…pour faire de l’Europe une superpuissance démocratique capable de résister aux pressions technologiques, commerciales et militaires des nouveaux empires, et faisons en sorte qu’elle ouvre une troisième voie dans laquelle s’engouffreront l’immense majorité des peuples du monde qui, comme le peuple français, ne veulent être les vassaux de personne et entendent rester libres.
Nous aurions cependant tort et commettrions une grave erreur si nous nous détournions, ne serait-ce qu’un instant, de la nécessité urgente et vitale pour notre indépendance nationale de construire une Europe plus forte, plus prospère et plus démocratique, indépendamment des choix qui sont faits outre-Atlantique. Cela fait longtemps que les États-Unis ont réorienté leurs priorités de l’Atlantique vers le Pacifique et qu’ils avertissent l’Europe que le moment est désormais venu pour elle de se prendre en charge. Accélérons…
Dans notre pays, certains se réjouiront de ce résultat. D’autres seront déçus ; j’ai une pensée émue pour M. Jordan Bardella et pour ses amis et j’espère très sincèrement qu’ils s’en remettront.
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💬 • Jean-Noël Barrot, Ministre de l’europe et des affaires étrangères • 2026 Nov 04, 14:57:05
Le résultat d’hier l’a en effet montré à ceux qui en doutaient encore : la démocratie américaine est vivante et bien vivante. Les électeurs américains ont littéralement marché aux urnes pour reprendre le contrôle et faire entendre leur voix. La participation, poussée notamment par la mobilisation des jeunes, a atteint un record absolu. Des États ancrés dans un camp depuis des décennies ont subitement basculé. Les scrutins se sont parfaitement déroulés et les résultats ne sont ni contestables ni contestés : le président des États-Unis lui-même a admis la performance des candidats démocrates. C’est une très bonne nouvelle pour la démocratie américaine et une nouvelle démonstration que le peuple, en démocratie, écrit sa propre histoire. Personne, ni les algorithmes ni les intérêts privés, ne peut le faire à sa place.
Voilà une leçon que certains d’entre nous feraient bien de méditer.
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💬 • Jean-Noël Barrot, Ministre de l’europe et des affaires étrangères • 2026 Oct 27, 16:12:43
Dimanche dernier, les élections en Serbie et au Brésil en ont fait la démonstration éclatante : la démocratie n’a pas dit son dernier mot. À tous ceux qui prédisent son déclin, qui nous annoncent la fin de l’héritage des Lumières, qui voudraient nous faire croire au caractère inéluctable des solutions réactionnaires, autoritaires, les électeurs serbes et brésiliens ont apporté un démenti cinglant. À toutes celles et tous ceux qui, partout dans le monde, se battent pour la dignité d’écrire leur propre histoire, d’être acteurs de leur propre vie, à tous ceux qui se battent pour la démocratie, ces deux résultats offrent une source d’espérance véritable. En Serbie, c’est une génération qui s’est levée. Elle a refusé la fatalité, s’est mobilisée deux ans pour défendre l’État de droit, et enfin a démontré que, de toutes les armes du monde, le bulletin de vote reste la plus puissante. Au Brésil, c’est un grand peuple qui a fait vivre le pluralisme démocratique et déjoué tous les pronostics. Avec les peuples serbe et brésilien, la France a vocation à nouer des liens toujours plus étroits au service de nos intérêts, afin de défendre la souveraineté de nos pays mais aussi l’ordre international né après la deuxième guerre mondiale. La grande leçon de ces deux scrutins, quelle est-elle ? Qu’une élection n’est jamais jouée d’avance ! Qu’il ne faut jamais décider à la place du peuple, jamais préempter son choix souverain. Quoi qu’en disent les sondages, et si forts soient les vents contraires, une élection n’est ni gagnée ni perdue jusqu’à l’ouverture des urnes.
