Monsieur le ministre, dans une avalanche, aucun flocon ne se sent responsable. Votre responsabilité dans la situation actuelle est grande. Tout soutien, tout grand discours ne vaut que d’être suivi d’actes. Or quand je vous interroge sur la santé mentale, vous me répondez sur les gens qui se droguent ! C’est une confusion inadmissible, une réponse inacceptable quand on est chargé de la sécurité de ceux qui surveillent nos prisonniers et de ces prisonniers eux-mêmes !
J’associe à ma question ma collègue Émeline K/Bidi. Ces trois derniers mois, trois agressions ont eu lieu à La Réunion. Ces trois agressions ont trois points communs : toutes ont été commises en milieu carcéral, toutes sur des surveillants pénitentiaires, toutes par des détenus atteints de troubles de santé mentale. Je tiens ici à témoigner mon soutien au personnel des prisons réunionnaises dans cette épreuve. Au-delà du drame, ces faits divers nous convoquent et nous obligent. Ils nous obligent à l’indignation, à la responsabilité, mais surtout à la réflexion. En 2025, le gouvernement annonçait que la santé mentale serait la grande cause nationale en 2026. Cette promesse a été reconduite, mais où sont les actes ? La rue et la prison ne doivent plus être des hôpitaux psychiatriques de substitution. L’intensification des troubles psychiatriques en milieu carcéral met en danger la vie du personnel, mais aussi celle des détenus. Ajoutez à cela la surpopulation – 1 000 personnes détenues pour une capacité théorique de 575 places. On dénombre seize prisons en outre-mer ; pour combien d’unité hospitalière spécialement aménagée (UHSA) ? Zéro ! Pourtant, ces trois agressions témoignent d’un besoin réel. Compatir sans agir est un aveu de faiblesse. Je me fais ici chambre d’écho de l’intersyndicale : quand consentirez-vous à la création d’une UHSA pour les outre-mer, à La Réunion ?
Le financement de ce projet est assuré pour moitié par des fonds européens, et pour moitié par un emprunt contracté par une société créée à cet effet. Les deux dispositifs prévus par l’amendement ont vocation, non pas à augmenter les impôts, mais à garantir cet emprunt, à l’obtenir dans les meilleures conditions possibles et à élargir la capacité fiscale de la collectivité régionale afin qu’elle puisse mener à bien ce projet qui permettra à La Réunion de respirer. Je le redis, il existe là-bas un véritable coma circulatoire, avec 90 000 véhicules qui entrent chaque jour dans la capitale. Le projet Réunion Express libérera La Réunion sur le plan structurel comme sur le plan économique. Ce n’est pas un rêve, mais un besoin générationnel pour tous les Réunionnais. C’est le moment ! Chers collègues, l’outre-mer et La Réunion vous regardent, nous avons besoin de vos votes ! (
Cet amendement de repli vise à une taxation réduite du transport aérien de passagers pour les liaisons qui relèvent d’une situation particulière d’insularité et d’éloignement. La différenciation ne serait pas fondée sur le lieu de résidence des passagers mais sur des caractéristiques objectives du transport : absence de solution terrestre ou ferroviaire et nécessité de franchir une distance maritime significative. Cette approche permettrait de tenir compte des spécificités des territoires insulaires que sont les pays dits d’outre-mer en évitant de réserver l’avantage fiscal à une catégorie de personnes déterminée par leur résidence habituelle ou secondaire.
Vous le voyez, l’ensemble des députés sur les bancs de la gauche formulent quasiment la même demande. Quand on regarde les informations, on voit que depuis l’arrivée des macronistes au pouvoir, les gens se plaignent de leur pouvoir de vivre – je préfère l’expression « pouvoir de vivre » au pouvoir d’achat, car on vit pour vivre, pas pour acheter. Il est important de s’interroger aussi sur les marges, puisque même dans les territoires où la TVA n’existe pas, comme Mayotte ou la Guyane, la vie est chère. Par ailleurs, il ne faut pas limiter le panier à l’alimentation, comme l’a souligné Estelle Mercier, car la vie est chère en tout : quand on achète un gel douche, des produits pour son bébé, des pièces pour sa voiture. Il faut donc étendre la TVA à 0 %. Notre ambition est simple : que la baisse de la fiscalité se traduise concrètement par une baisse des prix et un gain de pouvoir de vivre pour les Réunionnais, les Martiniquais et les Guadeloupéens.
Nous avons rappelé à maintes reprises dans cet hémicycle que la crise du logement n’épargnait pas les outre-mer et, en particulier, La Réunion. Cet amendement, travaillé en relation étroite avec l’Ushom, l’Union sociale pour l’habitat en outre-mer, tend à élargir aux opérations d’accession sociale à la propriété réalisées en bail réel solidaire (BRS) le dispositif de crédit d’impôt qui existe déjà au bénéfice de certaines opérations d’accession sociale à la propriété réalisées dans les outre-mer. Le but est de répondre aux besoins de développement de l’accession sociale et très sociale à la propriété correspondant au mode de vie et d’habitat des outre-mer. S’il arrive qu’au terme d’un bail de vingt ou trente ans en logement social, des occupants puissent devenir propriétaires, ils n’ont souvent pas la capacité financière de rénover le bien. En effet, de nombreuses personnes vivent encore sous le seuil de pauvreté à La Réunion. Il s’agit ici, en élargissant un dispositif existant, de les aider à vivre dans des conditions dignes. Adopter cet amendement serait faire un grand pas vers un habitat digne dans l’île.
Si on veut faire des économies et dépenser moins pour les rénovations, il faudrait peut-être commencer par arrêter de nous imposer des matériaux de construction qui ne sont pas adaptés au climat de nos pays tropicaux. Faire du copier-coller de ce qu’on fait pour construire des logements dans le nord de la France est une stratégie qui ne marche pas ; c’est pourquoi on dépense plus pour la rénovation de bâtiments de moins de quinze ans que pour celle des vieilles constructions. Monsieur le ministre, utilisons des matériaux adaptés à notre climat et à notre géographie, construisons de façon logique !
Cet article permet de parler de l’outre-mer. Le PTZ a permis à nombre de familles réunionnaises d’accéder à la propriété. À La Réunion, à cause de la spéculation, il est toujours très difficile de devenir propriétaire si on n’a pas hérité d’un petit lopin de terre – et même quand c’est le cas, le coût de la construction demeure un problème. L’adoption en commission d’amendements adaptant le PTZ aux réalités des territoires d’outre-mer y a été perçue comme un bol d’air. Je remercie notre collègue Béatrice Bellay d’avoir déposé l’amendement no 855 car il faut toujours penser à l’outre-mer quand on parle du PTZ, dispositif qui y est très important.