…ce serait refuser d’analyser où est allé l’argent des contribuables et des cotisants. À nos hôpitaux ? Aux retraités ? Au financement de l’autonomie de nos aînés ? Au soutien des familles ? Comment prétendre vouloir sauver notre modèle social si on refuse d’en examiner le livre des comptes ? Comment prétendre défendre les services publics si l’on rejette en bloc l’outil qui permet d’en mesurer l’efficacité et les coûts réels ? L’Assemblée est le lieu du verbe, de la contradiction et de la construction législative. La politique de la chaise vide ou du refus d’obstacle n’a jamais fait avancer le pays. Pour le respect de nos institutions, pour la transparence due à nos concitoyens, et pour que vive le débat démocratique au sein de l’hémicycle, nous voterons contre cette motion de rejet préalable.
Quand il s’agit d’un sujet aussi crucial que le budget de la sécurité sociale, cette attitude n’est pas à la hauteur des enjeux. L’approbation des comptes pour l’année 2025 est un exercice de vérité, de transparence et de clarté démocratique. Voter son rejet préalable, ce serait refuser de regarder la réalité des chiffres en face,…
Si cette motion de rejet préalable ne nous surprend pas sur la forme, elle est profondément regrettable sur le fond. Le rejet préalable, c’est le refus de la confrontation des idées.
La vocation de ce projet de loi d’urgence agricole est de répondre aux difficultés immédiates et concrètes rencontrées par les agriculteurs. Ce texte vise à simplifier, non à entraver. Or l’introduction de l’approche omme critère de reconnaissance des projets d’avenir agricole constitue un glissement technocratique qui n’y a pas sa place. Derrière cette terminologie abstraite empruntée aux instances internationales de santé publique s’impose en creux une conception globalisante et normative de l’agriculture. Dans cette vision, l’activité agricole serait systématiquement appréhendée à travers le prisme des risques sanitaires, environnementaux et écosystémiques, au détriment de la réalité économique et humaine des exploitations. En pratique, inscrire cette référence dans la loi revient à soumettre la reconnaissance des projets d’avenir agricole à une grille de lecture qui dépasse largement le champ de compétences et les moyens des exploitants. Nos agriculteurs ne peuvent être tenus de démontrer, pour chaque projet, leur conformité à une approche qui entremêle santé humaine, santé animale et santé des écosystèmes, le tout selon des critères flous, évolutifs et potentiellement litigieux. Nous proposons en conséquence de supprimer cette mention, afin de recentrer l’article 1er sur son objectif principal : reconnaître et soutenir les projets d’avenir agricole contribuant à la reconquête de notre souveraineté alimentaire. Ne leur imposons pas un cadre conceptuel supplémentaire.
Nous débattons d’un sujet qui ne devrait souffrir d’aucun clivage partisan, car il touche au cœur de notre contrat social : la protection de l’intégrité physique et psychique de nos concitoyens et l’efficacité de notre réponse pénale. En 2021, 168 000 viols et tentatives de viol ont été enregistrés en France. Or seules 10 000 plaintes ont abouti à une condamnation, et plus de 94 % des agresseurs identifiés restent impunis. En outre, 73 % des plaintes pour violences sexuelles sont classées sans suite. Ce chiffre, révélé par le ministère de la justice, illustre un profond dysfonctionnement de notre système judiciaire. Pire encore, huit victimes sur dix ne portent même pas plainte, par peur que leur témoignage ne soit pas entendu ou pris au sérieux. Malheureusement, pour trop de professionnels de la justice, une victime crédible est une victime qui hurle, se débat ou raconte son histoire de manière linéaire et avec émotion. La science dit pourtant l’inverse : lors d’une agression