Je vais me concentrer sur l’amendement, mais je ne peux pas ne pas réagir aux propos ubuesques de Mme Thévenot. Ce que nous proposons dans cet amendement n’a rigoureusement rien d’idéologique ! Dans un rapport, la Cour des comptes a recommandé de majorer les cotisations des entreprises présentant une sinistralité anormalement élevée en leur appliquant un malus. Vous-même, monsieur le rapporteur général, avez insisté sur la nécessité de mieux prévenir les AT-MP. C’est ce qui se pratique en Allemagne, en Belgique, en Italie, aux Pays-Bas, au Luxembourg – pourtant pas des dictatures prolétariennes. Prenez la mesure de l’importance de cet amendement et votez-le, s’il vous plaît !
Par cet amendement, les députés socialistes posent une question simple : doit-on travailler davantage et renoncer à ses jours de repos pour gagner dignement sa vie ? Pour nous, la réponse est non. Le gouvernement propose d’exonérer de cotisations sociales sur la branche vieillesse les rémunérations liées aux jours de repos. C’est une double peine : moins de repos pour les salariés et moins de recettes pour nos retraites.
Nous allons voter en faveur de l’amendement de M. Mazaury. Depuis le début de nos travaux sur le PLFSS, vous n’avez accepté aucune recette nouvelle – je m’adresse à tout le monde ici. Aucune ! Vous avez systématiquement refusé de mettre davantage à contribution celles et ceux qui ont les moyens, alors même que des amendements raisonnables ont été présentés en ce sens. En revanche, vous n’hésitez jamais à demander des efforts à celles et ceux qui sont les plus fragiles : les retraités, les malades, les salariés. Pour ce qui est de nos collègues d’en face, comment pouvez-vous vous prétendre les défenseurs des classes populaires et des classes moyennes ? Comment est-ce possible ?
J’ai beau être un socialiste raisonnable, il m’est difficile d’entendre de tels propos sans broncher. Je vous invite à regarder les chiffres, à comparer les taux d’imposition structurelle et exceptionnelle de 1998 et de 2012 avec les taux actuels.
Monsieur le ministre, ne jugez-vous pas l’accumulation de richesse indécente dans le contexte actuel ? Comme Océane Godard l’a rappelé lors de la discussion générale, cinquante-trois milliardaires possèdent davantage que 32 millions de Français. Tôt ou tard, il faudra bien faire quelque chose… Vous avez tenté de nous faire croire que vous étiez plus à gauche que Lionel Jospin et François Hollande réunis.
Il vise à mettre à contribution les superprofits, c’est-à-dire les profits exceptionnels réalisés par les très grandes entreprises. Cette contribution serait progressive, avec des taux de 20, 25 et 33 %, et toucherait les entreprises réalisant plus 750 millions de chiffre d’affaires. Elle aurait pour assise les bénéfices exceptionnels calculés par rapport aux trois exercices précédents. Je vois que le rapporteur général est déjà prêt à répondre. Je vous rassure, cher collègue : il ne s’agit pas de taxer les bénéfices ordinaires, mais bien la part exceptionnelle des bénéfices, au nom d’une fiscalité juste et d’une gestion responsable des comptes sociaux.
Nous parlons de la branche autonomie et de la CSA. Jérôme Guedj l’a rappelé tout à l’heure et je veux le citer à mon tour : selon le rapport de Dominique Libault, qui nous a quittés en août 2026, les besoins supplémentaires de la branche autonomie s’élèveraient à 9 milliards d’euros à partir de 2030. Le premier amendement vise à relever le taux de la CSA sur la fraction des rémunérations supérieure à trois smic. Le second vise à y assujettir les revenus des travailleurs indépendants supérieurs à trois smic.
Les députés du groupe Socialistes et apparentés ont deux objectifs : assurer la justice sociale et fiscale, et trouver des recettes. C’est l’objet de cet amendement. L’abattement de 1,75 % sur l’assiette de la CSG et de la CRDS bénéficie aux rémunérations élevées, atteignant jusqu’à quatre fois le plafond annuel de la sécurité sociale (Pass). Nous proposons de limiter cet avantage à celles qui atteignent une fois ce plafond, soit environ 4 000 euros mensuels. Le rendement de la mesure est estimé à 150 millions d’euros et pourrait financer la branche autonomie, comme l’indique le très bon rapport Vachey de 2020.
