💬 • Jean-Noël Barrot, Ministre de l’europe et des affaires étrangères • 2026 May 06 14:54:39
Vous avez rappelé le contexte et salué la mémoire des militaires français qui ont versé leur sang au Mali et qui sont morts pour la France lorsque nos partenaires au sein des pays du Sahel avaient fait appel à nous. Vous l’avez dit, la propagation des groupes terroristes a conduit, le 25 avril, à des attaques qui ont amené les forces armées maliennes et leurs soutiens russes à reculer de manière significative. Dans ce contexte, notre priorité est en effet allée à la sécurité de nos ressortissants, un peu plus de 4 000 sur place, auxquels nous avons adressé des recommandations. Chaque fois que cela est possible, nous leur conseillons le quitter le pays. Nous suivons les événements de près et nous sommes évidemment préoccupés par la situation du peuple malien, qui, vous l’avez dit, est un peuple ami. Il existe des liens très étroits entre nos deux peuples et la diaspora malienne est très importante en France. Ces dernières années, elle a sans doute suivi avec préoccupation l’évolution de la situation dans le pays. Elle regarde la crise actuelle avec inquiétude. Comme le président de la République aura l’occasion de le rappeler lundi et mardi prochains lors du sommet Africa forward, qu’il coprésidera avec le président du Kenya, la relation avec nos partenaires africains a profondément évolué depuis neuf ans. Elle se fonde sur une approche respectueuse de nos intérêts mutuels et de la souveraineté de chacun. Elle vise la mise en commun de nos richesses respectives dans un esprit de respect. S’agissant plus particulièrement du Sahel, nous travaillons avec nos partenaires pour faire échec à la propagation de la menace terroriste. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem.)
…pour obtenir des résultats. Cette méthode fonctionne. Après le déplacement du ministre de l’intérieur, la France et l’Algérie coopèrent de nouveau sur le plan migratoire et sécuritaire, alors que le blocage était total depuis un an. Nous observons de premiers résultats, qui doivent être consolidés. Bien sûr, la situation n’est pas encore satisfaisante, il faut aller beaucoup plus loin et nous restons mobilisés pour obtenir la libération définitive de notre compatriote Christophe Gleizes. En revanche, faire croire aux Françaises et aux Français que l’on peut obtenir des résultats en rompant définitivement le dialogue avec les pays qui nous entourent et en lançant des invectives, c’est soit de l’aveuglement soit de la démagogie.
Cette mission, s’agissant de l’Algérie, passe nécessairement – aussi bien pour les questions sécuritaires, migratoires et économiques – par un dialogue très exigeant…
Si nous avions suivi vos prescriptions, le président de la République aurait rencontré hier en Ariège des médecins qui lui auraient expliqué qu’ils ne sont pas en mesure d’exercer leur mission de service public et qu’il n’est pas possible d’étendre l’accès à la santé dans ces territoires qui manquent de médecins. C’est un fait – vous-même êtes élue d’un territoire rural. Si la solution que vous proposez était la bonne pour défendre les intérêts de la France et des Français, ça se saurait. En vérité, le gouvernement, sous l’autorité du premier ministre, a une seule boussole : défendre les intérêts de la France et des Français.
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💬 • Jean-Noël Barrot, Ministre de l’europe et des affaires étrangères • 2026 Apr 28 16:10:05
À de nombreuses reprises, vous avez appelé à rompre définitivement tout dialogue avec l’Algérie et à bloquer l’immigration algérienne.
Si la situation n’évolue pas, elle garde cette carte en main. En tout état de cause, le gouvernement israélien doit changer sa politique, respecter le droit international et abandonner ses guerres sans fin. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe Dem.)
Face à cela, à plusieurs reprises, nous avons pris des sanctions, au niveau national comme au niveau européen. Un troisième paquet de sanctions contre les colons extrémistes et violents est sur la table, mais il a été bloqué jusqu’à dimanche dernier par un vote, celui de la Hongrie.
C’est le cas en Cisjordanie, où le gouvernement israélien maintient un blocus financier inacceptable, alors que s’accélère la colonisation illégale et qu’explosent les violences des colons extrémistes, en toute impunité.
C’est le cas à Gaza, où l’aide humanitaire entre très insuffisamment, et ne parvient pas à la population gazaouie et palestinienne qui en a tant besoin.
