L’article 7 définit le contenu et la procédure de délivrance des nouvelles autorisations pour les installations de plus de 4 500 kilowatts. Ce changement de régime encadrant l’exploitation des grands ouvrages hydroélectriques appelle une clarification explicite des critères environnementaux devant guider la décision de l’État. Le texte dispose que l’instruction doit concilier les objectifs de politique énergétique, de sûreté, de sécurité, de navigation, de prévention des inondations et d’adaptation au changement climatique. Mais il ne mentionne pas explicitement la préservation des milieux aquatiques, le bon état des masses d’eau et le maintien des continuités écologiques, pourtant au cœur des exigences du droit de l’eau et de la biodiversité. L’amendement vise donc à inscrire explicitement ces critères dans la loi.
Il vise à encadrer la commercialisation des capacités hydroélectriques virtuelles prévues à l’article 12 en instaurant un prix plafond applicable aux enchères correspondantes. Il s’agit de prévenir toute dérive spéculative et de limiter les écarts entre les prix de vente et les coûts réels de production de l’hydroélectricité. Les installations hydroélectriques sont principalement sollicitées lors des périodes de forte tension sur le système électrique. En l’absence de plafonnement, les enchères de capacités virtuelles sont susceptibles d’être conclues à des prix excessifs, favorisant des stratégies de captation de rente. L’instauration d’un prix plafond, fixé par décret après avis de la Commission de régulation de l’énergie, permettrait d’encadrer ces enchères et de limiter leurs effets haussiers sur les prix de l’électricité. Je rappelle que l’amendement CE51 de mon collègue Mathias Tavel avait été adopté en commission des affaires économiques. L’encadrement contribue à stabiliser la formation des prix.
L’article 12 prévoit la mise à disposition sur le marché d’au moins 40 % des capacités hydroélectriques installées en France, soit 6 gigawatts au cours des dix premières années, faisant peser une contrainte excessive sur EDF et sur la maîtrise publique d’un outil de production stratégique et renouvelable. Ce dispositif, qui s’apparente à un « Arenh hydro », organise un transfert massif de valeur au profit d’acteurs privés tiers ne contribuant ni à l’investissement, ni à l’entretien, ni à la sûreté des ouvrages. Il affaiblit directement les capacités financières de l’opérateur public et compromet sa capacité à assurer ses missions de long terme. Le présent amendement du groupe Écologiste et social tend à limiter cette ponction injustifiée en ramenant le plafond d’ouverture à 30 % des capacités installées et à 3,6 gigawatts pour les dix premières années, afin de réduire l’ampleur du transfert imposé à l’opérateur public et de préserver ses capacités d’investissement dans le parc hydroélectrique.
L’article 12 prévoit la création d’un dispositif de mise à disposition de « capacités hydroélectriques virtuelles », s’apparentant à un Arenh hydro, qui obligerait EDF à vendre jusqu’à 6 gigawatts de sa production hydroélectrique à des tiers concurrents par le biais d’un mécanisme de marché virtuel. Ce volume représente environ un tiers de la production hydroélectrique de l’opérateur public. Un tel dispositif fait directement écho au mécanisme de l’Arenh, dont les effets ont été largement documentés et dénoncés. Ce système a contribué à affaiblir durablement la situation financière de l’opérateur public, tout en favorisant des stratégies de captation de rente. Le dispositif proposé pour l’hydroélectricité présente les mêmes risques structurels et son adoption reviendrait à imposer à un opérateur public la mise à disposition forcée d’une ressource stratégique au profit d’acteurs privés. Pour ces raisons, cet amendement du groupe Écologiste et social vise à supprimer l’article 12.
