💬 • Pieyre-Alexandre Anglade, Président de la commission des affaires européennes • 2026 May 11 20:09:22
…qui voit ses droits fondamentaux piétinés, ses libertés civiles et politiques bafouées et son avenir européen entravé. Vous l’avez rappelé très justement, madame la rapporteure, derrière les maux que connaît la région, il y a souvent la main de la Russie. Comme il l’a fait pour l’Ukraine, Vladimir Poutine refuse le destin européen de la Géorgie et l’aspiration à la liberté et à la démocratie du peuple géorgien. Quand le peuple ukrainien s’est soulevé place Maïdan, les Européens ont parfois préféré regarder ailleurs. Ne reproduisons pas la même erreur, dont l’Ukraine et les Ukrainiens paient aujourd’hui le prix. Nous n’avons pas le droit de renoncer à la démocratie et à l’État de droit en Géorgie. C’est pour cela que ce texte est essentiel. Il est essentiel car nous disons avec clarté qu’il existe un chemin européen pour la Géorgie. Ce chemin exige l’organisation rapide d’élections législatives libres et transparentes ainsi que le respect et l’indépendance de la justice et de l’État de droit, qui ne sont pas négociables. Ce sont même les conditions essentielles à la poursuite du processus d’adhésion. Nous disons aussi que l’Union européenne doit soutenir davantage celles et ceux qui font vivre la démocratie géorgienne : les ONG, les médias indépendants, les universités et l’ensemble des acteurs de la société civile, aujourd’hui menacés. Les groupes politiques vont à présent exposer leur position sur ce texte. Je forme le vœu que nous trouvions la majorité la plus large pour envoyer un message clair qui soit entendu à Tbilissi. Refuser de soutenir cette proposition de résolution au motif qu’il ne faut pas s’ingérer ou s’immiscer dans un débat interne à la Géorgie, c’est oublier ce qu’est l’Union européenne. Ce n’est pas simplement un marché, c’est aussi une communauté de destin fondée sur des principes démocratiques communs. Défendre ces principes, ce n’est pas, comme certains pourraient le dire, une forme d’ingérence : c’est une responsabilité politique et morale à laquelle nous sommes tenus comme État fondateur de l’Union européenne. J’espère donc que nous saurons trouver la majorité la plus large possible, car ce texte n’est pas seulement symbolique. C’est un témoignage de la solidarité démocratique européenne adressé au peuple géorgien. Notre devoir ce soir est clair : dire aux Géorgiens qu’ils ne sont pas seuls, que l’Assemblée nationale française est à leurs côtés et que nous les soutiendrons aussi longtemps que nécessaire dans leur aspiration à la démocratie, à la liberté et au chemin européen.
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💬 • Pieyre-Alexandre Anglade, Président de la commission des affaires européennes • 2026 May 11 20:08:12
Depuis maintenant de longs mois, le peuple géorgien se bat pour sa liberté et son avenir européen. Jour après jour, drapeaux européens à la main, des Géorgiens de toutes conditions – étudiants, médecins, artisans, journalistes, retraités – viennent réclamer une chose simple : le retour de la démocratie libérale et la poursuite du chemin européen de leur pays. Les élections législatives de 2024 ont marqué le premier pas de la dérive illibérale et autoritaire du gouvernement géorgien. Contesté, le scrutin a fait l’objet de nombreuses manipulations et de toutes sortes d’irrégularités de la part du pouvoir. L’adoption de la loi relative à l’influence étrangère, directement calquée sur le texte russe utilisé par le Kremlin pour étouffer toute voix dissidente, a représenté un second jalon dans la régression de la vie démocratique. À cela s’ajoutent la répression des manifestants, le muselage de la société civile, l’intimidation des oppositions et la remise en cause de la justice et de l’État de droit. Par ce débat et ce vote, nous apportons un soutien fraternel au peuple géorgien…
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💬 • Pieyre-Alexandre Anglade, Président de la commission des affaires européennes • 2026 Mar 25 18:50:03
C’est pourquoi nous devons bâtir sans tarder une véritable puissance européenne : c’est la seule manière de s’affirmer sur la scène internationale.
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💬 • Pieyre-Alexandre Anglade, Président de la commission des affaires européennes • 2026 Mar 25 18:49:27
Une fois encore, le Rassemblement national a choisi les intérêts de la Russie contre ceux de l’Europe et de la France. Dans ce tableau, fait de chaos et de guerres, la question du rôle de la France et de l’Europe et celle de leur positionnement sur l’échiquier politique international se posent de façon plus aiguë que jamais. Nous avons basculé dans un autre monde, celui de la force, et nous, Français et Européens, devons prendre lucidement conscience de ce basculement, faute de quoi nous serons à la merci des empires qui ne savent que s’imposer par la force et nous serons alors réduits au rôle de simples spectateurs.
