đŸ‡«đŸ‡· Tous concernĂ©s, tous acteurs !
📛Choix du Pseudo 📧VĂ©rification du Mail
Code :
🔑Choix du Mot de passe
đŸ›ïžPourquoi nous rejoindre ?
  • ⚡ C'est rapide, et gratuit !
  • 🔔 Recevez des notifications sur les thĂšmes qui vous intĂ©ressent
  • 💬 Partagez vos idĂ©es et avis sur le travail lĂ©gislatif en cours
đŸ‡«đŸ‡· Tous concernĂ©s, tous acteurs !
📛Pseudo
🔑Mot de passe

đŸ˜±Pseudo oubliĂ©
â„čSaisir l'adresse mail liĂ©e au pseudo oubliĂ© :
đŸ˜±Mot de Passe oubliĂ©
â„čSaisir l'adresse mail liĂ©e au Mot de Passe oubliĂ© :
🔎Chercher
â„čConseil : Quelques mots-clĂ©s suffisent 😉
📜Loi visant l'augmentation des salaires et des pensions
15 sept. 2026 ‱
Hadrien Clouet

ExposĂ© des motifs ‱ ⏱Lecture 21min.

Mesdames, Messieurs,

Face Ă  la crise durable du pouvoir d’achat qui frappe le peuple, la richesse considĂ©rable créée dans notre pays doit ĂȘtre mobilisĂ©e au service de l’augmentation des salaires et des pensions.

Le refus du grand patronat de rĂ©pondre Ă  cette revendication populaire, illustrĂ© par les rires qui ont accueilli l’appel de Jean‑Luc MĂ©lenchon Ă  augmenter les salaires devant le Medef, montre que cette question doit ĂȘtre prise en main par la puissance publique.

Car c’est le travail qui crĂ©e la richesse. Il n’est pas acceptable que, dans un pays qui produit autant, des millions de travailleuses et de travailleurs soient contraintes de renoncer Ă  des dĂ©penses essentielles, de se priver de loisirs ou Ă©prouvent des difficultĂ©s Ă  se loger, se nourrir ou se chauffer. Il n’est pas davantage acceptable que la progression de la richesse produite profite prioritairement Ă  la rĂ©munĂ©ration du capital, tandis que les salaires et les pensions stagnent ou reculent.

L’augmentation des salaires et des pensions constitue Ă©galement une nĂ©cessitĂ© Ă©conomique. Sans relance de la consommation populaire, le pays s’enfoncera durablement dans la rĂ©cession.

L’inflation, alimentĂ©e par la spĂ©culation et l’augmentation des marges des grandes entreprises, s’installe durablement et dĂ©grade le pouvoir d’achat de celles et ceux qui vivent de leur travail, prĂ©sent ou passĂ©.

AprĂšs une longue Ă©clipse, l’économie de notre pays a de nouveau connu des pĂ©riodes d’inflation forte depuis la fin de l’annĂ©e 2021. Les prix ont augmentĂ© fortement sur la pĂ©riode 2022‑2023 : de 5,2 % sur l’annĂ©e 2022 puis de nouveau de 4,9 % en 2023. L’inflation cumulĂ©e depuis dĂ©but 2021 et en tenant compte de l’inflation prĂ©visionnelle pour 2026 (1,8 %) atteindra 16,4 %. Cette inflation est en rĂ©alitĂ© sous‑estimĂ©e, du fait des imperfections de l’indice des prix Ă  la consommation (IPC) utilisĂ© prioritairement par l’Institut national de la statistique et des Ă©tudes Ă©conomiques (INSEE). En comparaison de l’indice des prix Ă  la consommation harmonisĂ© (IPCH) qui est privilĂ©giĂ© par Eurostat, il ne permet pas de prendre pleinement en compte l’évolution du prix des services de santĂ©, des frais et crĂ©dits liĂ©s Ă  l’achat de logements ou encore l’inflation des produits Ă©nergĂ©tiques et d’alimentation. L’inflation cumulĂ©e depuis 2021, mesurĂ©e par l’IPCH, serait de 20,9 % Ă  la fin de l’annĂ©e 2026.

Cette forte inflation qui a caractérisé notre économie entre 2021 et 2025, particuliÚrement entre 2021 et 2023, a eu des effets différents selon la position occupée dans la structure sociale. Cette crise a fait une écrasante majorité de perdants au sein du peuple de France, à commencer par les catégories populaires.

Au contraire, la crise inflationniste a fait d’incontestables gagnants, chez les dĂ©tenteurs du capital. Certains d’entre eux se sont rĂ©vĂ©lĂ©s ĂȘtre de vĂ©ritables profiteurs de crise : les grands groupes de l’énergie, les grands industriels de l’agroalimentaire ou du raffinage. Ils ont entretenu et amplifiĂ© l’inflation en augmentant leurs prix bien au‑delĂ  de la hausse de leurs coĂ»ts de production. Dans le secteur de l’énergie, 39 % de la hausse des prix provient de la hausse des profits entre 2021 et 2023. Les mĂȘmes phĂ©nomĂšnes sont observĂ©s pour l’agroalimentaire et l’industrie au sens large. La responsabilitĂ© de ces grands groupes se prouve par un fait simple : leurs taux de marge ont augmentĂ© quand ce n’était pas le cas des autres entreprises du mĂȘme secteur d’activitĂ©. La cause de l’inflation lors de la pĂ©riode rĂ©cente est celle d’une spirale « prix - profits » : elle n’est ni monĂ©taire, ni liĂ©e Ă  la hausse des salaires.