Le dispositif proposé pour l’hydroélectricité présente les mêmes risques structurels que celui de l’Arenh. En effet, le prix de cession des capacités hydroélectriques virtuelles n’étant pas défini à ce stade, deux hypothèses problématiques se dessinent : si ce prix est fixé à un niveau inférieur aux coûts de production, le mécanisme reproduira les effets délétères de l’Arenh en organisant un transfert de valeur depuis l’opérateur public vers des opérateurs privés ; à l’inverse, si le prix est supérieur aux coûts de production, EDF pourra certes dégager un profit, mais la marge supplémentaire captée par les intermédiaires se traduira mécaniquement par un renchérissement du prix de l’électricité pour les usagers finaux, sans bénéfice identifiable pour l’intérêt général. Dans tous les cas, ce mécanisme revient à imposer à un opérateur public la mise à disposition forcée d’une ressource stratégique au profit d’acteurs qui ne participent ni à la gestion du parc hydroélectrique, ni à son entretien, ni à la sécurisation du système électrique.
Rien n’empêcherait demain la vente de certains barrages ou l’entrée d’acteurs privés au capital pour répondre à des contraintes budgétaires de court terme. L’histoire récente des autoroutes montre que ce scénario n’a rien de théorique. Vous l’aurez compris, entre une protection insuffisante contre la privatisation, l’institutionnalisation d’un dispositif rappelant fortement l’Arenh et le refus de la quasi-régie, le compte n’y est pas, même si la situation héritée de 2015 ne peut plus durer. Par conséquent, le groupe Écologiste et social s’abstiendra.
Ensuite, nous nous opposons à l’« Arenh hydro » tel que défini à l’article 12. Ce dispositif, mesure centrale qui accompagne le changement de régime d’exploitation de l’énergie hydraulique, permet à d’autres acteurs d’accéder à une partie de la production hydroélectrique d’EDF. Le mécanisme prévu est le suivant : une autorisation et un droit réel sont accordés à la France en contrepartie de la mise à disposition de 40 % des capacités hydroélectriques nationales au bénéfice des concurrents d’EDF. Concrètement, pendant vingt ans, EDF devra mettre à disposition des tiers une capacité de production hydroélectrique virtuelle de 6 gigawatts. Ce mécanisme rappelle fortement celui de l’accès régulé à l’électricité nucléaire historique, qui a plombé les comptes d’EDF et alourdi les factures des Français au seul bénéfice d’acteurs qui n’ont jamais rien produit ; reprendre ce schéma pour l’hydroélectricité, alors que vous l’avez vous-mêmes dénoncé pour le nucléaire, serait une erreur majeure. Nous regrettons également la méthode : légiférer sans étude d’impact ni avis du Conseil d’État sur un sujet d’une telle importance n’est pas satisfaisant. Enfin, j’y insiste, nous regrettons que la quasi-régie ait été écartée. Cette solution, je le répète, garantit la propriété publique, la sécurité juridique, la capacité d’investissement, le maintien du statut des salariés et le respect des règles européennes. La proposition de loi tente de débloquer la situation, mais elle ne lève pas les risques structurels qui pèsent sur l’avenir de l’hydroélectricité publique en France. Elle ne protège pas suffisamment contre les logiques de privatisation.
Elle garantit la propriété publique des barrages, et donc notre souveraineté. Elle permet d’appliquer un tarif réglementé fondé sur les coûts réels de l’électricité, bas et stable pour les consommateurs, et suffisant pour qu’EDF finance les investissements nécessaires. Elle simplifie la coordination entre barrages et centrales nucléaires en évitant la multiplication des exploitants. Elle apporte la sécurité juridique indispensable aux investissements et elle est compatible avec le maintien du statut des salariés. Mais ni l’État ni les dirigeants d’EDF n’ont voulu s’engager dans cette voie. À force de repousser, de négocier sans trancher, les gouvernements successifs ont laissé les concessions arriver à échéance, ont gelé les investissements et installé une paralysie durable du secteur. Aujourd’hui, nos territoires et la transition énergétique en paient le prix. Dans ce contexte, je salue le travail mené par Marie-Noëlle Battistel et Philippe Bolo. Leur mission d’information a remis ce sujet au cœur du débat parlementaire. Nous partageons une partie de leurs objectifs : oui, il est urgent de sortir du blocage actuel ; oui, le maintien de nos barrages dans le giron public est essentiel ; oui, il faut préserver la sécurité des ouvrages, le rôle des collectivités et le savoir-faire des salariés. Toutefois, le groupe Écologiste et social ne peut soutenir la proposition de loi en l’état de sa rédaction. D’abord, parce que le régime d’autorisation assorti d’un droit réel ad hoc n’écarte pas le risque de privatisation. Certes, la propriété publique est garantie aujourd’hui, mais rien n’empêchera demain l’opérateur public de vendre certains ouvrages ou de faire entrer des acteurs privés au capital.
