Merci pour cette réponse. Le Morbihan n’est en effet pas le plus à plaindre. Le dispositif France Santé ne répond pas pour autant complètement – loin de là – à l’exigence de pérennité et de financement des centres de santé participatifs. Nous demeurons inquiets à cet égard.
Je souhaite par ma question attirer l’attention de Mme la ministre de la santé sur la désertification médicale dans le Morbihan. La population du département rencontre, comme dans de nombreux territoires, des difficultés croissantes pour accéder à des professionnels de santé, notamment à des spécialistes. Cela suscite un sentiment de délaissement et d’atteinte directe à la dignité qui nourrit la colère, voire le rejet du politique. Au niveau national, la suppression du numerus clausus et la libération du temps médical permettront, à terme, d’améliorer l’accès aux soins. Mais ces mesures ne répondent pas à l’urgence à laquelle sont confrontés les citoyens et les collectivités. Entre 2018 et 2024, le nombre de médecins généralistes a diminué, ce qui a creusé un déficit médical qui mettra du temps à se résorber. Face à cette situation, des initiatives locales se développent, promues par des citoyennes et des citoyens, des associations et des professionnels de santé. À Hennebont, dans le Morbihan, au sein d’un quartier prioritaire de la politique de la ville, un médecin, Boris, a ainsi construit avec des collègues soignants un centre de santé communautaire afin de garantir l’accès aux soins pour toutes et tous. Ce centre de soins participatif, comme vingt-cinq autres structures d’exercice coordonné participatives, devait être inscrit dans le droit commun en 2026 afin de pérenniser ses financements. Toute suspension brutale de cette expérimentation constituerait un recul pour le droit à la santé. Elle fragiliserait particulièrement les personnes socialement défavorisées, déjà confrontées à de fortes inégalités d’accès aux soins et plus largement à la santé, ce qui entraîne parfois des conséquences dévastatrices. Début février, ces structures ont reçu un courrier de la ministre de la santé qui se voulait rassurant et annonçait le maintien du financement de l’expérimentation jusqu’à la fin de l’année. Mais au-delà, l’avenir demeure incertain. Pourtant, les résultats obtenus par ces centres sont reconnus comme particulièrement positifs. Une mobilisation nationale est en cours pour permettre la pérennisation des vingt-six centres concernés. Au regard des besoins croissants, il faudrait non seulement garantir leur maintien, mais aussi permettre l’essaimage du dispositif sur l’ensemble du territoire. Quels financements l’État prévoit-il à cette fin ? Plus largement, il est indispensable de donner aux collectivités, notamment aux communes, les moyens d’agir concrètement face à la pénurie de professionnels de santé. Les communes peuvent par exemple soutenir la création de centres de santé, favoriser l’installation de professionnels, développer des mutuelles communales ou encore accompagner des formes d’exercice coordonné. Elles peuvent également renforcer les politiques de prévention : promouvoir l’accès à une alimentation saine et durable, agir pour la dépollution des sols, soutenir l’éducation à la santé ou améliorer l’environnement urbain afin de favoriser le bien-être. Ce sont autant de leviers qui relèvent de l’action locale, mais requièrent un engagement financier clair et durable de l’État. Or la dotation globale de fonctionnement n’évoluera pas en 2026. L’inflation en réduira donc l’ampleur réelle, ce qui limitera encore la capacité des collectivités de mener des politiques de santé à la hauteur des enjeux. Face à la désertification médicale qui touche les zones rurales comme les villes moyennes, quels outils pérennes et quel soutien financier concret le gouvernement entend-il mettre à la disposition des maires et des collectivités pour garantir un égal accès à la santé sur l’ensemble du territoire ?
Elle vise à préserver notre souveraineté étatique. Nous sommes bien plus forts à plusieurs ; seuls, nous nous mettrions à la main des nouveaux empires.
L’alinéa 24 de la proposition de résolution n’en fait pourtant aucune mention. La défense de l’autonomie stratégique européenne est une approche pragmatique du renforcement de notre sécurité collective.