Le risque d’une captation toujours plus grande des richesses par les grands groupes est toujours prĂ©sent, alors que l’inflation repart Ă  la hausse. AprĂšs une inflation de 0,9 % en 2025, les prĂ©visions pour 2026 varient entre 1,8 % et 2,4 %. Ainsi, TotalEnergies a doublĂ© ses bĂ©nĂ©fices en 2026 avec plus de 6 milliards de bĂ©nĂ©fices au premier trimestre de 2026, 4,7 milliards d’euros de bĂ©nĂ©fices sur le deuxiĂšme trimestre (contre 2,36 milliards l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente). Au total, rien que sur le premier semestre de l’annĂ©e 2026, l’entreprise a dĂ©gagĂ© 11,2 milliards d’euros de bĂ©nĂ©fices nets.

Le prix de la vie explose. Les taxes privĂ©es frappent directement les mĂ©nages qui subissent la hausse des prix de biens et services essentiels : le carburant pour se dĂ©placer, l’énergie pour se chauffer, le logement, l’alimentation, etc.

Le prix du litre de gazole a augmentĂ© de plus de 37 % entre janvier et septembre 2026, pour atteindre 2,22 euros, ce qui reprĂ©sente plusieurs centaines d’euros de dĂ©penses supplĂ©mentaires pour un mĂ©nage sur une annĂ©e. Sur la mĂȘme pĂ©riode, le prix repĂšre moyen du gaz destinĂ© aux particuliers a augmentĂ© de prĂšs de 41 % (172,05 euros TTC). Les prix des produits alimentaires, qui avaient dĂ©jĂ  bondi de 20 points en moyenne entre 2022 et 2024, connaissent de nouveau une inflation importante (1,6 % dĂ©jĂ  mesurĂ© en 2026). Selon l’UFC‑Que Choisir, l’inflation alimentaire pourrait ĂȘtre « de l’ordre de 4 Ă  5 % » Ă  moyen terme. D’ici peu de temps, les prix alimentaires auront augmentĂ© de prĂšs d’un tiers, en quelques annĂ©es seulement. Toutes ces hausses de prix provoquĂ©es par l’opportunisme des profiteurs de crise se font sans que les mĂ©nages ne profitent d’aucun service supplĂ©mentaire en retour.

Les mĂ©nages subissent Ă©galement depuis des dĂ©cennies l’explosion des prix du logement, notamment des loyers. Cela se vĂ©rifie dans tout le pays alors que le foncier et le bĂąti sont devenus des outils spĂ©culatifs pour fonds d’investissement ou des actifs Ă  la main des rentiers (les multipropriĂ©taires reprĂ©sentent seulement 3,5 % des mĂ©nages mais dĂ©tiennent 50 % des logements en location) : les prix des logements anciens ont plus que doublĂ© depuis l’an 2000. Le prix des loyers est en hausse ininterrompue depuis quarante ans. Entre 1984 et 2020, les loyers des logements ont Ă©tĂ© multipliĂ©s par 2,6 dans le secteur locatif privĂ©. La hausse insoutenable des loyers est particuliĂšrement marquĂ©e dans les grandes mĂ©tropoles. Ainsi, en Île‑de‑France, les loyers du parc privĂ© ont augmentĂ© de 56 % depuis l’an 2000 et ont mĂȘme Ă©tĂ© multipliĂ©s par 4 depuis les annĂ©es 1980.

Toutes les dĂ©penses inĂ©vitables et incompressibles progressent, si bien que la part des dĂ©penses contraintes est passĂ©e de 13 % dans les annĂ©es 1960 Ă  plus de 30 % du budget des mĂ©nages aujourd’hui. Elle est mĂȘme supĂ©rieure Ă  60 % pour les mĂ©nages aux plus faibles revenus.

La stagnation ou le recul des salaires et les coupes budgétaires sur les pensions de retraite des deux mandats du Président de la République Emmanuel Macron ont enfoncé le pays dans la crise sociale.

Les libĂ©raux s’obstinent depuis plusieurs dĂ©cennies Ă  imposer leur politique de stagnation salariale et de baisse des revenus de remplacement, Ă  commencer par les pensions de retraite. L’objectif de cette politique est d’alimenter les profits quand bien mĂȘme l’évolution de la productivitĂ© en berne est moins rapide qu’au siĂšcle dernier. Elle a pour consĂ©quence que les revenus du travail ne permettent pas de faire face au coĂ»t croissant de la vie. En plus de 10 ans Ă  orienter la politique Ă©conomique et sociale du pays, le PrĂ©sident de la RĂ©publique Emmanuel Macron a durci cette politique d’appauvrissement du peuple.

L’emploi ne protĂšge plus de la pauvretĂ©, puisque les rĂ©munĂ©rations sont trop faibles. Il y a 2,3 millions de travailleurs pauvres en France. Ce niveau anormalement Ă©levĂ© s’explique en partie par les attaques envers le salariat et le dĂ©veloppement du statut de micro‑entrepreneur, marqueur politique de la dĂ©cennie macroniste. Les micro‑entrepreneurs sont dĂ©sormais prĂšs d’un indĂ©pendant sur deux (alors qu’ils Ă©taient un indĂ©pendant sur quatre en 2013) et perçoivent de faibles revenus, de 670 euros par mois en moyenne. Ce phĂ©nomĂšne n’explique pas tout et les salariĂ©s s’appauvrissent aussi : 6,9 % vivent sous le seuil de pauvretĂ©, une proportion qui est en progression (de 0,3 point en 2024). En consĂ©quence, le taux de privation matĂ©rielle et sociale des personnes en emploi augmente de 1,2 point depuis 2020, plus fortement pour les ouvriers et les employĂ©s, selon l’Insee.

