Jean LassalleMonsieur le Premier ministre, j'ai moi aussi été réélu maire de Lourdios-Ichère, dans la montagne des Pyrénées-Atlantiques. Cent cinquante habitants et des centaines de milliers d'hectares de plus en plus voués aux herbes folles de l'oubli !
J'ai beaucoup aimé, monsieur le Premier ministre, lorsque vous avez annoncé hier que la langue politique était une langue morte. J'ai aimé que vous ayez mis en exergue le génie français, ce génie français qui a un caractère universaliste et qui, si nous le poussons un petit peu plus, est capable de réensemencer et l'Europe, et le monde.
Mais je suis beaucoup plus circonspect lorsque vous continuez à mettre en place les trois immenses intercommunalités par département, pour les trois fauves dominants de chaque département, mâles ou femelles, qu'on aura beaucoup de mal à élire… Et alors que je vois disparaître les conseillers généraux – ce n'est pas la première fois que j'en parle –, que je mesure le niveau de notoriété dans lequel se maintiennent les présidents de conseil régional – totalement inconnus au bataillon, à l'exception notable, je veux le dire, de Ségolène Royal que tout le monde connaît –, que nous avons subi pendant trente ans un mouvement d'américanisation rampante qui a mis l'Europe dans l'état que vous connaissez, nous voici frappés d'une crise de germanisation aiguë : voilà qu'on imagine de mettre en place des Länder évus pour un État fédéral, ce que notre pays n'a jamais été !
Monsieur le Premier ministre, vous ne pouvez mener ces deux chantiers de pair, c'est impossible.