Au détour de votre question, vous prononcez des accusations très graves me concernant et concernant le gouvernement de la République. Aucun autre pays dans le monde ne soutient autant le peuple palestinien que la France. Toutes vos déclarations témoignent de votre méconnaissance crasse du sujet palestinien et du conflit israélo-palestinien. La meilleure preuve en est que vous ne pouvez citer que les actions d’Urgence Palestine pour illustrer la mobilisation de la société civile. Vous vous seriez honorés à mentionner aussi des actions de la société civile, comme celle organisée ici même, à Paris, le 12 juin dernier, qui a réuni plusieurs centaines d’Israéliens et de Palestiniens mobilisés en faveur de la solution à deux États – une notion qui a définitivement quitté votre champ lexical. Eux croient véritablement à la paix et y travaillent au quotidien !
avec une question qui manque de nuance et d’équilibre, et qui, de toute évidence, témoigne d’un manque de connaissance de ces sujets, pourtant si importants. Vous évoquez notre politique vis-à-vis d’Israël dans le domaine des ventes d’armes. Je le répète une nouvelle fois, comme l’ont fait le premier ministre et la ministre des armées à de nombreuses reprises : nous ne vendons pas d’armes à Israël. Nous avons toutefois pris connaissance des révélations du journal l’ selon lesquelles certaines armes auraient pu être vendues à Israël…
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💬 • Jean-Noël Barrot, Ministre de l’europe et des affaires étrangères • 2026 Oct 14, 14:51:26
Une fois encore, vous instrumentalisez la souffrance des Palestiniens à des fins politiques
Se soucier du sort de nos compatriotes lorsqu’ils sont détenus à l’étranger, ce n’est jamais être à côté de la plaque.
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💬 • Jean-Noël Barrot, Ministre de l’europe et des affaires étrangères • 2026 juil. 21
Il y a une différence majeure entre vous – ainsi que vos camarades du Rassemblement national – et nous : vous êtes obsédés par l’Algérie ; nous sommes obsédés par la France ! Vous êtes obsédés par les Algériens, nous par les Français et leurs intérêts. C’est pourquoi ce réengagement des relations avec l’Algérie, graduel, réversible et dépendant des résultats que nous obtiendrons, suit une seule boussole : l’intérêt de la France et des Français. En 2025, le nombre de visas délivrés à des ressortissants algériens a baissé de 20 %, principalement en raison des décisions brutales prises par le gouvernement algérien à l’encontre de notre réseau diplomatique. Au-delà de cela, nous n’avons jamais eu d’objectif chiffré : notre politique ne répond à aucune logique de volume ou de quota mais à l’appréciation de nos intérêts et de l’évolution de la relation entre nos deux pays. Je regrette d’avoir à nouveau à dire que vous auriez pu avoir un mot, puisque vous soulevez la question de l’Algérie, pour notre compatriote Christophe Gleizes.
J’en viens à la question des visas, d’abord en indiquant que, depuis que la crise a éclaté avec Alger, leur nombre a baissé de 20 % – c’est l’écart entre 2025 et 2024 –, principalement en raison de la restriction de notre réseau diplomatique décidée par le gouvernement algérien. Depuis, dans l’intérêt de la France et des Français, nous avons engagé une nouvelle dynamique avec les autorités algériennes, car nous avons des intérêts à défendre, en matière de politique migratoire, de sécurité ou de lutte contre le narcotrafic ou le terrorisme. Il n’y a aucun objectif chiffré. Notre politique ne répond à aucune logique de volume ou de quotas. Elle ne dépend que de l’appréciation de nos intérêts à défendre.
En dépit de l’épreuve qu’il traverse, il va bien et a chargé les agents qui lui ont rendu visite de remercier les nombreux Français et Françaises qui lui adressent des encouragements par voie épistolaire.
Puisque vous ne l’avez pas fait, je signale que, grâce à notre mobilisation diplomatique, nous avons pu, hier, lui rendre une troisième visite consulaire depuis le début du mois de mai.
Madame la députée, vous évoquez notre relation avec l’Algérie. Alors que la Coupe du monde de football vient de se terminer, vous auriez pu avoir un mot pour notre compatriote Christophe Gleizes.
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💬 • Jean-Noël Barrot, Ministre de l’europe et des affaires étrangères • 2026 juil. 21
Madame la présidente, permettez-moi de dire devant la représentation nationale la solidarité du gouvernement avec les deux agents du Quai d’Orsay chargés des programmes de soutien à la population iranienne qui ont été brutalement menacés et violentés par des officiers de sécurité du régime. Cet acte gravissime ne restera pas sans conséquences.
