Par conséquent, je vous le dis simplement : oui, vous voulez continuer à aider, à accompagner et à enrichir notre modèle social, mais, pour ce faire, il ne faut pas taxer davantage ou alourdir encore le coût du travail ; il faut accepter de réformer ! Vous le refusez et vous faites comme si l’argent allait tomber du ciel. Eh bien, non, il faut prendre ses responsabilités et expliquer comment on finance les mesures qu’on propose.
Madame Rousseau, souffrez qu’on vous réponde ! D’une, quand la présidente de séance prend une décision, on la respecte, puisque c’est elle qui veille au bon déroulement des débats. De deux, quand vous interpellez une collègue, en l’occurrence moi, j’ai le droit de vous répondre. La censure n’est pas encore appliquée dans cet hémicycle.
Quand nous avons proposé des réformes pour sauver notre modèle de sécurité sociale – celle de l’assurance chômage, celle des retraites ou le projet de loi de lutte contre les fraudes –, vous avez dit systématiquement non, encore et toujours non. Par conséquent, collègues de gauche, je vous renvoie une nouvelle fois à la même question : oui, il faut aider et accompagner, encore faut-il que vous acceptiez de réformer le modèle de sécurité sociale ; sinon, vous n’en serez pas les héritiers, mais les fossoyeurs.
Nous avons aujourd’hui un problème de financement de notre modèle social. Nous pourrions passer la journée à nous dire : Il faut accompagner plus, il faut aider plus. Vous avez raison, c’est ce que nous devons continuer de faire. Mais la même question revient toujours, comment équilibrer ces aides, comment les financer ? Parce que ce que vous donnerez de la main droite, vous le reprendrez de la main gauche. Cela aussi, il faut le dire.
Je voudrais réagir aux propos qui ont été tenus en défense de ces amendements concernant le problème de la sécurité sociale. Chers collègues de gauche, le problème de la sécurité sociale, c’est la gauche.
…et qui prennent des risques : mince alors, du coup, on ne peut pas redistribuer ! On ne peut pas indemniser les apprentis comme il le faudrait ! Regardez peut-être un peu de votre côté, monsieur Boyard.
Monsieur Boyard, j’écoute avec beaucoup d’attention votre argumentaire, qui revient finalement à pleurer sur les conséquences des causes que vous chérissez. Vous dites qu’il faut mieux rémunérer les salariés, lutter contre le chômage des jeunes, augmenter le montant des indemnités des apprentis, instaurer un revenu universel – peu importe. J’ai envie de vous dire « OK », mais à ce moment-là, commencez par arrêter de taper matin, midi et soir sur les entreprises françaises, sur celles et ceux qui prennent des risques et qui entreprennent, qui permettent de créer des emplois, de la valeur et de la richesse, et de dégager des marges pour faire précisément ce que vous réclamez. Cela vous gêne, monsieur Boyard, mais c’est la réalité ! Vous commencez peut-être à le comprendre – je l’espère. Vous en train de décrire précisément les conséquences de l’action que vous menez dans cette assemblée depuis beaucoup trop de semaines et de mois, à taper sur celles et ceux qui créent de la valeur…
Par ailleurs, le dépistage est pris en charge chez les femmes entre 50 et 74 ans, mais 20 % des cancers se déclarent avant l’âge de 50 ans. Alors que d’autres pays dépistent dès 40 ans, la France attend un rapport… Assez de rapports ! Chaque jour, les malades témoignent de combien il est urgent d’agir. Certains ici prennent prétexte de cette urgence pour faire le buzz. Sous couvert d’évoquer la santé publique, Mathilde Panot n’a pas attendu une minute pour caser le mot « Israël » et déverser sa haine ! Avec La France insoumise, quelle que soit la question posée, la réponse est toujours la même : sujet, verbe, Israël ! Face à cela – face à ceux-là –, nous voulons agir pour toutes ces femmes, sans les instrumentaliser, avec détermination. À quand ces décrets d’application ? À quand le dépistage à partir de 40 ans ?
…je pense au droit à l’oubli, créé en 2016 et renforcé en 2022, et à la stratégie décennale de lutte contre les cancers lancée en 2021. D’autres avancées, en revanche, restent dans les tiroirs du gouvernement. La loi visant à rembourser enfin les prothèses, la reconstruction et les soins de support, adoptée à l’unanimité à l’Assemblée, a été promulguée le 5 février 2025. Deux ans plus tard, les textes d’application des mesures relatives aux soins de support se font toujours attendre : les patientes paient, le gouvernement s’excuse. Ces soins de support ne sont pourtant pas des coquetteries, mais des accompagnements essentiels pour traverser la maladie. On parle souvent du bruit que fait l’Assemblée nationale, mais quand elle vote, ses décisions ne sont pas suivies d’effet. Le Parlement a pris ses responsabilités : il revient à présent au gouvernement de prendre les siennes.
Octobre rose, nous y voilà. Derrière ce ruban rose, il y a des femmes, des diagnostics qui tombent comme des couperets, des parcours longs et épuisants. Depuis plusieurs années, nous avons collectivement permis des avancées :…