d’une violence extrême, le cerveau enclenche un mécanisme de survie, la dissociation traumatique. C’est une véritable déconnexion biologique. Parfois, il en résulte une sidération : le corps est paralysé, incapable de réagir. D’autres fois, cela se traduit par une anesthésie émotionnelle : la victime semble détachée, froide, voire indifférente, lors de son audition. S’ils ne sont pas formés à cette réalité neurologique, nos magistrats, nos policiers et nos gendarmes interprètent malheureusement le silence ou l’absence d’émotion comme un manque de sincérité. Le deuxième obstacle est celui de la mémoire. Le syndrome de stress post-traumatique fragmente les souvenirs. Une victime peut se tromper – sur une date, un vêtement ou l’ordre des faits –, non pas par mensonge, mais parce que son cerveau s’est mis en pause pour qu’elle ne meure pas de peur. Aujourd’hui, trop de plaintes sont classées sans suite parce que nous opposons à ces victimes une exigence de cohérence que leur propre biologie leur interdit dans l’immédiat. En tant que défenseurs de la vérité, nous devons intégrer ces données scientifiques, de sorte que la preuve ne soit pas balayée par méconnaissance médicale. La décrédibilisation de la parole des victimes est une double peine. Insulte à la dignité humaine, elle est aussi une faille de sécurité. Chaque fois qu’une parole est injustement écartée, par l’effet de préjugés, c’est un agresseur qui reste en liberté, ce qui accroît le risque de récidive. Notre famille politique a toujours prôné la fermeté, mais la fermeté n’est rien sans la justesse. Nous refusons l’impunité. Or elle se nourrit du doute systématiquement jeté sur les victimes. Nous prônons l’autorité, mais l’autorité de la justice est affaiblie lorsqu’elle semble incapable de comprendre ceux qu’elle doit protéger. La Droite républicaine propose la formation obligatoire et continue de tous les acteurs de la chaîne pénale sur les mécanismes du psychotraumatisme ; l’expertise systématique par des professionnels spécialisés, dès le début de l’enquête, pour évaluer l’état de dissociation ; enfin, le renforcement des moyens d’enquête pour chercher les preuves matérielles qui corroborent la parole, afin que le procès ne se résume pas à un stérile « parole contre parole ». La protection des plus vulnérables et la sanction des coupables sont les deux piliers de notre vision de la France. Ne laissons pas des mécanismes biologiques méconnus devenir des alliés de l’injustice. Faisons en sorte que le processus judiciaire soit un sanctuaire de vérité, informé par la science, afin que plus aucune victime ne soit traitée comme une suspecte par ceux qui doivent lui rendre justice.
Pour empêcher un vote conforme permettant une mise en œuvre du dispositif dès le 1er mai prochain, certains ont lancé un concours Lépine de l’amendement d’obstruction. Nous refusons l’enlisement du débat et l’immobilisme. Le vote de cette motion permettra à la navette de se poursuivre sans perdre de temps. La semaine prochaine, la réunion d’une commission mixte paritaire permettra de soutenir les artisans de nos territoires, et ceux de leurs salariés qui souhaitent travailler le 1ermai.
Cette proposition de loi issue du Sénat est équilibrée. Elle permet aux commerçants de certains secteurs bénéficiant de dérogations de travailler ce jour-là, tout en préservant la liberté du salarié de ne pas le faire, si tel est son choix.
L’insécurité juridique rencontrée par les boulangers et les fleuristes le 1er mai est symptomatique de la dérive bureaucratique du pays, au mépris du bon sens et de la volonté même des commerçants.
Le groupe Droite républicaine défend et défendra toujours la France qui travaille. Nous prouvons une nouvelle fois que nous agissons concrètement pour lever les entraves des artisans commerçants.