…et la politique qu’il mène, chaque fois qu’elle contrevient au droit international et qu’elle hypothèque, ce faisant, la sécurité du peuple israélien. Cela a été le cas – vous l’avez rappelé – le 8 avril, lorsque le Liban a été ensanglanté par des frappes massives qui, à Beyrouth et dans d’autres villes du pays, en moins de dix minutes, ont fait plus de 300 morts, qui s’ajoutent aux 1 500 morts depuis le début de la guerre d’Israël et des États-Unis contre l’Iran, ainsi que des destructions d’infrastructures, de villages et le risque d’une occupation prolongée du pays.
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💬 • Jean-Noël Barrot, Ministre de l’europe et des affaires étrangères • 2026 Apr 14 15:38:29
La France reconnaît en Israël un peuple ami, un pays à la sécurité duquel nous sommes attachés depuis longtemps, un peuple qui a été frappé dans sa chair par l’attentat terroriste du 7 octobre. Mais la France condamne avec fermeté le gouvernement israélien…
Je le rappelais en réponse à une question précédente : lorsque nous avons pris des sanctions, par exemple à l’encontre de colons extrémistes et violents, ou lorsque nous avons brandi la menace d’une remise en cause de l’accord d’association avec Israël, nous l’avons fait à l’échelle européenne, car ces mesures ont évidemment beaucoup plus de poids à ce niveau, comme c’est le cas, d’ailleurs, sur de nombreux autres sujets. Comme je l’ai également indiqué, si nous voulons que le droit international soit respecté dans de telles circonstances, il faut réformer de toute urgence les institutions qui en sont les gardiennes. À défaut, nous pourrons toujours multiplier les mesures à l’échelle nationale, mais vous serez déçue par les résultats obtenus. Là où je vous rejoins – et je vous remercie de l’avoir rappelé, car il s’agit de la dernière question de ce débat –, c’est que non seulement les institutions gardiennes du droit sont fragilisées, parfois même attaquées, mais que ce sont désormais les juridictions internationales elles-mêmes qui sont directement visées : je pense à la Cour pénale internationale et à la Cour internationale de justice, même si cette dernière est un peu moins exposée en raison de son inscription au cœur de la Charte des Nations unies. Si ces juridictions sont prises pour cible, c’est aussi parce que, le Conseil de sécurité des Nations unies étant paralysé, certains sujets sont désormais portés devant elles. Vous savez d’ailleurs que le juge français à la Cour pénale internationale fait l’objet de sanctions américaines, que la France a dénoncées. Le président de la République a écrit à son homologue américain pour lui demander de lever ces sanctions. Parallèlement, nous travaillons avec la Cour pénale internationale pour qu’elle puisse réduire sa dépendance à certains services américains dont elle dépend encore. Les autorités françaises ont également plaidé pour que, dans ce contexte, l’Union européenne puisse activer le règlement de blocage, qui immunise les entreprises européennes contre les sanctions secondaires dont elles pourraient être victimes si elles continuaient de servir les institutions frappées par les sanctions américaines. Il est impératif de protéger ces institutions qui, comme la Cour pénale internationale, sont établies en Europe. À défaut, le droit international serait considérablement fragilisé.
Je le rappelais en réponse à une question précédente : lorsque nous avons pris des sanctions, par exemple à l’encontre de colons extrémistes et violents, ou lorsque nous avons brandi la menace d’une remise en cause de l’accord d’association avec Israël, nous l’avons fait à l’échelle européenne, car ces mesures ont évidemment beaucoup plus de poids à ce niveau, comme c’est le cas, d’ailleurs, sur de nombreux autres sujets. Comme je l’ai également indiqué, si nous voulons que le droit international soit respecté dans de telles circonstances, il faut réformer de toute urgence les institutions qui en sont les gardiennes. À défaut, nous pourrons toujours multiplier les mesures à l’échelle nationale, mais vous serez déçue par les résultats obtenus. Là où je vous rejoins – et je vous remercie de l’avoir rappelé, car il s’agit de la dernière question de ce débat –, c’est que non seulement les institutions gardiennes du droit sont fragilisées, parfois même attaquées, mais que ce sont désormais les juridictions internationales elles-mêmes qui sont directement visées : je pense à la Cour pénale internationale et à la Cour internationale de justice, même si cette dernière est un peu moins exposée en raison de son inscription au cœur de la Charte des Nations unies. Si ces juridictions sont prises pour cible, c’est aussi parce que, le Conseil de sécurité des Nations unies étant paralysé, certains sujets sont désormais portés devant elles. Vous savez d’ailleurs que le juge français à la Cour pénale internationale fait l’objet de sanctions américaines, que la France a dénoncées. Le président de la République a écrit à son homologue américain pour lui demander de lever ces sanctions. Parallèlement, nous travaillons avec la Cour pénale internationale pour qu’elle puisse réduire sa dépendance à certains services américains dont elle dépend encore. Les autorités françaises ont également plaidé pour que, dans ce contexte, l’Union européenne puisse activer le règlement de blocage, qui immunise les entreprises européennes contre les sanctions secondaires dont elles pourraient être victimes si elles continuaient de servir les institutions frappées par les sanctions américaines. Il est impératif de protéger ces institutions qui, comme la Cour pénale internationale, sont établies en Europe. À défaut, le droit international serait considérablement fragilisé.