Ce droit des peuples est notre rempart face à l’impérialisme violent et face au nationalisme brutal dont le Rassemblement national, qui siège dans cet hémicycle, est le complice direct. Si nous ne sommes pas solidaires du Groenland comme des autres cibles américaines, telles que le Canada, nous ne serons crédibles nulle part. Oui, la pression américaine était un test. Oui, nous l’avons passé avec succès. Les déclarations fermes des pays de l’Union, comme l’exercice Endurance arctique, sont bien plus que des symboles. Ils sont la preuve de notre volonté. Sans provocation, sans agressivité, nous montrons notre préparation et notre résolution. Nous affichons notre inua comme on dit au Groenland, notre force vitale. Oui, nous sommes capables d’agir et de faire respecter notre identité et nos valeurs, même sans le commandement américain, voire contre lui. C’est décisif. Oui, nous sommes capables par nous-mêmes de sécuriser les frontières de l’Union européenne. Oui, unis, soudés, nous savons faire reculer les menaces d’annexion militaire, même de la première puissance mondiale. Aussi cette résolution veut-elle préparer le jour d’après. Elle réaffirme le rôle de premier plan que nous, la France, que nous, l’Europe, voulons jouer dans le nouveau monde en train de naître sous nos yeux. La défense des droits fondamentaux des peuples et l’intégrité nationale sont le fondement de la paix globale. Elle réaffirme que la sécurité collective de l’Union européenne et des territoires associés à l’Union européenne doit être respectée. Elle demande au gouvernement que la stratégie polaire récemment actualisée soit réellement mise en œuvre. Cette stratégie ne doit pas se limiter à l’enjeu militaire, mais, au contraire, y articuler les enjeux diplomatiques, sécuritaires, économiques, environnementaux, scientifiques et culturels, en mobilisant particulièrement la population et le territoire de Saint-Pierre-et-Miquelon. Elle propose des mesures concrètes : prolongement de l’exercice Endurance arctique ; sécurisation des infrastructures aériennes et cyber ainsi que du débat démocratique groenlandais face aux ingérences informationnelles ; présence permanente et pérenne d’une antenne de l’Institut français au Groenland ; construction d’un bataillon arctique européen opérationnel en coopération étroite avec la Nordefco – Coopération de défense nordique ; accroissement du soutien européen à la souveraineté économique du Groenland. Nous avons les réponses. Nous avons les moyens. Il ne manque que notre volonté, que cette résolution contribue à manifester. En votant pour cette résolution, vous pouvez affirmer avec force que le Groenland n’est pas un objet de négociation entre puissances. Au fond, en votant pour cette résolution, vous affirmez que ce qui se joue est simple : soit le droit international tient, soit la loi du plus fort revient. En votant pour cette résolution, vous pouvez affirmer, réaffirmer, que le rôle de la France, notre inua, est du côté de la solidarité européenne, du droit international et donc, toujours, du côté de la paix. (Applaudissements sur les bancs du groupe EcoS et sur les bancs des commissions.)
Les menaces directes d’annexion ou d’achat illégal du Groenland par Donald Trump ne sont pas une provocation isolée. Elles constituent une méthode, la même que celle de Poutine, d’Erdoğan, de Xi Jinping, de Netanyahou : celle de la légitimité par la force brute, celle de l’impérialisme, du nationalisme, du colonialisme. (Applaudissements sur quelques bancs du groupe EcoS.) Messieurs les monarques, ici, en France, nous le savons encore plus qu’ailleurs : les peuples ne sont pas à vendre. Aucun territoire n’est à conquérir par la force des armes ou de l’argent. Les Groenlandais utilisent le très beau mot de nunarput pour exprimer leur attachement au territoire et à la liberté. Du Rojava au Groenland, de Caracas à Taïwan, de Kiev à Gaza, non, messieurs les monarques, le droit des peuples à disposer d’eux-mêmes n’est pas négociable.
