…et s’il y a, sur tous les bancs, des tabous à dépasser et des dogmes à faire sauter, ce doit être au service d’une seule cause, celle de notre jeunesse. Voilà les quelques mots que je souhaitais partager avec vous. Évidemment, l’élection présidentielle tranchera les grands désaccords. C’est son rôle et, conscients de cela, nous avons voulu vous proposer un budget aussi réversible que possible. Ne laissons pas ce grand rendez-vous démocratique être gâché par les conséquences terribles qu’aurait l’absence de budget ou un décrochage financier de notre pays ! C’est ce que nous devons aux Français, c’est ce que nous devons à la France.
…à chaque fois – je le disais dès mon propos liminaire dans ce débat. Elle a toujours été sacrifiée dans les discussions budgétaires. On a beaucoup parlé des jeunes ces dernières semaines. Ils ont été beaucoup trahis dans cet hémicycle.
…il serait paradoxal que, tel des Ponce Pilate budgétaires, nous nous lavions les mains, cette année, des conséquences des décisions prises dans l’hémicycle. L’an dernier, le Parlement a trouvé un compromis sur la question des retraites.
Je crois, peut-être avec la foi du charbonnier, qu’un compromis est possible. Nous avons réussi à le trouver en 2024 comme en 2025. Alors même que la situation géopolitique est plus grave, que la situation financière est plus tendue et qu’une élection présidentielle permettra, d’ici quelques mois, de trancher les grands désaccords et de revenir, après ce grand moment de légitimation démocratique, sur les dispositions de la loi de finances qui ne conviendrait pas à la nouvelle majorité,…
…alors que chacun sait et chacun, le plus souvent, se l’avoue dans les couloirs qui jouxtent l’hémicycle – c’est le plus triste : nous avons besoin des unes et des autres pour réduire le déficit public, nous devons baisser la dépense tout en renforçant la justice fiscale et sociale. Le gouvernement a proposé, dans le texte initial, des mesures nouvelles et importantes. Je pense à la réduction des allègements généraux et aux réformes des niches fiscales. Il est évidemment disponible pour continuer d’y travailler dans les prochaines semaines et pour répondre aux demandes sociales qui émanent de tout le pays et, en premier lieu, de sa jeunesse – j’y reviendrai dans un instant. Si le gouvernement est ouvert, sans tabou, au sujet du comment, c’est-à-dire des mesures, il sera toujours très ferme au sujet du combien, c’est-à-dire de la réduction impérieuse du déficit public.
Pour répondre à la situation et pour ramener le déficit à 5 % du PIB, il faut dépasser les tabous, et ce, dans tous les camps et sur tous les bancs. On ne peut pas, ici, dire non à toutes les économies, là, dire non à toutes les recettes,…
On ne peut pas, pour des raisons électorales, pour ménager un camp, pour ménager une clientèle, faire souffrir notre pays toute l’année 2027, faute d’avoir su faire le compromis indispensable pour donner un budget à la France.
Chacun voit bien les turbulences géopolitiques – la fermeture du détroit d’Ormuz se prolonge – et mesure à quel point elles déstabilisent notre économie, fragilisent les comptes publics et étranglent le pouvoir d’achat des Français.
Les taux d’intérêt ont atteint, entre le début de la procédure budgétaire – nos premiers échanges au printemps, puis au mois de juillet, avec la publication du rapport prévu à l’article 48 de la loi organique relative aux lois de finances – et aujourd’hui, des niveaux records.
Après le vote d’aujourd’hui, le projet de loi de finances sera examiné au Sénat, puis reviendra à l’Assemblée. Nous avons donc quelques semaines pour dessiner un compromis indispensable, mais pas davantage : le pays a besoin d’un budget avant la fin de l’année et les prochaines semaines seront décisives pour la France. Le budget est réversible, mais un décrochage financier et budgétaire serait irréversible. Nous ne pouvons pas être hypnotisés par l’élection présidentielle au point de ne pas voir le sol qui se dérobe sous nos pieds.