Je reviens d’abord sur les déclarations des ministres du gouvernement israélien sur le Liban. Nous avons condamné avec la plus grande fermeté celles du ministre des finances Smotrich, qui a appelé de ses vœux l’extension de la frontière nord d’Israël jusqu’à la rivière Litani, ce qui est une atteinte manifeste et grave à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Liban. En ce qui concerne les autres ministres, en particulier le ministre des armées, nous avons appelé les autorités israéliennes à s’abstenir de toute incursion terrestre au Liban. Tout en reconnaissant le droit d’Israël à se défendre, nous avons rappelé qu’il devait l’exercer dans le respect du droit international et du droit international humanitaire. Je vous remercie d’avoir rappelé que la France s’était beaucoup mobilisée pour éviter la fin trop rapide du mandat de la Finul. Dans le moment que nous vivons, où le Liban a tant besoin de renfort, le retrait de la Finul signifierait la disparition d’une grande partie de l’ossature sécuritaire du pays. Je note avec intérêt que vous soutenez l’idée qu’une force prenne la suite de la Finul pour soutenir les efforts de l’armée libanaise pour désarmer le Hezbollah et disposer ainsi du monopole des armes sur son territoire.
Je reviens d’abord sur les déclarations des ministres du gouvernement israélien sur le Liban. Nous avons condamné avec la plus grande fermeté celles du ministre des finances Smotrich, qui a appelé de ses vœux l’extension de la frontière nord d’Israël jusqu’à la rivière Litani, ce qui est une atteinte manifeste et grave à la souveraineté et à l’intégrité territoriale du Liban. En ce qui concerne les autres ministres, en particulier le ministre des armées, nous avons appelé les autorités israéliennes à s’abstenir de toute incursion terrestre au Liban. Tout en reconnaissant le droit d’Israël à se défendre, nous avons rappelé qu’il devait l’exercer dans le respect du droit international et du droit international humanitaire. Je vous remercie d’avoir rappelé que la France s’est beaucoup mobilisée pour éviter la fin trop rapide du mandat de la Finul. Dans le moment que nous vivons, où le Liban a tant besoin de renfort, le retrait de la Finul signifierait la disparition d’une grande partie de l’ossature sécuritaire du pays. Je note avec intérêt que vous soutenez l’idée qu’une force prenne la suite de la Finul pour soutenir les efforts de l’armée libanaise pour désarmer le Hezbollah et disposer ainsi du monopole des armes sur son territoire.
Vous avez tellement raison ! On ne peut pas imaginer construire la paix sur la base de traités agréés par les seuls gouvernements ; sans la participation active des sociétés civiles, il est illusoire d’espérer créer les conditions de la sécurité dans des régions traversées par tant de conflits. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, le 13 juin dernier, nous avons accueilli à Paris le camp de la paix : les représentants des sociétés civiles israéliennes et palestiniennes – ils sont minoritaires aujourd’hui – qui entendent défendre une solution pacifique ou en tout cas une solution à deux États, avec deux États reconnus et respectés dans leurs droits, vivants côte à côte, en paix et en sécurité. Dans le dialogue entre ces deux sociétés civiles, nous avons fait émerger des propositions sur lesquelles nous nous sommes appuyés ensuite pour faire aboutir la déclaration de New York. Ce texte, qui a été adopté à l’écrasante majorité des nations du monde le 12 septembre dernier, est sans doute, s’agissant du conflit israélo-palestinien, le plus ambitieux depuis les accords d’Oslo. Cela n’aurait pas été possible sans la société civile. Nous travaillons actuellement – je ne peux pas vous le confirmer car il s’agit de travaux préliminaires – à réunir une nouvelle fois les sociétés civiles israélienne et palestinienne pour faire vivre cet espoir que nous avons créé ensemble et avancer sur le chemin qui mène à l’horizon politique de la solution à deux États. La question se posera de la même manière – peut-être pas aujourd’hui, puisque nous sommes au pic des hostilités – pour la société civile iranienne et les diasporas, qui auront à reconstruire un pays durement éprouvé par un régime qui a réprimé son propre peuple et par une guerre qui aura provoqué des dommages considérables – d’une manière ou d’une autre, elles seront appelées à contribuer. Cette diplomatie des diasporas est aussi celle que nous allons mettre à l’honneur lors du sommet Afrique-France qui se tiendra les 11 et 12 mai à Nairobi. Nous allons préparer activement ce sommet en invitant les figures des diasporas africaines en France, qui sont des ambassadeurs des deux rives, à s’impliquer avec nous pour bâtir une nouvelle relation entre la France et le continent africain.