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💬 • Pieyre-Alexandre Anglade, Président de la commission des affaires européennes • 2026 Mar 25 18:45:01
Voilà un mois que la guerre embrase le Proche-Orient et qu’une réalité que nous connaissions déjà depuis le retour de la guerre en Europe s’impose. Nous avons basculé dans un autre monde : désormais, la force prime le droit international. Le gouvernement a eu raison, par la voix du premier ministre tout à l’heure, de défendre le droit international, la désescalade et la négociation diplomatique face à l’intervention militaire en Iran, dont il est bien difficile de comprendre les objectifs recherchés, en particulier par les Américains. Le gouvernement a aussi eu raison de rappeler, par la voix du premier ministre, que la France est un partenaire fiable, qu’elle protège les siens partout dans le monde, qu’elle vient en soutien de ses alliés quand ils sont agressés et qu’elle participe activement à la sécurité de l’Europe quand l’un de ses États membres est la cible de drones, comme ce fut le cas à Chypre il y a peu. Cette constance, cette clarté, cette exigence, c’est ce qui fait aujourd’hui la crédibilité de la voix de la France. C’est ce qui permet d’affirmer qu’aucune solution pérenne face aux menaces graves que représente l’Iran ne reposera sur la seule force. Il ne s’agit pas là de naïveté ou d’angélisme, mais d’un principe de réalité, car nous savons qu’aucune idéologie ne meurt sous un tapis de bombes, pas plus que n’a disparu le programme nucléaire iranien après la guerre des douze jours. Après un mois de bombardements en Iran, qui peut prétendre, sans évaluation sérieuse, que le programme nucléaire et balistique iranien a été définitivement détruit ? Qui peut certifier, malgré les dégâts causés par les frappes nombreuses, que le danger que représente l’Iran est définitivement écarté ? Qui peut assurer qu’Israël et la région seront en sécurité pour les années à venir ? Personne ! Personne ne peut l’assurer car beaucoup avaient sous-estimé la force de résistance de cette dictature, qui a entraîné la région dans le conflit et sera peut-être en mesure de déplacer un certain nombre de ses capacités. Face à cela, il faut se rendre à l’évidence : le danger nucléaire demeure et la question du contrôle du programme nucléaire et balistique iranien reste en suspens tant qu’une solution diplomatique n’a pas été entérinée. Au-delà de l’Iran, il est un pays qui nous est particulièrement cher et dont la situation exige que nous agissions. Il s’agit évidemment du Liban. Je tiens, à cet égard, à saluer le récent déplacement qu’y a fait le ministre de l’Europe et des affaires étrangères. Ce que subissent les Libanais est inacceptable. Des morts par centaines, des déplacés par centaines de milliers, des frappes disproportionnées et des menaces formulées au grand jour par des responsables israéliens de s’emparer du Sud Liban. Le Hezbollah, en attaquant Israël, porte une immense responsabilité ; ce faisant, il a fait le choix de l’Iran contre les intérêts du Liban. Mais détruire le Liban pour éradiquer le Hezbollah est une impasse. L’éradication de ce mouvement passe par le renforcement de l’État libanais, de son armée, de sa souveraineté, certainement pas par sa destruction et son occupation. Je voudrais, pour finir, évoquer un autre conflit, celui qui fait rage en Ukraine, que nous ne pouvons et ne devons pas oublier car il concerne notre sécurité. Hier, 1 000 drones ont été envoyés sur ce pays ami dont le martyre dure depuis quatre ans ; 1 000 drones qui, une fois de plus, soulignent à nos yeux cette évidence : Vladimir Poutine ne veut pas la paix, mais la capitulation de l’Ukraine. C’est la raison pour laquelle le prêt de 90 milliards d’euros, décidé par le Conseil européen, doit être débloqué de toute urgence et sans la moindre hésitation. Récemment, nous avons encore vu des responsables politiques français, au Rassemblement national, soutenir Viktor Orbán à Budapest et, pire encore, appuyer sa décision de bloquer ce prêt au nom de la défense des intérêts de son pays. Il s’agit évidemment là d’un mensonge ! En opposant son veto à ce prêt, Viktor Orbán défend les intérêts de la Russie de Vladimir Poutine et certainement pas ceux de la Hongrie, puisque ce pays ne participe même pas à ce prêt.