Ce texte porte sur un sujet trop souvent considéré comme technique et en vérité profondément politique : la commande publique. Derrière les dispositifs juridiques, il y a des réalités très concrètes pour nos entreprises, nos artisans, nos PME, nos territoires et, plus largement, pour l’efficacité de l’action publique. La proposition de loi répond à la nécessité de simplifier un droit devenu excessivement complexe. Le droit de la commande publique est devenu un véritable labyrinthe. Il y a trop de normes, trop de rigidités, trop d’incertitudes juridiques. Résultat : les collectivités sont freinées dans leurs projets et les entreprises découragées de répondre aux appels d’offres ; l’action publique est moins efficace. Or ce levier représente près de 400 milliards par an, soit environ 14 % de notre richesse nationale. En introduisant davantage de souplesse, notamment dans l’utilisation des accords-cadres, le texte va dans le bon sens – je pense notamment aux clauses de non-exclusivité, à la prévention des blocages en cas de défaillance et au principe de continuité du service public. Nous le disons depuis longtemps : il faut faire confiance aux élus locaux. Ce sont eux qui portent l’essentiel de l’investissement public et qui connaissent les besoins du terrain. Leur donner davantage de marges de manœuvre, c’est renforcer l’efficacité de l’action publique. Nous soutenons également ce texte parce qu’il apporte des réponses concrètes aux difficultés rencontrées par nos PME. Car il y a un paradoxe français : nos PME représentent l’immense majorité de notre tissu économique, elles créent de l’emploi, de la richesse et de l’innovation, mais elles restent encore trop souvent écartées de la commande publique. Pourquoi ? Parce que les règles sont trop complexes, les délais trop longs et les contraintes de trésorerie trop lourdes. Sur ce point, la mesure visant à porter à 30 % l’avance minimale versée aux PME constitue une avancée importante qui lèvera un frein majeur à leur participation aux marchés publics. C’est une mesure simple, concrète, efficace. Pour la Droite républicaine, soutenir les PME n’est pas un slogan. C’est une priorité économique et territoriale. Derrière chaque PME, il y a l’emploi local et la vitalité de nos communes. Nous saluons également les dispositions visant à renforcer la transparence et à valoriser l’ancrage territorial de la commande publique. La commande publique ne doit pas être un simple acte administratif, mais un outil stratégique au service de notre économie, de nos territoires et de notre souveraineté. Soyons lucides : ce texte constitue une avancée, mais il ne règle pas tout. La complexité du droit de la commande publique demeure excessive. Les coûts administratifs restent élevés, notamment pour les petites entreprises. Les procédures sont encore trop lourdes et souvent décourageantes. Il faut simplifier davantage. Il faut réduire les contraintes inutiles. Il faut rendre la commande publique plus rapide, plus accessible et plus efficace. C’est à ces conditions que nous pourrons en faire un véritable levier de compétitivité pour notre pays. Cette proposition de loi va dans la bonne direction. Elle apporte des réponses concrètes et attendues par les acteurs de terrain. Elle traduit une volonté de simplification que nous partageons pleinement. C’est pourquoi, fidèles à leur engagement en faveur des entreprises, des territoires et de l’efficacité de l’action publique, les députés du groupe de la Droite républicaine voteront en faveur de ce texte.
L’amendement d’Alexandra Martin vise à instaurer une règle de cohérence et de fermeté en excluant du bénéfice des prestations sociales les personnes dont l’implication dans un trafic de stupéfiants est établie et celles condamnées pour récidive, délit aggravé ou crime. Le maintien des allocations sociales pour des personnes vivant de revenus criminels constitue une fraude sociale manifeste qui ne peut plus être tolérée.
Je vous fais part de la grande inquiétude et de l’attente qu’exprime, depuis nos circonscriptions, la France qui travaille. Vous avez annoncé des mesures de soutien à nos agriculteurs, à nos pêcheurs, à nos transporteurs. C’est un premier pas, mais ce n’est pas suffisant. Le gouvernement a également annoncé l’élargissement à 700 000 foyers du chèque énergie. Une aide accordée uniquement sur critères sociaux, sans prise en compte des contraintes de la France qui travaille. De cette France qui vit en périphérie ou en milieu rural, comme dans mon département de la Loire. De cette France qui se lève tôt et qui n’a pas d’autre choix que de prendre sa voiture pour aller travailler. De cette France qui n’est pas nécessairement éligible au chèque énergie ou à d’autres aides sectorielles, mais qui a pourtant vu le coût de son plein de diesel augmenter de 25 euros en quelques semaines. Je pense à nos infirmières libérales, à nos aides à domicile, à nos AESH, à nos artisans du bâtiment. Je pense à tous ceux qui, dans nos territoires, n’ont ni la possibilité d’emprunter des transports en commun de proximité, ni celle de se rendre à vélo à leur lieu de travail, ni les moyens d’acquérir un véhicule électrique. Cette France qui travaille constate aussi que sur 50 centimes d’euros de hausse du prix du litre de gazole, près de 10 centimes sont perçus par l’État au titre de la TVA. Personne ne comprendrait que l’État puisse ainsi bénéficier de la hausse des prix au détriment de la France qui travaille. Êtes-vous prêts à appliquer un principe simple selon lequel chaque euro de recette supplémentaire pour l’État serait rendu à la France qui travaille sous la forme d’une baisse de taxe ?