L’hydroélectricité est une énergie stratégique pour notre pays : elle représente en moyenne 14 % de notre production électrique, elle est renouvelable et elle joue déjà un rôle central dans la transition et l’équilibre de notre système électrique. Pourtant, ce secteur est bloqué depuis dix ans, non pas à cause de l’Europe, comme on l’entend trop souvent, non pas faute de solutions mais faute de choix politiques assumés. Une voie existait pourtant, celle de la quasi-régie.
Il vise à renforcer le contrôle et l’information du Parlement sur l’activité d’un établissement public appelé à exercer des responsabilités majeures en matière de patrimoine immobilier de l’État. La création d’un opérateur disposant de compétences étendues en matière de gestion, de valorisation et de cession immobilières ainsi que de recours à l’endettement justifie pleinement la mise en place d’un mécanisme de reddition des comptes régulier et conforme aux prérogatives constitutionnelles du Parlement en matière de contrôle de l’action publique. La remise d’un rapport annuel détaillé permettrait de connaître de manière transparente l’évolution du patrimoine confié à l’établissement, les opérations immobilières conduites, les loyers facturés aux administrations occupantes et la situation financière de l’opérateur, notamment son niveau d’endettement et ses engagements hors bilan. Elle offrirait au Parlement les éléments nécessaires pour apprécier la soutenabilité du modèle économique retenu et les risques susceptibles de peser à terme sur les finances publiques. Enfin, ce rapport constituerait un outil indispensable d’évaluation des objectifs affichés par le texte, en particulier en matière de transition écologique et d’aménagement du territoire. En visant à rendre ce document public et à fixer un rythme annuel de transmission au Parlement, cet amendement tend à garantir que la réforme s’exercera dans un cadre de transparence, de responsabilité et de contrôle démocratique renforcé.
Cet amendement vise à exclure explicitement du champ des biens transférés à la foncière les biens immobiliers utilisés par les ministères régaliens, dont les missions touchent directement à la souveraineté nationale et à la sécurité intérieure et extérieure, à l’indépendance de la justice, à la conduite de la politique étrangère et à la stabilité économique et financière de l’État. Les implantations immobilières de ces ministères présentent, pour une part significative, un caractère stratégique qui justifie un traitement particulier et le maintien d’un lien direct entre l’État et ces biens. Soumettre ces actifs à une logique de transfert, de propriété et de gestion patrimoniale mutualisés ferait peser des risques importants sur la continuité et la sécurité de l’action publique. Les arbitrages immobiliers propres à une foncière, même publique, reposent sur des considérations liées à la valorisation, à l’optimisation et à la rationalisation, qui ne peuvent prévaloir sur les impératifs opérationnels de réactivité et de maîtrise des implantations propres aux missions régaliennes. Il est essentiel que l’État conserve une capacité de décision immédiate sur les biens nécessaires à l’exercice de ses fonctions.