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💬 • Pieyre-Alexandre Anglade, Président de la commission des affaires européennes • 2026 Feb 04 17:27:45
Être un géant économique ne sert à rien si l’on continue d’agir en nain politique. Face à des méthodes de chantage, la seule vraie carte que puisse jouer l’Europe, je le répète, consiste à assumer pleinement sa puissance. Le temps du sursaut est venu.
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💬 • Pieyre-Alexandre Anglade, Président de la commission des affaires européennes • 2026 Feb 04 17:22:42
Disons-le d’emblée : cet accord entre Union européenne et États-Unis n’est pas un bon accord. Plutôt que de s’appuyer sur la formidable puissance de son marché, l’Union n’a ni voulu ni assumé le rapport de force avec Donald Trump. Soyons lucides : ces droits de douane américains de 15 % créent une asymétrie qui pénaliserait notre excédent commercial, encouragerait les délocalisations, menacerait l’emploi en Europe. De leur côté, les Européens s’engagent non seulement à investir aux États-Unis des centaines de milliards supplémentaires, mais à accroître leur dépendance aux hydrocarbures américains, tournant le dos à leur propre ambition d’autonomie industrielle et énergétique. C’est un non-sens, ou plutôt un contresens historique, une occasion manquée de montrer au monde la force et la souveraineté du modèle européen. Au fond, cet accord consacre une forme de renoncement stratégique de l’Union. Qu’en Europe – ce n’est pas le cas en France – certains s’en satisfassent, au nom de la stabilité, prouve que ceux-là n’ont pas pris la mesure de l’époque. Les déclarations ouvertement hostiles à l’Europe de Donald Trump, ses menaces répétées d’escalade douanière, ses attaques à l’encontre de nos choix souverains, ses provocations au sujet du Groenland ne relèvent pas de l’anecdote diplomatique, elles traduisent une réalité : les États-Unis ne considèrent plus l’Union européenne comme un partenaire naturel, ils la perçoivent comme une puissance tributaire. Dès lors, le choix est très clair : soit nous entrons en résistance, nous disons non à la soumission, à la vassalisation, soit nous deviendrons une simple zone d’influence des empires. Ma conviction est la suivante : l’Europe n’a pas vocation à accepter, sous prétexte d’alliance stratégique, de devenir un vassal économique des Américains. Dans ce contexte, nous devons garder deux idées en tête. D’une part, personne n’a intérêt à la guerre commerciale : escalade protectionniste, course aux subventions, surproduction mondiale ne feraient que des perdants – les entreprises, les travailleurs, le climat, la stabilité économique. C’est là une évidence. D’autre part, la naïveté serait plus dangereuse encore : quand les règles du jeu ne sont plus respectées, quand le commerce devient instrument de coercition politique, l’Europe doit se défendre, défendre ses intérêts, ses règles souverainement votées par les représentants des citoyens européens. Si cela n’est pas compris aux États-Unis, il convient que l’Europe actionne ses propres leviers pour se faire respecter. La vraie question est assez simple : que doit faire l’Europe afin de défendre ses intérêts, son autonomie ? Face aux intimidations, elle doit rester ferme ; elle l’a été ces derniers jours, lorsque le président américain a menacé de s’emparer du Groenland. Le Parlement européen a suspendu cet accord. C’est une bonne chose, qui doit désormais servir à prolonger la discussion concernant la protection de nos secteurs industriels clés, à imposer des contreparties tangibles de nos investissements aux États-Unis. Il faut également que nos collègues députés européens refusent de reprendre sans condition le chemin de la ratification. Je le leur dis : ce serait là une lourde erreur. Nous savons que les pressions exercées sur l’Europe par le président américain ne vont pas cesser, que les velléités américaines touchant le Groenland – ne soyons pas dupes – ressurgiront, que les coups de boutoir contre nos règles, nos normes, nos sociétés se poursuivront. Il est indispensable que les députés européens incluent dans cet accord une clause de sauvegarde robuste, activable par le Parlement européen en cas de nouvelles pressions américaines. Ce qu’il faut surtout – vous l’avez très justement évoqué, monsieur le ministre –, c’est un véritable mouvement vers l’autonomie stratégique : accélération des dépenses en matière de défense, diversification résolue des chaînes d’approvisionnement, renforcement de nos capacités de rétorsion commerciale. Il convient en outre de pousser à l’approfondissement du marché intérieur, la simplification réglementaire, l’union des marchés de capitaux, l’innovation, la production industrielle – avec une préférence européenne, comme l’a suggéré cette semaine le commissaire français –, des investissements massifs dans nos secteurs stratégiques. Le véritable enjeu consiste à sortir d’une logique de soumission et à assumer pleinement notre puissance collective. Nous avons besoin de la relation transatlantique ; elle ne saurait pour autant être fondée sur le déséquilibre, l’intimidation ou l’humiliation. L’Europe veut commercer, coopérer, innover, mais pas au prix de sa souveraineté, de son industrie, de ses normes, de son avenir. Le pragmatisme est nécessaire, encore faut-il qu’il serve vraiment nos intérêts ; la stabilité économique constitue un objectif à préserver, mais cela ne fait pas une politique. Dans un monde où le protectionnisme resurgit, le fait de défendre le multilatéralisme exige que nous soyons capables d’utiliser avec fermeté nos propres outils en matière de rapport de force. Nous avons la taille, la puissance économique, les leviers pour peser.