Le salaire minimum interprofessionnel de croissance (SMIC) n’a pas Ă©tĂ© revalorisĂ© au‑delĂ  de l’inflation (« coup de pouce ») depuis prĂšs de 15 ans. En 2012, celui‑ci avait trĂšs lĂ©gĂšrement augmentĂ© de 0,6 % au‑delĂ  de l’inflation. Depuis, plus rien. Plus inquiĂ©tant encore, la derniĂšre revalorisation d’ampleur date de 1981 (le SMIC avait alors augmentĂ© de 10 %). Il en rĂ©sulte qu’à long terme, le salaire minimum dĂ©croche par rapport au salaire moyen. Actuellement d’une valeur de 1 477,93 euros net mensuel, il se rapproche toujours plus du seuil de pauvretĂ© (1 337 euros par mois), si bien qu’il ne lui est supĂ©rieur que de prĂšs de 140 euros pour une personne seule aujourd’hui. En tout cas, le salaire minimum actuel ne permet pas d’assurer des conditions de vie dĂ©centes, puisqu’il est infĂ©rieur de plusieurs centaines d’euros au « salaire dĂ©cent » tel qu’il est estimĂ© par le Conseil national des politiques de lutte contre la pauvretĂ© et l’exclusion sociale (CNLE) Ă  partir des prix d’un panier de biens essentiels : il manque plus de 300 euros par mois Ă  une personne seule pour vivre dĂ©cemment et mĂȘme prĂšs de 1 200 euros pour une famille composĂ©e d’un couple au SMIC avec deux enfants ! MalgrĂ© la faiblesse de ce salaire minimum lĂ©gal, les droites font obstacle Ă  toute hausse. Le groupe d’experts rendant chaque annĂ©e un avis sur sa possible revalorisation est composĂ© d’économistes libĂ©raux et patronaux. Sans surprise, il prend systĂ©matiquement position contre une hausse du SMIC.

De plus en plus de travailleurs sont rĂ©munĂ©rĂ©s Ă  ce salaire minimum trop faible. Selon les chiffres du ministĂšre du travail, ce sont 2,2 millions de salariĂ©s qui sont rĂ©munĂ©rĂ©s au SMIC (12,4 % des salariĂ©s). Ils sont plusieurs centaines de milliers de plus Ă  percevoir un salaire proche du SMIC, au moins 600 000 en 2022. Les rĂ©munĂ©rations se tassent au niveau du salaire minimum parce que les salaires ne sont pas indexĂ©s sur l’inflation et diminuent en valeur rĂ©elle au fil des annĂ©es.

La faiblesse du SMIC pĂ©nalise principalement les femmes : 1,3 million des salariĂ©es au SMIC sont des femmes. Ces travailleuses pauvres subissent davantage le temps partiel, exercent dans les secteurs du commerce de dĂ©tail, des services Ă  la personne, de la restauration rapide, de l’hĂŽtellerie, de la restauration, du tourisme. Elles sont bien souvent au service de grandes entreprises, directement ou indirectement puisque employĂ©es par des sous‑traitants dont les donneurs d’ordre sont de grands groupes.

Les salaires rĂ©els diminuent dans le secteur privĂ©. Non protĂ©gĂ©s de l’inflation par une indexation, aussi appelĂ©e « échelle mobile des salaires », les salaires ont progressĂ© moins vite que l’inflation depuis 2017 et particuliĂšrement au plus fort de la crise inflationniste de 2022‑2023, lorsque le salaire rĂ©el moyen avait diminuĂ© de 4 %.

Tous les indicateurs du pouvoir d’achat des salaires sont en baisse entre 2017 et fin 2025 : le salaire rĂ©el horaire dans le secteur marchand a diminuĂ© de 3 %, le salaire par tĂȘte a baissĂ© de 2 %. Le rattrapage consĂ©cutif Ă  l’inflation de 2022‑2023 ne s’est donc pas fait, alors que l’inflation revient. Les prĂ©visions de l’INSEE anticipent une nouvelle baisse des salaires rĂ©els de 0,5 % au deuxiĂšme trimestre de 2026. De maniĂšre notable, l’absence de hausse des salaires concerne aussi les tranches les plus favorisĂ©es du salariat : le salaire rĂ©el des cadres du secteur privĂ© n’a pas augmentĂ© depuis 1996 et mĂȘme diminuĂ© si l’on retient l’IPCH comme mesure de l’inflation.

Les employeurs refusent d’augmenter les salaires, y compris dans le cadre de nĂ©gociations collectives. Dans plus de 70 % des branches professionnelles (126 branches), le salaire minimum est aujourd’hui sous le SMIC.

Les retraitĂ©s ne sont pas Ă©pargnĂ©s, puisque le pouvoir d’achat des pensions de retraite connaĂźt aussi un effondrement. Ainsi, rapportĂ©es Ă  l’IPCH, les pensions de retraite ont diminuĂ© de 7,2 % depuis 2017.

Notre pays continue de compter des millions de retraitĂ©s pauvres. Parmi les prĂšs de 18 millions de bĂ©nĂ©ficiaires d’une pension de retraite, 10,4 % sont pauvres (leur niveau de vie est infĂ©rieur au seuil de pauvretĂ©) soit 1,8 million d’entre eux.

Le minimum vieillesse, dont bĂ©nĂ©ficient plus de 723 000 retraitĂ©s, ne suffit pas Ă  protĂ©ger de la pauvretĂ© puisqu’il est infĂ©rieur de plus de 290 euros au seuil de pauvretĂ©. Ce minimum vieillesse est de 1 043,59 euros par mois pour un retraitĂ© isolĂ©, alors que le seuil de pauvretĂ© est de 1 337 euros. Pour les retraitĂ©s vivant en couple et qui sont bĂ©nĂ©ficiaires du minimum vieillesse, l’écart entre leurs revenus et le seuil de pauvretĂ© est toujours consĂ©quent, de l’ordre de 192 euros par membre du foyer.

