Les associations vous le réclament car certaines d’entre elles, comme Aides, sont sur le point de licencier la quasi-totalité de leurs salariés faute de garanties sur leurs financements. Je ne suis pas sûre que la France ait le luxe de pouvoir se passer des associations de lutte contre le VIH, qui font le boulot, trop souvent abandonné par les pouvoirs publics, de prévention, d’information et de dépistage. C’est pourquoi je vous prie de nous informer et de nous dire quel est le budget prévu par le gouvernement pour la lutte contre le VIH, à l’intérieur de nos frontières et à l’étranger. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.)
Vous devriez être en mesure, comme le prévoit notre règlement, de nous informer sur ce que prévoit le budget en matière de lutte contre le sida, en France et à l’étranger.
Nous prônons un vote pour ou une abstention sur ces amendements. Par ailleurs, ce soir, nous pouvons lire dans la presse que – fumée blanche ! – la France a un budget. Toutes les lignes budgétaires sont donc connues et, théoriquement, madame la ministre, en tant que membre du gouvernement, vous devriez y avoir accès.
…pousse des associations comme Aides à un plan social d’ampleur pour éviter la fermeture totale, alors qu’elles luttent au quotidien contre cette maladie. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) En France comme ailleurs, la lutte passe par la prévention. Mais l’accès à la prévention et aux traitements suppose une véritable éducation à la sexualité. Or en France, l’Evars – éducation à la vie affective et relationnelle et à la sexualité –, bien qu’obligatoire, n’est dispensée qu’à 30 % des élèves, faute d’un financement ambitieux et suffisant. L’éradication du VIH ne peut être que mondiale. Il est grand temps que la France et l’Union européenne réagissent politiquement et financièrement à l’impérialisme américain ; il est grand temps d’augmenter la participation française et européenne à la lutte contre le VIH pour enfin l’éradiquer. C’est pourquoi le groupe Insoumis que je représente à cette tribune votera la proposition de résolution. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Je profite des dernières secondes qu’il me reste pour inviter toutes celles et tous ceux qui m’entendent à se protéger et à se faire dépister ! Il n’y a que comme cela qu’on lutte contre le sida. (Applaudissements sur les bancs du groupe LFI-NFP. – Mme Nicole Dubré-Chirat applaudit également.)
Depuis le début de l’épidémie de sida, on compte 44 millions de morts – l’équivalent de la population de l’Argentine. En 2024, 41 millions de personnes vivaient avec le sida – soit la population du Canada – et seulement 77 % d’entre elles avaient accès à un traitement. Nous sommes réunis aujourd’hui pour exiger le financement par la France et par l’Union européenne de la lutte contre le VIH. Le texte dont nous débattons s’inscrit dans une actualité inquiétante, notamment sur le plan international, puisque les États-Unis ont fait en 2025 une annonce catastrophique, celle du retrait d’une énorme partie de leur contribution financière à la lutte mondiale contre le VIH. Impossible de ne pas lier ces coupes massives de l’administration Trump aux enjeux diplomatiques actuels : la suppression totale de l’enveloppe américaine à l’Onusida s’inscrit dans la stratégie de Trump d’affaiblir l’ONU et de s’affranchir de ses règles. De même, si Trump coupe la moitié de l’enveloppe américaine dédiée au Fonds mondial de lutte contre le sida, c’est qu’il préfère désormais passer par sa méthode diplomatique phare : les accords bilatéraux. Le voilà libre d’imposer des contreparties honteuses à des pays moins riches, dénués de souveraineté dans l’accès au traitement et à la prévention contre le sida. Le gouvernement Trump fait sombrer les États-Unis dans un suprémacisme que ses alliés européens veulent reproduire. Les conséquences du retrait des financements américains sont