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💬 • Pieyre-Alexandre Anglade, Président de la commission des affaires européennes • 2026 Feb 03 23:13:47
Au fond, ce que nous devons faire, c’est développer notre autonomie stratégique, réduire notre dépendance à l’égard de la Chine et des USA et assumer de faire de l’Europe une puissance militaire, technologique, économique et scientifique. Ce qui se joue au Groenland dépasse largement ce territoire. C’est un test de crédibilité, de maturité et de responsabilité stratégique, et la confirmation que dans le monde qui vient, l’Europe ne sera respectée que si elle est capable d’assumer pleinement et concrètement sa puissance et de maintenir son cap, celui de l’indépendance, de la souveraineté et du refus de la vassalisation.
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💬 • Pieyre-Alexandre Anglade, Président de la commission des affaires européennes • 2026 Feb 03 23:12:58
Nous avons des instruments de financement et la préférence européenne est actée. Cela dit, nous devons en faire davantage pour renforcer notre autonomie et permettre à certains États membres de mettre un terme à leur dépendance à l’industrie américaine de l’armement. Notre seconde priorité est la défense de nos intérêts économiques face à l’agressivité chinoise et aux tarifs américains. Pour cela, notre agenda économique doit être très simple : il doit protéger les acteurs européens en instaurant la préférence européenne, des mesures miroirs et d’autres mesures de protection. Enfin, notre troisième priorité est d’investir, investir et encore investir. Investir dans l’IA, le quantique, le spatial, la – en somme, dans toutes les technologies d’avenir, qui favoriseront notre souveraineté et notre indépendance et nous rendront plus forts dans la compétition internationale.
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💬 • Pieyre-Alexandre Anglade, Président de la commission des affaires européennes • 2026 Feb 03 23:09:35
Notre débat de ce soir n’est pas anodin et, dans la mesure où il est la conséquence d’une nouvelle brèche dans l’ordre international que nous connaissions, il est même décisif. Nous ne sommes pas réunis ce soir pour débattre d’un énième coup de force de la Russie ou d’un nouvel embrasement au Proche-Orient. Nous sommes réunis parce que le Danemark, pays ami et allié, a été menacé de l’annexion d’une partie de son territoire par l’un de ses alliés, les États-Unis d’Amérique. Ces deux pays appartiennent à une même alliance militaire : un seuil a donc été franchi. C’est pourquoi je salue en préambule le travail des rapporteurs qui nous permet d’adresser de nouveau un message de soutien et de solidarité française et européenne au Danemark, au Groenland et au peuple groenlandais. Le Groenland est un territoire européen, souverain et indépendant. Nous le répétons ici : nous ne transigeons pas avec la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes, avec le respect de l’intégrité territoriale des États et avec l’intangibilité des frontières. Ces principes sont non négociables et ils sont valables pour l’Ukraine comme pour le Groenland. Au fond, ce qui se passe au Groenland est révélateur du monde nouveau dans lequel nous vivons. Il y a quinze jours, nous étions réunis pour un débat sur la situation internationale organisé en application de l’article 50-1 de la Constitution. Pas une ligne, pas un mot de ce que nous disions alors n’a changé : le monde se durcit et devient plus dangereux. Les rapports de force prennent le dessus sur les règles de droit, et la loi du plus fort est redevenue la norme. Nous, Européens, sommes en première ligne face aux empires qui veulent nous soumettre. La Russie poursuit sa guerre d’agression en Ukraine ; la Chine poursuit sa guerre économique contre notre industrie ; les États-Unis d’Amérique font pression contre nous et sont à l’offensive contre notre indépendance. Soyons lucides ! Ces situations ne sont pas de simples mauvais moments à passer : ils révèlent la réalité brutale de notre nouveau monde. Il existe toutefois une différence notable par rapport au contexte de notre dernier débat : nous avons assisté, du moins temporairement, au recul américain sur le Groenland. Je le dis très clairement, ce recul ne vient pas de nulle part. Il est le résultat d’une réaction européenne ferme, claire et assumée dans laquelle la France a joué un rôle moteur. Ces derniers jours, la France, par la voix du président de la République, a en effet tenu la barre dans la tempête. La France a été à l’initiative de l’envoi de soldats européens au Groenland, s’est prononcée pour une réaction forte de l’Union européenne aux droits de douane punitifs et a tenu un discours de fermeté. L’Europe n’a pas baissé les yeux face à cette tentative de passage en force. La leçon de cette séquence est limpide : lorsque l’Europe fait bloc, elle est forte ; lorsque l’Europe est unie, elle se fait respecter ; lorsque l’Europe réagit vite, calmement et fermement, lorsqu’elle mobilise les instruments dont elle dispose, elle est redoutée. La ligne qui a fait plier Donald Trump est la ligne de fermeté défendue par la France. Il faut que chacun en Europe en prenne conscience. Le temps de l’indépendance de l’Europe est donc arrivé, et il nous faut nous adapter à cette nouvelle réalité pour y parvenir. Pour réellement défendre notre indépendance et notre souveraineté, il faut commencer par agir comme une Union forte, souveraine et unie, ce qui exige à la fois un changement radical, des décisions courageuses et un véritable leadership politique. Notre première urgence doit être notre sécurité : il faut continuer de renforcer la défense européenne, qui devient petit à petit une réalité.
