Monsieur le ministre, vous avez dit que personne ne faisait davantage pour la paix que la France. Lors des questions au gouvernement, cet après-midi, le ministre des affaires étrangères – votre ministre de tutelle – a dit qu’il avait pris des mesures parce que les livraisons de composants militaires au gouvernement israélien se poursuivaient. Heureusement que, dans ce pays, des syndicalistes se mobilisent pour faire le travail que vous ne faites pas ! Mais de quelle Palestine parlez-vous ? D’une Palestine où la Cisjordanie est annexée chaque jour un peu plus ? Où plus personne n’existe à Gaza ? Vous parlez de 575 millions d’euros, dont on ne sait pas bien s’ils sont déjà financés ou non. Or la reconstruction de Gaza nécessite aujourd’hui 74 milliards de dollars ! Votre bilan, c’est celui d’une complicité avec le gouvernement israélien, d’une complicité de génocide à Gaza, d’une complicité avec la colonisation en Cisjordanie ! Voilà le bilan de votre gouvernement ! Le minimum serait de suspendre l’accord d’association entre Israël et l’Union européenne. Nous n’oublierons pas de quel côté de l’histoire vous étiez. Vous pouvez donner ici toutes les leçons que vous voulez ; un peuple est massacré, vous avez fermé les yeux, vous continuez à les fermer – c’est absolument ignoble.
Nous lançons un débat sérieux, auquel vous répondez par des leçons de calcul un peu bidon. Nous parlons du peuple palestinien, monsieur Cazeneuve. Nous parlons de 75 000 civils tués et 175 000 blessés depuis 2023. Depuis le début du cessez-le-feu, chaque jour, un enfant palestinien est assassiné !
Entre octobre 2023 et mars 2026, 525 livraisons d’entreprises françaises ont aidé Israël à s’armer. Depuis mars dernier, 35 nouvelles livraisons ont eu lieu à destination d’Elbit Systems, premier fabricant d’armes en Israël. Depuis des mois, le gouvernement et le premier ministre nous expliquent la main sur le cœur que la France ne livre aucune arme à Israël, pas plus que des composants militaires à destination des civils. Ce sont des mensonges ! Nous savons qu’il n’existe aucun contrôle. Les Pays-Bas, l’Espagne, le Canada, le Japon et la Belgique ont fait un autre choix, celui de se tenir du bon côté de l’histoire. Pendant ce temps, l’industrie militaire française continue d’armer la machine de mort israélienne. À votre complicité avec le génocide en cours s’ajoute votre silence sur les demandes du gouvernement israélien : celui-ci veut qu’Air France trie ses personnels navigants en fonction de leur nationalité. Allez-vous accepter que l’État israélien exporte sa politique d’apartheid au sein d’une entreprise française une entreprise dont l’État est actionnaire à hauteur de 28 % ? Monsieur le ministre, je veux vous poser deux questions simples. Combien faudra-t-il de Palestiniens assassinés par Israël pour que la France décrète un embargo sur les armes et les composants militaires à destination d’Israël ? Allez-vous demander à Air France de refuser d’appliquer la politique d’apartheid social exigée par Israël ?
Monsieur le ministre de l’Europe et des affaires étrangères, trois ans de génocide à Gaza, trois ans d’inaction de votre gouvernement. Trois ans de génocide à Gaza, trois ans de refus d’un embargo sur les armes et les composants militaires qui servent aujourd’hui à armer Israël. Face à votre inaction complice, le monde du travail et la société civile ont décidé de passer à l’action. Je veux ici saluer Urgence Palestine, la CGT et Solidaires, qui, par leur mobilisation, ont empêché jeudi que du matériel militaire français décolle à destination d’Israël. Gloire aux travailleurs qui se mobilisent alors que la France continue de se rendre complice du génocide à Gaza.
Eh oui, monsieur le maire de Carpentras, le 8 mai on a entendu résonner dans votre commune, un hymne à la gloire du maréchal Pétain. Vous êtes les dignes héritiers des Waffen-SS qui ont fondé votre parti.
Je pourrais parler pendant des heures des profils des militants néonazis que vous investissez aux législatives, auxquels vous confiez des responsabilités. Vous avez des députés qui tiennent des librairies antisémites !
Front national ou Rassemblement national, avec ou sans cravate, votre parti a été fondé par des nazis. Vous militez avec des nazis. Vous investissez des nazis. Vous êtes, encore aujourd’hui, un parti de néonazis. Vous n’avez aucune légitimité à parler du Panthéon et encore moins à proposer des noms pour y entrer. Votre seule place se trouve dans les poubelles de l’histoire, aux côtés de celles et ceux qui ont collaboré avec le régime nazi. C’est là que nous vous renverrons dès 2027. Nous voterons évidemment contre ce texte, qui fait honte à notre République ! Pendant que des milliers de lycéens se soulèvent dans le pays pour de meilleures conditions d’éducation, vous nous obligez à discuter de textes inutiles pour le pays.
