Isabelle Le CallennecMa question s'adresse au nouveau ministre du travail et concerne l'emploi, ou plutôt le chômage. En mars, 1 600 chômeurs de plus étaient inscrits en catégorie A, après un mois de février à plus 31 000. Déni des réalités et méthode Coué du Président de la République n'auront pas eu raison de la courbe du chômage. Notre pays compte plus de 3,3 millions de chômeurs. La situation des chômeurs seniors ou des chômeurs de longue durée ne cesse de se dégrader.
Qu'est-ce qui a changé depuis un mois ? Le ministre. Ce qui demeure ? Trois dispositifs emblématiques qui ont été l'alpha et l'oméga de la politique du gouvernement précédent sans apporter la preuve de leur efficacité durable.
Les emplois d'avenir ? Ils ont concentré toutes les énergies et les moyens des acteurs locaux de l'emploi, et ce, au détriment manifeste de l'apprentissage et de l'alternance – les entrées en apprentissage ont baissé de 8 % en 2013.
Les contrats de génération ? Ils ne décollent absolument pas : 20 000 pour un objectif de 75 000.
Les emplois francs ? Rappelons à Mme la ministre de la ville que, sur les 5 000 escomptés, 130 ont été signés.
Emplois d'avenir, contrats de génération, emplois francs, sont bien loin de compenser les centaines de milliers d'emplois détruits en raison d'un environnement hostile aux entreprises que votre majorité a créé ces deux dernières années.
Alors, pour faire croire au changement, vous multipliez les annonces sorties du chapeau : 500 000 alternants d'ici 2017, un statut d'apprenti pour les chômeurs de longue durée, toujours plus d'emplois d'avenir et de contrats aidés.
C'est ce que vous appelez la « mobilisation pour l'emploi ». Jusqu'à ce qu'elles soient financées, les annonces d'objectifs ne coûtent rien, mais les Français ne sont pas dupes. Ma question est simple, monsieur le ministre : après un mois aux responsabilités, avez-vous vraiment l'intention de continuer d'inscrire vos pas dans ceux de votre prédécesseur, avec les résultats que l'on sait ?