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💬 • Pieyre-Alexandre Anglade, Président de la commission des affaires européennes • 2026 Jan 16 11:01:27
C’est d’autant plus vrai que notre principal allié et partenaire historique, les États-Unis d’Amérique, ont engagé un changement de posture brutal et profond. Après le discours de J. D. Vance à Munich, l’altercation avec le président Zelensky dans le Bureau ovale, la publication de la nouvelle stratégie de sécurité américaine, l’interdiction faite à l’ancien commissaire européen Thierry Breton de se rendre sur le territoire américain et, désormais, les revendications sur le Groenland, plus personne ne peut l’ignorer : la relation transatlantique se désintègre ; le système international se dérègle ; les cadres multilatéraux sont contournés ; les rapports de force redeviennent la norme. Le monde d’avant est terminé. La force prime désormais le droit. Nous sommes entrés dans un monde de radicalité. Face à cette radicalité, nous, Européens, devons faire preuve d’une même radicalité dans la défense de nos principes et de nos intérêts. Je le redis à mon tour, comme beaucoup l’ont fait dans ce débat : on ne transige pas avec la liberté des peuples à disposer d’eux-mêmes ; on ne négocie pas le respect de l’intégrité territoriale des États, ni l’intangibilité des frontières. Cela vaut évidemment pour l’Ukraine comme pour le Groenland. La souveraineté et la démocratie ne se monnayent pas, ne se bradent pas, ne se marchandent pas. Nous devons défendre ces principes jusqu’au bout. Dans le cas précis du Groenland, ne laissons pas faire ! Il y a là une ligne rouge, non négociable : le Groenland est un territoire européen, souverain et indépendant. Dans ce moment, plusieurs orateurs l’ont rappelé, nous avons des outils et des armes à faire valoir ; l’Europe n’est pas désarmée. Je pense notamment à l’instrument anticoercition, qui est une arme de dissuasion. Si le président des États-Unis d’Amérique poursuit son chantage, si le dialogue n’est plus possible, l’Europe peut et doit prendre des contre-mesures. Si les menaces américaines sont mises à exécution, nous pouvons restreindre, voire fermer, l’accès au marché unique européen. Si ces menaces se concrétisent, alors l’accord commercial conclu au mois d’août dernier doit être suspendu. Il est en cours de discussion au Parlement européen, appelé à autoriser sa ratification ; les groupes politiques représentés dans cette enceinte devront alors s’y opposer. Tant que les menaces continuent, il n’y aura pas de baisse des droits de douane pour les produits américains ; ce message doit être entendu à Washington et porté avec clarté par la Commission européenne. Disons-le aussi à nos partenaires américains : depuis plusieurs jours, la Chine et la Russie doivent se frotter les mains ! Ce sont les présidents Poutine et Xi Jinping qui profitent de nos divisions. Si la sécurité du Groenland est menacée, ainsi que l’affirme le président Trump, nous pouvons relever ce défi dans le cadre de l’Otan. Par contre, les menaces douanières seront néfastes pour tout le monde, des deux côtés de l’Atlantique. Dans ce monde instable, nos démocraties sont des proies et notre Union est vulnérable. Un choix s’impose donc à nous : soit nous sommes capables de bâtir rapidement une Europe souveraine et une véritable puissance économique, industrielle, technologique, numérique, militaire et diplomatique ; soit nous subirons les décisions des empires. Oui, la période est dangereuse. Oui, elle est inquiétante. Oui, nous sommes menacés. Mais l’Europe est forte – plus qu’on ne le croit.