…Maylis de Cibon, ex-assistante parlementaire, qui avait déposé la demande d’autorisation de manifester à Paris au nom du Comité du 9-Mai, un groupe nazi ; Raphaël Ayma, ancien assistant parlementaire du RN, qui a pris la parole en 2023 à l’invitation de l’association culturelle des Amis de Léon Degrelle, figure de la collaboration avec le régime nazi ; Loïk Le Priol, militant du GUD, condamné à vingt-six ans de prison pour avoir assassiné Federico Martín Aramburú, qui se réveillait avec au pied de son lit un tract sur lequel on pouvait lire « Le Pen, le vote vital », – cet homme a assassiné un joueur de rugby à Paris ! Au sommet de la pyramide, ou plutôt du Berghof, Jordan Bardella, écrivain antisémite dès son plus jeune âge.
…Ludivine Daoudi, candidate aux législatives en 2024 qui prend la pose avec une casquette de SS ; Élise Laplace, attachée de presse du groupe du Rassemblement national, qui vient d’épouser un militant fasciste bordelais, à l’origine de l’attaque de la conférence de mes camarades Louis Boyard et Carlos Martens Bilongo…
…Caroline Parmentier, députée pétainiste qui a écrit dans le journal ; Gilles Pennelle, député européen, proche du groupuscule néopaïen et racialiste Terre et peuple ; Éric Miné, votre candidat aux sénatoriales, militant de la Fédération d’action nationale et européenne (Fane) dont l’objet était la réhabilitation du nazisme et la défense de la race blanche ; David Rachline, maire de Fréjus, qui fait des blagues sur Adolf Hitler dans sa voiture…
…et Jean-Marie Le Pen, tortionnaire en Algérie, qui parlait des chambres à gaz comme d’un détail de l’histoire et se baladait avec un poignard des Jeunesses hitlériennes. Une belle brochette de nazis, qui peuvent être fiers de vous, leurs dignes héritiers ! Votre panthéon de 2026 n’a rien à envier à ce musée des horreurs : Frédéric Boccaletti, ancien député, désormais maire, et ancien propriétaire d’une librairie négationniste et antisémite ; votre députée Tiffany Joncour, mariée avec Maxime Gaucher, militant néonazi ; Frédéric Chatillon, néonazi notoire, mentor de Bardella et ami de Le Pen, expert des lieux du pèlerinage du IIIe Reich et habitué des banquets à la gloire d’Hitler ; Grégoire de Fournas, ancien député RN, ancien dirigeant du Bloc identitaire, qui a tenu ici des propos racistes ; Hervé de Lépinau, député-maire de Carpentras, qui a diffusé dans sa ville, le 8 mai dernier, la chanson, à la gloire du maréchal Pétain…
Votre panthéon d’hier, on le connaît. Je vais le rappeler ici à la tribune de l’Assemblée nationale : Pierre Bousquet, collabo et Waffen-SS, membre fondateur du FN, dont il a déposé les statuts et été le premier trésorier ; Léon Gaultier, cofondateur du FN, Waffen-SS, collabo et frappé d’indignité nationale…
Disons les choses clairement : ce texte n’a que faire des personnes que vous voulez panthéoniser. C’est un texte d’affichage, une nouvelle tentative de dédiabolisation du Rassemblement national. Olympe de Gouges, l’abbé de l’Épée et Zéna M’Déré méritent mieux que de servir vos opérations de communication. Les résistants du nazisme qu’ont été Jean Moulin, Germaine Tillion et Missak Manouchian doivent se retourner dans leur tombe de voir un parti fondé par des SS appeler à la panthéonisation de ces personnes.
Je termine sur le fond. Monsieur le ministre, vous parlez d’organisation et de consignes. Écoutez les consignes qui ont été données aux gendarmes à Sainte-Soline pour effectuer des tirs tendus en visant des manifestants ! Oui, il y a des consignes d’intervenir et de faire mal !
Sur le fondement de l’article 70, alinéa 2, pour mise en cause personnelle. Monsieur le ministre, vous êtes dans l’hémicycle, vos menaces de poursuites à l’extérieur, vous pouvez vous les garder ; ici, nous sommes souverains.
Il y a une différence entre votre camp politique et le mien. Nous, nous condamnons toutes les violences ; vous, vous organisez des meurtres commis par la police ! Voilà la différence entre vous et moi !
Il se fonde sur l’article 70, alinéa 2, du règlement, relatif aux mises en cause personnelles. Monsieur Boucard, je ne peux pas vous laisser dire que mes collègues ou moi-même sourions lorsque des policiers sont tués. Nous condamnons toutes les violences, que les victimes en soient des policiers, des gendarmes ou d’autres victimes des refus d’obtempérer.