permettre de collecter un montant de prĂšs de 50 millions dâeuros par an.
Notes([1])  Rapport à consulter : http://www.assemblee-nationale.fr/dyn/15/dossiers/alimentation_industrielle_ce.
([2])  à retrouver sur le site de lâAssemblĂ©e nationale : http://www.assemblee-nationale.fr/15/propositions/pion1561.asp.
([3])  Coefficient utilisé pour mesurer l'inégalité des revenus dans un pays.
([4]) Â https://www.unicef.fr/dossier/enfants-pauvres.
([5])  Rapport du défenseur des droits : « Un droit à la cantine scolaire pour tous les enfants », 2019.
([6]) Â https://www.banquedesterritoires.fr/les-inegalites-sociales-de-sante-toujours-aussi-fortes-chez-les-enfants.
([7])  Circulaire n° 2001-118 du 25 juin  2001 (NOR : MENE0101186).
([8]) PrĂ©vu Ă lâarticle 72, alinĂ©a 3 de la Constitution : « Dans les conditions prĂ©vues par la loi, [les] collectivitĂ©s sâadministrent librement par des conseils Ă©lus et disposent dâun pouvoir rĂ©glementaire pour lâexercice de leurs compĂ©tences ».
([9]) Â https://www.ifop.com/publication/lintroduction-daliments-biologiques-locaux-et-de-saison-dans-la-restauration-collective-publique/ .
([10])  Ăvaluation du programme national nutrition santĂ© et 2016 (PNNS 3) et du plan obĂ©sitĂ©, Rapport de lâInspection gĂ©nĂ©rale des affaires sociales.
([11]) Â https://cdn.greenpeace.fr/site/uploads/2017/12/rapport_greenpeace_viande_et_produits_laitiers_a_la_cantine-1.pdf .
([12])  ANSES, 2017. INCA 3 : Ăvolution des habitudes et modes de consommation, de nouveaux enjeux en matiĂšre de sĂ©curitĂ© sanitaire et de nutrition http://bit.ly/2td1Ksq .
([13]) Â http://www.obesite-sante.com/comprendre_l_obesite/obesite_et_surpoids/chiffres_de_l_obesite1.shtml.
([14])Â https://www.ademe.fr/sites/default/files/assets/documents/avis-ademe_circuits-courts_201706.pdf .
Lâarticle L. 131â13 du code de lâĂ©ducation est ainsi modifié :
1° Au début, est ajoutée une phrase ainsi rédigée :
« Le service de restauration scolaire est un service public gratuit. »
2° à la premiĂšre phrase, les mots : « Lâinscription Ă la cantine des Ă©coles primaires » sont remplacĂ©s par les mots : « LâaccĂšs Ă la restauration collective des Ă©tablissements »
Lâarticle L. 533â1 du code de lâĂ©ducation est complĂ©tĂ© un alinĂ©a ainsi rĂ©digé :
« Les tarifs de la restauration scolaire fournie aux Ă©lĂšves des Ă©coles maternelles, des Ă©coles Ă©lĂ©mentaires, des collĂšges et des lycĂ©es de lâenseignement public tiennent compte du caractĂšre indispensable de ces repas en prĂ©voyant la gratuitĂ© pour tous les usagers des restaurants scolaires. »
AprĂšs le 5° de lâarticle L. 211â1 du code de lâĂ©ducation, il est insĂ©rĂ© un 6° ainsi rĂ©digé :
« 6° La mise en place de dispositifs de formation initiale et continue destinés à former les acteurs de la restauration collective suivants : les cuisiniers, les gestionnaires, les acheteurs publics et les nutritionnistes.
« Les formations de bifurcation Ă©cologique et solidaire dans la restauration collective, mentionnĂ©es au prĂ©sent 6°, intĂšgrent un volet Ă©cologique qui sensibilise notamment les acteurs Ă la lutte contre le gaspillage alimentaire, Ă la limitation de contenant en plastique, Ă lâachat de produits issus de systĂšmes agricoles respectueux des sols et Ă lâobligation dâintĂ©grer dans les repas des produits correspondants aux critĂšres dĂ©finis par la loi n° 2018â938 du 30 octobre 2018 pour lâĂ©quilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible Ă tous. »
Lâarticle L. 230â5â1 du code rural et de la pĂȘche maritime est ainsi modifié :
1° Au premier alinéa, le taux : « 50 % » est remplacé par le taux : « 70% » et le taux : « 20 % » est remplacé par le taux : « 80 % ».
2° Le 1° est complĂ©tĂ© par les mots : « , Ă©ventuellement issus de projets alimentaires territoriaux, en favorisant notamment lâapprovisionnement en circuits courts et en respectant la saisonnalitĂ© des produits ».