très graves : l’Onusida prévoit 10 millions de nouvelles infections et 3 millions de décès dans les cinq prochaines années. C’est grâce à ces financements que nous nous sommes rapprochés de notre objectif d’éradiquer le VIH à l’horizon 2030, cap que l’ONU s’est fixé au nom du bien commun. Le texte que nous examinons est clair : il faut augmenter les dotations françaises pour financer la lutte contre le VIH ; il faut financer le Fonds mondial de lutte contre le sida et l’organisation Unitaid, que notre pays a fondée avec le Brésil. Or à ce jour, le gouvernement français n’a toujours pas annoncé sa contribution au Fonds mondial pour 2026. Pire encore, cette contribution sera sans l’ombre d’un doute en baisse car les budgets successifs de la Macronie ont amputé l’aide publique internationale de plus de 50 % ces deux dernières années, avec 3 milliards de coupes au total depuis 2023 ! Quant au PS, il dépose une proposition de résolution qui ne contraint pas le gouvernement juridiquement, et ne vote aucune des trois motions de censure pour empêcher les coupes de l’aide internationale. (« Eh oui ! » sur les bancs du groupe LFI-NFP.) Le PS est avec la Macronie : tous deux cassent, mais ne réparent pas. Face à toutes ces coupes, je m’inquiète. Je m’inquiète que la reprise de l’épidémie entraîne le retour des interdictions d’entrer sur le territoire aux malades, comme ce fut le cas aux États-Unis. Je m’inquiète que certains commencent à dire, comme Jean-Marie Le Pen en son temps, que le sidaïque est une espèce de lépreux. Je m’inquiète d’une reprise de l’épidémie quand je vois que chez nos jeunes, les cas de séropositivité découverts ont bondi de 41 % depuis 2014. Je m’inquiète car les discours masculinistes meurtriers diffusent l’idée qu’utiliser un préservatif, c’est perdre en virilité. Je m’inquiète qu’à La Réunion, les cas de séropositivité aient plus que triplé depuis 2022. Je m’inquiète quand je vois que le budget de la droite et des socialistes…
Je suis d’accord avec vous. Vous le dites bien, il y a des enfants qui se sentent très mal avant et après la visite, même quand celle-ci a été médiatisée. Ces mêmes enfants peuvent pourtant avoir consenti à revoir leur parent. L’article tel qu’il est rédigé me semble dangereux, car il n’ajoute pas de condition sine qua non à la possibilité de visite. Pour moi, l’article remet en question le consentement. Je me trompe peut-être, mais le fait que nous n’ayons pas la même lecture montre qu’il y a un flou juridique. Je retourne même l’argument : et si un enfant demandait à revoir son parent violent, en ayant conscience ou non du mal que cela pourrait lui faire ? Le dispositif que vous avez prévu laisse planer ce risque.
Il s’agit de revenir sur un dispositif qui a été adopté en commission et qui vise à accorder un droit de visite au parent violent, sous réserve du consentement de l’enfant. Cette mesure pose doublement problème. D’abord, c’est une régression par rapport à ce que nous avons voté en 2024. Ensuite, c’est faire peser sur l’enfant un poids qu’il ne devrait pas avoir à supporter. Un parent violent peut être aimé par son enfant et lui manquer profondément, mais on ne peut pas dire à celui-ci : « Tu veux revoir ton papa ? Parce que ton papa aimerait bien venir te voir. Si tu es d’accord, tu vas le revoir. » Non. Un enfant n’est pas forcément capable de discerner s’il est bon pour lui de revoir son parent violent ou si cela va l’abîmer encore un peu plus. Il doit prendre le temps de se reconstruire et, en attendant, c’est le rôle de l’ensemble des professionnels qui l’accompagnent de discerner à sa place. Afin de ne pas entraver la reconstruction de l’enfant qui a été soustrait à l’autorité d’un parent violent, je pense qu’il faut absolument revenir sur ce dispositif. Il part d’une très bonne intention, mais l’enfer est pavé de bonnes intentions. Ce qui est proposé, à mon avis, c’est un vrai pavé vers l’enfer.