Vous avez tellement raison ! On ne peut pas imaginer construire la paix sur la base de traités agréés par les seuls gouvernements ; sans la participation active des sociétés civiles, il est illusoire d’espérer créer les conditions de la sécurité dans des régions traversées par tant de conflits. C’est d’ailleurs la raison pour laquelle, le 13 juin dernier, nous avons accueilli à Paris le camp de la paix : les représentants des sociétés civiles israéliennes et palestiniennes – ils sont minoritaires aujourd’hui – qui entendent défendre une solution pacifique ou en tout cas une solution à deux États, avec deux États reconnus et respectés dans leurs droits, vivants côte à côte, en paix et en sécurité. Dans le dialogue entre ces deux sociétés civiles, nous avons fait émerger des propositions sur lesquelles nous nous sommes appuyés ensuite pour faire aboutir la déclaration de New York. Ce texte, qui a été adopté à l’écrasante majorité des nations du monde le 12 septembre dernier, est sans doute, s’agissant du conflit israélo-palestinien, le plus ambitieux depuis les accords d’Oslo. Cela n’aurait pas été possible sans la société civile. Nous travaillons actuellement – je ne peux pas vous le confirmer car il s’agit de travaux préliminaires – à réunir une nouvelle fois les sociétés civiles israélienne et palestinienne pour faire vivre cet espoir que nous avons créé ensemble et avancer sur le chemin qui mène à l’horizon politique de la solution à deux États. La question se posera de la même manière – peut-être pas aujourd’hui, puisque nous sommes au pic des hostilités – pour la société civile iranienne et les diasporas, qui auront à reconstruire un pays durement éprouvé par un régime qui a réprimé son propre peuple et par une guerre qui aura provoqué des dommages considérables – d’une manière ou d’une autre, elles seront appelées à contribuer. Cette diplomatie des diasporas est aussi celle que nous allons mettre à l’honneur lors du sommet Afrique-France qui se tiendra les 11 et 12 mai à Nairobi. Nous allons préparer activement ce sommet en invitant les figures des diasporas africaines en France, qui sont des ambassadeurs des deux rives, à s’impliquer avec nous pour bâtir une nouvelle relation entre la France et le continent africain.
Non, nous ne sommes pas spectateurs, mais nous ne sommes pas non plus acteurs de ce conflit qui n’est pas le nôtre – de ces opérations militaires que nous n’avons pas approuvées et auxquelles nous n’avons pas participé. Nous ne sommes pas spectateurs car nous avons déployé des moyens considérables pour assurer la sécurité de nos ressortissants. Imaginez-vous que le centre de crise et de soutien du ministère des affaires étrangères a été armé jour et nuit de cinquante répondants pour que nos compatriotes, dans la quinzaine de pays qui ont été entraînés dans cette guerre qu’eux non plus n’avaient pas choisie, puissent avoir quelqu’un au téléphone ! Je précise que ces cinquante personnes ont exercé ces missions à titre bénévole – je les en remercie une nouvelle fois. Nous avons déployé des moyens dans les postes diplomatiques et consulaires, et aux frontières, pour faciliter les passages et pour permettre les rapatriements. Nous avons également déployé nos capacités militaires dans la zone, pour assurer la sécurité de nos ressortissants si nécessaire, mais aussi pour apporter renfort et soutien à nos partenaires européens – Chypre – et golfiques – pour les pays frappés par l’Iran en représailles aux frappes israéliennes et américaines. Nous n’avons jamais vu un tel déploiement de forces militaires françaises en Méditerranée orientale dans notre histoire récente. On ne peut pas dire que nous ayons été spectateurs : les services de l’État ont été très mobilisés, y compris au niveau national, avec le renforcement de l’opération Sentinelle – le ministre de l’intérieur pourra en parler. Ensuite, je vous rejoins sur le fait que dans le monde dans lequel nous vivons, le défi principal, c’est la rivalité croissante entre deux superpuissances, la Chine et les États-Unis, qui créera de plus en plus d’instabilité. La seule chose qui devrait nous occuper, c’est de renforcer l’Europe et de nous défaire de toutes les dépendances qui créent des réverbérations de ce type de conflit en Europe et en France, pour que nous ne nous retrouvions jamais dans la situation d’avoir à choisir un camp ou d’être entraînés dans des guerres lorsque nous ne les avons pas choisies et qu’elles sont contraires à nos intérêts comme à nos valeurs.
