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Karen Erodi
• 2026 Oct 29, 22:19:11
Dix secondes !
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Karen Erodi
• 2026 Oct 29, 18:49:08
C’est honteux !
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Karen Erodi
• 2026 Oct 27, 22:06:08
On va pleurer !
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Karen Erodi
• 2026 Oct 22, 17:08:51
Notre amendement vise à intégrer les rachats d’actions à l’assiette des cotisations de sécurité sociale.

Quand une entreprise rachète ses propres actions, elle ne crée pas d’emploi et n’investit pas dans des usines. Son seul but est d’augmenter artificiellement la valeur des parts des actionnaires pour les enrichir.

En 2025, le CAC40 a versé 107 milliards d’euros aux actionnaires, dont 35 milliards en rachat d’actions. Et devinez quelle part de ces 35 milliards est allée à la sécurité sociale ? Rien, pas un centime !

Faisons une comparaison : sur le salaire d’une aide-soignante, chaque euro est soumis à cotisation ; sur 35 milliards distribués aux actionnaires, pas un euro ne l’est ! La valeur produite par le travail est de plus en plus accaparée par le capital, qui, lui, échappe au financement de notre protection sociale.

Dans ce budget, vous demandez aux malades et aux retraités de faire des économies, vous gelez les pensions, vous fiscalisez les indemnités journalières des accidentés du travail. Pour eux, toujours des efforts ; pour les rachats d’actions, toujours rien ! Par cet amendement, nous proposons de leur appliquer des cotisations, au bénéfice de notre sécurité sociale. Partagez un peu votre pognon, très chers camarades !
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Karen Erodi
• 2026 Oct 22, 12:44:42
Il vise à retirer les allégements de cotisations aux employeurs ayant commis une faute inexcusable et à poser ainsi un principe simple : pas de prévention, pas d’argent public.

Les exonérations de cotisations se chiffrent à 72 milliards d’euros par an, sans aucune contrepartie, notamment en matière de santé au travail. Cette somme est remboursée par les salariés, qui payent la TVA. Je rappelle que chaque année, pour le seul régime général, 1 300 personnes meurent au travail : des ouvriers, des intérimaires, des apprentis. Ils partent le matin mais ne reviennent pas le soir.

La faute inexcusable n’est pas une maladresse : c’est une qualification juridique du comportement d’un employeur qui a exposé son salarié à un danger dont il avait ou dont il aurait dû avoir connaissance mais qui n’a rien fait et a donc manqué à ses devoirs.

L’employeur condamné pour une telle faute garde l’intégralité des allégements dont il bénéficie. D’un côté, la sécurité sociale indemnise la victime, mais, de l’autre, subventionne celui qui l’a mutilée. Notre amendement met fin à ce paradoxe en prévoyant la perte du bénéfice des allégements pour l’employeur dont la faute inexcusable a été définitivement reconnue.
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Karen Erodi
• 2026 Oct 22, 11:33:19
L’aide aux entreprises pour financer les heures supplémentaires coûte chaque année près de 1 milliard d’euros à la sécurité sociale. Or le gouvernement veut désormais étendre ce dispositif à Saint-Pierre-et-Miquelon. Quelle est votre priorité : faire travailler toujours plus les salariés ou donner à cet archipel les moyens de se développer ?

Exonérer les entreprises de cotisations ne crée pas d’emplois – même les libéraux le disent ! –, n’entraîne aucun investissement supplémentaire et n’aide même pas à maintenir les emplois existants. En revanche, il est certain que cela prive la sécurité sociale de recettes indispensables pour financer nos soins et notre protection sociale. Ce genre de dispositif n’incite qu’à une chose : allonger sans fin la journée de travail. Or tout le monde sait que les horaires à rallonge dégradent la santé.