Les gouvernements macronistes n’ont rien fait pour lutter contre la pauvretĂ© des plus ĂągĂ©s. La promesse d’une retraite minimale Ă  1 200 euros pour les carriĂšres complĂštes, faite en 2023, Ă©tait un mensonge : il s’agissait d’un montant brut et celui‑ci n’a Ă©tĂ© atteint qu’en 2026, alors que l’inflation des 3 derniĂšres annĂ©es a dĂ©jĂ  diminuĂ© le pouvoir d’achat des retraitĂ©s concernĂ©s.

La réforme du mode de calcul des pensions agricoles prévue par le budget pour 2025 ne permet pas de régler le problÚme des petites pensions de retraite. Pour les personnes concernées, les nombreuses difficultés rencontrées au cours de leur carriÚre (le chÎmage, les fortes variations de revenus sur une période, le temps partiel, etc.) continuent de peser lourd, si bien que de nombreux assurés du régime agricole vivent avec des revenus inférieurs au seuil de pauvreté.

La macronie a fait des retraitĂ©s une cible, en dĂ©sindexant par deux fois leurs pensions de retraite (en 2019 et en 2020). Elle a de nouveau tentĂ© d’appauvrir les retraitĂ©s en 2025 et 2026, Ă©tant finalement contrainte Ă  reculer face Ă  l’opposition parlementaire menĂ©e par les insoumis et Ă  la large opposition sociale Ă  cette mesure injuste.

Les retraitĂ©s ne sont pas une catĂ©gorie sociale homogĂšne faite de privilĂ©giĂ©s. Ils sont des centaines de milliers Ă  ĂȘtre pauvres, des millions Ă  appartenir aux couches populaires et moyennes qui subissent, comme l’immense majoritĂ© du peuple de France, la hausse des prix de la vie. Si certains retraitĂ©s s’enrichissent, c’est en tant que dĂ©tenteurs qui profitent de revenus du patrimoine. Le problĂšme auquel nous avons Ă  faire face, c’est celui de la concentration de la richesse, non d’un prĂ©tendu niveau trop Ă©levĂ© des pensions de retraite.

Ce qui est Ă  l’Ɠuvre Ă  chaque attaque sur les pensions de retraite, c’est surtout la tentative de certains de masquer le conflit entre les classes, en le maquillant en un conflit entre gĂ©nĂ©rations.

La pauvretĂ© se rĂ©pand Ă  grande vitesse, signe d’une crise sociale profonde. Ce sont prĂšs de 12 millions de personnes qui vivent dans la pauvretĂ©, au sein d’un des pays les plus riches du monde. Le taux de pauvretĂ© mesurĂ© par l’INSEE culmine Ă  un niveau record de 15,4 %, sa valeur la plus Ă©levĂ©e sur 30 ans. Les enfants subissent durement les politiques antisociales, si bien qu’ils sont 22,4 % Ă  vivre sous le seuil de pauvretĂ©, une proportion qui augmente chaque annĂ©e. Ainsi, prĂšs d’une personne sur six est en situation de pauvretĂ© monĂ©taire dans l’Hexagone. La situation est encore plus grave dans les territoires dits d’Outre‑mer, oĂč le taux de pauvretĂ© dĂ©passe les 43 % en moyenne. Depuis l’arrivĂ©e au pouvoir du PrĂ©sident de la RĂ©publique Emmanuel Macron, ce sont ainsi prĂšs de 1,3 million de nos concitoyens qui sont tombĂ©s dans la pauvretĂ©. La pauvretĂ© se renforce, puisque le niveau de vie des catĂ©gories les plus populaires (les 10 % aux plus faibles revenus) Ă©volue moins vite que celui de la population dans son ensemble.

Le peuple se prive de tout, de plus en plus. Des millions de personnes subissent des conditions de vie dĂ©gradĂ©es, sinon indignes. Selon l’INSEE, sans mĂȘme tenir compte des habitants des territoires dits d’Outre‑mer et des personnes vivant hors « habitat ordinaire » (ce qui exclut les personnes sans domicile fixe, ou vivant en foyer ou en communautĂ©), il y a dans notre pays 9 millions de personnes qui subissent des privations matĂ©rielles et sociales. Ils ne peuvent donc pas satisfaire leurs besoins Ă©lĂ©mentaires pour mener une vie dĂ©cente et doivent en faire des variables d’ajustement budgĂ©taire, rognant sur tout : les vacances une fois par an (22,2 %), le chauffage (11,7 % en hausse de 4,7 points sur un an !), l’alimentation avec la consommation de viande, poisson ou Ă©quivalent vĂ©gĂ©tarien (11,2 %), les vĂȘtements neufs (10,6 %), de nouveaux meubles en remplacement d’anciens meubles abĂźmĂ©s ou usĂ©s (18,4 %). Plus d’une personne sur quatre ne peut pas faire face Ă  une dĂ©pense imprĂ©vue de 1 000 euros. Sans surprise, cette politique de baisse des salaires et de destruction de la solidaritĂ© nationale ne fait que rĂ©pandre le malheur : les personnes poussĂ©es Ă  ces privations sont largement moins satisfaites de leur vie que celles n’en subissant pas (elles Ă©valuent leur satisfaction Ă  5,5/10 contre 7,7/10 pour les autres).