En séance publique, nous avons cependant le devoir d’aller au-delà des intitulés rassurants et d’interroger la réalité du modèle préconisé. Ce texte organise un basculement profond : il dissocie la propriété des biens de leur affectation aux missions de service public et confie la gestion du patrimoine immobilier de l’État à un opérateur fonctionnant selon une logique de foncière patrimoniale, ce qui se traduira concrètement par la perception de loyers, la valorisation d’actifs, des arbitrages de cession, mais aussi par le recours à l’endettement. Il ne s’agit pas d’un simple ajustement technique mais d’un choix politique structurant, qui transforme la manière dont l’État se pense comme propriétaire. Sur le plan budgétaire, ce choix appelle de sérieuses réserves. Les ambitions affichées en matière de rénovation, de rationalisation et d’investissement supposent nécessairement des volumes financiers considérables. Or le texte ne présente aucune trajectoire budgétaire consolidée permettant d’en apprécier la soutenabilité à moyen et long terme. Il ouvre la voie à l’endettement, sans encadrement précis, et repose sur des mécanismes de lissage et de report dans le temps qui en atténuent l’effet immédiat tout en déplaçant la charge sur les années suivantes. Dans tous les cas, le risque financier revient in fine à l’État, donc aux finances publiques. Cette réforme ne pose pas seulement un problème financier ou patrimonial, elle pose aussi un problème humain et administratif majeur mais largement absent du débat jusqu’à présent. La gestion immobilière de l’État repose en effet sur une filière interministérielle structurée, mobilisant environ 13 000 agents aux compétences variées et reconnues – ingénierie, maîtrise d’ouvrage, expertise foncière, gestion locative, juridique, finance, énergie, données, systèmes d’information. Cette filière fonctionne à plusieurs niveaux : la direction de l’immobilier de l’État, les services déconcentrés, les directions immobilières ministérielles, les services domaniaux, les secrétariats généraux et les services de proximité. Or le nouveau modèle proposé implique nécessairement une recomposition massive de ces missions. Certaines fonctions disparaîtront quasi intégralement, à l’instar de celles liées à la maîtrise d’ouvrage immobilière, aux acquisitions et cessions pour le compte de l’État, ou encore à la gestion patrimoniale directe ; d’autres verront leur activité amputée de manière significative. Des services entiers, qu’ils soient ministériels, interministériels ou déconcentrés, verront leur raison d’être profondément remise en cause. Cela se traduira très concrètement par des restructurations de services, des mobilités contraintes, des pertes d’expertise de proximité, avec un risque réel de désorganisation, notamment dans les territoires. Or rien dans ce texte ne dit comment cette transition sera conduite, ni comment les agents seront accompagnés, ni comment sera préservée l’expertise publique accumulée depuis des décennies. Une réforme qui se prétend moderne ne peut pas traiter les femmes et les hommes qui font vivre l’action publique comme une simple variable d’ajustement. Le texte pose également un problème démocratique et territorial. D’abord parce que son application repose sur une centralisation très forte des décisions immobilières, avec des arbitrages imposés aux administrations occupantes. Ensuite, parallèlement, parce qu’il neutralise plusieurs leviers d’intervention foncière des collectivités territoriales, alors même que ce sont elles qui font face aux besoins en logements, en équipements collectifs et en services publics de proximité. Un tel choix de recentralisation entre en contradiction avec les discours répétés en faveur de la décentralisation et de la différenciation territoriale. Enfin, cette réforme est en décalage avec les priorités écologiques et sociales que nous devrions défendre collectivement. La transformation du parc immobilier public doit d’abord viser la rénovation énergétique, la sobriété foncière et la lutte contre l’artificialisation des sols. Or le cadre proposé privilégie une logique de restructuration patrimoniale et de création de valeur, sans garanties suffisantes quant à la poursuite réelle de ces objectifs et au maintien durable de l’affectation publique des biens. Pour l’ensemble de ces raisons, nous défendrons des amendements clairs : un amendement de suppression, car le modèle proposé nous semble profondément déséquilibré ; un amendement « de périmètre », pour protéger les fonctions régaliennes ; et un amendement pour demander au gouvernement de remettre un rapport annuel au Parlement, une réforme de cette ampleur ne pouvant s’exonérer d’un contrôle démocratique renforcé. Moderniser l’action publique ne peut pas signifier financiariser le patrimoine de l’État, affaiblir le contrôle parlementaire, désorganiser des filières entières de l’administration et faire peser des risques budgétaires, territoriaux et humains majeurs sans apporter des garanties suffisantes. Pour toutes ces raisons, nous voterons contre le texte et nous appelons à une remise à plat complète de la politique immobilière de l’État qui soit fondée sur l’intérêt général, la transition écologique et le respect des agents publics. (Applaudissements sur les bancs du groupe GDR.)
