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📜Proposition de loi portant création d'une juridiction spécialisée aux violences intrafamiliales
Aurélien Pradié
17 oct. 2022

🖋️Amendements examinés : 100%
7 Adoptés15 Rejetés
12 Non soutenus
2 Irrecevables
2 Tombés
Liste des Amendements
Titre
🖋️Non soutenu
Erwan Balanant
28 nov. 2022

Au titre de la proposition de loi, après le mot :

« spécialisée »,

insérer les mots :

« aux violences sexistes et sexuelles et ». 

🖋️Tombé
Aurélien Pradié
22 nov. 2022

Au titre de la proposition de loi, substituer aux mots :

« une juridiction spécialisée aux »

les mots :

« un pôle spécialisé dans les ».

🖋️Tombé
Cécile Untermaier
18 nov. 2022

Compléter le titre de la proposition par les mots :

« et sexuelles ».


Article 1
🖋️Adopté
Aurélien Pradié
28 nov. 2022

À l’alinéa 3, substituer au mot :

« juridictions »,

le mot :

« pôles ».

🖋️Adopté
Élisa Martin
28 nov. 2022

À l’alinéa 3, substituer au mot :

« juridictions »,

le mot :

« pôles ».

🖋️Adopté
Cécile Untermaier
28 nov. 2022

À l’alinéa 6, après le mot :

« intrafamiliales », 

insérer les mots :

« , doté de magistrats et de greffiers spécialement formés, »

🖋️Adopté
Aurélien Pradié
22 nov. 2022

À l’alinéa 6, après le mot :

« intégrité »,

insérer les mots :

« physique ou psychique ».

🖋️Adopté
Aurélien Pradié
22 nov. 2022

Substituer aux alinéas 7 à 9 les quatre alinéas suivants :

« 1° Par le conjoint, le concubin ou le partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité, y compris lorsqu’ils ne cohabitent pas ;

« 2° Par l’ancien conjoint, l’ancien concubin ou l’ancien partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité ;

« 3° Sur un ascendant légitime ou naturel ou sur les père ou mère adoptifs ;

« 4° Sur la personne de son enfant ou de l’enfant de son conjoint, concubin ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité. »

🖋️Adopté
Aurélien Pradié
22 nov. 2022

Après l’alinéa 16, insérer l’alinéa suivant :

« Dans chaque tribunal judiciaire, un ou plusieurs magistrats du siège sont délégués dans les fonctions de juge aux violences intrafamiliales. »

🖋️Adopté
Sandra Regol
19 nov. 2022

Après l’alinéa 17, insérer l’alinéa suivant :

« Le juge aux violences intrafamiliales territorialement compétent est le juge du lieu de résidence de la victime. À sa demande, la victime peut toutefois choisir de déroger à ces dispositions. La victime est systématiquement informée de ce droit dont elle dispose lorsqu’elle est accueillie. »

🖋️Rejeté
Julie Lechanteux
28 nov. 2022

I. – À l’alinéa 3, substituer aux mots :

« juridictions des »,

les mots :

« juges aux ».

II. – En conséquence, supprimer les alinéas 4 à 13.

III. – En conséquence, à l’alinéa 16, substituer aux mots :

« un juge »,

les mots :

« trois juges ».

IV. – En conséquence, à la fin du même alinéa 16, substituer aux mots :

« des violences intrafamiliales »,

le mot :

« judiciaire ».

V. – En conséquence, supprimer l’alinéa 17.

VI. – En conséquence, à l’alinéa 18, substituer aux mots :

« Le juge aux violences intrafamiliales connaît »

les mots :

« Les juges aux violences intrafamiliales connaissent ».

VII. – En conséquence, après l’alinéa 18, insérer les quatre alinéas suivants :

« Art. L. 256‑3. – Les juges aux violences intrafamiliales connaissent, dans les conditions définies par le code de procédure pénale, des délits constitutifs d’une atteinte à l’intégrité de la personne commis :

« 1° Sur un ascendant légitime ou naturel ou sur les père ou mère adoptifs ;

« 2° Par le conjoint, le concubin ou le partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité, y compris lorsqu’ils ne cohabitent pas ;

« 3° Sur la personne de son enfant ou de l’enfant de son conjoint, concubin ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité. »

VIII. – En conséquence, supprimer la première phrase de l’alinéa 21.

IX. – En conséquence, au début de la deuxième phrase du même alinéa 21, substituer au mot :

« Il »,

les mots :

« Le ministère public ».