Saint-Pierre-et-Miquelon n’a donc pas besoin de cette niche nuisible et coûteuse. Cet archipel a besoin d’investissements publics, de services publics solides et d’une stratégie de développement économique répondant aux besoins de sa population. C’est à l’État de payer pour cela.
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Karen Erodi
• 2026 Oct 21, 19:58:35
On nous parle souvent du grand âge comme d’un défi démographique. Derrière ces termes, il y a des êtres humains, des personnes âgées qui ont besoin d’aide pour se lever, s’habiller et se nourrir, pour continuer à vivre chez elles ou être accompagnées dignement en établissement.

Les besoins d’accompagnement augmenteront de 20 % en dix ans et de 60 % en trente ans. Il faudra donc davantage de personnel, des établissements mieux équipés et des services à domicile capables de répondre à cette augmentation. Or celles et ceux qui assurent cet accompagnement sont mal rémunérés. Environ 17 % des aides à domicile vivaient en dessous du seuil de pauvreté en 2020 – ce sont majoritairement des femmes.

De l’autre côté, les fonds de pension prospèrent, alimentés par les capitaux que les Français placent dans leurs plans d’épargne retraite. Pour augmenter encore leurs profits, ces fonds délocalisent les usines, licencient les salariés et optimisent fiscalement leurs bénéfices.

Par cet amendement, nous proposons d’instaurer une contribution exceptionnelle de 10 % – dix petits pour cent – sur les bénéfices des entreprises proposant à la vente des plans d’épargne retraite. Son produit serait reversé à la Caisse nationale de solidarité pour l’autonomie afin de financer le maintien à domicile et les investissements dans les Ehpad.
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Karen Erodi
• 2026 Oct 21, 18:37:24
La CSG et la CRDS d’un salarié ne sont pas calculées sur la totalité de son salaire. On en retire d’abord 1,75 %, censés représenter les frais professionnels. Une personne qui gagne 2 900 euros brut par mois économise ainsi 59 euros par an tandis que quelqu’un qui gagne plus de 16 000 euros par mois en économise 326. Voilà le problème : plus on gagne, plus cet abattement rapporte. Il est supposé couvrir les frais professionnels. Pourquoi alors le maintenir pour des revenus de plus de 192 000 euros par an ? Le prix d’un repas n’est pas cinq fois plus élevé pour une personne qui gagne cinq fois plus, et il en va de même du transport.

Notre amendement ne supprime rien et remplace le mot : « quatre » par le mot : « une ». L’abattement ne diminuera donc pas pour la quasi-totalité des salariés de ce pays. Alors que les plus hauts revenus bénéficient déjà de nombreuses niches fiscales, vous réclamez 5,1 milliards d’euros économisés aux assurés. Vous gelez les pensions tandis que la sécurité sociale a besoin de recettes pour financer notre système de protection collective. Nous proposons donc de limiter l’abattement de 1,75 % sur l’assiette de la CSG et de la CRDS à une fois le Pass plutôt que quatre. C’est une mesure de justice sociale.
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Karen Erodi
• 2026 Oct 20, 16:40:21
Vous parlez de vous !
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Karen Erodi
• 2026 Oct 15, 16:24:24
Alors que l’article 3, que nous venons d’examiner, abaisse de 4 439 à 3 000 euros le plafond de l’abattement applicable aux pensions de retraite, je vous propose de réparer une injustice qui dure depuis douze ans. La demi-part accordée aux personnes veuves ayant élevé un enfant a été supprimée progressivement à partir de 2009, puis définitivement en 2014. Elle ne subsiste que pour celles qui peuvent prouver avoir élevé seules un enfant pendant au moins cinq ans.

Cette condition a fait basculer dans l’impôt des personnes dont le revenu n’avait pas bougé d’un euro. Jusqu’en 2014, une veuve de 82 ans, touchant 1 400 euros de pension, n’était pas imposable. Depuis cette date, elle l’est. Alors que son revenu est resté identique, elle paie l’impôt sur le revenu et elle est soumise à un taux de contribution sociale généralisée (CSG) plus élevé. Elle a perdu son dégrèvement de taxe foncière et elle est sortie des barèmes d’aide à domicile de son département. Une seule décision fiscale, quatre conséquences.