Je vous remercie pour votre réponse. Concernant la régulation et la maîtrise des loyers, les éléments dont nous disposons montrent un effet positif pour les locataires. Cependant, le dispositif ne s’applique qu’à quelques villes ; il faut l’étendre largement car les maires l’attendent, notamment dans les villes moyennes. Quant au logement social, force est de constater que nous n’en avons jamais construit aussi peu que sous la présidence d’Emmanuel Macron. La RLS – réduction de loyer de solidarité – a contraint les moyens budgétaires des offices HLM et des bailleurs sociaux en général. Dans ce secteur, on fait face à un besoin inédit en matière de construction et d’offre de logements. C’est vrai pour le Morbihan comme pour bien d’autres départements.
Dans de nombreuses villes moyennes, la crise du logement s’aggrave. Dans le Morbihan, près de 20 000 demandes de logement social restent insatisfaites en 2025. Des dizaines d’étudiants sont à la rue ou renoncent à leurs études faute de logement. À Larmor-Plage et à Groix, la multiplication des résidences secondaires fait exploser les loyers du parc privé. Nombre de travailleurs et de travailleuses doivent parcourir chaque jour des dizaines de kilomètres pour trouver un logement abordable, en dehors de la ville. J’ai déjà interrogé le gouvernement sur le réaménagement, piloté par l’Anru, l’Agence nationale pour la rénovation urbaine, du quartier du Bois-du-Château à Lorient, afin que les ménages modestes ne soient pas contraints de quitter la ville. Les maires sont en première ligne face à la hausse des prix immobiliers et à la prolifération des résidences secondaires et des meublés touristiques. La loi du 19 novembre 2024 visant à renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme à l’échelle locale, dite Airbnb, a renforcé leurs capacités à contrôler et à sanctionner, mais cela reste insuffisant. Les maires se sentent encore trop démunis face aux propriétaires de résidences secondaires, et à ces quartiers qui deviennent des quartiers fantômes, en excluant les classes populaires des centres-villes. Derrière les chiffres, il y a des vies : Amin, commerçant, vit dans l’arrière-boutique de son épicerie ; Juliette, graphiste, habite dans un camping ; Célia, esthéticienne, David, salarié de la culture, Nolwenn, coiffeuse, ont dû s’installer à trente minutes de Lorient ; Solène, mère célibataire, a dû cohabiter des mois avec son ex-conjoint faute de logement. Le gouvernement et le législateur doivent donner aux maires les moyens de garantir à chacun le droit de vivre là où il est né, là où il travaille. Des initiatives citoyennes existent, comme le projet d’habitat participatif du collectif Les Toits partagés dans le quartier du Manio à Lorient, accessible à tous et sobre en foncier. Le politique doit les entendre. Dans l’ensemble des villes moyennes, vous pourriez permettre aux maires de développer à plus large échelle ces dispositifs innovants d’habitat partagé ou de résidences intergénérationnelles ; vous pourriez leur permettre d’encadrer les loyers, d’adapter la fiscalité locale pour cibler les résidences secondaires et les logements vacants. Comment comptez-vous redonner aux maires la capacité d’agir pour enrayer la crise du logement dans leurs communes ?
Nous réservons nos efforts et nos suffrages au véritable débat parlementaire qui aura trait à l’actualisation de la LPM. À cette occasion, le gouvernement devra tenir compte des demandes du Parlement s’il souhaite sincèrement bâtir un consensus de sécurité nationale. (Applaudissements sur plusieurs bancs du groupe EcoS.)
…alors que notre cohésion et notre souveraineté sont menacées. Vous nous posez une question volontairement floue. Vous ne nous offrez pas de garantie solide sur l’usage des dépenses qui seront engagées. Vous ne nous permettez pas d’articuler la question de la défense nationale avec le débat budgétaire dans son ensemble. Le groupe Écologiste et social s’abstiendra donc de voter sur cette déclaration.