🖋️Non soutenu
Erwan Balanant
28 nov. 2022

À l’alinéa 3, après le mot :

« juridictions »,

insérer les mots :

« des violences sexistes et sexuelles et ».

🖋️Non soutenu
Erwan Balanant
28 nov. 2022

À l’alinéa 5, après le mot :

« tribunal »,

insérer les mots :

« des violences sexistes et sexuelles et ».

🖋️Non soutenu
Erwan Balanant
28 nov. 2022

À l’alinéa 6, après le mot :

« tribunal »,

insérer les mots :

« des violences sexistes et sexuelles et ».

🖋️Rejeté
Julie Lechanteux
19 nov. 2022

Supprimer cet article.

🖋️Rejeté
Julie Lechanteux
19 nov. 2022

I. – À l’alinéa 3, substituer aux mots :

« juridictions des »

les mots :

« juges aux ».

II. – En conséquence, supprimer les alinéas 4 à 13.

III. – En conséquence, à l’alinéa 16, substituer aux mots :

« un juge »

les mots :

« trois juges ».

IV. – En conséquence, à la fin du même alinéa 16, substituer aux mots :

« des violences intrafamiliales »

le mot :

« judiciaire ».

V. – En conséquence, supprimer l’alinéa 17.

VI. – En conséquence, à l’alinéa 18, substituer aux mots :

« Le juge aux violences intrafamiliales connaît »

les mots :

« Les juges aux violences intrafamiliales connaissent ».

VII. – En conséquence, après l’alinéa 18, insérer les quatre alinéas suivants :

« Art. L. 256‑3. – Les juges aux violences intrafamiliales connaissent, dans les conditions définies par le code de procédure pénale, des délits constitutifs d’une atteinte à l’intégrité de la personne commis :

« 1° Sur un ascendant légitime ou naturel ou sur les père ou mère adoptifs ;

« 2° Par le conjoint, le concubin ou le partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité, y compris lorsqu’ils ne cohabitent pas ;

« 3° Sur la personne de son enfant ou de l’enfant de son conjoint, concubin ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité. »

VIII. – En conséquence, supprimer la première phrase de l’alinéa 21.

IX. – En conséquence, rédiger ainsi le début de la deuxième phrase du même alinéa 21 :

« Le ministère public assiste... (le reste sans changement). »

🖋️Rejeté
Aurélien Pradié
23 nov. 2022

À l’alinéa 3, substituer au mot :

« juridictions »

le mot :

« pôles ».

🖋️Rejeté
Cécile Untermaier
18 nov. 2022

Compléter l’alinéa 3 par les mots :

« et sexuelles ».

🖋️Rejeté
Cécile Untermaier
18 nov. 2022

À l’alinéa 6, après le mot :

« pénale, »,

insérer les mots :

« des infractions sexuelles et sexistes commises sur toutes personne et ».

🖋️Non soutenu
Erwan Balanant
28 nov. 2022

À l’alinéa 10, après le mot :

« tribunal »,

insérer les mots :

« des violences sexistes et sexuelles et ».

🖋️Non soutenu
Erwan Balanant
28 nov. 2022

I. – À l’alinéa 11, après le mot :

« tribunal »,

insérer les mots :

« des violences sexistes et sexuelles et ».

II. – En conséquence, au même alinéa, après le mot :

« juge »,

insérer les mots :

« aux violences sexistes et sexuelles et ». 

🖋️Non soutenu
Erwan Balanant
28 nov. 2022

I. – À la première phrase de l’alinéa 12, après le mot :

« juge », 

insérer les mots :

« aux violences sexistes et sexuelles et ».

II. – En conséquence, à la seconde phrase du même alinéa, après le mot :

« juges », 

insérer les mots :

« aux violences sexistes et sexuelles et ».

III. – En conséquence, à la seconde phrase dudit alinéa, après la deuxième occurrence du mot :

« tribunal », 

insérer les mots :

« des violences sexistes et sexuelles et ».

IV. – En conséquence, à la seconde phrase du même alinéa, après le mot :

« juge », 

insérer les mots :

« aux violences sexistes et sexuelles et ».

V. – En conséquence, à la seconde phrase du même alinéa, après la dernière occurrence du mot :

« tribunal », 

insérer les mots :

« des violences sexistes et sexuelles et ».

