Laurent Marcangeli,
Ministère de l'action publique, de la fonction publique et de la simplification •
16 sept. 2025En 2025, notre pays compte près de 5,8 millions d'agents publics. Cela représente une progression de 23 % depuis 1997, alors même que la population n'a crû que de 14 % sur la même période. Cet écart de 9 points traduit une réalité : l'emploi public a augmenté plus vite que les besoins démographiques, et cette dynamique n'est pas soutenable. Elle pèse lourdement sur la dépense publique, donc sur les finances de l'État, mais aussi, in fine, sur les contribuables et les agents eux-mêmes, dont le pouvoir d'achat se trouve fragilisé par la hausse de la charge fiscale. Il n'est ni possible, ni souhaitable de continuer à augmenter indéfiniment le nombre de postes dans la fonction publique. Plus précisément, l'objectif est de faire "mieux avec moins" : moins de dispersion, plus de ciblage, davantage de moyens là où ils sont vraiment nécessaires et la poursuite d'un effort général de simplification et de modernisation afin de rendre le meilleur service public possible dans un contexte où la contrainte budgétaire est un paradigme durable. Concrètement, cela signifie que des baisses sont indispensables dans certains secteurs où l'organisation peut être simplifiée, mais que d'autres doivent également être renforcés en prenant compte différents enjeux, notamment démographiques et sociétaux, en ciblant en priorité : l'éducation de nos enfants, notre sécurité, notre justice, notre santé. Le ministère de l'Action publique, de la Fonction publique et de la Simplification porte une vision claire : une fonction publique recentrée, modernisée, qui mise sur la réallocation des effectifs, des gains d'efficacité permis par le numérique et l'intelligence artificielle, et une simplification radicale des procédures. Ce n'est qu'à ce prix que nous pourrons offrir à nos concitoyens un service public à la fois performant et soutenable.