L’adoption de la taxe Zucman par notre assemblée durant la dernière niche du groupe Écologiste et social démontre qu’il est juste et possible d’emprunter cette voie. Donnons l’occasion à nos grandes fortunes de démontrer leur patriotisme en contribuant à la solidarité nationale,…
Pour le groupe Écologiste et social, la réserve constitue le principal levier à actionner pour renforcer massivement la défense de notre territoire et resserrer le lien armée-société. Nous attendons donc des engagements concrets : nos réservistes doivent être rémunérés sans retard, disposer d’un paquetage individuel complet et bénéficier d’une gestion des ressources humaines qui les valorise plutôt que de les cantonner aux tâches qui rebutent les militaires professionnels. De même, la hausse budgétaire dont nous débattons doit être l’occasion pour l’État de resserrer le pilotage stratégique de ses industriels. Je pense au Scaf, le système de combat aérien du futur, dont le développement doit aboutir malgré les difficultés de coopération. Je pense aussi à la Fonderie de Bretagne, dont les promesses de reprise par Europlasma tardent à se concrétiser, tant en termes de commandes que d’investissements. Enfin, je veux vous redire que nous ne financerons pas cet effort en sacrifiant notre pacte social. Pendant la guerre de 1914, c’est notamment par un impôt nouveau, l’impôt sur le revenu, que l’effort de guerre a été financé. Aujourd’hui, un impôt sur les grandes fortunes suffirait non seulement à renforcer notre défense sans peser sur les classes moyennes et populaires, mais aussi à financer d’autres besoins essentiels à notre société.
Monsieur le premier ministre, vous nous interrogez sur le futur de notre armée. Je vous confirme que nous pourrions approuver une hausse du budget des armées si des garanties précises étaient offertes quant à ses objectifs. Car oui : notre armée a besoin de moyens pour être en mesure de projeter au moins une division, relevable après six mois, afin de soutenir nos alliés européens. Notre armée a besoin de moyens pour porter à dix-huit son format de frégates de premier rang, quitte à financer cet effort en s’appuyant sur une production de coques blanches qui permette leur exportation. Notre armée a besoin de moyens pour fournir aux unités de véritables enveloppes de subsidiarité qui autorisent l’adaptation la plus efficace possible aux difficultés rencontrées par nos soldats. À cet égard, nous ne comprenons pas l’annonce unilatérale faite par le président de la République de l’instauration d’un service militaire universel volontaire. Enrôler des jeunes quelques mois sous les drapeaux n’est pas une fin en soi. Est-ce efficient ? Quels gains stratégiques et opérationnels attendre d’un engagement de quelques mois ? On ne peut pas justifier n’importe quelle dépense en prenant pour prétexte l’importance du lien entre l’armée et la société ou les besoins de recrutement du ministère des armées, d’autant que le coût annoncé – 2 milliards d’euros sur cinq ans – représente de quoi tripler le budget de notre réserve opérationnelle, un levier autrement plus utile, plus structurant et plus immédiatement mobilisable pour la sécurité du pays.
Le groupe Écologiste et social souhaite que notre pays construise une architecture de sécurité globale qui prenne en compte les menaces asymétriques et l’exigence de lutte contre les ingérences étrangères, alors qu’en Europe et dans cet hémicycle, l’extrême droite est l’instrument qu’emploient Vladimir Poutine et Donald Trump pour nous affaiblir. Elle doit impliquer les entreprises de la BITD, base dont la solidité dépend directement des travailleuses et des travailleurs, qu’il faut associer à cette construction. Elle doit enfin faire de notre modèle social et de la transition écologique une force pour la robustesse de notre pays et la cohésion de notre peuple. Ces orientations exigent de faire des choix. Notre pays ne peut pas tout, mais il peut beaucoup, en décidant d’une stratégie cohérente, pensée pour le long terme. Face aux impérialismes russe, américain et chinois, notre choix est clair : nous voulons que la France accorde la priorité à la défense de ses frontières et de celles de l’Union européenne. En effet, comme l’a réaffirmé le chef d’état-major des armées devant la commission de la défense nationale et des forces armées, l’Europe, c’est la masse, et la masse, c’est la capacité à faire face à nos adversaires.