🖋️Non soutenu
Erwan Balanant
28 nov. 2022

À l’alinéa 15, après le mot :

« juge »,

insérer les mots :

« aux violences sexistes et sexuelles et ».

🖋️Non soutenu
Erwan Balanant
28 nov. 2022

I. – À l’alinéa 16, après le mot :

« juge »,

insérer les mots :

« aux violences sexistes et sexuelles et ».

II. – En conséquence, au même alinéa, après le mot :

« tribunal »,

insérer les mots :

« des violences sexistes et sexuelles et ».

🖋️Non soutenu
Erwan Balanant
28 nov. 2022

À l’alinéa 17, après le mot :

« juge »,

insérer les mots :

« aux violences sexistes et sexuelles et ».

🖋️Non soutenu
Erwan Balanant
28 nov. 2022

À l’alinéa 18, après le mot :

« juge »,

insérer les mots :

« aux violences sexistes et sexuelles et ».

🖋️Non soutenu
Erwan Balanant
28 nov. 2022

À la première phrase de l’alinéa 21, après le mot :

« juridiction »,

insérer les mots :

« des violences sexistes et sexuelles et ».

🖋️Rejeté
Aurélien Pradié
22 nov. 2022

I. – À l’alinéa 10, supprimer les mots :

« au moins ».

II. – En conséquence, à la fin du même alinéa 10, substituer aux mots :

« le ressort de chaque cour d’appel »

les mots :

« chaque tribunal judiciaire ».

🖋️Rejeté
Aurélien Pradié
22 nov. 2022

Après l’alinéa 11, insérer l’alinéa suivant :

« Pour le jugement des délits mentionnés à l’article L. 255‑1 punis d’une peine inférieure ou égale à cinq ans d’emprisonnement, il est composé d’un seul juge aux violences intrafamiliales exerçant les pouvoirs conférés au président. »

🖋️Rejeté
Aurélien Pradié
22 nov. 2022

Substituer à l’alinéa 18 les cinq alinéas suivants :

« Art. L. 256‑2. – Le juge aux violences intrafamiliales connaît :

« 1° Des actions liées à la protection à l’encontre du conjoint, du partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou du concubin violent ou d’un ancien conjoint, partenaire lié par un pacte civil de solidarité ou concubin violent ;

« 2° Des délits mentionnés à l’article L. 255‑1 ;

« 3° De l’application des peines lorsqu’une condamnation a été prononcée par un juge aux violences intrafamiliales ou par le tribunal des violences intrafamiliales.

« Chaque juge aux violences intrafamiliales a suivi une formation sur les violences au sein de la famille. »

🖋️Irrecevable
Sandra Regol
19 nov. 2022

Compléter l’alinéa 18 par les deux phrases suivantes :

« Dès lors que le juge délivre une ordonnance de protection, la victime bénéficie de droit de l’aide juridictionnelle. La perte de recettes pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services. »

🖋️Rejeté
Sandra Regol
19 nov. 2022

Après l’alinéa 18, insérer l’alinéa suivant :

« Art. L. 256‑3. – Avant d’occuper ses fonctions, le juge aux violences intrafamiliales reçoit une formation spécifique aux violences intrafamiliales d’une durée minimale de 35 heures. »

🖋️Rejeté
Aurélien Pradié
22 nov. 2022

Après l’alinéa 21, insérer l’alinéa suivant :

« Au sein de chaque parquet, un procureur de la République est désigné référent aux violences intrafamiliales. Chaque référent suit une formation sur les violences intrafamiliales. »

🖋️Rejeté
Aurélien Pradié
22 nov. 2022

Compléter cet article par l’alinéa suivant :

« Art. L. 257‑2. – La chambre spéciale des violences intrafamiliales connaît de l’appel des décisions du juge aux violences intrafamiliales et du tribunal des violences intrafamiliales. »

🖋️Rejeté
Élisa Martin
18 nov. 2022
Après l'article premier, insérer l'article suivant:

Le Gouvernement remet au Parlement, dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, un rapport présentant une évaluation des dispositifs actuellement existants permettant de favoriser la non récidive des hommes violents et des recommandations sur l’opportunité de les généraliser à l’ensemble du territoire.