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💬 • Pieyre-Alexandre Anglade, Président de la commission des affaires européennes • 2026 Jan 16 11:00:40
Si l’Ukraine tombait, si demain la guerre se rapprochait de nos frontières, alors nous perdrions en Europe ce que nous avons de plus précieux : la paix, la liberté, la prospérité. Une capitulation ukrainienne, que certains ont pensé, sinon tenté d’imposer, serait un danger existentiel pour l’Europe, donc pour la France. C’est pourquoi le président de la République a eu raison de tout faire, depuis un peu plus d’un an, pour qu’advienne la coalition des volontaires. C’est aujourd’hui nous, les Européens, qui assurons la quasi-totalité du soutien à l’Ukraine, la France en assumant la part la plus importante. Nous devons évidemment poursuivre sur ce chemin.
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💬 • Pieyre-Alexandre Anglade, Président de la commission des affaires européennes • 2026 Jan 16 10:59:39
Vous l’avez très justement dit en préambule à notre débat, madame et monsieur les ministres, la situation internationale est grave. Pour l’Europe, elle est très certainement la plus sérieuse depuis 1945, car nous sommes seuls, en première ligne, face à des puissances – la Russie, la Chine, et les États-Unis – qui poursuivent des logiques impériales. Dans ce moment, ce qui est en cause, c’est notre capacité à garantir notre sécurité, notre indépendance et notre souveraineté, donc à assurer à nos enfants qu’ils vivront sur un continent libre, en paix et prospère, tel que nous le connaissons aujourd’hui. Pour le dire autrement, nous nous trouvons à un tournant historique et stratégique majeur, un tournant existentiel, qui exige de prendre des décisions à la hauteur de la situation. Dans cet environnement, une menace domine : la Russie. Celle-ci n’a renoncé à aucun de ses objectifs en Ukraine. Elle est devenue et restera dans les années qui viennent une menace directe pour la France et pour l’Union européenne.
Aujourd’hui, les pays européens alliés de l’Ukraine et des émissaires américains se retrouvent à Paris, autour du président de la République, pour un nouveau sommet de la coalition des volontaires. Dans le brouillard qui accompagne ces négociations, nous défendons avec Gabriel Attal plusieurs priorités pour l’Ukraine. D’abord, nous voulons une paix juste et durable en Ukraine, et la sécurité pour l’Europe. Dans ce cadre, nous soutenons des garanties de sécurité robustes, en commençant par le renforcement significatif des forces armées ukrainiennes, premier rempart face à la Russie. Ensuite, une fois qu’un cessez-le-feu aura été obtenu, nous demandons le déploiement d’une force multilatérale conduite par les Européens, pour sécuriser l’Ukraine et l’Europe et s’assurer du respect du cessez-le-feu. Enfin, parce qu’il ne peut y avoir de paix juste sans justice, nous appelons à utiliser les actifs russes gelés pour compenser les dommages subis par l’Ukraine et soutenir sa reconstruction. Reconnaissons-le, le contexte international est bien sombre. La Russie poursuit la guerre en Ukraine et renforce sa guerre hybride contre tous les pays européens. La Chine mène une guerre économique contre les entreprises européennes. Quant aux États-Unis d’Amérique, ils attaquent notre indépendance. Nous l’avons vu dans le domaine du numérique, avec les sanctions qui ont frappé Thierry Breton. S’agissant maintenant du Groenland, disons-le là aussi clairement : toute l’Europe, ses institutions, les capitales des Vingt-Sept, doivent se tenir aux côtés du Danemark. Cela ne doit pas seulement passer par des communiqués, certes nécessaires. Il faut aussi apporter notre soutien sur place, sans quoi le président Trump s’emparera du Groenland – nous avons été prévenus. Soyons lucides : toutes ces urgences ne représentent pas simplement un mauvais moment à passer. Il s’agit de la nouvelle réalité brutale du monde dans lequel nous vivons. C’est pourquoi nous n’avons pas d’autre chemin que celui de la puissance européenne. Face aux empires hostiles, une Europe faible et divisée se fera piétiner. Aussi, pouvez-vous nous dire où en sont les négociations de paix en Ukraine et comment le gouvernement entend préparer les Français aux chocs à venir ?