Cet amendement de notre collègue Corentin Le Fur vise à préciser que la rédaction ou l’élaboration du plan personnalisé d’accompagnement sera proposée au patient à la suite de l’annonce d’une affection grave et incurable.
L’affirmation d’un accompagnement précoce ne doit pas conduire à une approche uniforme ou précipitée. Chaque personne malade avance à son rythme dans l’appropriation de sa maladie et dans la réflexion sur son accompagnement. Cet amendement de notre collègue Yannick Neuder vise à rappeler que la précocité de l’approche palliative ne saurait se faire au détriment du respect du cheminement personnel du patient.
Les soins palliatifs restent encore trop souvent associés, dans les pratiques comme dans les représentations, aux derniers jours de la vie. Cet amendement de notre collègue Yannick Neuder vise à réaffirmer que l’approche palliative doit intervenir bien en amont, dès que les besoins apparaissent, afin d’améliorer la qualité de vie, de prévenir les ruptures de parcours et de réduire les situations de détresse évitables.
Merci, madame la ministre, pour votre retour. Cependant, les directeurs estiment ne pas pouvoir recruter, former et réorganiser leurs équipes dans un délai aussi restreint. Pour les structures de petite taille, cela met en danger l’équilibre économique et peut entraîner des hausses tarifaires et des fermetures. Je compte donc sur vous pour apporter des réponses aux directeurs de microcrèche.
Je souhaite appeler votre attention sur les vives inquiétudes des personnels et des directeurs de microcrèches, en particulier dans le département de la Loire. En décembre dernier, un décret et un arrêté ont officialisé la création d’une nouvelle certification permettant aux intervenants éducatifs petite enfance d’exercer dans les établissements d’accueil de jeunes enfants. Le décret du 1er avril 2025 a rendu obligatoire la présence d’un professionnel titulaire d’un diplôme de catégorie 1, ce qui va obliger les titulaires d’un CAP – certificat d’aptitude professionnelle – accompagnant éducatif petite enfance ou d’un bac professionnel accompagnement, soins et services à la personne, qui sont des diplômes de catégorie 2, à passer un nouveau diplôme avant septembre 2026. Étrangement, la nouvelle certification prévue dans le décret de décembre est, non pas un diplôme d’État, mais un « certificat de compétences professionnelles » obtenu au terme d’une formation théorique et pratique de 1 400 heures, puis d’un examen. Elle est également accessible via un parcours de validation des acquis de l’expérience, pour les titulaires d’un CAP notamment. Les professionnels de la petite enfance estiment que la concertation a été bâclée, que le référentiel n’est pas cohérent, que la formation proposée est largement insuffisante et que les délais ne sont pas tenables. En effet, l’échéance de septembre 2026 ne semble pas réaliste. En outre, à ce stade, aucune mesure d’accompagnement économique n’a été prévue pour amortir ces contraintes, ce qui met en péril le modèle financier de nombreux établissements. J’ajoute que les structures croulent sous les contraintes et les normes, parfois absurdes, comme la nouvelle règle des doubles hublots sur les portes… Madame la ministre de la santé, je souhaite savoir si vous allez décaler l’échéance de septembre 2026, par exemple à 2029 ou à 2030, pour donner le temps aux personnes détentrices du CAP accompagnant éducatif petite enfance de se former correctement, sans précipitation et sans désorganiser le fonctionnement des microcrèches. Il est indispensable de rassurer les professionnels et les familles. Vous le savez, la garde des jeunes enfants est fondamentale pour les jeunes parents. C’est aussi une question essentielle pour l’attractivité des territoires ruraux. La stabilité et la confiance doivent être garanties !