🖋️Irrecevable
Élisa Martin
18 nov. 2022
Après l'article premier, insérer l'article suivant:

Le Gouvernement remet au Parlement, dans un délai de six mois à compter de la promulgation de la présente loi, un rapport présentant une évaluation du nombre de fonctionnaires (magistrats, greffiers, personnels administratifs, agents de la protection judiciaire de la jeunesse, etc.) manquants pour mettre fin à la précarisation de la justice et la fragilisation de son statut notamment en rendant l’accès aux droits et au juge réellement efficients. Ce rapport précise les délais de procédure actuels en matière de violence intrafamiliale, le nombre de dossiers à la charge de chaque magistrat et effectue des recommandations afin que ceux-ci s’alignent sur les moyennes observées dans les autres pays européens.

🖋️Rejeté
Sandra Regol
19 nov. 2022
Après l'article premier, insérer l'article suivant:

I. – La présente loi entre en vigueur au 31 décembre 2025.

II. – Avant l’entrée en vigueur de la présente loi, l’État expérimente, dans un ou plusieurs territoires et selon des modalités établies par décret, la mise en place de tribunaux des violences intrafamiliales. Cette expérimentation donne lieu à un rapport d’évaluation, remis au Parlement par le Gouvernement au plus tard le 31 décembre 2024, dont l’objectif est d’identifier les éventuels dysfonctionnements pour pouvoir les corriger d’une part et de déterminer si la généralisation de ces juridictions à tout le territoire est pertinente d’autre part.

🖋️Rejeté
Aurélien Pradié
22 nov. 2022
Après l'article premier, insérer l'article suivant:

La présente loi entre en vigueur le 1er janvier 2024.

Exposé des motifs • ⏱️Lecture 3min.

Mesdames, Messieurs,

Cent‑vingt‑deux. 122 femmes ont été tuées sous les coups de leur compagnon ou ex‑compagnon en 2021. Ce chiffre macabre est en augmentation de 20 % par rapport à 2020.

Déjà 79 féminicides conjugaux ont eu lieu en 2022 ([1]).

Ces chiffres glaçants viennent une nouvelle fois remettre en cause les moyens réellement mobilisés dans la lutte contre les violences faites aux femmes et aux enfants.

Ne jamais se résigner.

Si le sujet des violences conjugales est bien présent dans le débat public, que les associations sont incontestablement actives, que les professionnels de la prévention et de l’accompagnement, de la police et de la justice sont mobilisés et que les médias relaient ces violences insupportables, le grand danger est de considérer, comme par accoutumance, que rien de plus efficace ne peut être fait.

Le combat doit se poursuivre inlassablement. Il faut agir encore plus fort pour secourir toutes les victimes au sein de la famille, les femmes en premier lieu, les hommes qui font aussi l’objet de violences et bien entendu, les enfants, qui sont durablement meurtris physiquement et psychologiquement. Dans ces contextes de violences conjugales ils sont aussi les victimes.

La loi visant à agir contre les violences au sein de la famille, que nous avons portée et qui a été adoptée à l’unanimité par le Parlement et promulguée le 28 décembre 2019 contient des dispositions importantes telles que le déploiement du bracelet électronique anti‑rapprochement, la fixation à six jours maximum du délai de délivrance par le juge aux affaires familiales d’une ordonnance de protection ou encore la suspension automatique de l’autorité parentale lors de crime sur conjoint, nous devons aujourd’hui franchir une nouvelle étape déterminante. Notre pays doit désormais se doter d’une juridiction spécialisée qui permettra d’améliorer fortement le traitement judiciaire des violences intrafamiliales.

Il n’est plus question d’attendre. Cette réforme structurelle de notre organisation judiciaire est attendue depuis plusieurs années. Les députés les Républicains réclament la création de cette juridiction spécialisée depuis plus de 5 ans. Jusqu’ici, le Président de la République et le Gouvernement s’y étaient constamment opposés. Depuis quelques mois, ils semblent comprendre que notre proposition est la bonne.

Plusieurs autres pays d’Europe, comme l’Espagne, ont déjà fait ce choix. Les résultats sont probants (le nombre de féminicides a baissé fortement depuis une quinzaine d’années en raison de plusieurs mesures caractéristiques). La juridiction spécialisée permet de juger vite, plus fermement et d’être saisie plus facilement par les victimes. Le déploiement effectif du bracelet anti‑rapprochement en phase préventive sera beaucoup plus large si notre pays est doté d’une telle juridiction. La juridiction spécialisée est la seule réponse efficace et fiable qui peut être apportée à toutes les victimes, quelque que soit leur milieu social, leur lieu de vie et leur environnement. Bien loin des « cellules d’écoute », inopérantes et déviantes, en tout genre.