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💬 • Pieyre-Alexandre Anglade, Président de la commission des affaires européennes • 2025 Dec 10 18:23:51
L’Europe n’a pas d’autre choix que celui de la puissance. C’est ce que le président de la République, Emmanuel Macron, répète inlassablement depuis 2017 : il alerte sur le nécessaire réarmement de notre pays et de l’Europe. Votons ces crédits et allons ensemble sur ce chemin pour préserver un continent libre, prospère et en paix pour les décennies à venir.
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💬 • Pieyre-Alexandre Anglade, Président de la commission des affaires européennes • 2025 Dec 10 18:23:43
C’est pourquoi, monsieur le premier ministre, face à toutes les menaces qui pèsent sur notre continent, il nous faut rapidement agir avec nos partenaires européens.
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💬 • Pieyre-Alexandre Anglade, Président de la commission des affaires européennes • 2025 Dec 10 18:22:43
Il est désormais aussi le principal relais de l’idéologie Maga puisqu’aujourd’hui, nous découvrons les propos du président du Rassemblement national, Jordan Bardella, qui depuis Londres a expliqué que la stratégie de sécurité américaine, laquelle propose l’ingérence en Europe, était une bonne stratégie.« Voilà le véritable projet du Rassemblement national, un jour soumis à Moscou, le lendemain à Washington. Et cet après-midi, dans les propos de Mme Le Pen, toujours plus prompte à reprendre le narratif de ceux qui nous menacent qu’à défendre notre pays, il y avait encore comme un goût de soumission devant les tyrans de ce monde. Vous avez eu en effet dans votre intervention les mots les plus durs pour la France et pour l’Europe, mais pas un mot contre ceux qui quotidiennement menacent la France et la sécurité des Français.. – Vous étiez au mieux dans une forme de déni, au pire dans ce qu’il faut bien qualifier de compromission avec ceux qui veulent nous affaiblir.
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💬 • Pieyre-Alexandre Anglade, Président de la commission des affaires européennes • 2025 Dec 10 18:22:15
Pour ce faire, ils comptent sur leurs relais en Europe. Nous observons dans tous les pays européens la collusion entre les partis nationalistes et populistes et ces puissances qui veulent nous soumettre. La France n’échappe évidemment pas à cette réalité. Nous savions que le Rassemblement national était la courroie de transmission de la Russie de Vladimir Poutine – une commission d’enquête à l’Assemblée nationale l’a étayé.
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💬 • Pieyre-Alexandre Anglade, Président de la commission des affaires européennes • 2025 Dec 10 18:19:05
Notre débat de ce jour se déroule dans un contexte où les enjeux sécuritaires n’ont jamais été aussi cruciaux pour la France et l’Europe depuis la fin de la guerre froide, voire depuis la fin de la seconde guerre mondiale. Vous avez rappelé en préambule, monsieur le premier ministre, à très juste titre, les nombreuses menaces qui pèsent sur notre pays et sur notre continent, mais soyons lucides, il ne s’agit plus seulement de menace, car la guerre est en Europe et le conflit ne s’arrête pas à l’Ukraine. C’est tout le continent qui est mis au défi par la Russie, laquelle ne fait plus aucun mystère de son hostilité à l’égard des Européens. Pour ceux qui se voilent la face et qui préfèrent incriminer notre pays ou l’Union européenne – il y en a eu quelques-uns cet après-midi –, en dépit des campagnes de désinformation, des attaques cyber, des drones qui survolent nos emprises, des actions de sabotage dont l’ensemble des pays européens, y compris la France, sont la cible chaque semaine, il suffit de lire ou d’écouter les idéologues du régime, qui révèlent au grand jour le vrai dessein du président russe. Par exemple, la revue, publiée par le ministère des affaires étrangères de la Russie, a fait paraître en octobre un article au titre on ne peut plus clair : « Tout brûler jusqu’à la Manche ? Quelles garanties de sécurité efficaces à l’heure d’un affrontement historique entre la Russie et l’Occident ». Autre exemple évocateur, celui de Sergueï Karaganov, personnalité du régime russe, qui murmure, paraît-il, souvent à l’oreille de Vladimir Poutine, et qui déclarait, il y a cinq jours de cela : « Cette guerre a déjà commencé. Simplement, nous ne l’appelons pas encore ainsi. Notre véritable adversaire est bien l’Europe […]. » Tout est là, tout est dit. L’autre grand défi auquel nous sommes confrontés, vous l’avez dit, monsieur le premier ministre, c’est l’incertitude liée au changement de posture de notre partenaire historique, les États-Unis d’Amérique. Soyons lucides, là aussi : nous, Européens, sommes seuls face aux menaces et aux empires. Comment en effet faire confiance à Donald Trump, J.D. Vance et Steve Witkoff, plus occupés à faire du business avec Moscou, à dealer leurs intérêts personnels, qu’à défendre ceux de leurs alliés et partenaires ? À Munich, en février dernier, nous avons vu la relation transatlantique se fracturer. Nous avons eu, plus récemment, connaissance du prétendu plan de paix américain, qui ne propose rien d’autre qu’une reddition de l’Ukraine. Cette semaine, nous avons découvert la nouvelle stratégie de défense américaine, qui marque une volonté d’ingérence directe dans nos démocraties. À cet égard, les intentions de l’administration Trump sont très claires : soutenir les partis nationalistes européens, pour ensuite nous diviser, puis nous affaiblir, et enfin démanteler l’Union européenne. Ce constat doit nous amener à regarder la situation en face – elle est limpide. Le président Trump et le président Poutine se rejoignent dans une même volonté de démanteler l’Union européenne ou d’affaiblir le projet européen.