Comme cette séance traite d’un problème spécifique, nous ne sommes pas très nombreux. Ma question aurait pu être posée à Daniel Goldberg, qui était présent lors de la séance d’hier soir. Des associations viennent souvent nous voir, confrontées à des difficultés avec le conseil départemental qui leur refuse l’agrément leur permettant de s’installer. Est-ce là quelque chose de courant ? Comment peut-on soutenir au mieux ces associations ? En l’occurrence, il s’agit d’une association qui développe un lieu de vie et d’accueil (LVA) en Essonne : le dossier est complet, avec des garanties financières et des loyers en cours, mais le département de l’Essonne refuse d’octroyer l’agrément qui permettrait à cette association d’accueillir des enfants, y compris ceux du département voisin – l’administration essonnienne dit d’ailleurs elle-même qu’elle aurait des enfants à lui proposer. Comment, en tant que député, peut-on obliger le département à agir afin que les acteurs associatifs puissent travailler correctement ?
Quelle ironie que ce débat soit proposé par le Rassemblement national ! Si le sujet est absolument primordial, le voir inscrit à l’ordre du jour par un groupe qui se moque totalement de l’avenir des prochaines générations est d’un cynisme sans nom. Je tiens tout d’abord à remercier notre collègue Isabelle Santiago, rapporteure de la commission d’enquête sur les manquements des politiques publiques de protection de l’enfance. Elle a produit un travail de très haute qualité, qui a par ailleurs donné lieu à une proposition de loi, adoptée lors de la niche du groupe socialiste, prévoyant la présence systématique d’un avocat auprès des enfants dans le cadre d’une mesure d’assistance éducative et de protection de l’enfance – texte que nous avons évidemment soutenu. Si le gouvernement actuel semble saisir l’urgence de la situation, Mme la ministre a, avant-hier lors de la séance de questions au gouvernement, avancé un manque de moyens pour justifier la mise en place d’une simple expérimentation du dispositif. Je tiens à souligner l’importance du travail que nous avons engagé et à rappeler la volonté de l’Assemblée nationale, qui s’est manifestée par un vote unanime en faveur d’un déploiement généralisé, sans expérimentation. Lors de cette commission d’enquête, le Rassemblement national a eu l’occasion de faire part de ses contributions. Le groupe en a profité pour proposer une mesure raciste et xénophobe, témoin de leur volonté nataliste absurde : s’attaquer aux mineurs non accompagnés en proposant une présomption de majorité et en les soumettant à une politique d’immigration plus stricte. Comment croire, après les recherches aussi extensives de Mme la rapporteure, les contributions de tous les autres groupes, les preuves apportées par tous les organismes et personnes auditionnés, que le problème de la protection de l’enfance en France réside dans la question des MNA ? Mais comment s’étonner d’une telle conclusion de la part d’un groupe qui est toujours hors sujet, et dont les votes montrent le désintérêt total pour le bien-être des générations futures ? On parle bien d’un groupe qui vote contre une proposition de loi visant à protéger les mineurs isolés et à lutter contre le sans-abrisme, qui vote pour la loi Duplomb, pourtant responsable de l’empoisonnement des enfants, ou encore pour la suppression des zones à faibles émissions, qui permettent pourtant de réduire les émissions d’oxyde d’azote et de particules fines touchant les enfants. La protection de l’enfance est en crise parce qu’elle est devenue le refuge des dysfonctionnements des autres politiques publiques. Comme mon collègue Arnaud Bonnet et moi l’avons souligné dans nos contributions, la protection de l’enfance a été abandonnée par l’État et par certains départements. Depuis vingt-cinq ans, l’aide sociale à l’enfance fait face à une hausse continue du nombre d’enfants qui lui sont confiés et à des enjeux sociétaux qui se développent : la prise en charge des mineurs non accompagnés, l’explosion de la prostitution des mineurs chez les 13-17 ans, la prise en charge d’enfants en situation de handicap – notamment l’autisme, comme l’a rappelé ma collègue. En France, 344 682 mineurs ou jeunes majeurs sont pris en charge par l’ASE ; un chiffre en hausse de 19 % depuis 