…les collaborateurs de tous les groupes politiques, les collaborateurs et les services du ministère de l’économie et des finances, ceux du ministère de l’action et des comptes publics, et vous tous qui avez siégé jour et nuit. Chacun connaît l’issue probable du vote qui se déroulera dans quelques minutes. Chacun connaît aussi sa conséquence immédiate : si la première partie est rejetée, c’est la copie initiale du gouvernement qui partira au Sénat. Si, ce soir, l’heure n’est pas vraiment au suspense, les prochains jours devront être ceux du sursaut.
L’amendement vise à actualiser l’article liminaire pour tenir compte des votes de l’Assemblée nationale. Le solde de l’ensemble des administrations publiques – indicateur utilisé en comptabilité nationale, à distinguer du solde budgétaire de l’État, évoqué précédemment –, autrement dit le déficit public, se serait élevé à 5 % du produit intérieur brut avec la version initiale du projet de loi de finances. À l’issue de l’examen de la première partie, il s’élèverait à 5,9 %, soit une dégradation du solde de 0,9 point de PIB. Cette dégradation s’explique par la baisse déjà mentionnée de 16 milliards des prélèvements obligatoires : suppression de la contribution exceptionnelle sur les bénéfices des grandes entreprises, annulation du recentrage de certains dispositifs – plafonnement de l’abattement pour frais professionnels sur les pensions de retraite, fiscalisation des indemnités journalières AT-MP – proposé dans la version initiale, abaissement de certains taux de TVA, notamment pour les livraisons d’électricité ou les prestations de réparation. Ces baisses ne sont que partiellement compensées par le droit d’enregistrement sur la valeur d’acquisition des titres annulés pour les sociétés cotées et la modification des paramètres de la taxe sur les transactions financières. Par ailleurs, 8 milliards d’euros résultent des nouveaux transferts vers les collectivités territoriales et du rejet des mesures d’économie proposées sur la sphère locale, comme la contribution progressive à l’effort budgétaire et la réforme du FCTVA. À cela s’ajoutent 2 milliards de crédits d’impôt, principalement dus à la transformation de la réduction d’impôt pour les dépenses de dépendance et de la niche Coluche en crédits d’impôt.
Monsieur le député, dans l’hémicycle, on débat. Le débat parlementaire a la grande vertu de permettre de passer aux rayons X les projets des uns et des autres. Votre contre-budget s’est écrasé au décollage du débat parlementaire en proposant une explosion des déficits de la sécurité sociale et des finances publiques.
Les amendements du Rassemblement national sur la deuxième partie du projet de loi de financement de la sécurité sociale creuseraient le déficit de 14 milliards d’euros ! Pour ce qui est du projet de loi de finances, M. Renault, il y a quelques jours, m’a invité à regarder non seulement les amendements déposés par le Rassemblement national sur la première partie, mais aussi sur la deuxième – en commission. C’est chose faite. L’ensemble de ces amendements auraient conduit à une dégradation du déficit public de plus de 30 milliards d’euros ! Telle est la réalité du contre-budget du Rassemblement national.
Cependant, votre budget Potemkine s’est désintégré lors des débats budgétaires dans cet hémicycle. Les amendements que votre parti a déposés nous donnent un aperçu de ce que vous feriez si vous aviez la majorité absolue.
Vous avez refusé toutes les mesures d’économie sur la sécurité sociale, et refusé l’investissement dans le nouveau nucléaire. Voilà notre position politique. Monsieur Mauvieux, vous avez présenté il y a quelques semaines, à grand renfort de PowerPoint, un contre-budget.
Nous avons proposé de réduire les déficits de la sécurité sociale, de les diviser par deux, et d’investir dans l’avenir, par exemple dans le nouveau programme nucléaire français, dont nous avons débattu cet après-midi. Qu’avez-vous fait ?