Arnaud Montebourg, ministre de l'économie, du redressement productif et du numérique. Monsieur le député, le Gouvernement n'accepte pas d'avoir été informé un vendredi que l'un de ses fleurons nationaux, qui vit de la commande publique, totalise 20 milliards de chiffre d'affaires et compte 95 000 salariés, serait vendu le dimanche soir. Aucun gouvernement dans aucun autre État n'accepterait d'être placé devant le fait accompli !
Monsieur le député, nous sommes prêts depuis le mois de février. Depuis le mois de février, j'interroge le président de ce fleuron national, M. Patrick Kron. M. Kron, que j'ai interrogé dûment, solennellement et sérieusement, m'a toujours assuré qu'il n'y avait aucun projet d'alliance. Le ministre de l'économie doit-il faire installer un détecteur de mensonges dans le bureau des présidents du CAC 40 qui n'ont pas le civisme élémentaire d'avertir le Gouvernement ?
Je veux vous rappeler, monsieur le député, qu'Alstom fabrique les turbines des chaudières nucléaires d'EDF, notamment de l'EPR. C'est la raison pour laquelle j'ai invoqué auprès des investisseurs étrangers, comme General Electric, la clause du contrôle des investissements étrangers – ce que tout citoyen américain peut comprendre, puisqu'elle existe aux États-Unis.
Une offre du groupe allemand Siemens s'est présentée – c'est une information : elle est déposée en ce moment entre les mains du conseil d'administration d'Alstom. Nous avons donc demandé, en liaison avec l'autorité des marchés financiers, que soit assurée l'égalité de traitement des offres. Nous avons déjà gagné quarante-huit heures depuis dimanche soir. Nous gagnerons le temps nécessaire pour que les intérêts industriels de la nation soient préservés.
J'invite d'ailleurs tous les dirigeants de l'opposition et de la majorité parlementaire à se rendre à Bercy le plus tôt possible, afin que je les informe de la situation d'Alstom.