2011. L’ASE présente des défaillances, et ce n’est pas anodin. En matière de protection de l’enfance, un dysfonctionnement peut traumatiser, blesser, meurtrir, voire tuer. Nous en sommes tous des témoins vivants. Malheureusement, ces dernières années, les exemples se sont multipliés. Je l’ai rappelé hier : le 27 novembre 2025, l’émission « Envoyé spécial » a révélé un scandale d’ampleur nationale. En France, 20 000 mineures seraient victimes de prostitution et 80 % d’entre elles sont placées sous la protection de l’ASE. C’est un scandale inadmissible. Parmi elles, des jeunes filles de l’Essonne, mon département, dont certaines ont été exploitées dès l’âge de 11 ou 12 ans, parfois dans des foyers censés les protéger ; parfois même devant nous. La commission d’enquête parlementaire d’avril 2025 a confirmé l’ampleur du problème : 15 000 mineurs seraient victimes de prostitution en France, majoritairement des enfants placés. Le ministère de la justice a reconnu une situation critique et envoyé une circulaire pour renforcer les contrôles dans les foyers de l’ASE, mais les associations et les familles demandent des mesures concrètes : formation des professionnels, responsabilisation des clients et, surtout, une réforme en profondeur du système de protection de l’enfance. Cette situation n’est pas nouvelle. Elle est connue des pouvoirs publics. De nombreuses alertes, des rapports, des avis, des décisions des institutions françaises et internationales ont été publiés. Des juges des enfants ont dénoncé le quotidien de ces derniers. Pourtant, la situation n’a jamais été aussi dramatique. Oui, il y a eu des manquements de l’ASE. L’État a été complice, et nous le sommes encore aujourd’hui. Il a abandonné ses enfants. Il est temps de mettre en œuvre les dispositions préconisées par le rapport de la commission d’enquête et par la Convention internationale des droits de l’enfant.
Je remercie d’abord notre collègue Isabelle Santiago, rapporteure de la commission d’enquête sur les manquements des politiques publiques de protection de l’enfance, qui nous a permis d’étudier ces problèmes et de donner l’alarme en ce qui concerne les enfants placés. Madame la ministre, je souhaiterais davantage de précisions sur la question de la prostitution, qui touche particulièrement le département où je suis élue. Le 27 novembre 2025, l’émission « Envoyé spécial » a révélé un scandale d’ampleur nationale : en France, 20 000 mineures, dont 80 % sont placées sous la protection de l’ASE, seraient victimes de prostitution. Parmi elles se trouvent des jeunes filles de l’Essonne, dont certaines ont été exploitées dès l’âge de 11 ou 12 ans dans des foyers censés les protéger. Notre rapport préconisait de renforcer en la matière le rôle des commissions départementales de lutte contre la prostitution, le proxénétisme et la traite des êtres humains aux fins d’exploitation sexuelle en prévoyant un protocole d’action spécifique, ainsi que d’engager dans les meilleurs délais les formations prévues pour la stratégie nationale de lutte contre le système prostitutionnel. Qu’en est-il ?
Je remercie d’abord notre collègue Isabelle Santiago, rapporteure de la commission d’enquête sur les manquements des politiques publiques de protection de l’enfance, qui nous a permis d’étudier ces problèmes et de tirer la lourde sonnette d’alarme en ce qui concerne les enfants placés. Madame la ministre, je souhaiterais davantage de précisions sur la question de la prostitution, qui touche particulièrement le département où je suis élue. Le 27 novembre 2025, l’émission « Envoyé spécial » a révélé un scandale d’ampleur nationale : en France, 20 000 mineures, dont 80 % sont placées sous la protection de l’ASE, seraient victimes de prostitution. Parmi elles se trouvent des jeunes filles de l’Essonne, dont certaines ont été exploitées dès l’âge de 11 ou 12 ans dans des foyers censés les protéger. Notre rapport préconisait de renforcer en la matière le rôle des commissions départementales de lutte contre la prostitution, le proxénétisme et la traite des êtres humains aux fins d’exploitation sexuelle en prévoyant un protocole d’action spécifique, ainsi que d’engager dans les meilleurs délais les formations prévues pour la stratégie nationale de lutte contre le système prostitutionnel. Qu’en est-il ?