Quand allez-vous enfin dissoudre ce groupuscule nazi ? (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et LFI-NFP ainsi que sur quelques bancs du groupe SOC.)
Dans cette assemblée en costume-cravate, l’extrême droite insulte, diffame, harcèle, intimide et tabasse dans nos villes et nos campagnes. (Applaudissements sur plusieurs bancs des groupes EcoS et LFI-NFP ainsi que sur quelques bancs du groupe SOC.) Depuis sa création, le Front national demeure le parti de la violence et du désordre. J’appelle ici tous les élus à cesser de fermer les yeux sur cette proximité et de minimiser ces actes violents, et à ne rien laisser passer. (Mêmes mouvements.) J’appelle aussi tous les élus de droite et du bloc central à faire preuve de responsabilité : en mettant sur le même plan la gauche et l’extrême droite, vous vous rendez complices de sa banalisation (Mêmes mouvements) et de la montée de la violence dans nos villes et nos campagnes. Monsieur le ministre de l’intérieur, j’ai demandé trois fois à votre prédécesseur de dissoudre la Digue. Je vous l’ai demandé de nouveau, le 13 octobre. La semaine dernière, une quarantaine d’élus de Lorient et de Lanester se sont joints à moi pour réitérer cette demande une cinquième fois. Monsieur Nuñez, quand allez-vous quitter… ? (Rires sur quelques bancs des groupes RN et UDR.)
Depuis des mois, le groupuscule d’extrême droite la Digue brutalise ma circonscription. Après avoir menacé des élus, perturbé une rencontre du planning familial et harcelé des militantes et des militants, ses membres ont dérobé des livres dans une médiathèque de Lanester pour mettre en scène un autodafé d’inspiration nazie et le diffuser sur leurs réseaux. La semaine dernière, ils ont dégradé une nouvelle fois les abords de l’Université Bretagne Sud avec des tags aux références d’extrême droite et des menaces transphobes. La nuit suivante, un nouveau cap a été franchi : ils ont tabassé des étudiantes et étudiants venus recouvrir ces inscriptions. Les membres de la Digue, nous les connaissons bien : Mediapart a révélé qu’ils étaient présents pour accueillir Jordan Bardella à Lorient en janvier 2024, lors d’une rencontre entre le président du Rassemblement national et des pêcheurs lorientais.
Je vous remercie pour vos réponses. Je constate dans mon territoire qu’il est urgent de disposer d’un fonds de ce type pour accompagner les collectivités locales. À titre d’exemple, les membres de l’association des jardins familiaux du quartier du Bois-du-Château cultivent la terre sur le site d’une ancienne décharge. Ces habitants et habitantes ne pratiquent pas le jardinage comme un passe-temps mais parce qu’ils en ont besoin pour se nourrir correctement. Or ils voient des débris toxiques sortir de la terre où poussent leurs légumes et ils sont très inquiets de savoir s’ils s’intoxiquent un petit peu, beaucoup ou pas du tout. Alors même que les analyses réalisées jusqu’à présent aux frais de l’association démontrent une pollution diffuse, notre collectivité locale déclare ne pas disposer des fonds nécessaires pour financer les détections. Nous avons besoin d’un dispositif spécifique afin que les jardiniers connaissent les risques auxquels ils s’exposent.
Cet été, plusieurs habitants du pays de Lorient ont effectué à leurs frais des tests de pollution dans leur jardin. Ces tests ont révélé la présence dans les sols de quantités importantes de polluants – mercure, plomb et arsenic – à des taux dangereux pour la santé humaine. Ces pollutions sont cachées dans les sols ; les habitants ne les voient ni ne les sentent. Loin d’imaginer de telles concentrations dans leur jardin, ils cultivent et mangent les légumes de leur potager tandis que leurs enfants, qui y jouent et manipulent parfois la terre, sont en contact direct avec ces polluants. Ainsi, les habitantes et les habitants de ma circonscription s’exposent peut-être, sans le savoir, à des risques d’empoisonnement. D’origines diverses, ces pollutions sont présentes dans de nombreux endroits. Il convient avant toute chose de les détecter afin d’informer les citoyennes et les citoyens sur les risques qu’ils encourent. Or, en la matière, l’action publique se limite à des financements sporadiques par le fonds Vert, destinés à analyser les seules friches industrielles. Une commission d’enquête sénatoriale conduite par M. Laurent Lafon et Mme Gisèle Jourda a souligné l’importance du renforcement des capacités publiques en matière de détection des pollutions et la nécessité d’accompagner les collectivités dans ces opérations d’analyse. Pour sa part, le groupe Écologiste et social propose de créer un fonds national spécifique, à la disposition des collectivités. Monsieur le ministre, soutiendrez-vous cette proposition ? Quelles mesures prendra le gouvernement pour quantifier la pollution réelle des sols partout sur le territoire et protéger les habitants ?
Il vise à supprimer le 5o quater, l’objectif de maintenir automatiquement en fonction, au-delà de 2040, les installations de retraitement et de valorisation des combustibles usés. Cette logique de prolongation sans limite – des centrales, des réacteurs et à présent des infrastructures de retraitement –, sans que jamais soit posée la question de la soutenabilité du système, est un des marqueurs de l’impasse dans laquelle nous enferme le nucléaire. Contrairement à ce que prétend la filière, le retraitement ne règle pas le problème des déchets. Il le déplace, le complexifie et génère lui-même des substances très radioactives, pour lesquelles aucune solution n’existe à ce jour. L’usine de La Hague – vieillissante, saturée, coûteuse et qui accumule les matières sans débouché – illustre parfaitement cette situation. Une fois encore, le contexte géopolitique devrait nous faire réfléchir. La présence, sur notre territoire national, de sites de ce type est un facteur de grande fragilité. Si nous perpétuons un tel modèle sans jamais envisager d’y renoncer, nous mettons notre pays en danger. En prolongeant le fonctionnement de ces installations au-delà de 2040, nous nous inscrivons dans une trajectoire marquée par la dépendance et le risque.
Merci pour vos réponses. Elles sont assez complètes s’agissant du bénévolat, mais je reste sur ma faim en ce qui concerne la question majeure du financement. La proportion est grande d’associations qui rencontrent de sérieuses difficultés en la matière. J’ai déposé une proposition de résolution invitant le gouvernement à organiser des états généraux du financement des associations. Vous devriez vous en emparer : nous ne pouvons pas laisser le monde associatif s’écrouler, lui qui joue un rôle crucial dans l’ensemble des territoires.