Les Français sont ainsi de plus en plus nombreux Ă  faire du dĂ©couvert bancaire un complĂ©ment de revenu presque permanent : 24 % des Français dĂ©clarent ĂȘtre Ă  dĂ©couvert presque tous les mois, une proportion qui s’établit Ă  42 % chez les 25‑34 ans, Ă  33 % parmi les catĂ©gories socioprofessionnelles aux revenus les plus modestes et Ă  34 % chez les locataires. La nĂ©cessitĂ© de vivre Ă  crĂ©dit s’installe durablement dans le quotidien des Français et toujours plus tĂŽt dans le mois : en 2025, le jour moyen de passage Ă  dĂ©couvert est dĂ©sormais le 18e jour avec 41 % des personnes concernĂ©es qui le sont dĂ©jĂ  entre le 1er et le 15 du mois, selon une enquĂȘte de l’institut Consumer Science & Analytics (CSA). Le montant moyen du dĂ©couvert augmente lui aussi, passant de 223 Ă  229 euros entre 2024 et 2025, une hausse que les rĂ©pondants associent principalement Ă  la difficultĂ© croissante Ă  faire face Ă  l’inflation, d’aprĂšs Panorabanques.

La hausse des salaires et des pensions est une mesure de justice sociale mais Ă©galement d’efficacitĂ© Ă©conomique et de cohĂ©sion sociale. Il est nĂ©cessaire de rĂ©partir le patrimoine et ses revenus.

Pour une infime minoritĂ© de la population, tout va pour le mieux, en consĂ©quence des mĂȘmes politiques qui provoquent l’appauvrissement de ceux vivant de leur travail. Les inĂ©galitĂ©s sont au plus haut et les trĂšs riches le sont de plus en plus. L’indice de Gini, qui mesure les inĂ©galitĂ©s, est aussi Ă  son niveau le plus Ă©levĂ© depuis 1996. Les 5 % les plus riches voient leurs revenus augmenter sous l’effet de leurs actifs financiers. Dans la France de Macron, la situation est idĂ©ale lorsqu’on fait partie du 1 % des plus riches, encore davantage si l’on appartient au 0,1 % des revenus les plus Ă©levĂ©s. Dans une enquĂȘte rĂ©cente, l’INSEE notait que : « le niveau de vie des personnes les plus aisĂ©es progresse pour la deuxiĂšme annĂ©e consĂ©cutive [
] par la hausse des revenus du patrimoine. Les taux de rendement des placements financiers restent Ă©levĂ©s ». Les revenus tirĂ©s des dividendes et autres capitaux mobiliers ont progressĂ© de 32 % en 2024. Les dividendes versĂ©s par les entreprises du CAC40 ont plus que doublĂ© sous le PrĂ©sident de la RĂ©publique Emmanuel Macron, passant de 45 milliards d’euros Ă  107 milliards en 2025 ! Ce qui ne va plus aux salaires des classes laborieuses va gonfler les dividendes de la bourgeoisie.

Sur le long terme, la part de la valeur ajoutĂ©e allant au travail diminue pour maintenir la rĂ©munĂ©ration du capital. Depuis 1981, la part de la valeur ajoutĂ©e brute des sociĂ©tĂ©s non financiĂšres servant les salaires a baissĂ© de plus de 8 points (selon les comptes de la nation 2024 de l’INSEE). En outre, la Direction gĂ©nĂ©rale du TrĂ©sor a observĂ© une baisse de 0,8 % pour la part allant au travail et une hausse de 1,9 % pour l’excĂ©dent brut d’exploitation des entreprises (EBE) lors du choc inflationniste de 2022‑2023. Le reste de l’écart s’explique par 1,1 point de baisse des impĂŽts de production, c’est‑à‑dire que l’activisme politique des libĂ©raux a privĂ© l’État de ressources pour augmenter les profits. Les revenus financiers dont jouissent les dĂ©tenteurs du capital sont au beau fixe puisque, entre 1990 et 2023, la distribution nette de dividendes a progressĂ© pour atteindre 5 % de la valeur ajoutĂ©e créée dans le pays (+ 2 points).

Depuis des dĂ©cennies, les gouvernements multiplient les cadeaux aux entreprises visant Ă  baisser ce qu’ils appellent le « coĂ»t du travail » (en rĂ©alitĂ©, le prix de la force de travail qui est la source de la valeur créée par la collectivitĂ©). Des centaines de milliards d’argent public sont distribuĂ©s aux entreprises chaque annĂ©e (entre 211 et 270 milliards selon des estimations rĂ©centes).

C’est un fiasco Ă©conomique complet : les cadeaux sont allĂ©s directement nourrir les profits, sans augmenter l’investissement et l’emploi total. Ainsi, dans son ouvrage Toujours moins ! L’obsession du coĂ»t du travail ou l’impasse stratĂ©gique du capitalisme français (La DĂ©couverte, 2025), l’économiste ClĂ©ment Carbonnier prĂ©sente ainsi les effets de la distribution de dizaines de milliards d’euros du « crĂ©dit impĂŽt compĂ©titivitĂ© emploi » (CICE) : « la moitiĂ© des bĂ©nĂ©fices du CICE se retrouvait dans ces augmentations de salaires [des salariĂ©s Ă©tant dĂ©jĂ  les mieux rĂ©munĂ©rĂ©s], l’autre moitiĂ© augmentant probablement la rentabilitĂ© de l’entreprise puisqu’on n’observait aucune augmentation de l’emploi ni de l’investissement ». L’ensemble des Ă©tudes ultĂ©rieures, ainsi que des Ă©tudes internationales, sont arrivĂ©es Ă  cette mĂȘme conclusion que les exonĂ©rations de cotisations sociales n’ont aucun effet sur l’emploi et peuvent, au mieux, accorder un court sursis Ă  des entreprises dĂ©jĂ  en difficultĂ©.

Similairement, l’évolution Ă  la baisse sur le long terme du coĂ»t du SMIC montre qu’appauvrir les salariĂ©s qui sont payĂ©s au salaire minimum ne crĂ©e pas d’emploi. Le coĂ»t horaire du salaire minimum (cotisations sociales comprises et exonĂ©rations de cotisations retranchĂ©es) Ă©quivalait Ă  plus de 13,5 euros actuels par heure en 1990, il Ă©tait de moins de 11 euros en 2022 : cela n’a eu aucun effet sur le taux d’emploi.

