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📜Proposition de loi constitutionnelle visant à garantir le droit à l'interruption volontaire de grossesse
Aurore Bergé
13 oct. 2022

🖋️Amendements examinés : 100%
1 Adoptés11 Rejetés
Liste des Amendements
Article 1
🖋️Adopté
Aurore Bergé
7 nov. 2022

Au début de l’alinéa 2, substituer aux mots :

« Nul ne peut être privé »

les mots :

« Nulle femme ne peut être privée ».

🖋️Rejeté
Olivier Marleix
3 nov. 2022
Avant l'article unique, insérer l'article suivant:

Le premier alinéa du préambule de la Constitution est complété par les mots :

« ainsi qu’aux principes fondamentaux de la loi du n° 75‑17 du 17 janvier 1975 relative à l’interruption volontaire de la grossesse ».

🖋️Rejeté
Cécile Untermaier
4 nov. 2022

Rédiger ainsi cet article :

« L’article premier de la Constitution est complété par un alinéa ainsi rédigé :

« « La loi garantit l’égal accès à l’interruption volontaire de grossesse ainsi qu’à la contraception, dans le respect de l’autonomie personnelle. » »

🖋️Rejeté
Jérémie Iordanoff
5 nov. 2022

Rédiger ainsi cet article :

« Le deuxième alinéa de l’article premier de la Constitution est complété par deux phrases ainsi rédigées : « Elle protège l’autonomie procréative de chacun. Toute personne a droit à une contraception et dispose d’un accès libre, gratuit et continu à l’avortement, dans un délai qui ne peut être inférieur à quatorze semaines de grossesse. » »

🖋️Rejeté
Cécile Untermaier
4 nov. 2022

Au début de l’alinéa 1, substituer aux mots :

« Le titre VIII de la Constitution est complété par un article 66‑2 »

les mots :

« L’article premier de la Constitution est complété par un alinéa ».

🖋️Rejeté
Cécile Untermaier
4 nov. 2022

Rédiger ainsi l’alinéa 2 :

« Art. 66‑2. – La loi garantit l’égal accès à l’interruption volontaire de grossesse ainsi qu’à la contraception, dans le respect de l’autonomie personnelle. »

🖋️Rejeté
Mathilde Panot
4 nov. 2022

Rédiger ainsi l’alinéa 2 :

« Art. 66‑2. – Nul ne peut porter atteinte au droit à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception. La loi garantit à toute personne qui en fait la demande l’accès libre et effectif à ces droits. »

🖋️Rejeté
Marie-Noëlle Battistel
4 nov. 2022

Rédiger ainsi l’alinéa 2 :

« Art. 66‑2. – Nul ne peut porter atteinte au droit à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception. La loi garantit à toute personne l’accès libre et effectif à ces droits. ».

🖋️Rejeté
Cécile Untermaier
4 nov. 2022

À l’alinéa 2, après le mot :

« droit »,

insérer les mots :

« à l’égal accès ».

🖋️Rejeté
Cécile Untermaier
4 nov. 2022

Compléter l’alinéa 2 par les mots :

« et à la contraception ».

🖋️Rejeté
Cécile Untermaier
4 nov. 2022

Compléter l’alinéa 2 par les mots :

« dans le respect de l’autonomie personnelle. »

🖋️Rejeté
Marie-Noëlle Battistel
4 nov. 2022

Compléter cet article par l’alinéa suivant :

« La loi garantit à toute personne l’accès libre et effectif à ce droit. »

Exposé des motifs • ⏱️Lecture 3min.

Mesdames, Messieurs,

Le 24 juin 2022, la Cour suprême des États‑Unis a annulé une décision du 22 janvier 1973 reconnaissant le droit à l’avortement au niveau de l’ensemble des États. En conséquence, un État pourra dès aujourd’hui interdire les interruptions volontaires de grossesse (IVG). Treize États des États‑Unis s’étaient dotés, ces dernières années, de lois rédigées pour entrer en vigueur automatiquement en cas de changement de la jurisprudence de la Cour suprême. Dans les heures qui ont suivi la publication de la décision, pas moins de sept États les ont instaurées.

Avant même cette décision, seules 38 % des femmes âgées de 13 ans à 44 ans vivaient dans un État leur permettant d’avorter[1].

En Pologne, le gouvernement a acté en 2021 la restriction de l’accès à l’IVG en le conditionnant à l’existence d’un viol ou d’un danger pour la vie de la femme souhaitant y recourir. En Hongrie, le gouvernement veut obliger les femmes à écouter les battements de cœur du fœtus avant d’avorter. En Slovaquie, près de onze propositions de loi ont été déposées en l’espace de deux ans afin de restreindre l’accès à l’avortement  ; et en Italie, alors que le parti post‑fasciste est arrivé nettement en tête des législatives, celle qui revendique l’héritage de Benito Mussolini considère l’avortement comme « un crime contre la race italienne ».

Ce retour en arrière insupportable nous force à rappeler le caractère indispensable et inviolable du droit à l’avortement dans notre pays et dans le monde.

D’après l’Organisation mondiale de la santé (OMS), près d’un avortement sur deux était à risque entre 2010 et 2014 et un tiers était pratiqué dans des conditions dangereuses ou très risquées pour la vie des femmes. Une femme meurt par ailleurs toutes les neuf minutes d’un avortement non sécurisé dans le monde.

D’après le rapport Mon corps m’appartient du Fonds des Nations unies pour la population (FNUAP), qui a mesuré l’indice d’autonomie corporelle des femmes âgées de 15 à 49 ans provenant de 57 pays d’Asie, d’Afrique et d’Amérique latine, près d’une femme sur deux ne dispose pas librement de son corps.

Cette proposition de loi constitutionnelle vise, par conséquent, à inscrire dans la Constitution que » Nul ne peut être privé du droit à l’interruption volontaire de grossesse ». Elle s’inscrit dans la lignée des avancées qui n’ont eu de cesse de se succéder dans notre pays et permet de consacrer le droit d’accès à l’IVG. Cet ajout a une valeur constitutionnelle opposable. Tout justiciable pourra y fonder son recours contentieux et l’invoquer devant les juridictions.

Le 26 novembre 1974, Simone Veil défendait à l’Assemblée nationale la loi légalisant l’interruption volontaire de grossesse. Pour la première fois, une IVG n’est alors plus interdite et criminalisée.

Depuis, 1983, l’IVG est remboursée. Les mineures peuvent y avoir accès sans autorisation parentale depuis 2001. De nouveaux remboursements ont été instaurés depuis le 1er avril 2016. Le délit d’entrave à l’IVG a été renforcé par la loi du 1er décembre 2016. La loi du 2 mars 2022 a permis d’allonger le délai légal de l’IVG de douze à quatorze semaines et d’augmenter le nombre de professionnels susceptibles de pratiquer l’IVG, tout en garantissant aux femmes le libre choix de leur méthode d’avortement.

Nous savons combien ces droits sont fragiles : des associations et courants politiques s’attaquent en permanence à déconstruire ce droit essentiel comme en témoigne la décision rendue le 24 juin 2022 par la Cour suprême des États‑Unis.

Par la présente proposition de loi, nous proposons d’inscrire le droit à l’interruption volontaire de grossesse dans notre Constitution.

Notes

([1]) Source : Guttmacher Institute.

Article 1

Le titre VIII de la Constitution est complété par un article 66‑2 ainsi rédigé :

« Art. 662. – Nul ne peut être privé du droit à l’interruption volontaire de grossesse. »

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