Il est très difficile d’activer le Conseil de sécurité des Nations unies dans le cadre des grandes crises, en Ukraine, au Proche-Orient ou en Afrique, au Soudan ou dans la région des Grands Lacs. Notre responsabilité – je crois que nous sommes un peu les seuls à nous en occuper, j’en suis bien triste, mais c’est ainsi –, c’est de réformer ces institutions pour les rendre plus efficaces et plus légitimes : plus efficaces, en proposant, comme la France l’a fait il y a dix ans à la suite des atrocités commises en Syrie, de retirer le droit de veto aux membres permanents du Conseil de sécurité dans les cas d’atrocités de masse, pour qu’on ne puisse plus s’opposer à ce que les Nations unies interviennent lorsque de telles atrocités sont constatées ; plus légitimes, en faisant en sorte que des grands pays du Sud, comme l’Inde et le Brésil, mais aussi le Japon ou l’Allemagne, fassent leur entrée au Conseil de sécurité.
Avez-vous vraiment le sentiment que le droit international a permis de rendre justice à l’Ukraine ? Ce n’est pas mon impression. Ne nous laissons pas entraîner dans une certaine confusion qui reviendrait à penser que le droit international serait rigoureusement appliqué en Ukraine – il ne l’est pas, la Russie, en tant que membre permanent du Conseil de sécurité, appliquerait un veto à toute décision consistant à faire respecter le droit international qui a été bafoué un nombre incalculable de fois en Ukraine –, alors qu’il ne l’est pas au Proche-Orient. Le droit international n’est plus respecté. Est-ce que ses principes sont dépassés ? Non. Les principes d’intangibilité des frontières, d’autodétermination des peuples et de non-recours à la force ne sont pas nés il y a quatre-vingts ans ; ils sont le fruit de siècles d’histoire, notamment européenne. Nous avons d’ailleurs partagé ces principes, qui ont permis d’aboutir à une forme de stabilité sur notre continent, avec la communauté internationale. Ils n’ont pas évité tous les conflits, mais ils les ont largement limités. Le problème ne réside pas dans la nature de ces principes, mais dans les institutions qui en sont les gardiennes, qui sont aujourd’hui bloquées.
Je vous remercie de rappeler que les premières victimes de cet embrasement régional sont les femmes et les hommes qui vivent en Iran, au Liban et en Israël, dans la crainte permanente des bombardements, parfois éloignés de leurs familles, parfois détenus dans des prisons où ils purgent des peines pour avoir simplement manifesté, lors d’une révolte pacifique, leur aspiration à la liberté. Vous avez été nombreux à solliciter de la part du gouvernement de la fermeté à l’encontre des responsables de la répression sanglante qui s’est abattue aveuglément sur les manifestants au mois de janvier dernier. Au niveau européen, nous avons adopté une première salve de sanctions visant vingt et un individus et entités responsables de ces massacres. Nous avons également soutenu l’inscription du corps des gardiens de la révolution sur la liste européenne des organisations terroristes. Plus récemment, il y a moins de dix jours, nous avons pris une nouvelle série de sanctions européennes à l’encontre de seize individus et trois entités également responsables de la répression, des exécutions et des coupures des communications et d’internet qui visaient à dissimuler l’ampleur de la répression. Par ailleurs, nos efforts diplomatiques, quand bien même il s’agit d’une guerre qui n’est pas la nôtre et que nous n’avons pas choisie, même si nous en subissons les répercussions – plusieurs d’entre vous l’ont souligné à la tribune –, consistent à faire en sorte que la solution politique qui émergera devra permettre à l’Iran – au grand peuple iranien, comme vous le dites parfois, madame la députée – de construire librement son avenir dans un contexte de coexistence pacifique avec son environnement régional. Et aucune place ne devra être laissée à l’impunité des crimes commis pendant les répressions du mois de janvier.