Les entreprises peuvent trĂšs largement supporter une hausse des salaires, sans que cela ne fragilise ni leur compĂ©titivitĂ© internationale ni leur Ă©quilibre financier. Le taux de marge des entreprises françaises se maintient depuis plusieurs annĂ©es Ă  un niveau Ă©levĂ© (32,2 % de la valeur ajoutĂ©e brute en 2025), Ă©gal au taux de profits non investis. Une hausse gĂ©nĂ©ralisĂ©e des salaires est sans effet sur la compĂ©titivitĂ© Ă  l’échelle du marchĂ© français, puisqu’elle concerne toutes les entreprises. Par ailleurs, les secteurs exposĂ©s Ă  la compĂ©tition internationale n’ont rien Ă  craindre d’une hausse du salaire minimum : dans les 19 secteurs Ă©conomiques les plus exportateurs, la part des salaires proches du SMIC ne reprĂ©sente que 3 % des dĂ©penses de production.

Toutefois, l’effort doit davantage reposer sur les grands groupes, qui se sont accaparĂ©s une part croissante de la valeur au dĂ©triment des petites et moyennes entreprises. Les grands groupes soumettent les plus petites entreprises Ă  une exploitation commerciale plus intense. GrĂące Ă  leur position dominante sur le marchĂ©, ces groupes peuvent externaliser leur production et imposer des tarifs bas dans le cadre de la sous‑traitance, ce qui provoque la complexification de cette mĂȘme sous‑traitance en chaĂźne. Cette domination des grands groupes passe aussi par la dĂ©lĂ©gation salariale. Par consĂ©quent, cela dĂ©grade les rĂ©munĂ©rations des salariĂ©s des petites et moyennes entreprises. L’économiste M. Ulysse Lojkine remarque ainsi dans son ouvrage Le fil invisible du capital. DĂ©chiffrer les mĂ©canismes de l’exploitation (La DĂ©couverte, 2025) que « dans les pays riches, les profits sont de maniĂšre croissante aux mains de quelques firmes, sans proportion avec la main‑d’Ɠuvre qu’elles emploient directement » et observe que l’augmentation du taux d’exploitation Ă  l’échelle nationale se transcrit diffĂ©remment selon la taille des entreprises. Sur la pĂ©riode 1990‑2006, « le taux d’exploitation augmentait Ă  l’échelle nationale alors mĂȘme qu’il diminuait dans la plupart des firmes, du fait de l’importance croissante des firmes oĂč il est le plus Ă©levé ». Nous savons aussi qu’en France « les salaires sont plus bas dans les entreprises preneurs d’ordre pour des travailleurs aux caractĂ©ristiques semblables » donc que l’externalisation abaisse les salaires. L’explication proposĂ©e est que « de plus en plus de firmes de grande taille et Ă  profits importants ont externalisĂ© de maniĂšre croissante certaines activitĂ©s et tĂąches Ă  des firmes sous‑traitantes en position dominĂ©e, oĂč les salaires mais aussi les profits sont faibles » occasionnant une exploitation « entre entreprises » et non plus seulement au sein de l’entreprise. En somme, les grands groupes exploitent commercialement les petites entreprises en concentrant les profits gĂ©nĂ©rĂ©s Ă  l’échelle du pays. Pour les travailleurs des PME, l’exploitation est redoublĂ©e.

C’est pourquoi nous proposons la crĂ©ation d’une caisse de pĂ©rĂ©quation par laquelle les grandes entreprises (dont le chiffre d’affaires est supĂ©rieur Ă  750 millions d’euros) supporteront une part plus importante du financement de la hausse des salaires.

Il est temps de rompre avec le dogmatisme pro‑patronal qui mĂšne la France Ă  l’appauvrissement. La baisse des salaires rĂ©els et l’asphyxie financiĂšre imposĂ©e Ă  la protection sociale n’ont eu aucun bĂ©nĂ©fice pour le pays : pas d’emploi, pas d’investissement, pas de hausses de salaires (sauf pour ceux dĂ©jĂ  les mieux rĂ©munĂ©rĂ©s).

La politique de stagnation salariale et de coupes dans les services publics et la protection sociale plonge le pays dans la rĂ©cession. Le PIB de la France est ainsi en recul sur le premier semestre de l’annĂ©e 2026 (– 0,2 % au premier trimestre, 0 % au deuxiĂšme trimestre). TrĂšs clairement, la bourgeoisie française, incapable de voir plus loin que le bout de son nez et ses profits immĂ©diats, mĂšne le pays dans le mur.

Au contraire, une politique de hausse du pouvoir d’achat des salaires et pensions permettra de relancer un cycle Ă©conomique positif pour le pays, qui dĂ©pend trĂšs largement de la consommation populaire. Les statistiques nationales indiquent que la consommation des mĂ©nages français reprĂ©sente 55 % du produit intĂ©rieur brut (PIB) : une hausse de leur pouvoir d’achat stimulera la demande intĂ©rieure et profitera aux entreprises qui trouveront enfin des dĂ©bouchĂ©s et verront leurs commandes augmenter. Lors de la derniĂšre pĂ©riode marquĂ©e par des hausses successives du salaire minimum, menant Ă  une hausse significative sur quelques annĂ©es, soit entre 1997 et 2002 (+ 14 % en valeur nominale), plus de 2 millions d’emplois ont Ă©tĂ© créés sur la pĂ©riode. La protection des salaires par l’indexation permettra Ă  l’ensemble des mĂ©nages de maintenir leur consommation, sans consentir Ă  des privations que ce soit en termes de qualitĂ© ou de quantitĂ© de biens essentiels Ă  une vie dĂ©cente. La hausse du pouvoir d’achat permet simultanĂ©ment de diminuer la pauvretĂ©, d’amĂ©liorer la qualitĂ© de vie de la majoritĂ© du peuple et de fournir des dĂ©bouchĂ©s aux entreprises fournissant des services utiles Ă  la population. La politique de maintien Ă  tout crin de taux de profits exorbitants fait tout l’inverse.