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💬 • Jean-Noël Barrot, Ministre de l’europe et des affaires étrangères • 2026 Jun 23, 15:46:33
Vous l’avez rappelé, la France a accueilli le sommet du G7 il y a quelques jours. Cette année s’est révélée un très bon millésime puisque pour la première fois depuis le retour du président Trump à la Maison-Blanche, un accord a été trouvé sur des déclarations communes en soutien à l’Ukraine et sur la situation au Proche et au Moyen-Orient. Au-delà des crises, les pays du G7 et les partenaires que nous avions invités se sont accordés sur la manière de répondre ensemble et de manière coordonnée à des enjeux qui nous concernent tous : les minerais critiques, les cancers pédiatriques, le virus Ebola – nous avons mobilisé une aide internationale de 1 milliard d’euros en soutien à la région des Grands Lacs –, l’intelligence artificielle, la protection des mineurs, la lutte contre le narcotrafic et le trafic de migrants. Par ailleurs, c’est à l’issue de ce G7 que le président des États-Unis a signé, non pas un traité, mais un mémorandum d’entente mettant fin aux hostilités, ouvrant une phase de négociation de soixante jours, parallèlement à la réouverture du détroit d’Ormuz, et prévoyant l’encadrement du programme nucléaire iranien. Dans ce contexte, la France sera particulièrement attentive à trois éléments. Le premier est le sort du Liban, pays frère, entraîné dans cette guerre contre son gré par le Hezbollah et aujourd’hui occupé en partie par les forces armées israéliennes. Il est indispensable que le calme revienne, que les hostilités cessent, que le désarmement du Hezbollah commence et que l’armée israélienne se retire en restituant à l’État libanais le contrôle plein et entier de son intégrité territoriale. Le deuxième sujet est le programme nucléaire iranien, qui doit être strictement encadré car il touche à nos intérêts de sécurité. Le troisième est la restauration sans entrave et sans blocage du détroit d’Ormuz. J’ai échangé en ce sens avec mon homologue qatarien lundi, à Lucerne, à l’issue des négociations. Je lui ai indiqué que la France envisagera le moment venu d’approuver la levée des sanctions contre l’Iran et qu’elle sera, dans cette perspective, attentive à ces trois sujets.
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💬 • Jean-Noël Barrot, Ministre de l’europe et des affaires étrangères • 2026 Jun 17, 14:34:47
Merci de souligner l’importance de l’aide publique au développement, qui est l’instrument majeur de l’influence de la France dans le monde. Nous devons la défendre face à une contrainte budgétaire et à une menace politique. La contrainte budgétaire est la suivante : il a fallu réduire ses crédits – comme l’essentiel des crédits de l’État, à quelques exceptions près – dans le cadre de l’effort de réduction de la dépense publique auquel nous avons dû nous résoudre pour permettre à la France de contenir un déficit public dont la dérive compromettait la maîtrise de son propre destin. Dans ce cadre, je souhaite que les moyens alloués à cet écosystème d’ONG, qui emploie 40 000 à 50 000 personnes dans notre pays, dont le modèle est exemplaire et que le monde entier nous envie, lui permettent de continuer à mener sa mission partout dans le monde. J’en viens à la menace politique. Une partie de l’extrême droite ment aux Français et voudrait leur faire croire que toute dépense dévolue à l’aide publique au développement dilapide l’argent des Français. Cela contrevient non seulement à la vocation de la France, mais encore à son intérêt. La vocation de la France, pays avancé, développé, bien plus riche que la moyenne des pays du monde, est de tendre la main à toutes les populations dont vous avez rappelé à quel point les épreuves qu’elles traversent sont difficiles. L’intérêt de la France est de juguler la production de cocaïne, notamment en Amérique latine, de maîtriser les flux migratoires, de lutter contre la propagation du terrorisme ou encore de contenir le risque épidémique et pandémique dans la région des Grands Lacs – on y a observé une résurgence d’Ebola. Or il est illusoire de penser que nous pourrions y parvenir sans l’aide publique au développement. C’est ce discours, mesdames et messieurs les députés, que nous devons tous tenir.
Le ministre des affaires étrangères libanais était à Paris la semaine dernière. Vous le savez très bien, leur priorité est le désarmement du Hezbollah, la restauration de l’autorité de l’État et le retrait d’Israël, qui permettra au Liban de recouvrer sa pleine intégrité territoriale.