Il vise à exonérer de la taxe sur les salaires les groupements d’intérêt public (GIP) dédiés à la santé, afin de soutenir leur action qui contribue à lutter contre la désertification médicale – un problème crucial dans nos territoires. Le coût de cette mesure, évalué à 1 million d’euros, resterait modeste ; mais elle soutiendrait efficacement les GIP. Cet amendement est proposé par Régions de France.
Cet amendement de notre collègue Sébastien Huyghe vise à exonérer de la taxe sur les salaires les rémunérations versées aux agents de l’État affectés au sein des centres de ressources, d’expertise et de performance sportive (Creps), et à ainsi clarifier le régime applicable à ces agents. Cette proposition est soutenue par Régions de France.
LFI a déjà pourri notre niche, ce ne sera pas nouveau ! Monsieur le président, sur le fondement de l’article 58, alinéa 5, je demande une suspension de séance.
Nous n’avons pas de leçons à recevoir de la part de La France insoumise sur la tenue des niches. Monsieur le président, sur le fondement de l’article 58, alinéa 5, je demande une suspension de séance.
Ils visent à rendre le texte plus opérationnel. L’alinéa 4 de l’amendementprévoit un délai de deux mois, à réception du dossier, pour que le président du conseil départemental statue. S’il est en effet nécessaire que le délai soit assez court, encore faut-il qu’il soit réaliste en laissant aux départements le temps de l’instruction – une ambition impossible à satisfaire serait vaine. Nous vous proposons donc, avec le sous-amendement no 68, de porter le délai à trois mois et même, avec le sous-amendement no 69, de le porter à quatre mois. En période estivale notamment, il est difficile d’instruire de tels dossiers. J’espère que ces sous-amendements, qui visent à améliorer le dispositif, recevront des avis distingués de ceux qui pourraient être donnés de manière systématique à l’ensemble des sous-amendements.
L’article 2 tend à créer un fonds, mais sans en fixer le montant. Les départements, dont les budgets sont déjà sous tension, n’ont pas besoin qu’on ajoute ainsi une dépense supplémentaire sans qu’ils aient les ressources correspondantes. Notre approche, vous l’avez bien compris, est différente. Nous défendons un accompagnement fondé sur un projet et sur un contrat. Les départements connaissent chaque jeune. Ils sont les mieux placés pour adapter l’aide à la situation de chacun. Il faut apporter des réponses concrètes en matière de logement, grâce aux résidences sociales et aux foyers de jeunes travailleurs ; donner un accès à l’apprentissage, notamment dans les métiers en tension, pour lesquels les employeurs peinent à recruter ; organiser le parrainage et le tutorat, parce qu’un jeune a besoin d’un adulte, et pas seulement d’un guichet. Ces sujets ont leur place dans le projet de loi relatif à la protection des enfants, que nous avons voté et soutenu. Il est temps que nous l’adoptions définitivement pour qu’il soit mis en œuvre dans les tout prochains mois. Soyons exigeants, humains et réalistes. Un droit proclamé sans moyens est une promesse déçue. Notre devoir est de bâtir des parcours, pas seulement d’ouvrir des droits. Ces jeunes méritent mieux qu’une promesse que vous ne pourrez pas tenir. Pour l’ensemble de ces raisons, le groupe de la Droite républicaine ne votera pas cette proposition de loi.
Nous partageons votre constat : un jeune qui sort de l’aide sociale à l’enfance le jour de ses 18 ans ne peut pas se retrouver seul du jour au lendemain. Il n’a pas de famille vers qui se tourner ni de filet de sécurité. Notre devoir est de lui apporter de la stabilité et un avenir. Les chiffres montrent quelle est la situation. Fin 2024, près de 393 000 enfants et jeunes de moins de 21 ans bénéficiaient d’une mesure d’aide sociale à l’enfance. Chaque année, environ 30 000 d’entre eux deviennent majeurs. Selon l’Igas, plus de la moitié des jeunes qui quittent l’ASE à 18 ou 19 ans ne sont ni à l’école, ni en emploi, ni en formation. Dans la population générale, ils sont 15 % et, selon la Fondation pour le logement des défavorisés, 26 % des personnes sans domicile nées en France ont connu l’aide sociale à l’enfance. Ces chiffres ne peuvent laisser personne indifférent. Nous avons déjà légiféré dans cet hémicycle : la loi de 2022 a prévu l’accompagnement des jeunes jusqu’à 21 ans. Malheureusement, on le sait, cette loi est mal appliquée. En 2023, le taux moyen d’accompagnement des jeunes majeurs n’atteignait que 51 %. Dans un quart des départements, il était même inférieur à 32 %. C’est là un premier enjeu : appliquer ce que nous avons voté en 2022. L’article 1er de votre proposition de loi change de logique : il prolongerait jusqu’à 25 ans, de plein droit, la prise en charge, avec un droit opposable et des voies de recours ; il supprimerait toute condition de ressources. Ce serait donc un droit automatique, sans nécessité pour le jeune d’avoir un projet et sans contrepartie. Nous parlons de jeunes adultes, qui ont besoin de repères. Un droit sans projet ne construit pas une vie. En outre, avec la procédure contentieuse prévue, il reviendrait non plus au département, mais au juge, d’apprécier la situation du jeune. L’article 1er supprimerait aussi l’exclusion des jeunes visés par une OQTF. Nous ne pouvons l’accepter. La régularité du séjour doit rester une condition ; il y va de la cohérence de l’action publique. Autrement, des jeunes que l’État a décidé d’éloigner seraient pris en charge par les départements jusqu’à 25 ans. Cela n’a pas de sens ; ce serait l’impuissance organisée de l’État. Le texte vise enfin à étendre le dispositif aux jeunes de la protection judiciaire de la jeunesse. Cette mission relève de l’État et nous questionnons son transfert aux départements. Qui paiera ? Le coût est estimé à 38 000 euros par an et par jeune. Pour des milliers de jeunes, ce sont donc des centaines de millions d’euros. Vous n’apportez aucune piste crédible de financement.