Il vise à rétablir l’article 12 tel qu’il a été adopté par l’Assemblée nationale en première lecture, afin de permettre une juste compensation, assurée pour moitié par l’État, des concours historiques de l’allocation personnalisée d’autonomie (APA) et de la prestation de compensation du handicap (PCH). En effet, les départements ne peuvent assurer seuls le financement des dépenses liées au vieillissement et à la perte d’autonomie, qui ont été insuffisamment anticipées. L’article organise le transfert d’une fraction de la contribution sociale généralisée (CSG) vers les départements, en deux temps : 0,04 point en 2026 et 0,04 point en 2027, soit environ 650 millions d’euros à chaque fois, pour atteindre 1,3 milliard d’euros. Il s’agit bien d’un transfert et non d’une hausse du taux de la CSG.
Il propose de supprimer la création d’un nouveau contrat socle. L’introduction d’un second cadre contractuel, en parallèle du contrat responsable qui couvre aujourd’hui plus de 90 % des Français, créerait une confusion majeure, affaiblirait la sécurité juridique des contrats existants et risquerait de dégrader le niveau de protection actuellement offert aux assurés.
Avec un déficit de 23 milliards d’euros prévu en 2025, l’enjeu de ce projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) pour 2026 est clair : assurer la pérennité de notre système social construit il y a quatre-vingts ans sans trahir son esprit de justice ni son principe fondateur, la solidarité entre les générations. Les enjeux auxquels nous faisons face sont importants et doivent être traités en conscience et avec courage pour revenir à un déficit de l’ordre de 17,5 milliards dès 2026 tout en répondant aux attentes des Français. Nos concitoyens nous demandent clairement de réduire les dépenses injustes et de mieux utiliser l’argent public. En effet, si nous laissons encore filer le déficit, c’est l’avenir même de la sécurité sociale que nous mettrons en péril, et c’est l’avenir de nos enfants que nous fragiliserons. Nous devons avoir le courage de repenser notre organisation, d’en finir avec la juxtaposition des dispositifs et des guichets, pour bâtir une sécurité sociale plus lisible, plus efficiente, adaptée à la société de demain. Voici le cap que nous devons collectivement fixer : dépenser mieux sans dépenser plus. Pour y parvenir, tout commence par le travail, socle de notre solidarité nationale, car, rappelons-le, c’est le travail qui finance en grande partie la sécurité sociale. Tant que nous n’aurons pas replacé le travail au cœur de notre modèle social, tout le reste ne sera qu’artifice et rustine. Tout ne se réglera pas dans ce texte, certes, mais il faut poser les bases. Si nous avions, en France, le même taux d’emploi que l’Allemagne, nous gagnerions 15 milliards de cotisations sociales supplémentaires et nous économiserions 5 milliards de prestations. Voilà un levier considérable, qui ne repose pas sur l’impôt, mais sur la valeur du travail. Nous, la Droite républicaine, proposons la création d’une aide sociale unique, plafonnée à 70 % du smic. Cet outil, nous le défendons depuis plusieurs années : il simplifierait notre maquis d’aides sociales et lutterait efficacement contre les trappes à inactivité. Nous proposons aussi l’extension de la défiscalisation des heures supplémentaires pour libérer le travail et les entreprises. Ce dispositif a déjà fait ses preuves : il est juste, efficace et compatible avec notre cadre budgétaire. Il a été adopté par cette assemblée en première lecture et voté conforme par le Sénat. Nous devons par ailleurs réinterroger les critères d’indemnisation des arrêts maladie en instaurant des jours de carence dynamiques pour pénaliser les abus sans pénaliser les malades. La lutte contre la fraude sera d’ailleurs au cœur de nos débats d’ici la fin de l’année. Nous voulons également mieux encadrer les ruptures conventionnelles pour qu’elles ne constituent plus