Il n’y a pas d’argument purement technique ou de rationalitĂ© Ă©conomique pour refuser la hausse des salaires. L’opposition aux hausses de salaires correspond trĂšs simplement Ă  une politique au service du grand patronat et contre les intĂ©rĂȘts du peuple. Les Ă©tudes et Ă©valuations dĂ©montrent prĂ©cisĂ©ment que les arguments mobilisĂ©s par les serviteurs politiques du CAC40 pour discrĂ©diter la hausse des salaires sont infondĂ©s.

Les mesures proposĂ©es dans la prĂ©sente proposition de loi ont toutes pour objectif d’organiser la redistribution de la richesse créée dĂšs le stade de la production. C’est‑à‑dire pas seulement par la redistribution organisĂ©e par la puissance publique au moyen de diffĂ©rents transferts, par ailleurs absolument nĂ©cessaire et devant ĂȘtre renforcĂ©e pour financer les services publics. Une telle politique s’attaquant Ă  la question centrale de la rĂ©partition de la valeur ajoutĂ©e permet de limiter les stratĂ©gies de contournement de la fiscalitĂ© et du financement de la protection sociale que mettent en place les grandes entreprises : par l’optimisation voire l’évasion fiscale ainsi que par la fraude sociale aux cotisations non payĂ©es.

Pour mieux rĂ©partir la valeur et pour protĂ©ger le pouvoir d’achat d’une majoritĂ© du peuple, nous proposons donc d’augmenter immĂ©diatement le salaire minimum lĂ©gal et d’instaurer une Ă©chelle mobile des salaires.

Il s’agit du programme Ă©conomique d’urgence, permettant de rĂ©pondre Ă  l’intense crise sociale dont souffre le pays, que La France insoumise et son candidat M. Jean‑Luc MĂ©lenchon dĂ©fendront pour l’élection prĂ©sidentielle de 2027.

L’article 1er porte le SMIC Ă  1 700 euros net mensuel, soit une hausse de 16,55 %, pour amĂ©liorer immĂ©diatement le niveau de vie des catĂ©gories populaires.

L’article 2 instaure l’échelle mobile des salaires dans le secteur privĂ©. Le pouvoir d’achat des revenus du travail sera assurĂ© de ne pas se dĂ©grader y compris lors de crises inflationnistes, les rĂ©munĂ©rations devant Ă©voluer au moins aussi vite que les prix.

L’article 3 augmente le montant de l’allocation de solidaritĂ© aux personnes ĂągĂ©es, afin de le porter au niveau du seuil de pauvretĂ©, soit 1 337 euros par mois pour une personne seule et 2 005 euros pour un couple.

L’article 4 instaure une caisse de pĂ©rĂ©quation inter‑entreprises, financĂ©e par une cotisation progressive sur le rĂ©sultat net des entreprises dont le chiffre d’affaires dĂ©passe 750 millions d’euros, dans le but de soutenir financiĂšrement les associations employeuses, les trĂšs petites entreprises et les petites et moyennes entreprises pour assurer les hausses de salaires prĂ©vues par la prĂ©sente proposition de loi.

L’article 5 gage la prĂ©sente proposition de loi.

Notes

[(1)](1) Ce groupe est composĂ© de : Mme NadĂšge ABOMANGOLI, M. Laurent ALEXANDRE, M. Gabriel AMARD, Mme SĂ©golĂšne AMIOT, Mme Farida AMRANI, M. Rodrigo ARENAS, M. RaphaĂ«l ARNAULT, Mme AnaĂŻs BELOUASSA-CHERIFI, Mme ShĂ©hĂ©razade BENTORKI, M. Ugo BERNALICIS, M. Christophe BEX, M. Carlos Martens BILONGO, M. Manuel BOMPARD, M. Idir BOUMERTIT, M. Louis BOYARD, M. Pierre-Yves CADALEN, M. Aymeric CARON, M. Sylvain CARRIÈRE, Mme Gabrielle CATHALA, M. BĂ©renger CERNON, Mme Sophia CHIKIROU, M. Hadrien CLOUET, M. Éric COQUEREL, M. Jean-François COULOMME, M. SĂ©bastien DELOGU, M. Aly DIOUARA, Mme Alma DUFOUR, Mme Karen ERODI, Mme Mathilde FELD, M. Emmanuel FERNANDES, Mme Sylvie FERRER, M. Perceval GAILLARD, Mme ClĂ©mence GUETTÉ, Mme Zahia HAMDANE, Mme Mathilde HIGNET, M. Andy KERBRAT, M. Bastien LACHAUD, M. Abdelkader LAHMAR, M. Maxime LAISNEY, M. Arnaud LE GALL, M. AurĂ©lien LE COQ, M. Antoine LÉAUMENT, Mme Élise LEBOUCHER, M. JĂ©rĂŽme LEGAVRE, Mme Sarah LEGRAIN, Mme Claire LEJEUNE, Mme Murielle LEPVRAUD, Mme Élisa MARTIN, M. Damien MAUDET, Mme Marianne MAXIMI, Mme Marie MESMEUR, Mme Manon MEUNIER, M. Jean-Philippe NILOR, Mme Sandrine NOSBÉ, Mme DaniĂšle OBONO, Mme Nathalie OZIOL, Mme Mathilde PANOT, M. RenĂ© PILATO, M. François PIQUEMAL, M. Thomas PORTES, M. LoĂŻc PRUD’HOMME, M. Jean-Hugues RATENON, M. Arnaud SAINT-MARTIN, M. AurĂ©lien SAINTOUL, Mme Ersilia SOUDAIS, Mme Anne STAMBACH-TERRENOIR, M. AurĂ©lien TACHÉ, Mme AndrĂ©e TAURINYA, M. Matthias TAVEL, Mme AurĂ©lie TROUVÉ, M. Paul VANNIER.

