Ce qui est attentatoire à la liberté, c’est d’être victime d’un terroriste ! Vous respectez les terroristes ? (Vives exclamations sur les bancs des groupes LFI-NFP et EcoS.)
Nous nous sommes engagés avec détermination parce que nous voulons accompagner la France qui travaille, qui se lève tôt, qui ne supporte plus une administration devenue inintelligible, parfois tatillonne, trop souvent éloignée des réalités. Nous refusons la suradministration qui complique sans améliorer, nous refusons les doublons qui diluent les responsabilités, nous refusons les démarches inutiles qui freinent l’initiative et découragent l’effort. La simplification suppose des choix clairs, assumés ; elle passe nécessairement par la remise en cause de certaines structures. Une vingtaine de comités, dont le rapporteur Naegelen a rappelé que certains ne s’étaient pas réunis depuis plus de vingt ans, ont ainsi été supprimés afin de mettre fin à des redondances. Il faut le redire avec précision, supprimer un comité consacré à telle ou telle thématique ne revient pas à supprimer la politique publique correspondante, mais bien à en améliorer la concrétisation. Nous avons également obtenu que les Ceser deviennent facultatifs, autrement dit que les présidents de conseil régional qui souhaitent les conserver, donc maintenir les coûts inhérents à leur existence, fassent ce choix devant les électeurs qui leur ont fait confiance. Chacun constate que notre organisation administrative s’est progressivement complexifiée au point de devenir difficilement lisible ; la décision publique s’est fragmentée, les procédures se sont multipliées, et au bout du compte nos concitoyens en supportent le coût sans en percevoir l’efficacité. À cet égard, le texte comporte des avancées importantes, avec plus d’une centaine de mesures de simplification attendues, je le répète, par les acteurs économiques, singulièrement les TPE et PME. Nous avons également obtenu le renforcement du dispositif « silence vaut acceptation », avancée concrète en vue de réduire une bureaucratie qui freine la compétitivité. Dans le même temps, les seuils de la commande publique ont été rehaussés. S’agissant du ZAN, nous avons, là encore, obtenu d’importantes avancées, même si nous aurions souhaité aller plus loin, notamment en donnant davantage de liberté aux collectivités. Le projet de loi prévoit désormais un assouplissement ciblé permettant d’exclure du calcul de l’artificialisation certains projets d’intérêt national, identifiés par arrêté du ministre de l’industrie, ce qui était indispensable afin que l’on cesse de bloquer des implantations stratégiques. Le texte autorise également que les documents d’urbanisme prévoient des dérogations aux objectifs fixés, dans des proportions encadrées pouvant aller jusqu’à 20 %, voire davantage avec l’accord du préfet. Ces évolutions sont positives : il convient de ne pas freiner l’implantation d’industries dans les territoires, notamment ruraux, et de préserver notre souveraineté économique. Enfin, en commission spéciale a été adopté à une très large majorité mon amendement visant à supprimer les ZFE, mesure inefficace qui crée une ségrégation sociale inacceptable. Le gouvernement a déposé un amendement tendant à laisser aux collectivités le choix de maintenir ou non ces zones, ce qui constituerait, par rapport à la situation actuelle, une avancée dont je remercie M. le ministre Lefèvre, mais ne répondrait pas pleinement aux difficultés rencontrées ; c’est pourquoi, comme vous le savez, monsieur le ministre, nous ne soutiendrons pas cet amendement. En somme, considérant l’ensemble des avancées obtenues, nous ne pouvons renoncer aux mesures de simplification qu’apportera ce texte à la vie économique de notre pays, qui en a profondément besoin. Nous le voterons en conscience, parce qu’il améliore la situation de manière concrète, assume lucidement ses limites, constitue une étape utile ; nous le voterons en affirmant clairement que le travail devra se poursuivre pour aller plus loin avec méthode et détermination. Le combat pour la simplification continue, tout comme celui pour la liberté d’entreprendre et pour la reconnaissance de la France qui travaille, innove, produit. La France est un grand pays qui dispose d’atouts considérables, d’une capacité d’innovation reconnue, notamment dans le domaine énergétique, qui lui a permis de construire une véritable indépendance, d’un tissu industriel qui a fait sa puissance. Disons-le avec clarté, si nous avions connu il y a plusieurs décennies le niveau de contrainte administrative et normative qui s’impose aujourd’hui, nombre de nos grandes réussites n’auraient pas vu le jour. Dans un environnement aussi complexe, sans doute le programme nucléaire qui garantit aujourd’hui notre souveraineté énergétique n’aurait-il pas émergé, pas davantage que certaines filières industrielles stratégiques, notamment dans le domaine de la défense. Ce constat doit nous conduire à agir avec lucidité car l’accumulation des normes, la lenteur des procédures, le poids des prélèvements fragilisent notre compétitivité et freinent notre développement. Les Français nous regardent ; ils attendent de nous des décisions utiles, concrètes, compréhensibles. À nous d’adresser un signal clair de confiance à celles et ceux qui travaillent, entreprennent et font vivre notre pays. Nous voterons donc, je le répète, pour ce texte. Je profite des quinze secondes de parole qui me restent pour remercier les excellents rapporteurs MM. Naegelen et Travert, ainsi que les administrateurs de l’Assemblée – depuis deux ans que nous travaillons sur ce projet de loi, j’ai pu apprécier l’extrême compétence dont ils font preuve. (Applaudissements sur les bancs du groupe DR. – M. Christophe Naegelen, rapporteur, applaudit également.) Merci également à tous les collègues qui se sont engagés dans des conditions particulières, notamment à mon ami Guillaume Lepers, qui nous quitte cette semaine et aura joué un rôle moteur au sein de la commission spéciale – merci à lui ! (Applaudissements sur les bancs du groupe DR ainsi que sur les bancs des commissions.)