Vous me direz que cette demi-part est une niche. Mais une niche est un avantage que l’on organise et que l’on choisit. À ce que je sache, personne ne choisit d’être veuf.

La condition d’avoir élevé seul un enfant mineur pendant cinq ans n’a jamais eu d’autre justification que le rendement ; elle ne corrige aucune injustice, mais crée une inégalité entre deux veuves du même âge, qui perçoivent la même pension et souffrent tout autant de la solitude. Celle dont le mari est mort quand ses enfants étaient petits conserve le bénéfice de la demi-part, tandis que celle dont le mari est mort une fois ses enfants devenus adultes n’en bénéficiera jamais. Le droit ne dépend pas de leur situation, mais de la date du décès de leur mari.

Le veuvage reste l’une des premières causes de basculement dans la pauvreté au grand âge : les veufs perdent la pension du conjoint – la pension de réversion ne compense qu’en partie –, tandis que leur loyer, lui, ne baisse pas. La commission d’enquête sur les causes et les conséquences de l’augmentation de la pauvreté, notamment pour les travailleurs seniors et les personnes âgées, et les manquements des politiques publiques pour y faire face, l’a établi, les femmes représentent 62 % des personnes âgées vivant sous le seuil de pauvreté.

Notre amendement tend à supprimer, pour les personnes veuves, la condition d’avoir vécu seul. La charge de l’enfant assumée avec le conjoint décédé est réputée l’avoir été à titre principal. Autrement dit, avoir été marié pendant qu’on a élevé un enfant cesserait d’être un motif d’exclusion. Vous demandez un effort supplémentaire aux retraités à l’article 3 ; rendez-leur la demi-part.
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Karen Erodi
• 2026 Oct 13, 17:54:43
C’est vous qui dites ça ?
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Karen Erodi
• 2026 Oct 02, 16:22:31
Hors sujet ! Zéro pointé !
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Karen Erodi
• 2026 Jul 20, 18:34:03
Nous arrivons au terme du parcours de ce texte, un texte que nous avons travaillé, amendé, combattu parfois, un texte qui demeure très en dessous de l’enjeu : 140 000 morts par an, 1,2 million d’hospitalisations, plus d’un décès sur cinq dans ce pays, deuxième cause de mortalité chez les femmes et les hommes, tandis que l’AVC est la première cause de handicap acquis chez l’adulte. Voilà la réalité qui se cache derrière les termes « cardio-neuro-vasculaire ».

Commençons par ce qui est vrai : il y a des avancées. L’article 1er intègre la sensibilisation aux facteurs de risque et un dépistage lors des rendez-vous de prévention. Il prend en compte les déterminants propres aux femmes et crée un rendez-vous de dépistage précoce dès 6 ans, notamment pour détecter la présence de cholestérol héréditaire. D’autre part, la CMP a maintenu l’inscription dans la loi d’une stratégie nationale pluriannuelle visant à réduire les inégalités sociales et territoriales.

Ces avancées sauveront des vies, mais soyons clairs : elles ne sont pas les nôtres, car les nôtres, vous les avez rejetées une à une. Premièrement, vous refusez de nommer les causes. Nous avions déposé un amendement qui visait à inscrire dans la loi les facteurs de risque environnementaux et psychosociaux, qu’il s’agisse des conditions de travail, du stress chronique, des troubles du sommeil, de l’exposition au bruit ou de la pollution de l’air. Rejeté. Résultat : le texte ne parle que de tabac, d’alcool, de sédentarité, d’obésité, de diabète et de cholestérol. Toujours l’individu, jamais le système. Vous culpabilisez celui qui mange mal. Vous ne cherchez jamais à comprendre les causes. Pourtant, les chiffres sont implacables : la mortalité cardiovasculaire est multipliée par trois chez les femmes ouvrières. Le cœur des Français et des Françaises est définitivement une question de classe sociale.

