Vous n’aimez pas le principe selon lequel les gros films financent les petits, la musique rentable finance de la musique plus expérimentale, moins rentable, mais dont nous avons besoin pour qu’existe une diversité culturelle. Vous ne voulez pas que l’édition indépendante puisse se libérer des griffes de Bolloré. Vous voulez une culture caporalisée par l’État et marchandisée, entre les mains de Bolloré. Nous, nous défendrons toujours ces systèmes mutualistes qui font l’exception et la gloire de la culture française.
Il tend à déplafonner les taxes pour le Centre national de la musique. À travers le Centre national du cinéma, le Centre national de la musique ou le Centre national du livre, qui devrait de nouveau fonctionner de cette façon-là, nous voulons qu’il y ait des mécanismes de redistribution au sein de la culture pour favoriser la diversité culturelle. Voilà notre différence avec l’extrême droite. À l’extrême droite, vous n’aimez pas la culture,…
Je veux pointer les incohérences et les obsessions du Rassemblement national qui, une fois de plus, s’en prend au cinéma français, qui, alors qu’il passe son temps à expliquer qu’il ne faut pas utiliser l’argent du contribuable français, et bla bla bla, demande à baisser des taxes qui permettent au cinéma de se financer lui-même. C’est justement parce que ce financement est assis sur les ventes de billets de cinéma qu’un blockbuster américain permet de soutenir le cinéma français. Vous voulez diminuer ces recettes en les plafonnant et en les réintégrant au budget général de l’État. Vous voulez prendre de l’argent aux contribuables français, à ceux qui vont voir des films en salle et financent le cinéma français – probablement pour le consacrer à vos politiques racistes et anti-immigration ! En outre, vous nous expliquez que le cinéma français aurait une vision idéologique et uniforme. Tout le monde connaît votre vision de la culture : vous voulez justement l’uniformiser pour mieux la caporaliser !
Le Centre national du livre est budgétairement attaqué alors que sa mission est fondamentale et qu’on entend à longueur de temps qu’il faudrait que la jeunesse quitte les écrans pour se mettre à lire. Cela suppose l’existence d’opérateurs ayant les moyens de faire leur travail. Nous sommes favorables à un retour à un système proche de celui en vigueur pour financer le CNM ou le CNC, c’est-à-dire à une taxe affectée qui mette le CNL à l’abri des coupes budgétaires décidées par l’État et opère une redistribution interne au sein du secteur du livre. En effet, ce secteur souffre d’un énorme problème de concentration, puisque 75 % du chiffre d’affaires des près de 10 000 maisons d’édition existantes sont réalisés par cinq grands groupes, qui, de plus, contrôlent la distribution et la diffusion, voire des librairies. Cette concentration, à la fois verticale et horizontale, nuit aux maisons d’édition indépendantes, pour qui je veux avoir un mot car, dans cette assemblée, nous n’avons pas beaucoup entendu parler de la crise du distributeur Makassar, qui a mis 200 d’entre elles dans une énorme difficulté.
Le groupe La France insoumise votera pour ces amendements, qui vont dans le bon sens. D’après moi, ils passent néanmoins à côté de la question principale : celle de la concentration. Pourquoi faut-il renforcer le CNL ? Parce que la situation du monde de l’édition est catastrophique, en raison de la mainmise d’un petit nombre de très grands groupes, qui contrôlent à la fois l’édition et la distribution, parfois même des librairies. Nous avons donc besoin de renforcer le CNL pour qu’il favorise la diversité et l’indépendance. Nous avons pour notre part déposé un amendement qui va plus loin ; nous ne souhaitons pas faire de différence entre ce qui est vendu en ligne et ce qui est vendu physiquement, pas plus qu’entre l’édition en ligne et l’édition physique, car le vrai sujet, c’est la concentration. Il s’agit non pas de modifier les conditions de la concurrence entre ceux qui vendent en ligne et ceux qui ne le font pas – M. le ministre nous explique d’ailleurs que cela poserait un problème –, mais de ne pas laisser une activité se concentrer entre les mains d’un petit nombre d’acteurs. Il n’y aurait rien là d’inconstitutionnel.
Il se fonde sur l’article 100, relatif à la bonne tenue des débats. Collègues de l’extrême droite, collègues de la droite, collègues macronistes, gouvernement, l’histoire se souviendra qu’à l’heure où notre pays connaît un mouvement historique de la jeunesse, à l’heure où des centaines de milliers de personnes manifestent pour rappeler que la jeunesse a droit à la dignité, vous avez décidé d’employer votre temps à empêcher que les enfants de la nation soient pris en charge jusqu’à leurs 25 ans.