Plus de deux ans se sont écoulés depuis le dépôt de ce projet de loi par le gouvernement de l’époque – Bruno Le Maire était alors ministre de l’économie et des finances : une éternité ! Ce temps long a nourri une attente forte, légitime, en particulier chez les acteurs économiques qui espèrent des mesures concrètes et rapidement applicables. Pour y répondre, les députés du groupe de la Droite républicaine ont pris toute leur part au débat et assument pleinement ce qui a été accompli. Nous avons travaillé avec sérieux : le texte initial ne constituant pas une réponse suffisante, il nous revenait de l’améliorer avec exigence et pragmatisme. Notre ligne, constante, tient à une idée simple : alléger ce qui entrave inutilement, sans affaiblir l’action publique.
👍0
👎0
💬Répondre
🔗Partager
💬 • Ian Boucard, Président de la commission mixte paritaire • 2026 Apr 14 18:05:44
Dommage !
👍1
👎0
💬Répondre
🔗Partager
💬 • Ian Boucard, Président de la commission mixte paritaire • 2026 Apr 14 18:04:24
Exactement la même phrase que le RN, c’est marrant ! Et ce n’est pas un macroniste qui le dit…
👍3
👎0
💬Répondre
🔗Partager
💬 • Ian Boucard, Président de la commission mixte paritaire • 2026 Apr 14 17:48:11
C’est au Sénat que ça a été voté !
👍0
👎2
💬Répondre
🔗Partager
💬 • Ian Boucard, Président de la commission mixte paritaire • 2026 Apr 14 17:24:53
…qui vous permet de ne pas faire ce que vous avez fait pendant vingt ans et, singulièrement, à chaque fois que vous avez été au pouvoir, à savoir complexifier la vie des entreprises, produire de la norme et de la règle et encore de la norme et de la règle. En conséquence, j’appelle l’ensemble des collègues à voter contre cette motion de rejet préalable du projet de loi de simplification de la vie économique. MM. les ministres et MM. les rapporteurs l’ont rappelé, notre assemblée travaille depuis deux ans maintenant sur ce texte. Allons jusqu’à la discussion générale, débattons de l’amendement du gouvernement – qui sera adopté ou rejeté – et avançons jusqu’au vote final. Monsieur Leseul, si vous êtes opposé à ce texte, votez contre ! Ne proposez pas une motion de rejet préalable une heure et demie avant que nous ayons l’occasion de l’adopter définitivement ou de le rejeter !
👍0
👎0
💬Répondre
🔗Partager
💬 • Ian Boucard, Président de la commission mixte paritaire • 2026 Apr 14 17:24:21
Monsieur Leseul, vous n’étiez d’accord avec aucune des dispositions du texte initial ! Tous les amendements issus des bancs de la gauche sont allés dans le sens inverse de celui décrit par M. le ministre Papin, c’est-à-dire qu’ils visaient à complexifier et densifier davantage certaines procédures. Les collègues écologistes ont voulu rajouter des normes sur les normes, en contradiction avec la philosophie même du projet de loi. (Mme Lisa Belluco s’exclame.) En réalité, maintenant, vous avez l’alibi des ZFE et du ZAN pour ne pas parler de tout le reste et pour expliquer votre vote contre ce texte ! Tant mieux ! Je suis heureux de vous avoir donné cet alibi…
👍0
👎0
💬Répondre
🔗Partager
💬 • Ian Boucard, Président de la commission mixte paritaire • 2026 Apr 14 17:24:00
On nous explique que les députés socialistes, initialement d’accord pour simplifier la vie économique de nos entreprises, se seraient engagés sur ce texte ! Mais toutes celles et ceux qui ont suivi nos débats depuis deux ans savent que la gauche n’a jamais cherché à travailler avec nous en ce sens.
👍0
👎0
💬Répondre
🔗Partager
💬 • Ian Boucard, Président de la commission mixte paritaire • 2026 Apr 14 17:23:53
À notre collègue Gérard Leseul, qui m’a mis en cause, je répondrai qu’il devrait me remercier de lui donner un alibi pour voter contre ce texte, ce qu’il avait toujours prévu de faire.
👍1
👎1
💬Répondre
🔗Partager
💬 • Ian Boucard, Président de la commission mixte paritaire • 2026 Apr 14 17:19:53
Si je suis ultralibéral, la France est communiste !