Deuxièmement, vous refusez de lever les obstacles financiers. Nous demandions un rapport sur le remboursement intégral des substituts nicotiniques, car l’assurance maladie n’en rembourse que 65 %, ce qui en laisse 35 % à la charge du patient. Un mur précisément pour les plus précaires, précisément pour ceux qui fument le plus. Le coût social du tabac : 159 milliards d’euros. Le remboursement intégral des substituts nicotiniques en coûterait une fraction infime. Rejeté. Et dans ce texte, rien sur le reste à charge, rien sur les dépassements d’honoraires, rien sur les déserts médicaux.

Troisièmement, vous exonérez les employeurs. Nous proposions que les services de prévention et de santé au travail organisent une campagne annuelle de dépistage et de sensibilisation. Rejeté. Ces actions auraient dû se dérouler sur le temps de travail, comme cela existe déjà pour la sensibilisation aux gestes qui sauvent. Rejeté. Posons-nous la question : que restera-t-il ? Des actions le soir, le week-end, sur la pause-déjeuner ? Personne ne viendra. Du théâtre bureaucratique pour cocher une case.

Pourtant, l’Organisation mondiale de la santé et l’Organisation internationale du travail l’ont chiffré : en 2016, 745 000 personnes sont mortes d’un AVC ou d’une maladie cardiaque pour avoir travaillé au moins cinquante-cinq heures par semaine. Pas moins de 31 % des salariés français sont en burn-out, soit un sur trois.

Ce sont 3,5 % des infarctus du myocarde qui sont induits par le stress professionnel et provoquent près de 4 000 morts par an. Alors que 49,4 % des employeurs ne déploient aucune mesure de prévention, aucune sanction n’est prévue dans ce texte.

Nous demandions un rapport sur le lien entre burn-out et maladies cardiovasculaires, pour appliquer un principe simple : tu épuises tes salariés, tu payes. Rejeté.

Quatrièmement, et c’est le plus grave : l’article 2 demeure, alors qu’il prévoit d’évaluer les économies générées par la prévention et par la baisse des indemnités journalières et même « la hausse du produit intérieur brut imputable à l’amélioration de la productivité ». Nous avions demandé sa suppression. Rejeté.

Disons les choses clairement : ce que vous recherchez ici, ce n’est pas que les gens vivent mieux, mais qu’ils rapportent. Or le corps des travailleuses et des travailleurs n’est pas une machine dont on évalue la performance.

Au vu du dernier projet de loi de financement de la sécurité sociale et du parcours pré-ALD qu’il crée, on se doute de ce qui nous attend : on invoquera la prévention pour justifier de rogner sur l’hôpital et sur les droits des malades. La prévention devient alors un écran de fumée.

Collègues, ce texte crée des obligations nouvelles sans 1 euro pour les financer. Quand la France dépense 186 euros par habitant pour la prévention, l’Allemagne y consacre 457. Quant aux territoires d’outre-mer, les seules mentions sont des coordinations juridiques pour Wallis-et-Futuna. Pas une ligne sur les inégalités ultramarines, alors que la mortalité par cardiopathie ischémique atteint 81 pour 100 000 à La Réunion, contre 59 en moyenne nationale.

Les maladies cardio-neuro-vasculaires sont des maladies politiques. Elles sont le produit du travail qui broie, de la pollution, du mal-logement, de l’industrie agroalimentaire, Et ce poison-là, vous ne cherchez pas à le réduire, vous vous acharnez à en répandre toujours plus, j’en veux pour preuve la loi Duplomb que vous allez voter ce soir. La santé n’est pas une marchandise.

Nous voterons ce texte parce qu’il comporte quelques avancées, mais nous regrettons votre manque d’ambition. Avec mon groupe parlementaire La France insoumise, nous continuerons à exiger une politique de prévention ambitieuse, égalitaire, et financée à la hauteur de l’urgence. Une politique qui ose s’attaquer à la racine du problème, avec Jean-Luc Mélenchon en 2027.
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Karen Erodi
• 2026 Jul 17, 15:38:37
Il n’y a pas d’extrême gauche !
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Karen Erodi
• 2026 Jul 16, 17:06:18
Tout de suite, maintenant, les moyens ne suffisent pas !
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Karen Erodi
• 2026 Jul 16, 17:06:06
Mais on vous dit que ça ne marche pas !
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Karen Erodi
• 2026 Jul 16, 16:56:57
Là où l’alinéa 24 évoque « un accompagnement soutenu des titulaires de l’autorité parentale », nous proposons de mentionner les réseaux d’écoute, d’appui et d’accompagnement des parents, les lieux d’accueil enfants-parents, les groupes de parole, les ateliers parents-enfants, les actions d’accompagnement à domicile et les actions de médiation familiale. Pourquoi ? Parce que dans un système saturé, ce qui n’est pas nommé n’existe pas.