un moyen de pression, parfois déséquilibré, pour les employeurs. Enfin, la réforme de l’aide médicale de l’État (AME) doit également être engagée, via le projet de loi de finances (PLF), pour restaurer la justice sociale et mieux cibler l’effort collectif. Nous rappelons le respect qui est dû à ceux qui ont travaillé toute leur vie. Au-delà de la question de la suspension de la réforme des retraites, il est urgent de préparer la société au vieillissement de la population. Le combat des personnes âgées – tout comme celui des personnes en situation de handicap confrontées à la perte d’autonomie – est un combat permanent pour de nombreuses familles. Or notre système actuel est inégalitaire et fragmenté. Les restes à charge demeurent lourds, les disparités territoriales criantes et la coordination entre acteurs insuffisante. Nous devons décloisonner nos dispositifs, assurer la transversalité des parcours de vie et repenser le financement pour garantir à chacun et à chacune une prise en charge équitable, quel que soit son lieu de vie. C’est cela, la justice sociale concrète : l’égalité dans la dignité. Cette exigence de respect du collectif vaut aussi pour notre système de santé. Faciliter l’accès aux soins dans nos territoires est une priorité. Nous nous félicitons de l’adoption, en première lecture, de notre amendement qui visait à protéger les officines de proximité en inscrivant dans la loi les plafonds de remise pour les pharmacies : 40 % pour les génériques, 20 % pour les biosimilaires. Il s’agit d’une avancée importante pour nos territoires, où les pharmacies restent souvent le dernier maillon du lien social. Notre système de santé souffre d’un excès de bureaucratie. Il faut rationaliser, simplifier et redonner de la souplesse à notre système de soins. Alors que certains cherchent à créer toujours plus de nouvelles contributions – sur les revenus du patrimoine, sur les boissons, sur les produits alimentaires –, nous faisons le choix du travail, de la responsabilité et de la rigueur. Chers collègues, notre responsabilité n’est pas de céder à la facilité de la taxe, mais d’engager la maîtrise de la dépense publique, par rigueur et par bon sens, pour préserver ce que la France a de plus précieux : son modèle social. Nous devons repenser la sécurité sociale pour la rendre pérenne, durable et juste, fidèle à l’esprit de solidarité réciproque que nous devons transmettre aux générations futures, fidèle au goût de l’effort et du mérite.
C’est évidemment irresponsable car notre travail de parlementaire consiste à discuter et à trouver un compromis. Faisons ce pour quoi nous avons été élus d’autant plus que le gouvernement a donné toute liberté au Parlement. Dans la droite ligne de ce qu’il a défendu en première lecture, le groupe Droite républicaine plaidera pour une baisse des dépenses du fonctionnement de l’État et de ses opérateurs mais aussi pour une baisse de la fraude et des revenus de l’assistanat. Nous préserverons les acquis de la première lecture, notamment le retour au dispositif de défiscalisation des heures supplémentaires en vigueur en 2007. Nous voulons évidemment qu’ait lieu ce débat budgétaire au cours duquel nous refuserons toute augmentation de taxe ou d’impôt. C’est pourquoi nous voterons contre cette motion de rejet préalable.
Alors que la Cour des comptes nous a encore alertés, le mois dernier, sur l’accumulation des déficits, le travail des parlementaires consiste précisément à répondre à l’urgence budgétaire grâce à des choix clairs et courageux. Faut-il le rappeler : sans loi de financement de la sécurité sociale, le déficit de la sécurité sociale passerait, en 2026, de 17 à 30 milliards d’euros ? Face au mur du déficit, La France insoumise propose une énième motion de rejet qui empêcherait tout examen du PLFSS dans l’hémicycle. La stratégie de bordélisation des institutions menée par LFI et Jean-Luc Mélenchon n’a donc aucune limite.