AprĂšs lâarticle L. 2335â16 du code gĂ©nĂ©ral des collectivitĂ©s territoriales, il est insĂ©rĂ© une section 7 ainsi rĂ©digĂ©e :
« Section 7
« Dotation relative au soutien à une restauration scolaire saine et durable
« Art. L. 2335â17. â Il est instituĂ© une prime sociale Ă lâinvestissement en faveur des communes Ă©ligibles Ă la fraction cible de la dotation de soliditĂ© rurale et Ă la dotation de solidaritĂ© urbaine, ainsi quâaux Ă©tablissements publics de coopĂ©ration intercommunale lorsque deux tiers au moins de leur population habitent dans une commune Ă©ligible Ă ces dotations.
« à compter du 1er janvier 2021, cette dotation forfaitaire annuelle de 15 millions dâeuros est Ă©tablie et partagĂ©e proportionnellement aux investissements rĂ©alisĂ©s par les communes concernĂ©es en direction dâune restauration collective respectueuse des engagements dĂ©taillĂ©s dans la loi n° 2018â938 du 30 octobre 2018 rĂ©sultant des pour lâĂ©quilibre des relations commerciales dans le secteur agricole et alimentaire et une alimentation saine, durable et accessible Ă tous. »
I. â La charge rĂ©sultant des articles 1er et 2 de la prĂ©sente loi pour lâĂtat est compensĂ©e Ă due concurrence par le rĂ©tablissement des articles du code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts modifiĂ©s par lâarticle 31 de la loi n° 2017â1837 du 30 dĂ©cembre 2017 de finances pour 2018 dans leur rĂ©daction antĂ©rieure Ă la publication de la mĂȘme loi.
II. â La charge rĂ©sultant des articles 1er et 2 de la prĂ©sente loi pour les collectivitĂ©s territoriales est compensĂ©e Ă due concurrence par la majoration de la dotation globale de fonctionnement et, collectivement pour lâĂtat, par le rĂ©tablissement des articles du code gĂ©nĂ©ral des impĂŽts modifiĂ©s par lâarticle 31 de la loi n° 2017â1837 du 30 dĂ©cembre 2017 de finances pour 2018 dans leur rĂ©daction antĂ©rieure Ă la publication de la mĂȘme loi.
I. â La charge rĂ©sultant des articles 3, 4 et 5° de la prĂ©sente loi pour lâĂtat est compensĂ©e Ă due concurrence par la crĂ©ation de la taxe mentionnĂ©e Ă lâarticle L. 253â8â3 du code rural et de la pĂȘche maritime dans sa rĂ©daction rĂ©sultant de la prĂ©sente loi.
II. â La charge rĂ©sultant des articles 3 et 4 de la prĂ©sente loi pour les collectivitĂ©s territoriales est compensĂ©e Ă due concurrence par la majoration de la dotation globale de fonctionnement et, corrĂ©lativement pour lâĂtat, par la crĂ©ation de la taxe mentionnĂ©e Ă lâarticle L. 253â8â3 du code rural et de la pĂȘche maritime, dans sa rĂ©daction rĂ©sultant de la prĂ©sente loi.
III. â La section 6 du chapitre III du titre V du livre II du code rural et de la pĂȘche maritime est complĂ©tĂ©e par un article L. 253â8â3 ainsi rĂ©digé :
« Art. L. 253â8â3. â I. â Il est perçu, au bĂ©nĂ©fice de lâĂtat, une taxe sur le chiffre dâaffaires des entreprises bĂ©nĂ©ficiant dâune autorisation de mise sur le marchĂ© ou dâun permis de commerce parallĂšle de produits phytopharmaceutiques, en application du rĂšglement (CE) n° 1107/2009 du Parlement europĂ©en et du Conseil, du 21 octobre 2009, concernant la mise sur le marchĂ© des produits phytopharmaceutiques et abrogeant les directives 79/117/CEE et 91/414/CEE du Conseil, et de lâarticle L. 253â1.
« II. â Cette taxe est due chaque annĂ©e par le titulaire de lâautorisation ou du permis de commerce parallĂšle valides au 1er janvier de lâannĂ©e dâimposition ayant rĂ©alisĂ© un chiffre dâaffaires supĂ©rieur Ă 100 millions dâeuros au niveau mondial et Ă 25 millions dâeuros en France.
« III. â Elle est assise sur la part du chiffre dâaffaires global de lâentreprise, multipliĂ© par le produit des ventes rĂ©alisĂ© en France et divisĂ© par le produit des ventes rĂ©alisĂ© au niveau global.
« IV. â Le taux de la taxe, plafonnĂ© Ă 3 % du chiffre dâaffaires mentionnĂ© au III, est fixĂ© par arrĂȘtĂ© conjoint des ministres chargĂ©s de lâagriculture et du budget. Le cas Ă©chĂ©ant, le montant de la taxe est arrondi Ă lâeuro infĂ©rieur. Le seuil minimal de recouvrement est de 100 âŹ.
« V. â Une dĂ©claration conforme au modĂšle Ă©tabli par lâadministration retrace les informations relatives aux ventes et aux chiffres dâaffaires rĂ©alisĂ©s au cours de lâannĂ©e civile prĂ©cĂ©dente par les personnes assujetties. La taxe est acquittĂ©e lors du dĂ©pĂŽt de la dĂ©claration, et au plus tard le 31 mai de chaque annĂ©e. »