Par exemple, un éducateur en milieu ouvert peut suivre au quotidien entre vingt-cinq et trente-cinq enfants. Quand on gère une trentaine de situations, on ne peut pas faire de la prévention, on peut seulement éteindre des incendies. Le groupe de parole, l’atelier parents-enfants, l’action de médiation familiale, tous ces dispositifs passent à l’arrière-plan, non par négligence, mais en raison d’arbitrages impossibles.

Les conséquences sont connues : en novembre 2021, un nourrisson de 13 mois est mort, juste avant qu’il bénéficie enfin d’une mesure éducative après quatre mois d’attente. Voilà ce qu’il en coûte de faire passer en dernier les actions de soutien aux parents. Quels sont les moyens qu’y consacre la France ? Le soutien à la parentalité, au titre de la branche famille de l’assurance maladie, a bénéficié de 174 millions d’euros en 2024, alors que la protection de l’enfance a bénéficié de 10 milliards. Autrement dit, moins de 2 euros de prévention pour 100 euros de réparation. Nous payons les mesures de placement parce que nous refusons de payer les mesures d’accompagnement. C’est un contresens humain, mais aussi comptable – ce qui est surprenant de votre part, vous qui parlez toujours d’économies.

De plus, l’amendement tend à insérer une phrase relative aux parents d’enfants en situation de handicap, afin que les actions d’accompagnement tiennent compte de leurs besoins et favorisent la coordination des interventions sociales, médico-sociales, sanitaires et scolaires. Ces familles s’épuisent à assurer une coordination que personne d’autre ne fait pour elles. Cet épuisement a trop souvent pour conséquence un signalement. Nommer les outils, c’est les rendre opposables et dire aux professionnels que ce travail importe aussi.
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Karen Erodi
• 2026 Jul 16, 16:43:32
Cet amendement, rédigé avec la Convention nationale des associations de protection de l’enfance, le Groupe national des établissements publics sociaux et médico-sociaux et Unicef France, tend à supprimer les quelques mots de l’alinéa 22 qui prévoient que le juge des enfants, lorsqu’il renouvelle un placement, doit examiner « prioritairement la possibilité d’un accueil auprès d’un assistant familial ou au sein d’un village d’enfants ».

Ces mots ne sont pas un encouragement, mais un ordre d’examen. Le juge devra d’abord envisager cette solution et s’expliquer s’il en retient une autre. La loi lui souffle donc la réponse avant qu’il n’ait fini d’examiner la question. Or la bonne réponse dépend de l’enfant et de rien d’autre. Pour l’un, l’accueil familial sera la meilleure chose qui lui soit arrivée. Pour un autre, un adolescent en grande souffrance psychique, un enfant pour qui l’intimité d’un foyer rejoue ce qu’il a subi, ce sera une rupture de plus. Personne ici ne peut savoir d’avance, et pour tous, laquelle des deux solutions est la meilleure.

Nous ne fermons aucune porte. L’accueil familial reste possible et souhaitable dans bien des cas – je le dis pour lever toute ambiguïté. Nous refusons seulement qu’il soit prescrit avant que l’enfant ne soit examiné.