Cet amendement travaillé avec la MSA vise à corriger une lacune de la réforme de l’aide à la création ou à la reprise d’entreprise (Acre). Depuis 2026, son attribution n’est plus automatique : pour en bénéficier, les assimilés salariés doivent formuler une demande auprès de l’Urssaf. Toutefois, les textes en vigueur ne prévoient pas les modalités d’application de cette procédure pour les assurés assimilés salariés qui relèvent du régime agricole. Par cet amendement, nous proposons qu’ils puissent déposer leur demande directement auprès de leur caisse de MSA. Il ne s’agit donc pas de créer une nouvelle aide, mais de garantir un accès effectif à un droit existant.
Cet amendement, qui a été travaillé avec la Mutualité sociale agricole (MSA), a donné lieu à une discussion avec le rapporteur général en commission. J’ai revu la MSA, qui a confirmé qu’il était opérant. Dans sa rédaction actuelle, le dispositif ne permet l’application de l’aide accordée aux travailleurs indépendants et exploitants agricoles victimes des incendies qu’aux cotisations et contributions demeurant impayées au moment de l’émission annuelle. L’amendement vise à étendre le bénéfice de l’aide aux cotisations définitives, sans le limiter aux seules sommes restant à payer. Il serait injuste que ceux qui se sont déjà acquittés de leurs cotisations soient moins bien traités.
Je me demande qui a eu l’idée d’économiser ces 0,0007 % des dépenses prévues par le PLFSS ! Pour un tel rendement budgétaire, voyez les conséquences concrètes : dans les établissements hospitaliers, 42 millions, c’est important. C’est pourquoi nous souhaitons la suppression de l’article 3.
L’article 3 prévoit une baisse de la contribution de l’assurance maladie au fonds pour la modernisation et l’investissement en santé (Fmis) à hauteur de 42 millions d’euros. Autant d’argent en moins pour investir dans notre système de santé et dans les hôpitaux !
Je comprends pourquoi le rapporteur général renvoie la responsabilité vers la ministre. Madame la ministre, un engagement est un engagement. À force de vouloir faire des économies sur le dos des malades, on finit par provoquer ce que l’on appelle le renoncement aux soins. Or ce phénomène est aujourd’hui massif, et il entraînera demain des dépenses de santé supplémentaires. Ce n’est pas moi qui le dis, c’est Arnaud Robinet, président de la Fédération hospitalière de France. Il alerte sur l’ampleur du renoncement aux soins, qu’il qualifie de signal d’alerte majeur et de risque pour notre pacte social. Supprimons donc l’article 2 !
Nous en avons parlé tout à l’heure : l’article 2 entérine une mesure profondément injuste, le doublement des franchises médicales et des participations forfaitaires, décidée par décret le 11 septembre dernier, alors même que le gouvernement s’était engagé à y renoncer. Cette mesure frappera durement les personnes âgées, les personnes souffrant d’affections de longue durée et, plus généralement, celles qui ont le plus besoin de soins. C’est pourquoi nous demandons la suppression de l’article.
L’article 1er concentre trois renoncements politiques majeurs. Le premier entérine une nouvelle dégradation du déficit de la sécurité sociale, conséquence de choix budgétaires que nous contestons depuis des années – en particulier l’affaissement et l’assèchement des recettes. Le deuxième est le doublement des plafonds des franchises médicales décidé le 11 septembre par décret. Le gouvernement fait ainsi payer davantage les malades : c’est profondément injuste, et contraire à ses engagements. Le troisième est l’annulation de 600 millions d’euros de crédits mis en réserve pour nos hôpitaux. Alors que les personnels sont épuisés, que les services sont sous tension et que les patients attendent, le gouvernement choisit encore de fragiliser l’hôpital public. Le sens des responsabilités ne doit pas nous obliger à accepter l’inacceptable.