La justice de la République doit être la réponse première et ultime pour les victimes.

Le juge aux violences intrafamiliales pourrait ainsi, par ses pouvoirs spécialisés et son expérience, mieux faire respecter le délai que la loi prescrit pour rendre les ordonnances de protection et renforcer son action et son efficacité. Ces affaires nécessitent d’être jugées de manière spécifique parce qu’elles ne ressemblent pas aux autres violences.

Cette juridiction est d’abord une juridiction d’instruction qui, par dérogation au principe de séparation de l’instruction et du jugement, peut juger l’affaire qu’il a lui‑même instruite. Il reste ensuite compétent dans la phase d’exécution de la décision comme juge d’application des peines, tant pour les mesures en milieu ouvert que pour celles en milieu fermé.

Calquée sur le modèle du juge pour enfants cette juridiction agit sur une double compétence : tant sur le civil (en matière d’organisation ou de prolongation d’une action de protection judiciaire à l’égard des victimes) que sur le pénal (pour juger les délits). Elle engage une réforme profonde de notre organisation judiciaire.

On ne peut plus se contenter de paroles impuissantes, il faut franchir une nouvelle étape et ce, dès à présent. Ce sujet a été suffisamment étudié et évalué pour ne pas attendre plus longtemps.

Cette proposition de loi permettra de changer les choses. Aussi longtemps qu’il restera une seule et dernière victime de violences intrafamiliales en France, nous ne céderons pas.

En déposant aujourd’hui cette proposition de loi, nous ne cédons rien.

Ne jamais abandonner et agir efficacement. Tel est l’objet de cette proposition de loi.

Article 1

Après le titre V du livre II du code de l’organisation judiciaire, il est inséré un titre V bis ainsi rédigé :

« Titre V bis

« Les juridictions des violences intrafamiliales

« Chapitre Ier

« Le tribunal des violences intrafamiliales

« Art. L. 2551. – Le tribunal des violences intrafamiliales connaît, dans les conditions définies par le code de procédure pénale, des délits constitutifs d’une atteinte à l’intégrité de la personne commis :

« 1° Sur un ascendant légitime ou naturel ou sur les père ou mère adoptifs ;

« 2° Par le conjoint, le concubin ou le partenaire lié à la victime par un pacte civil de solidarité, y compris lorsqu’ils ne cohabitent pas ;

« 3° Sur la personne de son enfant ou de l’enfant de son conjoint, concubin ou partenaire lié par un pacte civil de solidarité.

« Art. L. 2552. – Il y a au moins un tribunal des violences intrafamiliales dans le ressort de chaque cour d’appel.

« Art. L. 2553. – Le tribunal des violences intrafamiliales est composé d’un juge aux violences intrafamiliales, président, et de deux assesseurs.

Le juge aux violences intrafamiliales qui a été chargé de l’instruction, qui a renvoyé l’affaire devant le tribunal des violences intrafamiliales ou qui a statué sur une demande d’ordonnance de protection ne peut présider cette juridiction. Lorsque cette incompatibilité et le nombre de juges aux violences intrafamiliales dans le tribunal judiciaire le justifient, la présidence du tribunal des violences intrafamiliales peut être assurée par un juge aux violences intrafamiliales d’un tribunal des violences intrafamiliales sis dans le ressort de la cour d’appel et désigné par ordonnance du premier président.

Les deux assesseurs sont désignés par le président du tribunal judiciaire.

« Chapitre II

« Le juge aux violences intrafamiliales

« Art. L. 2561. – Il y a au moins un juge aux violences intrafamiliales au siège de chaque tribunal des violences intrafamiliales.

Le juge aux violences intrafamiliales peut être suppléé, en cas d’absence ou d’empêchement, ou remplacé provisoirement par un magistrat du siège désigné par le président du tribunal judiciaire.

« Art. L. 2562. – Le juge aux violences intrafamiliales connaît des demandes d’ordonnance de protection.

« Chapitre III

« Dispositions communes

« Art. L. 2571. – Le ministère public est représenté auprès de chaque juridiction des violences intrafamiliales. Il assiste aux débats. Toutes les décisions sont prononcées en sa présence et il en assure l’exécution. »

Article 2

La charge pour l’État est compensée à due concurrence par la création d’une taxe additionnelle à l’accise sur les tabacs prévue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

([1]) Chiffre au 3 septembre 2022.

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