Vous donnez la priorité à l’accueil familial dans un pays où 75 % des assistants familiaux ont plus de 50 ans. Vous inscrivez une priorité dans la loi sans créer une seule place pour l’honorer. Que vaut-elle dans ce cas ? Une priorité sans place n’est pas une politique : c’est de l’incantation. Le résultat d’un système saturé est prévisible : la préférence d’un principe deviendra une orientation par défaut, alors que l’intérêt supérieur de l’enfant doit être le seul critère guidant le juge.
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Karen Erodi
• 2026 Jul 16, 16:02:14
Permettez-moi de lever tout de suite un malentendu : nous sommes favorables au maintien des liens entre frères et sœurs. Séparer une fratrie, c’est ajouter un arrachement à un arrachement. L’alinéa 9, cependant, ne concourt pas à protéger les fratries, mais il crée un motif autonome de placement fondé sur la seule préservation du lien de fratrie. Autonome : qui se suffit à lui-même, même en cas d’absence de danger.

Mesurez bien ce que cela implique : un enfant qui va bien, qui n’est pas en danger, qui n’est concerné par aucun des critères de l’article 375 du code civil, pourrait être placé simplement parce que son frère l’est. Le placement, pourtant, n’est pas un service rendu, mais une mesure de protection portant atteinte à la vie familiale. Seul un danger encouru par l’enfant en constitue le fondement légitime.

Si généreuse soit l’intention, retirer un enfant à sa famille pour un simple motif d’organisation renverse la logique de l’assistance éducative. Une telle disposition serait aussi fragile au regard de l’article 8 de la Convention européenne des droits de l’homme.

Dans un système à bout de souffle, un beau principe n’est plus qu’un instrument de gestion. Le rapport de la commission d’enquête décrit un secteur tombé dans un gouffre, avec des pouponnières occupées à 108 %. Dans ce contexte, un motif de placement sans condition de danger n’est pas une protection, mais une variable d’ajustement.

Vous voulez protéger les fratries ? Donnez aux départements les moyens humains et financiers de les accueillir au complet, mais n’en faites pas un motif de placement autonome pour un enfant qui n’est pas en danger.
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Karen Erodi
• 2026 Jul 15, 22:14:41
Oui, les enfants sont sacrifiés !
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Karen Erodi
• 2026 Jul 15, 19:17:32
…ont tout fait pour l’obscurcir par des contrevérités. Ils ont joué avec les peurs, alors que nous posons un cadre clair, strict, avec l’exigence de critères cumulatifs. La demande doit être faite par une personne majeure, atteinte d’une affection grave et incurable, en phase avancée ou terminale, dont les souffrances sont réfractaires à tous les traitements et dont la volonté de bénéficier de l’aide à mourir est libre, éclairée et réitérée. La démarche s’arrête à tout moment si la personne le souhaite. Rien n’est imposé à personne et une clause de conscience protège chaque soignant.

Cette loi n’ôte aucun droit mais elle en crée un : le droit de disposer de soi.

Ce texte ne constitue pas une rupture : il est l’aboutissement d’un long chemin, celui de quatre grandes lois auxquelles il donne une suite logique. En 1999, nous avons reconnu le droit au soulagement de la douleur, via les soins palliatifs, pour préserver la qualité d’existence. La loi Kouchner de 2002 consacre le droit du patient à prendre les décisions concernant sa santé ainsi que l’obligation incombant aux soignants de créer les conditions à même d’éclairer ces décisions. La loi Leonetti de 2005 a reconnu aux personnes en fin de vie le droit de décider d’arrêter tous les traitements. La loi Claeys-Leonetti de 2016 a permis aux patients en fin de vie de bénéficier de la sédation profonde et continue jusqu’au décès, via les directives anticipées, quand il le décide. Nous rendons à la personne le droit de choisir elle-même et à tout moment. Chaque étape est un pas de plus vers l’autodétermination. Ce texte est l’ultime liberté de choix.