…qui vise uniquement à diminuer la contribution de la France au budget européen, c’est-à-dire à isoler notre pays, alors que nous avons plus que jamais besoin d’une France forte au sein d’une Europe puissance. Je trouve cette alliance honteuse – en tout cas, peu courageuse –, car elle ne mentionne pas les conséquences de ce qu’elle propose. Si nous votions les amendements déposés par les députés du Rassemblement national ou de La France insoumise, nous exposerions au mieux notre pays à des sanctions – l’argent des fonds européens ne serait pas versé à temps à nos agriculteurs, à nos régions, à nos entreprises ; au pire, nous engagerions la France sur la voie d’une sortie progressive de l’Union européenne. Il n’existe aucun club auquel on puisse appartenir sans payer sa cotisation. Ce que vous promettez, c’est un Frexit dissimulé.
En écoutant les propos du président Coquerel et du rapporteur spécial Tanguy, j’ai l’impression qu’il se forme sous nos yeux une alliance des nationalistes allant du Rassemblement national à La France insoumise …
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💬 • Pieyre-Alexandre Anglade, Président de la commission des affaires européennes • 2025 Nov 13 16:46:16
Disons-le, à cette tribune, très clairement : rien n’est plus faux. Cette contribution est au contraire la condition de notre influence. Elle garantit un soutien à nos agriculteurs, elle nourrit le développement de notre défense européenne, de notre industrie, de notre innovation, en somme de tout ce qui fait l’indépendance de la France, celle de ses voisins, face aux grands empires désireux d’une seule chose : soumettre notre pays et ses partenaires européens. C’est pourquoi, étant donné l’importance du moment que nous vivons, notre contribution au budget européen doit être défendue avec la plus grande détermination – comme vous l’avez fait, monsieur le ministre –, préservée parce qu’elle nous protège, nous permet de réduire nos dépendances, nous rapporte beaucoup plus que les petits calculs comptables qui nous ont parfois été présentés. Monsieur le rapporteur spécial de la commission des finances, vous jouez normalement un rôle important dans le débat budgétaire ; or vous avez fait le choix de dénigrer, de remettre en cause la contribution française. Si ce que vous souhaitez se produisait, nous en paierions très concrètement les conséquences. Abaisser artificiellement l’évaluation de notre contribution, loin du montant que nous devrons verser en réalité, serait truquer les grands équilibres du PLF, avec des recettes mensongères. Refuser de la verser cette année serait contrevenir à nos engagements européens et prendre le risque que nos agriculteurs, nos régions, nos entreprises ne puissent percevoir les fonds européens auxquels ils ont droit. Ne plus la verser serait exposer la France et les Français au mieux à des sanctions, au pire à la sortie de l’Union, n’en déplaise à ceux qui prétendent désormais l’inverse. Nous devrions être fiers de contribuer à cette Europe qui nous protège, qui reste notre meilleure alliée dans ce monde brutal et de plus en plus inquiétant.
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💬 • Pieyre-Alexandre Anglade, Président de la commission des affaires européennes • 2025 Nov 13 16:45:22
Alors que nous débattons depuis plus de trois semaines du budget de la France, nous abordons enfin sa dimension européenne à travers le versement d’une contribution française plus importante que jamais. Plus importante que jamais, car face à la multiplication des menaces, au décrochage de nos économies par rapport à celles des États-Unis et de la Chine, au durcissement des relations commerciales, aux défis géopolitiques, à la guerre sur notre continent, le budget européen constitue plus que jamais un levier de puissance et de souveraineté indispensable. Pourtant, après avoir écouté certains des précédents orateurs, ceux qui suivent la séance de cet après-midi pourraient avoir le sentiment que nous versons notre contribution à une entité abstraite et en quelque sorte dans le vide, que l’argent de la France serait perdu ou dilapidé.