Article 1

I. – Le code du travail est ainsi modifié :

1° Au 5° de l’article L. 2271‑1, les mots : « , aprĂšs avoir pris connaissance du rapport annuel Ă©tabli par un groupe d’experts dĂ©signĂ© Ă  cet effet, » sont supprimĂ©s.

2° L’article L. 3231‑4 est complĂ©tĂ© par un alinĂ©a ainsi rĂ©digé :

« Le montant du salaire minimum de croissance ne peut ĂȘtre infĂ©rieur à 2 176 euros brut mensuel. »

II. – Le I de l’article 24 de la loi n° 2008‑1258 du 3 dĂ©cembre 2008 en faveur des revenus du travail est abrogĂ©.

III. – Les I et II entrent en vigueur le 1er janvier 2027.

Article 2

I. – L’article L. 112‑4 du code monĂ©taire et financier est complĂ©tĂ© par un alinĂ©a ainsi rĂ©digé :

« Sont également autorisées, dans les conventions ou accords collectifs de travail, les clauses comportant des indexations sur le salaire minimum de croissance, sur le niveau général des prix ou des salaires ou sur les prix des biens, produits ou services en vue de la fixation et de la révision des salaires prévus par ces conventions ou accords. ».

II. – Le code du travail est ainsi modifié :

1° L’article L. 3231‑3 du code du travail est abrogé ;

2° Le titre III du livre II de la troisiÚme partie du code du travail est complété par un chapitre IV ainsi rédigé :

« CHAPITRE IV

« Échelle mobile des salaires

« Art. L. 3234‑1. – Au 1er mai de chaque annĂ©e, chaque salaire du secteur privĂ© doit avoir fait l’objet d’une revalorisation au moins Ă©gale Ă  sa valeur au 1er mai de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente augmentĂ©e d’un taux d’évolution de la moyenne de l’indice des prix Ă  la consommation harmonisĂ©, calculĂ©e sur les douze derniers indices mensuels de ces prix publiĂ©s par l’Institut national de la statistique et des Ă©tudes Ă©conomiques au cours de l’avant‑dernier mois qui prĂ©cĂšde la date de revalorisation. Dans le cas contraire, il est revalorisĂ© d’un montant qui ne peut ĂȘtre infĂ©rieur Ă  celui permettant d’atteindre la valeur du salaire de l’annĂ©e prĂ©cĂ©dente augmentĂ©e du taux d’évolution.

« Les modalitĂ©s d’application du prĂ©sent article sont fixĂ©es par dĂ©cret pris aprĂšs nĂ©gociation entre les reprĂ©sentants des organisations syndicales de salariĂ©s et les reprĂ©sentants des organisations reprĂ©sentatives des employeurs. »

Article 3

I. – La section 1 du chapitre 5 du titre I du livre VIII du code de la sĂ©curitĂ© sociale est ainsi modifiĂ©e :

1° L’article L. 815‑4 est ainsi rĂ©digé :

« Art. L. 815‑4. – Le montant maximal servi au titre de l’allocation de solidaritĂ© aux personnes ĂągĂ©es est fixé :

« 1° Pour les personnes seules, ou lorsque seul un des conjoints, concubins ou partenaires liés par un pacte civil de solidarité en bénéficie, à 16 044 euros par an ;

« 2° Lorsque les deux conjoints, concubins ou partenaires liés par un pacte civil de solidarité en bénéficient, à 24 060 euros par an. Dans ce cas, le montant est servi par moitié à chacun des deux allocataires concernés.

« Le prĂ©sent 2° est Ă©galement applicable au calcul de l’allocation de solidaritĂ© aux personnes ĂągĂ©es servie au demandeur lorsque son conjoint, concubin ou partenaire liĂ© par un pacte civil de solidaritĂ© bĂ©nĂ©ficie de l’’allocation supplĂ©mentaire d’invaliditĂ© prĂ©vue Ă  l’article L. 815‑24. »

2° À la fin de la premiĂšre phrase de l’article L. 815‑9, les mots : « fixĂ©s par dĂ©cret » sont remplacĂ©s par les mots : « égaux aux montants maximaux prĂ©vus aux 1° et 2° de l’article L. 815‑4. »

II. – Le I entre en vigueur le 1er janvier 2027.

Article 4

Est instituĂ©e une caisse privĂ©e de pĂ©rĂ©quation inter entreprises, financĂ©e par une cotisation volontaire obligatoire progressive calculĂ©e d’aprĂšs le rĂ©sultat net rĂ©alisĂ© par les entreprises dont le chiffre d’affaires constatĂ© au dernier exercice comptable est supĂ©rieur Ă  750 millions d’euros. Cette caisse garantit la soutenabilitĂ© financiĂšre pour les associations employeuses, les trĂšs petites entreprises et les petites et moyennes entreprises de la hausse des salaires prĂ©vue par la prĂ©sente loi.

Le barÚme et les modalités de contrÎle et de recouvrement de la contribution destinée à son financement sont fixés par voie réglementaire.

Article 5

La charge pour les organismes de sĂ©curitĂ© sociale est compensĂ©e Ă  due concurrence par la crĂ©ation d’une taxe additionnelle Ă  l’accise sur les tabacs prĂ©vue au chapitre IV du titre Ier du livre III du code des impositions sur les biens et services.

🚀