Je n’ai pas oublié nos exigences, que je réitère avec force. Aujourd’hui, la fin de vie est déjà organisée dans notre pays ; mais dans l’ombre et dans l’inégalité. Les plus aisés partent à l’étranger pour pouvoir mourir dignement alors que les plus nombreux, les classes moyennes, les classes populaires et les plus démunis, eux, endurent jusqu’au bout. Avec cette loi, nous mettons fin à cette hypocrisie et à ces inégalités devant la finitude. Il nous reste cependant des combats à mener. Nous continuerons de nous battre pour un droit opposable aux soins palliatifs, que la droite et l’extrême droite ont refusé. Nous dénonçons le critère de nationalité, qui exclut les personnes en situation irrégulière : c’est indigne. Nous regrettons la suppression du délit d’entrave, alors que 67 % des Français y sont favorables et que nous savons, par exemple, ce que les intégristes font, par exemple, subir, encore aujourd’hui, au droit à l’avortement.

J’ai défendu tout au long de l’examen de ce texte, avec quelques députés, l’établissement des directives anticipées et la désignation de la personne de confiance. Cela a été rejeté sous prétexte d’« équilibre du texte » ; mais c’est encore une belle hypocrisie, car cette possibilité existe dans la loi Claeys-Leonetti. Que se passera-t-il pour une personne dont l’état se dégrade brutalement, jusqu’à perdre conscience, alors que sa demande était libre et éclairée ? En l’état, tout s’arrête, et vous la condamnez à une fin qu’elle avait pourtant rejetée par écrit. Qui, mieux que l’intéressé, peut fixer le seuil de sa propre dignité ?

Je regrette également que cette loi laisse au bord du chemin les personnes victimes d’un accident grave ou d’un AVC ainsi que celles qui sont atteintes d’une maladie neurodégénérative, comme la maladie d’Alzheimer et tant d’autres.

Aussi ce combat ne s’arrête-t-il pas ce soir. En 2012, place de la Bastille, Jean-Luc Mélenchon annonçait déjà que nous lutterions sans répit pour le droit de choisir sa fin et de mourir dans la dignité. Aujourd’hui, par notre vote, par nos combats présents et à venir, nous tenons parole.

Je tiens à saluer les malades, les familles, les aidants, les soignants et les militants des associations pour le droit à mourir dans la dignité, qui n’ont jamais renoncé. J’ai une pensée particulière pour celles et ceux qui sont partis dans d’atroces souffrances sans avoir vu ce droit advenir. Leur mémoire nous oblige.

Collègues, adoptons enfin cette grande loi humaniste, qui crée un nouveau droit et n’imposera jamais à personne d’y recourir.
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Karen Erodi
• 2026 Jul 15, 19:16:37
Collègues, nous y sommes. Après environ un demi-siècle de mobilisations, après des années et des mois de travail et d’auditions, après des milliers d’amendements débattus jusqu’au bout, nous arrivons à la lecture définitive de cette grande loi d’ultime liberté de disposer de son corps et de choisir une fin de vie digne.

« Aucune femme ne recourt de gaieté de cœur à l’avortement », disait Simone Veil ; personne, non plus, ne demande de gaieté de cœur l’aide à mourir. Il nous faut mettre fin au qui condamne encore trop de personnes à des fins de vies subies et qui leur fait endurer des douleurs intenses jusqu’à l’agonie finale. Refuser ce droit à celles et ceux qui souffrent sans espoir est terriblement cruel et inhumain. Aujourd’hui, nous ne parlons pas de la mort ; nous parlons de la vie et du droit de chacun et de chacune à partir dignement, maître de sa vie jusqu’au dernier souffle.

Permettez-moi de rappeler avant tout ce que nous votons, car les opposants à cette loi, de la droite conservatrice à l’extrême droite, par dogmatisme,…
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Karen Erodi
• 2026 Jul 15, 19:16:26
…et que la Convention citoyenne, composée de 184 citoyens et citoyennes tirés au sort, après ses multiples travaux et auditions, s’est prononcée à 76 % pour un droit à l’aide à mourir.
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Karen Erodi
• 2026 Jul 15, 19:16:12
La majorité sénatoriale démontre qu’elle ne respecte pas la volonté des Françaises et des Français, puisque 84 % d’entre eux approuvent cette proposition de loi, quelles que soient leurs appartenances politiques et leurs convictions religieuses,…
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