Ce terme est très juste et pousse à réfléchir. Vous avez essayé d’introduire dans le texte la notion de « mort naturelle » ; cela a suscité une résistance dans les votes, mais aussi sur le fond. On ne peut mentir jusqu’à ce point : la mort qu’encadrera cette proposition de loi ne sera pas naturelle, mais bien administrée. Il faut l’assumer, avec toutes les conséquences que cela emporte. Dans cette perspective, cet amendement est particulièrement intéressant et je vous invite à l’adopter.
Je tiens à défendre cet amendement de notre collègue Anne-Laure Blin, qui tend à rebaptiser le texte en le disant relatif non au droit à « l’aide à mourir », mais au droit à « la mort administrée ».
Pour notre part, nous vous demandons de prendre en compte certaines nuances, d’accepter de considérer qu’il s’agit d’une démarche qui affecte l’organisation de notre système de santé et non d’un droit face auquel tout le monde devrait se mettre au garde-à-vous, d’introduire certaines subtilités dans la réflexion. Au contraire, votre démarche finit par être totalitaire, en ce sens que rien ne doit s’opposer à ce droit, ce qui ne manquera pas de susciter des résistances.
…toute une machine se met en marche : vous entrez dans une logique dans laquelle rien ne peut s’opposer à ce droit individuel. Voilà d’où vient le problème.
L’intérêt de nos débats tient à la confrontation entre deux logiques. La première consiste à reconnaître l’existence de collectifs irréductibles à la somme des individus qui les composent, c’est-à-dire l’existence d’un esprit collectif. En ce sens, un établissement, ce ne sont pas simplement des lits, c’est une histoire, une culture, qui se transmettent de génération en génération. Il en va ainsi au sein d’une association ou de tout autre collectif. C’est pourquoi il existe des valeurs qui peuvent être partagées, qui sont communes. Et la question se pose : à partir de quand et jusqu’où les prend-on en compte ? Quant à l’autre logique, elle apparaît dans les mots du rapporteur : « Comment un établissement pourrait-il ne pas respecter la loi ? » Cela renvoie à la manière dont on écrit la loi. Dès lors que vous avez décidé de créer dans ce texte un droit, un droit individuel qui plus est,…
L’euthanasie est un acte grave et irréversible. Or une mesure de protection juridique avec assistance ou représentation relative à la personne n’est jamais prononcée à la légère. Elle est ordonnée par le juge des contentieux de la protection, au vu d’un certificat médical circonstancié. Elle traduit une vulnérabilité non pas supposée, mais judiciairement établie. Le texte entoure certes l’accès des personnes protégées à l’euthanasie de plusieurs garanties : information de la personne chargée de la mesure et recueil de ses observations ; faculté de consulter un médecin inscrit sur une liste qui aura été établie à cet effet ; recours propre du protecteur devant le juge administratif. Ces précautions, pour réelles qu’elles soient, demeurent procédurales. Elles organisent l’accompagnement de la décision mais elles ne neutralisent ni le risque de pression de l’entourage ni celui d’une altération du discernement que la procédure ne décèlerait pas. Face à un acte définitif, encadrer n’est pas protéger. L’expérience étrangère confirme que la vigilance n’est pas théorique. Selon le sixième rapport annuel de Santé Canada, portant sur l’année 2024, 5 295 bénéficiaires de l’aide médicale à mourir, soit un tiers des personnes ayant répondu à la question, ont déclaré présenter un handicap. Protéger les plus vulnérables ne revient pas à restreindre le droit que vous créez ; au contraire, c’est la condition pour qu’il demeure un acte de liberté, et non l’effet d’une faiblesse.