Elle dit surtout de ne pas augmenter le taux, compte tenu des effets économiques – cela conduirait à taxer avant tout des entreprises françaises et les épargnants. La Cour des comptes ne recommande pas du tout d’augmenter la TTF !
Monsieur Ben Cheikh, en affirmant que selon la Cour des comptes, le taux de 0,4 % est optimal, vous forcez un peu le trait – vous le savez, c’est pourquoi je le dis en souriant.
Cette série d’amendements décline trois mesures, avec des variantes selon les amendements : une hausse du taux de la TTF, qui passerait de 0,4 % à 0,5 % ou 0,6 % ; pour certains, un élargissement de l’assiette de la taxe aux opérations intrajournalières et à certains produits dérivés ; pour certains, le transfert du recouvrement de la TTF d’Euroclear vers la DGFIP. La commission a donné un avis favorable à l’amendement no 2533 de Mme Maximi. Elle a émis un avis défavorable sur les autres amendements – ou n’a pas eu le temps de les étudier car ils étaient tombés à la suite de l’adoption du no 2533. À titre personnel, je donnerai un avis défavorable à tous les amendements, pour les raisons suivantes. Tout d’abord, la hausse de la TTF, dont le taux a déjà augmenté l’année dernière, produit une baisse relative du volume d’opérations et dégrade la qualité du marché. Ensuite, les taux de TTF sont plus faibles dans les pays voisins – 0,2 % pour l’Espagne, par exemple. Enfin, la Cour des comptes estime à 0,37 % le taux optimal permettant de décourager certaines transactions financières jugées néfastes sans nuire aux marchés. Sur l’élargissement de l’assiette aux opérations, la Cour des comptes souligne qu’il n’y a pas de transfert de propriété pour ces opérations. Il faudrait donc complètement redéfinir la TTF. Selon la Cour, les taxer provoquerait probablement une migration de l’activité vers d’autres places européennes. Enfin, s’agissant du transfert du recouvrement à la DGFIP, la collecte de la TTF par Euroclear est peu coûteuse pour l’État, et, selon la Cour des comptes, en l’état, nous serions incapables de remplacer Euroclear.
La commission a émis un avis défavorable sur cet amendement, qui y a fait l’objet d’une discussion passionnée. Avec une telle disposition, ne craignez-vous pas de conduire les étrangers extracommunautaires présents en France à moins travailler, puisque leur travail coûtera par définition plus cher aux entreprises ? Or nous savons tous que l’intégration par le travail est probablement l’un des modes d’intégration les plus vertueux. C’est pourquoi je suis défavorable à cet amendement.
J’apparais comme signataire de l’amendement, mais seulement en tant que rapporteur général, parce qu’il a été accepté lors de la réunion tenue en application de l’article 91 du règlement. J’y suis toutefois défavorable. En effet, il vise à instituer une taxe égale à 0,5 % du chiffre d’affaires pour les entreprises dont les dépenses annuelles de publicité dépassent 1 million d’euros qui n’affecteraient pas une part minimum de ces dépenses aux éditeurs de presse. Forcer les entreprises à cibler une part de leurs dépenses publicitaires me semble contestable. Avis défavorable à l’amendement ainsi qu’au sous-amendement.
Cet amendement n’a pas été examiné par la commission. À titre personnel, j’émettrai un avis défavorable, pour les raisons que je vais exposer. Vous proposez, sur dix ans, une baisse du tarif d’accompagnement et une hausse du tarif de stockage destinés à financer Cigéo. Le tarif d’accompagnement est versé aux départements de la Meuse et de la Haute-Marne, via deux groupements d’intérêt public (GIP). Le tarif de stockage, quant à lui, doit être versé directement aux communes et aux établissements publics de coopération intercommunale (EPCI) lorsque Cigéo entrera en service. Je comprends la logique de votre amendement, mais je me pose plusieurs questions. Premièrement, les affectataires du produit de ces deux tarifs ne sont pas les mêmes : il s’agit, pour le tarif de recherche, de deux GIP et, pour le tarif de stockage, des collectivités. Deuxièmement, les destinations des fonds ne sont pas non plus les mêmes. Pour tout vous dire, j’aurais aimé connaître l’avis des collectivités à ce sujet, parce qu’elles sont les premières concernées. Troisièmement, ces règles ont été fixées dans la loi de finances pour 2025 et je crois important, sur un tel sujet, de maintenir une stabilité fiscale et de ne pas changer les règles au bout de deux ans.
La commission n’a pas examiné cet amendement. Je comprends qu’il s’agit de lisser la charge fiscale de l’Agence nationale pour la gestion des déchets radioactifs liée aux subventions qu’elle reçoit pour la construction de Cigéo, le centre industriel de stockage géologique en profondeur, à Bure. Vous proposez que les subventions versées à l’Andra pour la construction de Cigéo ne soient pas imposées lors de leur versement mais après l’entrée en service de l’installation. L’objectif est de réduire l’imposition en l’imputant sur l’amortissement du projet. Votre proposition paraît intéressante et de bon sens, mais je répète que nous n’en avons pas débattu en commission. Je me tourne donc vers M. le ministre, pour qu’il nous dise si ce report d’imposition est nécessaire pour assurer l’équilibre économique du projet. Si la réponse est oui, alors j’émettrai évidemment un avis favorable.
Avis défavorable. Je m’interroge sur les conséquences de cet amendement pour les collectivités elles-mêmes, puisqu’il revient à les priver d’une partie de leurs compétences fiscales.
La commission a adopté le premier amendement. À titre personnel, j’y suis défavorable : son application requiert l’autorisation de la Commission européenne au titre des aides d’État.
Aux termes de l’article 78 de la directive européenne sur la TVA, « sont à comprendre dans la base d’imposition […] les impôts, droits, prélèvements et taxes, à l’exception de la TVA elle-même […]. » Je pense donc que votre proposition est contraire au droit européen. Par ailleurs, son coût est estimé à 5 milliards d’euros, ce qui soulève la question de son financement et de la compensation de cette perte de recettes. Pour ces raisons, mon avis est malheureusement défavorable.